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Le Marchand de statuettes

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68 pages

Il est neuf heures ; ma toilette est terminée ; que faire en attendant Arthur ? Je prends au hasard un volume dans ma bibliothèque ; je l’ouvre : ô bonheur ! c’est Chateaubriand ! Je pousse bien vite mon fauteuil au coin de mon feu ; et me voilà sous le charme du grand écrivain, oubliant mon ami et la société où il devait me conduire.

Tout à coup on sonne : c’est Arthur.

« Déjà ? lui dis-je.

— Comment, déjà ! »

Je regarde ma pendule : onze heures !

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


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À propos deCollection XIX
Collection XIX est liothèque nationaleéditée par BnF-Partenariats, filiale de la Bib de France. Fruit d’une sélection réalisée au sein des prestigi eux fonds de la BnF, Collection XIXsiques et moins a pour ambition de faire découvrir des textes clas classiques de la littérature, mais aussi des livres d’histoire, récits de voyage, portraits et mémoires ou livres pour la jeunesse…
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Approbation de Mgr l’Archevêque de Paris
DENIS-AUGUSTE AFFRE, par la miséricorde di vine et la grâce du Saint-Siége Apostolique, Archevêque de Paris. MM. Plon et Paul Mellier, éditeurs, ayant soumis à notre approbation les ouvrages ci-dessous indiqués, faisant partie d’une collectio n ayant pour titre : LES PETITS LIVRES DE M. LE CURÉ, BIBLIOTHÈQUE DU PRESBYTÈRE, D E LA FAMILLE ET DES ÉCOLES, savoir :Petite Histoire de Belgique,tomes 3 et 4 ;Vie de saint François de Sales,1 vol. ;l’Espiègle d’Anvers,1 vol. ;la Famille du Pêcheur,1 vol. ;Une jeune Fille du Peuple, 1 vol. ;le Bon Curé Bénédict,vol ; 1 les Histoires de mon oncle Samuel,1 vol. ;le Marchand de Statuettes,1 vol. ;les Papillons et les Enfants,1 vol. ; le Bon Génie, 1 vol. ;Annette et Joseph,vol., 1 Marco Visconti,vol. ; 1 l’Orphelin, 1 vol. ;le Vrai Trésor,1 vol. ;Histoire des principales Eglises de Paris,1 vol., Nous les avons fait examiner, et, sur le rapport qu i nous en a été fait, nous avons cru qu’ils pouvaient offrir aux personnes auxquelle s ils sont destinés une lecture intéressante et sans danger. Donné à Paris, sous le seing de notre Vicaire-Génér al, le sceau de nos armes et le contre-seing de notre Secrétaire, le vingt-deux jan vier mil huit cent quarante-cinq. F. DUPANLOUP,Vicaire-Général. Par Mandement de Monseigneur l’Archevêque de Paris : E. HIRON,Chanoine honoraire, pro-secrétaire.
Tonin Castellan
Le Marchand de statuettes
LE MARCHAND DE STATUETTES
Il est neuf heures ; ma toilette est terminée ; que faire en attendant Arthur ? Je prends au hasard un volume dans ma bibliothèque ; j e l’ouvre : ô bonheur ! c’est Chateaubriand ! Je pousse bien vite mon fauteuil au coin de mon feu ; et me voilà sous le charme du grand écrivain, oubliant mon ami et la société où il devait me conduire. Tout à coup on sonne : c’est Arthur. « Déjà ? lui dis-je. — Comment, déjà ! » Je regarde ma pendule : onze heures ! « C’est une bonne heure, me dit Arthur ; ma voiture est à la porte : descendons. — Et où allons-nous ? — Ne m’avez-vous pas témoigné le désir de voir une des belles réunions de Paris ? — Sans doute. — Venez donc. — Mais où ? — Chez le duc de Ronzoni. — Le duc de Ronzoni ! moi ! — N’ayez donc pas peur. Cocher, rue de Bourgogne. » Et nous voilà partis.
Malgré l’heure avancée et l’intensité du froid, la foule abonde sur les boulevards et dans les rues adjacentes ; les passages et les maga sins sont encombrés ; on se pousse, on se coudoie, on s’arrête, on cause, on se questionne. Les voitures retentissent sur le pavé : c’est un bruit, une vie, une confusion inimaginables : il semble qu’on ne dort point à Paris. C’est qu’en eff et, à cette époque de l’année, on ne songe guère au sommeil : on était alors au 22 décem bre. Mais transportez-vous de l’autre côté de la rivière ; pénétrez dans quelques parties du faubourg Saint-Germain, vous vous croirez à cent lieues de la capitale. Là, tout est calme et silencieux. Pas de magasins splendides devant lesquels les oisifs s’ar rêtent ; pas de bazars resplendissants de lumières, où l’on vient admirer les merveilles de notre industrie. A cette heure, ces quartiers sont déserts. Les quelqu es marchands qui les habitent ont depuis long-temps fermé leurs boutiques pour se liv rer au repos. Cette nuit-là, le
palais Bourbon, ordinairement si paisible, se révei lle en sursaut ; un bruit inaccoutumé l’avait tout à coup arraché au sommeil. Le géant s’ inquiète ; il écoute ; il regarde. De nombreux équipages aux panneaux armoriés traversaie nt la place et entraient rapidement dans la rue de Bourgogne. Des gens à pie d, enveloppés de leurs manteaux, conversaient à haute voix, en suivant aus si la même direction. Parvenus à l’extrémité de la rue, ils s’arrêtent en face d’un superbe hôtel où un groupe considérable était déjà rassemblé. C’est dans la co ur de cet hôtel que toutes les voitures arrivent successivement. A la mise des per sonnes qui en descendent, il est aisé de voir que ce n’est point à une fête frivole qu’elles sont invitées : toutes ont la démarche grave et posée et se dirigent silencieusem ent vers le péristyle. Dans le fond, à la clarté des becs de gaz qui illuminent l’ entrée, ou distingue les premières marches d’un large escalier par lequel les visiteur s disparaissent aux yeux des curieux : c’était pour assister à ce spectacle que celte foule bravait les rigueurs de l’atmosphère.