Le Livre de “Quinze grammes”, caporal

Le Livre de “Quinze grammes”, caporal

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Livres
96 pages

Description

Au lieutenant Pézard.

Dans le ravin de la petite route, un mort,
puis deux, puis trois... Ils sont couchés sur des sacs vides,
le corps tordu, les doigts serrés, le teint livide.
Ils semblent, vaguement, vous regarder encor.

Ce regard vague est effrayant. Dans un effort,
il voudrait dire à ceux qui vont là-haut, avides
de savoir : « Allez-y. Rapidement se vide
l’amphore d’une vie ayant pour roi le sort.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


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Ajouté le 17 novembre 2016
Nombre de lectures 1
EAN13 9782346122813
Licence : Tous droits réservés
Langue Français
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À propos deCollection XIX
Collection XIX est liothèque nationaleéditée par BnF-Partenariats, filiale de la Bib de France. Fruit d’une sélection réalisée au sein des prestigi eux fonds de la BnF, Collection XIXsiques et moins a pour ambition de faire découvrir des textes clas classiques de la littérature, mais aussi des livres d’histoire, récits de voyage, portraits et mémoires ou livres pour la jeunesse…
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Jean Arbousset
Le Livre de “Quinze grammes”, caporal
PRÉFACE
A Sainte Scholastique. Ce sont les Poilus de l’Argonne qui viennent de me baptiser. J’aime mon surnom, car il sonne. Ce sont les Poilus de l’Argonne, et j e les veux récompenser en les chantant, ô ma patronne. Ce sont les Poilus de l’Argonne qui viennent de me baptiser.
Vauquois, 1915.
EN MONTANT A VAUQUOIS
Dans le ravin de la petite route, un mort, puis deux, puis trois... Ils sont couchés sur des s acs vides, le corps tordu, les doigts serrés, le teint livide. Ils semblent, vaguement, vous regarder encor. Ce regard vague est effrayant. Dans un effort, il voudrait dire à ceux qui vont là-haut, avides de savoir : « Allez-y. Rapidement se vide l’amphore d’une vie ayant pour roi le sort. Si le sort a voulu qu’en cet endroit tu tombes, tu trouveras pour te couvrir, non pas la tombe mais des bluets, des lys et des coquelicots et l’oubli de chacun. Allez. Demain sans doute vos frères pourront voir, bons regards sans écho, un mort, puis deux, puis trois sur le bord d’une ro ute. »
Au lieutenant Pézard.
Vauquois, 1915.
UN MATIN EN ARGONNE
Une brume très nonchalante renferme en sa molle corbeille la vie encore inconsciente de la terre qui se réveille. La bonne alouette a chanté dans le ciel pâle — rose et bleu — où meurt un croissant argenté tout blanc, tout mince, tout frileux.
AMadame Nelly Martyl.