Le Patriotisme français

Le Patriotisme français

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154 pages

Description

Effets généraux du Patriotisme. — Application de ces observations générales, par un exposé rapide de l’histoire du Patriotisme en France, depuis l’origine de la monarchie jusqu’à nos jours. — Prosopopée de la Patrie. — Esquisse des mœurs françaises, dans les différents âges de la monarchie. — État actuel des esprits. — Appel à la Jeunesse française. — Serment du sacre.

Pères des nations ! Fondateurs des États !

Héros législateurs ! Ministres !

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


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Date de parution 17 novembre 2016
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EAN13 9782346122899
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Langue Français

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À propos deCollection XIX
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P.-E. Raboteau
Le Patriotisme français
Souscription.
LE PATRIOTISME FRANÇAIS,
Poème 1 VOLUME IN-8°, D’ENVIRON 150 PAGES ; PAR P.= E Raboteau, de La Rochelle, AVOCAT. Prospecius. Cet ouvrage, fruit des loisirs d’un homme que sa si tuation personnelle a toujours soustrait à l’influence des passions politiques, n’ est point un ouvrage de circonstance ; mais il a été conçu et exécuté dans un esprit de co nciliation qui semble, surtout dans le moment actuel, devoir lui assurer quelques droit s à l’estime des amis de l’ordre légal. TABLE DES MATIÈRES.
PROLOGUE.Argument.rapide des révolutions politiques de la F rance, Esquisse depuis son origine jusqu’à nos jours. — Objet de l’ auteur. — Tableau de l’état moral de la France, à l’époque actuelle. — Appel aux patr iotes de toutes les classes. — Invocation au Patriotisme. CHANT PREMIER. DU PATRIOTISME EN GÉNÉRAL.
Argument.Effets généraux du Patriotisme. — Application de  — ces observations générales, par un exposé rapide de l’histoire du Pa triotisme en France depuis l’origine de la monarchie jusqu’à nos jours. — Pros opopée de la Patrie. — Esquisse des mœurs françaises, dans les différens âges de la monarchie. — État actuel des esprits. — Appel à la Jeunesse française. — Serment du sacre. CHANT II. PATRIOTISME DES GOUVERNANS.
Argument.Invocation à la Politique. — Tableau de l’ancien système de — gouvernement, opposé au système actuel. — Tableau h istorique de la restauration. — La Charte constitutionnelle ; les d eux Chambres, le Roi, le Ministère. — Force armée de terre et de mer. — Poli tique du cabinet. — Louis XI. — Indication de quelques abus à réformer. — Hen ri IV, présenté comme exemple et modèle des souverains patriotes. CHANT III. PATRIOTISME CIVIL.
Argument.rres civiles en — Invitation générale à l’union. — Tableau des gue France. — Les deux Frances d’aujourd’hui. — Concess ions réciproques à faire pour le maintien de la paix. — Patriotisme des classes l ettrées ; prosopopée de Boileau. — Patriotisme des Savans et des Littérateu rs ; des Orateurs et des Magistrats ; des Médecins. — Patriotisme des Agricu lteurs. — Patriotisme des
Industriels. — Patriotisme des Artistes. — Patrioti sme des Commerçans. — Patriotisme des femmes. — Patriotisme des classes ouvrières. — Lamoignon de Malesherbes et La Rochefo ucault-Liancourt, présentés comme exemples et modèles des citoyens patriotes. CHANT IV. PATRIOTISME MILITAIRE.
Argument.— Deux sortes de guerre. — La guerre juste. — Homm age aux mânes d’un jeune frère. — La guerre injuste. — Aux nations eur opéennes. — Devoirs généraux du soldat. — Portrait de Turenne. — Modération, pre mier devoir des guerriers. — Tableau des revers des Français. — Hon neur, second devoir des guerriers. — Mots militaires. — Exploits particulie rs. D’Assas. — Revers glorieux de la France. — Tableau de ses victoires dans tous les temps. — Discipline, troisième devoir des guerriers. — Récompenses nationales ; la Tour d’Auvergne, premier grenadier de la République ; les Invalides, Turenne , Jeanne d’Arc, le général Foy, honorés comme exemples et modèles des guerriers. CHANT V. PATRIOTISME RELIGIEUX.
Argument.. — Le patriote est — Invocation à la Religion. — Religion du patriote raisonnable. — Tableau de la superstition en France , dans tous les temps. — Le patriote est charitable. — Lois et bienfaits de la religion chrétienne en général. — Fureurs des guerres religieuses en Franc e. Voltaire et Jean-Jacques Rousseau, appréciés dans leur influence en bien et en mal. — Le patriote est humble. — Exemples contraires à l’humilité. — Défen se des bons prêtres. — Fénelon présenté comme exemple et modèle des prêtres patriotes.
ÉPILOGUE.Argument. — Songe prophétique de l’auteur, où il voit se réa liser les vœux formés pour son pays, d’après les principes de patriotisme développés dans tout l’ouvrage.
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Conditions de la Souscription. L’ouvrage paraîtra dès qu’il aura été réuni un nomb re de souscripteurs suffisant pour les frais d’impression. Il sera livré à chaque souscripteur à raison de 3 f rancs à Paris, et 3 fr. 50 cent. franc de port dans les départemens. La souscription une fois fermée, l’ouvrage sera ven du 4 fr. On souscrit chez l’auteur, rue des Saints-Pères, n° 50, quartier Saint-Germain, à Paris.
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IMPRIMERIE DE LA CHEVARDIERE, Rue du Colombier, n° 30.
PROLOGUE
ARGUMENT Esquisse rapide des révolutions politiques de la France, depuis son origine jusqu’à nos jours. — Objet de l’auteur. — Tableau de l’état moral de la France, à l’époque actuelle. — Appel aux patriotes de toutes les classes. — Invocation au Patriotisme.
Periculosæ plenum opus aleæ Tractas, et incedis per ignes Suppositos cineri doloso.
Loin d’un monde frivole, à l’heure où le vulgaire Redemande à sa couche un repos salutaire, Et, par un court sommeil, charme ses longs ennuis, Inquiet et troublé, dans le calme des nuits, Je pleurais sur la France, en méditant les âges, Les âges écoulés, où ses preux et ses sages, Adorés tour à tour et craints de l’univers, Lui donnaient des leçons ou des lois ou des fers ; Je pleurais... Je voyais ce florissant empire, Que l’Europe, toujours, combat, imite, admire ; Que, sur les grands débris du colosse romain, Un Sicambre a fondé, sa francisque à la main ; Je le voyais, sorti d’une vaste ruine, Pour mieux dissimuler sa sanglante origine, De palmes, de lauriers couronner son berceau, Présage glorieux de son destin nouveau ; Je le voyais grandir, à mille coups en butte, Tomber, se relever, affermi par sa chute ; Et, comme Hercule enfant, fort dès ses premiers pas , Par la victoire aussi préluder aux combats. Noblement illustré par plus d’une merveille, Sous l’emblème du lis, du dard ou de l’abeille, Arbitre des combats, enchaînant les hasards, Il donna des soutiens au trône des Césars. Naguère, trop jaloux d’une gloire infidèle, Fier de voir se lever une aurore plus belle, Son coq républicain, du clairon de sa voix, D’un peuple émancipé crut proclamer les droits ; Et, dans nos jours récents, son aigle et son tonnerre, Sous leur vol, sous leurs coups ont ébranlé la terre... Aujourd’hui cet empire, exempté de la mort, A ses premiers destins ramené par le sort, Des lis de son enfance, en cette ère nouvelle, Couronne, après trente ans, sa vieillesse immortell e ;
Hoa. II, od. I.
Aujourd’hui... Verrions-nous tous nos droits confon dus, Tous nos vœux compromis, tous nos honneurs perdus ? Contemplant mon pays, quand j’y dois reconnaître Ce qu’il fut, ce qu’il est et ce qu’il devrait être , Mon sang, plus irrité, bouillonne en ses canaux. Heureux de ton bonheur, malheureux de tes maux, O France !... J’oserai, pour guérir ta blessure, Y porter une main faible encore, mais pure ; J’en interrogerai, d’un œil observateur, Les accidents divers, la triste profondeur ; J’en chercherai la cause à ton âme aveuglée, Par un art infernal, assez long-temps voilée ; Pour la fermer plutôt j’en suivrai les progrès ; Et, témoin de mes vœux, maître de leur succès, Peut-être, un jour, ce Dieu, de qui tout bien procè de, En m’indiquant le mal, t’en dira le remède. Hélas ! Dans son progrès alarmant, furieux, Menaçant à la fois et la terre et les cieux, Quel est ce mal ? Le Dieu qui protégeait la France Retire-t-il ses biens au sol qui les dispense ? Non ; nos riches moissons et nos vins nourriciers S’entassent dans la grange, emplissent nos celliers ; L’hymen refuse-t-il, rebelle à la nature, Des gages à l’amour, des bras à la culture ? Non ; jamais il n’offrit, en sa fécondité, Des garants plus nombreux de sa prospérité ; Des champs de l’Ibérie un contact trop funeste A nos champs désolés a-t-il légué la peste ? Non ; à tant de malheurs notre sol étranger, Ne les a connus tous que pour les soulager ; Et nos hameaux fumants, nos campagnes désertes, De la guerre affranchis, ont réparé leurs pertes... Quel est-il donc, ce mal ? c’est un chancre assassi n Qui, né de nos grandeurs, déchire notre sein ; C’est un ver dévorant, qui dessèche et qui mine Notre arbre social, piqué dans sa racine. De la poudre des camps au chaume des hameaux De l’enceinte des ports au seuil des tribunaux, Du pied de la tribune au cercle du portique, Du hangar des marchés au foyer domestique, Des pavillons du trône aux marches de l’autel, Partout, infectant tout de son venin mortel, Sous le masque des lois, le hideux Egoïsme Étouffe dans les cœurs le saint Patriotisme ; Et la France, aujourd’hui (qui l’aurait cru jamais ?), Regorge d’habitants et compte les Français. Voilà le mal cruel dont l’ardeur délirante Épuise en vains efforts notre force expirante ; Voilà le fier géant dont les cris factieux,
Allumant contre nous la colère des cieux, Sur nous, sur nos enfants, bientôt réduits en poudre, Des cieux, enfin lassés, appelleront la foudre. Vous donc, qu’un beau désir peut encore enflammer, Ce géant, qui nous brave, il le faut désarmer. Dieu permet qu’en son nom, pour une œuvre si belle, Ma voix implore ici l’appui de votre zèle. Venez, vrais citoyens ! Lévites, magistrats, Artistes, artisans, littérateurs, soldats ; Venez, soit que le sort, en cachant votre vie, Soigneux de votre paix, vous ait sauvé l’envie ; Soit que, vous élevant au sommet des honneurs, Il montre vos plaisirs et cache vos douleurs !... Jurons une alliance et plus juste et plus sainte Que celle qui des rois a signalé la crainte. Venez, dignes enfants de cette mère en deuil, Veuve de ses grandeurs qu’elle suit au cercueil. Autour d’elle assemblés au jour de sa détresse, Sa force l’abandonne... Étayons sa faiblesse. Nous lui devons nos cœurs plus encor que nos bras ; Que sa voix vainement ne les implore pas. Ses titres à la main, prouvons-lui que l’Histoire, Pour elle ouvre toujours les fastes de la Gloire ; Prouvons qu’on peut la vaincre et non pas l’asservi r ; Qu’on peut l’humilier, mais jamais l’avilir. Vous pâlissez... Pourquoi ? Le dessein qui m’inspire Est-il d’un intrigant, dont la fourbe conspire A renverser des lois le temple glorieux ? L’honnête homme qui pense est-il un factieux ? Qu’à défendre ses droits la Vérité l’appelle, Il saura, s’il le faut, sacrifier, pour elle, Porter à ses autels, lui vouer à la fois, Sa paix, sa liberté, sa fortune, sa voix, Son sang... Mais la mort même est un effort vulgaire De maint soldat obscur partage volontaire, Élan irréfléchi de son cœur généreux. Le patriote vrai, doublement malheureux, Redoute encor, peut-être, un plus grand sacrifice, Une épreuve plus dure, un plus cruel supplice ; Il cherche, il reconnaît, il sent la vérité ; Il la dit, il la prouve... et n’est pas écouté. Je la dirai, pourtant ; je la dirai sans crainte ; Je la dirai toujours. Mes alarmes, ma plainte, Retentiront partout... Non dans le vain désir De cueillir un laurier qu’un souffle peut flétrir ; Et, d’ailleurs, aujourd’hui, trop souvent la conquê te De qui ment à l’honneur pour en ceindre sa tête ; Mais par le doux penchant qu’ont tous les cœurs bie n nés A trahir leurs secrets vers le bien inclinés ;
Mais par l’attrait vainqueur qui me découvre un frè re Dans chaque fils du sol à qui j’ai dû mon père. Pour l’amour seul du bien combattant les abus, A nos félicités, doux fruits de nos vertus, J’oppose nos malheurs, fruits amers de nos vices. En signalant des cours les lâches artifices, De notre nation, de nos sacrés pouvoirs, J’ose dire les droits et surtout les devoirs. Mon luth est prêt...Mon cœur, au doux nom de la Fra nce, Se ferme au désespoir et s’ouvre à l’espérance. L’espérance !... A ce mot, à ce présage heureux, Mon vers, mieux inspiré, va couler plus nombreux. Quel serait mon bonheur, si l’ardeur qui m’anime A mon pays vengé rendait sa propre estime ! Sacré Patriotisme ! ennoblis mes accords !