Le Mouvement en montagne

Le Mouvement en montagne

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Livres
107 pages

Description

«Le Mouvement en montagne est un livre sur beaucoup de choses. Des couples de choses. La mémoire d’une grand-mère qui disparaît et la persistance photographique. La danse et l’écriture. La poésie et la fiction. À chaque fois on pourrait dire versus au lieu de et. L’homme versus la femme. Le premier livre versus le deuxième. «L’archiviste était tombée dans l’attente, tout le récent dans l’oubli comme avalé. Par ailleurs on me demandait ce que je faisais. Quand je dis que je danse les gens disent Oh. Si je dis que j’écris ils font Ah et tout le monde est gêné. Alors le plus souvent je disais je danse.»

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Ajouté le 11 octobre 2010
Nombre de lectures 63
EAN13 9782846824217
Licence : Tous droits réservés
Langue Français
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Le Mouvement en montagne
DU MÊME AUTEUR
Chez le même éditeur
COLOURFUL, 2003
Judith Elbaz
Le Mouvement en montagne
P.O.L e 33, rue Saint-André-des-Arts, Paris 6
© P.O.L éditeur, 2007 ISBN : 978-2-84682-180-3 www.pol-editeur.fr
Je me sens très lié à l’instant ou j’ai dû rester sans du tout le préférer devant ce que j’allais pré-férer dans l’avenir. J’étais là devant ça plus ou moins immobile, je ne me souviens plus, comme devant un obstacle naturel. Stéphane Marte
J’ai récemment dîné à une table qui avait reçu le nom de la maison familiale à l’occasion d’un mariage. Nous pou-vions dire de nouveau que nous dînions à La Picardière. C’est la fin du cousinage, ce célibat adolescent. Le pay-sage prend. Buisson de ratures. La picardière est à Per-dreauville, un hameau des yvelines qui doit son nom à une abondance de perdrix. Nous n’avions pas de chien à cause de vivette qui n’en voulait pas. Si l’on tape le titre de mon premier livre on découvre que « les internautes qui ont acheté cet article ont également acheté Triptyque de Claude Simon, La Route des Flandres de Claude Simon, et Le fantôme de Éric Chevillard ». Il y a chez le chien une immobilité au cœur même du plus grand mou-vement qui n’est rien d’autre que l’attente que quelqu’un soit là. Il est littéraire comme tout, et pictural, mais je ne le trouve pas cinématographique. Danser me permet de ne pas dire que j’écris quand on me demande ce que je
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fais. Le lapin et la montagne sont photogéniques. La voi-ture est cinématographique, comme la mer. Le lapin est cinématographique par défaut. A la mer nous ne dansons pas, nous marchons progressivement vers le ponton, voir ce qui s’y passe, les activités du bord. De petites clochettes ont sonné la prise. Le jeune pêcheur dit entre ses dents « je vais essayer de ne pas l’abîmer » en empoignant le poisson, il manœuvre avec son coutelas jusque dans l’ouïe et ça saigne drôlement. Il répète pourtant plusieurs fois j’essaye de pas trop l’abî-mer. Il a pêché une minuscule daurade qu’il rejettera à l’eau si les flics arrivent (moins de 22 cm) et la veille déjà un petit lieu. L’embarcadère est presque complètement recouvert. 2. Si léna n’est pas rentrée avant la fin de la semaine je pars avec solène à ouessant. Louis Aragon : – Ma pudeur n’est pas par rapport à cette femme mais par rapport à André Breton.
Le vent qui balayait les fenêtres à toute force poussait les branches sur le verre. On vous met dans un certain état devant une vue des Pyrénées et on vous dit cette vue, c’est vous nue. Vous éprouvez de la honte devant les pyrénées. Toute la chaîne. Chez la femme il y a un mal-être diffus (quand l’homme souffre c’est pour une raison précise, varices des garçons de café, tennis-elbow des tennismen). Dans un film nous sommes nues b et moi dans le jardin avec annette. On me voit courir cherchant ou fuyant une permutation, à l’avant ou à l’arrière de b, c’est indéterminable puisque nous sommes autour de A,
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