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Le Lotus

De
202 pages

Oh ! pourquoi toujours, ma pensée,
Sur tes deux ailes balancée,
T’enfuir à l’horizon lointain,
A travers les monts et les ondes,
Les prés et les forêts profondes,
Sans jamais borner ton chemin ?

Oh ! pourquoi, dans ton vol de flamme,
Enlever avec toi mon âme,
Par-delà le monde réel ?
Pourquoi franchir toute barrière,
Et montrer, oiseau solitaire,
Dans l’abîme azuré du ciel ?

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


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À propos deCollection XIX
Collection XIX est liothèque nationaleéditée par BnF-Partenariats, filiale de la Bib de France. Fruit d’une sélection réalisée au sein des prestigi eux fonds de la BnF, Collection XIXsiques et moins a pour ambition de faire découvrir des textes clas classiques de la littérature, mais aussi des livres d’histoire, récits de voyage, portraits et mémoires ou livres pour la jeunesse…
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Scipion Doncieux
Le Lotus
LE LOTUS
Dans les champs de Libye et ses lointaines grèves,Où la poudre des temps couvre les dieux vaincus,Croissait, aux jours anciens, l’arbre auxmielleuses fêves, L’arbuste fabuleux, le savoureux Lotus. Ses belles fèves d’or contenaient l’ambroisie ;Plus douces mille fois que les eaux du Léthé,Elles versaient au cœur une ivresse choisie ;L’oubli des maux coulait de l’arbuste enchanté. Heureux les exilés dont la lèvre brûlanteGoûtait ces fruits divins, ils perdaient pour toujo ursL’amer ressouvenir de la patrie absente ;Les sables libyens devenaient leurs amours. Dans les champs de la vie et ses grèves sauvages,Où nos rêves aimés par le temps sont vaincus,O mes vers, m’abritant sous vos jeunes ombrages,Dites, n’étes-vous pas mes bosquets de lotus ?
Décembre 1847.
LE LOTUS
INFINI
Oh ! pourquoi toujours, ma pensée, Sur tes deux ailes balancée, T’enfuir à l’horizon lointain, A travers les monts et les ondes, Les prés et les forêts profondes, Sans jamais borner ton chemin? Oh ! pourquoi, dans ton vol de flamme, Enlever avec toi mon âme, Par-delà le monde réel?Pourquoi franchir toute barrière, Et montrer, oiseau solitaire, Dans l’abîme azuré du ciel ? C’est que ton souffle, ô poésie, Comme un vent fort sous qui tout plie, Brin de gazon, roc de granit, Traîne l’âme toute éperdue, Derrière l’orageuse nue, Aux profondeurs de l’infini.
Mars 1843.
LA GUIRLANDE D’AMOUR
Tandis que le jeune poète, Que le poète de vingt ans, Saluait la nature en fête, Sous les ombrages du printemps, L’essaim des folles bien-aimées, De celles que l’on aime un jour, Aux accords des lyres charmées, Tressaient la guirlande d’amour.
Janvier 1843.
PRIÈRE
Dieu des prés verdoyants, ô dieu des bois touffus Où croissent les grands chênes, Dis aux arbres, remplis de murmures confus, De soulager mes peines ; Dis aux Nymphes, rêvant sous tes ombrages verts, D’accourir enjouées, De laisser ondoyer sur leurs seins découverts Leurs tresses dénouées ; Dis aux Faunes, cachés au fond des antres frais, De venir, troupe folle, Aux accents du haut-bois, mener les chœurs sacrés De la danse qui vole ; Dis aux Sylvains rieurs, habitants des halliers, Où monte l’orme immense, De fouler le gazon sous leurs pas familiers Qui frappent en cadence ; Dis à tout ce qui vit dans les prés ou les bois, Sur l’herbe ou sur la branche, De parler à mon âme et de prendre une voix D’où la douceur s’épanche ; Car j’ai besoin, ô Pan, de ton appui divin Pour oublier ma peine ; Depuis longtemps, hélas ! mes pleurs coulent en vai n ; Chloris est inhumaine.
Juin 1843.
PASTEL
Dans les prés verdoyants montaient les grandes herb es Que le vent, en passant, inclinait sous son vol ; Un arôme sortait des blés liés en gerbes, D’où pendaient des épis dont l’or couvrait le sol. Un pommier, où grimpait une vigne enlacée, Pliait sous ses fruits mûrs ; voici qu’un bel enfan t, Espiègle, souriant, et la main avancée, S’approche pour cueillir un fruit d’or ; triomphant, Il le saisit ; sa sœur, au pied de l’arbre assise, Effeuillait un bluet en souriant aussi ; L’enfant lui jette alors sa conquête ; surprise, Elle ouvre ses grands yeux, sans lui dire merci. Puis, en retour, cueillant, dans la verte prairie, Une fraîche pervenche, elle va la poser Sur ses cheveux bouclés, mêlés d’herbe fleurie, Et lui met sur le front un candide baiser.
Juillet 1843.