Le Cycle des Monarchies de l

Le Cycle des Monarchies de l'Ombre

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Description

En Chine ancienne, l’empire se morcelle. Les princes annexent les états comme le ver à soie dévore les feuilles du mûrier. Les astrologues prophétisent la fin des temps.

La Mort qui tremble quand toute vie est menacée dépêche son Envoyé. L’entité envahit l’âme d’un jeune prêtre. Partageant sa conscience, elle le force à rechercher une incroyable magie curative. Dans un des royaumes combattants, un souverain agonise. Son décès obligera sa fille guerrière au mariage. Révoltée, elle fait enlever le religieux.

Que sont réellement les huit émissaires écarlates du dieu Zargose, identiques telles des gouttes d’eau, qui fouillent l’âme comme le tisonnier la braise pour raviver les pensées cachées ? Dans le royaume de Zhang Zhung, pour quelle raison la jeune « Premier oracle » du monastère de Jiu Gonpa se réveille-t-elle terrorisée ?

Dans ces récits se côtoient philosophies chinoise et bouddhiste, l’Art de la guerre de Sun Tzu, croyances tibétaines et combats épiques. L’ écrivain revisite entre autres le mythe de la mère convoitée pour son enfant par les puissances diaboliques. Le dépaysement total, les personnages et le style nous entraînent sans jamais nous laisser repartir.

Le cycle des Monarchies de l’Ombre rassemble les romans L’Envoyé* (vol. I) et la Promise des Monarchies de l’Ombre* (vol. II), et La dernière Houri**; nouvelle ou chapitre final ?

Olivier Lusetti, fondateur d’une association sur les littératures de l’imaginaire est l’auteur d’un essai sur l’écriture.

* coup de coeur des libraires Fnac

** Troisième meilleure vente SF, Fantastique et Fantasy ebook sur fnac.com (janvier 2014).


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Informations

Publié par
Date de parution 11 novembre 2014
Nombre de lectures 3
EAN13 9791092557299
Licence : Tous droits réservés
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Table des Matières OLIVER LUSETTI COLLECTION FANTASY HISTORIQUE LE CYCLE DES MONARCHIES DE L’OMBRE L’ENVOYÉ DES MONARCHIES DE L’OMBRE CHAPITRE I LA POSSESSION CHAPITRE II LE MURMURE DE LA RÉVÉLATION CHAPITRE III QUI SUIS-JE ? CHAPITRE IV DES AIGLES DANS LA NUIT CHAPITRE V LA FLÈCHE ET LA TORTUE CHAPITRE VI VISION RÉELLE CHAPITRE VII LES ROYAUMES COMBATTANTS CHAPITRE VIII LE MONASTÈRE ASSIÉGÉ CHAPITRE IX JE NE SUIS QU’UN HOMME CHAPITRE X JE MARCHE DANS LA NUIT CHAPITRE XI LA FILLE DU ROI CHAPITRE XII UNE FEMME PEUT-ELLE RÉGNER ? CHAPITRE XIII YINGFÙ ET LA MÈRE OBSCURE CHAPITRE XIV JE DOIS TERMINER CE QUE J’AI COMMENCÉ CHAPITRE XV L’EXPLOIT CHAPITRE XVI L’ATTENTE DOULOUREUSE CHAPITRE XVII LE CONSEIL DE L’ORDRE CHAPITRE XVIII UN COMBAT PERDU D’AVANCE CHAPITRE XIX MÉTAMORPHOSE CHAPITRE XX LE CORDON EN ARGENT CHAPITRE XXI LA RÉVÉLATION DE ZARGOSE CHAPITRE XXII DÉLIER CE QUI EST LIÉ CHAPITRE XXIII LE MAÎTRE DES OMBRES CHAPITRE XXIV LE SAUT DE L’ANGE CHAPITRE XXV L’ÎLOT DE PIERRE CHAPITRE XXVI TOUT ÊTRE HUMAIN OU ANIMAL SAIGNE CHAPITRE XXVII LA PROMISE ÉPILOGUE LA PROMISE DES MONARCHIES DE L’OMBRE PRÉLUDE D’UNE RÉVOLUTION CHAPITRE I KAPILAVATSU CHAPITRE II DES CLOCHETTES DANS LA NUIT CHAPITRE III ZIGONG CHAPITRE IV LA LUNE ROUSSE CHAPITRE V LES ÉPÉES DE LA COLÈRE CHAPITRE VI LA RENCONTRE ENTRE NÉANT ET ESPOIR CHAPITRE VII ENTRE LE MARTEAU ET L’ENCLUME CHAPITRE VIII LE CHOIX CHAPITRE IX LE COLLIER AUX PERLES CARESSANTES CHAPITRE X RÉVÉLATIONS CHAPITRE XI LE SEL DE LA VIE ÉPILOGUE NOUVELLE OU CHAPITRE FINAL ? BIBIBLIOGRAPHIE REMERCIEMENTS
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OLIVER LUSETTI LE CYCLE DES MONARCHIES DE L’OMBRE Au temps des Royaumes combattants, des hommes et des femmes comme vous et moi vivent et meurent, ne laissant qu’une trace semblable à une goutte d’eau perdue dans l’océan. Cependant, du fond des âges, se racontent des existences extraordinaires qui viennent rider l’onde de l’oubli. À travers elles refont surface les visages disparus de ceux qui comme vous et moi ont eu l’honneur de les côtoyer. Permettez-moi de vous conter ces récits remontant au temps de la Chine ancienne, et l’espace de quelques instants embrassons leur éternité. « Les oiseaux ne laissent qu’un chant éphémère ; l’Homme passe, mais sa renommée survit. »
COLLECTION FANTASY HISTORIQUE
COLLECTION FANTASY HISTORIQUE
Sous la direction d’Olivier Lusetti
© Les éditions FANTASY-EDITIONS.RCL, automne 2014
16 rue Antoine Blain 66 000 Perpignan
Relecture/Correction : Teresa Ruiz
Illustrations : © Coralie Ruiz
Exceptée : illustration intérieure de la couverture de
l’Envoyé des Monarchies de l’Ombre
: © Etienne Deffinis.
Numérisation : Daniel Pujol
ISBN : 979-10-92557-29-9
ISSN : 2271-6157
Courriel: manuscrit.fantasy.edition@orange.fr
LE CYCLE DES MONARCHIES DE L’OMBRE
CARTE DES ROYAUMES COMBATTANTS
L’ENVOYÉ DES MONARCHIES DE L’OMBRE
Olivier Lusetti
CHAPITRE I La possession UN GOÛT dE MORS ans la bouche, l’homme titubait, guié par sa souffrance. Dne ouleur étrange l’éperonnait, le chevauchait, le poussait à avancer ans une irection bien précise. Si par malheur il renâclait, elle reoublait ’un coup ’intensité, zébrait son torse et son os e plaies ’où le sang coulait, le laissait brusquement incapable e remuer. Puis l’obligeait à poursuivre à quatre pattes. depuis es semaines, le fouet u supplice éternellement levé sur ses épaules, il vivait en bête. Au sortir e terres très boisées traversées e canaux ’irrigation, l’homme comprit que ses pas le poussaient vers l’imposant monastère, l’un es rares construit sur une plaine et non au sommet ’une colline ou ans une montagne. L’éifice était ientifiable e loin avec sa très haute tour en son milieu, perchoir aux iées es ieux, lieu habité par la communauté e l’orre ancestral e l’Air et u Feu.
La nuit tombante obombrait les champs.
Lorsqu’il arriva enfin aux portes e sa élivrance, il n’était que l’ombre e lui-même.
Les moines le trouvèrent recroquevillé sur une marche. Il pleurait. Ils reconnurent à peine en cette forme gémissante Lang-zi, le trappeur ermite avec qui ils commerçaient. Ils lui apportèrent imméiatement leur aie. Ils savaient peu e choses sur son passé, en ehors e son bannissement u peuple es Fils e la Montagne remontant à plusieurs années. Lang-zi souffrait e blessures sous la forme e griffures au os ainsi qu’au torse. Son visage ressemblait à un masque e ouleur. Il élirait. Il parlait e ruines anciennes protégées par es puissances invisibles. Il suppliait une libération e la amnation ont il se isait conamné. Il mauissait le jour où sa chasse l’avait amené à poursuivre les traces ’un cerf tacheté e blanc aux larges bois, ont le brame rappelait les intonations humaines. Il ne se souvenait plus e rien sauf e sa traque qui l’avait conuit à fouler un sol silencieux où, ’une végétation enténébrée, s’exhalaient es oeurs chaues, mielleuses ; où les arbres parsemés e chenilles rouges ressemblaient à es colonnes sanglantes. Il crut reconnaître en ces terres celles e « L’Œil u Cyclone », ce site magique que l’on isait introuvable à moins qu’il ne le voulût, le cœur e toutes les légenes, abanonné e presque toute vie animale. Il se situait quelque part ans l’immense forêt qui s’étenait au nor e la cité es Fils e la Montagne. Très vite, l’iée que Lang-zi se mourait ’empoisonnement s’installa ans l’esprit es moines méecins u monastère u Premier Ciel u royaume e Kan-Sou, à quelques jours e cheval e la ville e Lan-T.
On lui pratiqua un lavage ’estomac, sans amélioration notable. On lui rasa les cheveux, on le nettoya jusque sous les ongles, et on le fit transpirer. On brûla ses vêtements loqueteux e crainte qu’une malaie les imprégnât. Il respira es herbes et e l’encens et but es tisanes. Sans relâche, on le surveillait et le soignait. Par moment, les marques sur son corps paraissaient moins importantes, comme si elles s’estompaient sous l’emprise ’une force mystérieuse. L’absence e traces quelconques ’un rituel sur son anatomie, sous la forme e scarifications ou e tatouages, rejeta, aussitôt émise, l’hypothèse improbable ’un sortilège e possession.
Certainement, Lang-zi emeurait entre les mains les plus expertes e l’époque.
Il n’existait que trois temples e l’orre e l’Air et u Feu à travers tout le Pays u Milieu.
Cet empire, appelé aussi Pays u Printemps et e l’Automne et epuis un emi-siècle Royaumes combattants pour ses guerres continuelles, porterait un jour ce nom plus connu e Chine. Ces trois monastères remontaient aux temps anciens où l’Empereur jaune Huáng dì en imposa la création afin que perurât sa vision ’unité, après avoir unifié ses terres et éifié un seul royaume, aujour’hui morcelé comme une tasse e thé brisée. Fièle à l’esprit civilisateur e Huáng dì, l’orre religieux e l’Air et u Feu abanonna la foi proclamée ans les ivers dieux — libre à chacun e croire en eux — pour enseigner le Tao-Te, ou la Voie e la Vertu. Celle-ci consistait en une recherche e la longue vie pour tous, appuyée par es isciplines mentales et corporelles, en réalisant que la sagesse s’acquiert en parfaite entente avec la nature. En toute chose, la communauté aspirait au «Gongfu », u terme «g o n g» signifiant littéralement maîtrise et perfectionnement et «futechniques et savoir-faire. Bien qu’ils », crûssent en une puissance ivine — ’une intelligence mille fois supérieure à l’homme — qu’ils ésignaient par le mot Ciel ou dieu, les aeptes e l’Air et u Feu pensaient que chacun emeurait responsable e son chemin. Pour eux, toutes les sciences et toutes les religions œuvrant pour la paix et la vérité evaient se voir telles les eux ailes qui permettent l’élévation e l’âme. Ils isaient :
« Plusieurs sentiers mènent à la Montagne, le temps peru à les éfinir par un nom importe moins que celui gagné à les parcourir. » Ces moines, connus pour leur éruition, l’ouverture e leur esprit et leur savoir en méecine, l’étaient paraoxalement aussi pour leur aresse aux combats. Personne n’ignorait ce que la traition contenait : elle apprenait que l’Empereur jaune Huáng dì, pour vaincre ses aversaires qui posséaient un meilleur armement, ut évelopper un ensemble e mouvements offensifs et issuasifs qu’il enseigna à ses forces militaires. Ce système e lutte incluait notamment es techniques e frappe à mains nues, es projections corporelles, es manipulations articulaires et l’attaque es points vitaux. Il élargissait ses objectifs e la seule autoéfense à es buts ’entretien physique pour finalement evenir une méthoe ’éucation personnelle. Cet art martial, ’un très haut egré ’efficacité — que l’on isait peru pour tous à l’exception es initiés e l’Air et u Feu — onnerait beaucoup plus tar entre autres, naissance au kung-fu.
L’état e Lang-zi s’aggrava brusquement au troisième jour. Les moines écrétèrent que la cause e l’agonie u trappeur restait une énigme, sans possibilité e guérison. Ses plaies s’ouvrirent granement. Ils consiérèrent son cas comme ésespéré. Ils écièrent, pensant que l’homme vivait ses erniers moments, ’aller requérir le talent si particulier e Frère Compatissant. Frère Compatissant avait rejoint la vie monacale, âgé e cinq ans, à la suite e la mort e ses parents, tragiquement isparus ans un incenie. Blessé aux yeux, il avait failli perre la vue à jamais et avait û vivre en aveugle toute une année. Dne fois guéri, ès sa septième année, le Parfait — le supérieur e la communauté monastique — pressentit en lui es capacités peu communes. Le temps lui onna raison, elles se éveloppèrent et elles confirmèrent ce que tous les moines ’alors ressentaient : il était ifférent.
 Bien que tout le mone maintenant l’acceptât u fait e son bienveillant caractère qui rayonnait sur son visage e ix-neuf ans aux traits fins et harmonieux, ses réactions avaient penant toute son aolescence éconcerté les moines en maintes occasions. Parfois, son corps sec et musclé se raiissait comme sous l’effet ’un effort important et son sang s’écoulait u nez, alors que l’instant auparavant il parlait ou priait e sa voix méloieuse. Souainement, un froi inexpliqué tombait autour e lui, après quoi il se levait et prenait congé. Dne fois sa haute silhouette éloignée, la chaleur ’emblée revenait. Brusquement, es migraines atroces éteignaient la beauté e ses yeux noirs en amane, au point que es veines couraient sur son front et se propageaient sur une partie e son crâne entièrement chauve. Quelquefois, es colères noires, brèves, le posséaient. À leurs prémices — tremblement es lèvres —, il suppliait qu’on le laissât seul. La malveillance soure il cherchait querelle. Sa violence isparue il pleurait son inconuite. Souvent aussi es murmures plaintifs semblaient le talonner comme son ombre, et lorsqu’on s’approchait, tout cessait pour recommencer ès qu’on s’écartait. Ces phénomènes qui l’entouraient le poussaient à rechercher le silence e sa cellule, troublé à chaque solstice par es bruits bizarres et es conversations étranges couverts par es orages au plus profon e la nuit. Mystère que es moines curieux ne purent lever : la porte e sa petite chambre n’ouvrait que sur la vision ’un frère enormi et u calme recouvré. Certains matins enfin, on pouvait le croiser suant, les traits tirés, issimulant avec sa main un vêtement échiré. L’air hébété, il se irigeait chez le Parfait qui le réconfortait. Le Parfait l’oronna à l’âge e ix-sept ans. depuis sa prise ’habit, Frère Compatissant ormait peu et souffrait e cauchemars fréquents qui le faisaient hurler, mais ont il ne garait aucun souvenir. On l’installa à sa emane en haut e l’unique tour u monastère, ans les étages où se situait la riche bibliothèque. On aménagea une petite pièce qui servait alors e ébarras. Il passa penant plusieurs mois toutes ses nuitées à consulter es manuscrits. Il obtint même l’autorisation u Parfait pour parcourir la section e la bibliothèque aux ouvrages interits appelée l’enfer.