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Le Murmure des nuits

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246 pages

Emporte avec mes vers, ô brise matinale !
Les odorantes fleurs que j’ai pu réunir ;
C’est un gage d’amour qu’à ma ville natale,
Mon cœur offre aujourd’hui comme un doux souvenir.

Amis de mon jeune âge, à vous quand je destine
Les parfums de bonheur répandus dans ces chants,
De moi souvenez-vous, alors que l’aubépine
Ornera les sentiers où nous courions enfants.

Vers ce riant passé laissez-moi redescendre,
Le bras sur votre bras, fière de m’appuyer,
J’irai, pour l’avenir, recueillir sous la cendre
Les tisons mal éteinds du paternel foyer !

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


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À propos deCollection XIX
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Élisa Guyon
Le Murmure des nuits
PRÉLUDE
A l’heure où le repos plane sur la vallée, A l’heure où le village est exempt de tous bruits, Seule, les yeux fixés sur la voûte étoilée, J’écoute avec bonheur le murmure des nuits..... Le murmure des nuits : c’est la feuille flétrie Qui roule en frémissant au pied de l’arbrisseau, C’est le vent qui caresse une plante fleurie, C’est-la branche qui berce un nid de passereau. Le murmure des nuits : c’est la mer éloignée Qui laisse jusqu’à nous arriver ses concerts, C’est l’algue du rocher par la vague baignée, Et que la vague emporte aux sables des déserts. Le murmure des nuits : c’est la suave haleine, C’est le tressaillement, qu’en sa fécondité Notre sol généreux laisse errer dans la plaine, Et dont la mélodie emplit l’immensité. Le murmure des nuits : c’est un long bruit de fête Que le souffle des vents arrache des cités, C’est une goutte d’eau, c’est un chant d’alouette, C’est un cri, c’est un son, par la brise emportés. Le murmure des nuits : c’est la harpe brisée Que la main du vieux barde interroge à l’écart, C’est un soupir du cœur, la fleur d’une pensée Que l’écho fugitif abandonne au hasard. Le murmure des nuits : c’est la voix fraîche et pure Qu’on appelle harmonie et vient de l’infini ; Ce langage muet de toute la nature, Cet ensemble que Dieu d’un mot a réuni ! Mais, murmure et chanson, fleur brillante et fanée, Nid d’amour qui frémit à l’ombre du rameau,
Goutte d’eau, mer qui fuit, algue déracinée, Iront s’ensevelir dans le même tombeau !
A MA VILLE NATALE
AUBETERRE (Charente)
Emporte avec mes vers, ô brise matinale ! Les odorantes fleurs que j’ai pu réunir ; C’est un gage d’amour qu’à ma ville natale, Mon cœur offre aujourd’hui comme un doux souvenir. Amis de mon jeune âge, à vous quand je destine Les parfums de bonheur répandus dans ces chants, De moi souvenez-vous, alors que l’aubépine Ornera les sentiers où nous courions enfants. Vers ce riant passé laissez-moi redescendre, Le bras sur votre bras, fière de m’appuyer, J’irai, pour l’avenir, recueillir sous la cendre Les tisons mal éteinds du paternel foyer ! Là je retrouverai les jeux de mon enfance, Les rires et les pleurs, si faciles alors ; Le babil gracieux dicté par l’innocence, Tout ce que la jeunesse amasse de trésors ! Aussi, depuis ces jours d’espérance et de fête, Mon cœur resté fidèle à mon charmant pays Ose lui dédier mes rêves de poète, Et demander à Dieu le bonheur de ses fils !
LE TEMPS ET LE POÈTE
— Bien volage est ton cœur, bien jeune est ton esp rit, Bien rieuse est ta voix, bien fragile est ton nid, Dit un jour le Temps au Poète. Avant que le zéphir exile les autans, Comme l’oiseau tu vas annoncer le printemps, Ta voix est parfois indiscrète... Vois-tu déjà la fleur où pousse le bourgeon ? Et ton esprit géant, voit-il à l’horizon L’éclair longtemps avant l’orage ? Ton cœur a-t-il tari la coupe de l’amour Pour prévoir le matin ce que sera le jour, Ce qu’il peut donner à chaque âge ? As-tu donc mesuré la branche où tu t’endors, Pour espérer jamais par tes faibles accords Captiver mon âme rebelle..... Que m’importent tes chants, que m’importent tes ple urs, Que m’importe le miel que tu tires des fleurs ! Tu dois toujours suivre mon aile. Que tu fasses ton nid au sommet des grands bois, Sur le cèdre orgueilleux, dans le palais des rois, Sur les bords des jardins d’Armide.... Tu ne peux devancer ni prolonger ton vol, Ni fixer un instant ton aile sur le sol : Poussé par mon aile rapide ! ! !.... — Du commun des mortels si je subis la loi, Si, malgré mes efforts, je m’envole avec toi, Ce n’est pas sans laisser de trace.... De mon nid, une plume, une note, un soupir, Une larme tombée au seuil de l’avenir Y marquent d’avance ma place ! Mon cœur parait volage à l’aveugle sans foi Qui ne soupçonne pas l’âme qui pleure en moi, Privé qu’il est de la lumière ! Faut-il, comme à Thomas, l’apôtre du Seigneur, Lui montrer cette plaie où saignant est le cœur En contact avec la matière.
Mon esprit parait jeune, insouciant, léger, A celui pour qui l’âme est un monde étranger, Dont il méconnaît l’idiome.... Pour chanter, je retiens les sanglots de ma voix ; Toi, qui dis la trouver si rieuse parfois, Ami, tu ne connais pas l’homme ! Tu ne connais pas l’homme, et tu hâtes ses pas Vers le but limité..... que lui n’aperçoit pas, Mais qui sans cesse l’inquiète... Car nul n’est épargné, sages, penseurs et fous Ne peuvent éviter ton éternel courroux, Répondit au Temps le Poète !
PRÈS D’UN BERCEAU
Dors, dors, petit enfant, sous tes gazes légères, Et que l’ange des nuits, sur ton front gracieux, Laisse planer le rêve aux riantes chimères Et te murmure bas l’hymne chantée aux cieux. Dors, dors... et moi, brisée au récif des souffranc es, Je veillerai dans l’ombre en te cachant mes pleurs, Lorsque des saints parvis, messagers d’espérances, Les anges à l’envi te couvriront de fleurs. Qu’avant l’aube, demain, ta première caresse Console ma pauvre âme et parfume mon coeur ! Et, puisqu’il n’est que toi digne de ma tendresse, Que ton regard, enfant, me dise encor : bonheur ! Que les mille tourments qui font courber ma tête, Ne flétrissent jamais les roses de ton front, Et que toujours ta vie, exempte de tempête, Ne soit qu’un frais sentier où tes jours fleuriront. Et qu’à sa mission ton bon ange fidèle, Donne à tes jeunes ans la foi dans l’avenir... Grandis, prospère, enfant, à l’ombre de son aile, Et mon amour pour toi n’aura plus à gémir... Puisque le ciel protége, et palais et chaumière, Qu’il pourvoit aux besoins du frêle passereau, Ne voudrait-il donc pas, propice à ma prière, Enrichir de ses dons ton modeste berceau ?... Lorsque déjà ta voix prélude avec ma lyre, Lorsque ton doux regard interroge le mien, Laisse tomber sur moi ton plus charmant sourire, Car l’avenir sans lui pour moi ne serait rien ! Ah ! puisque l’Éternel t’a placé sur ma route Comme un phare en la nuit pour réjouir mon ciel, Puisqu’ici ton bonheur est le seul que je goûte Que ton calice d’or soit vide de tout fiel !
Puisque je vis du miel que ton âme distille, Puisque j’ai de la main aidé ta jeune main, Puisqu’à suivre mes pas tu demeures docile, Notre avenir, enfant, peut rayonner demain !