Le Père Noël est paffé...

Le Père Noël est paffé...

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Description

MAIS QUI EST CETTE PETITE FILLE MUETTE ?

Lyon, un 24 décembre. Alors qu’elle fait le plein de Téquila en prévision du réveillon, Doll se retrouve sans rien comprendre avec une gosse de trois ans sur les bras !
Entre sa voisine drag-queen qui lui offre un show Sylvie Vartan, Alice, son ex, qui revient comme un cadeau l’espace d’une nuit de Noël et les embrouilles de Sonia la kidnappeuse... on retient son souffle jusqu’au bout de cette étrange histoire.

Avec Le Père Noël est paffé, Marie-Hélène Branciard nous offre une nouvelle originale, drôle et touchante dans la lignée de son polar #Jenaipasportéplainte.

EXTRAIT

« Je me suis attrapée par le colback et jetée à la rue :
— Allez hop, dégage, tire-toi !
Éjectée de mon propre appart’ ! J’avais pas le choix. C’était ça ou je devenais dingue, enfermée entre la télé et les bouquins que j’arrivais plus à lire depuis son départ. Il fallait que je trouve un autre endroit, un endroit où je pourrais l’oublier, elle, mais pas que... Y avait aussi le loyer à payer, les contrôles Polemploi, le gang de cafards qui squattait ma cuisine, l’espèce de verrue qui poussait sur ma joue, l’ordi qui venait de rendre l’âme.
— Et arrête de te plaindre ! j’ai ajouté, furax.
J’ai vu dans le regard d’une mamie que je pouvais faire peur. Non mais !
Ben ouais, Alice m’avait quittée. Ça faisait déjà un mois mais j’avais encore du mal à y croire. Elle m’avait prévenue pourtant, dès le départ... que ça durerait pas, que j’étais trop gentille, qu’elle préférait les brutes. Et moi qui croyais qu’elle blaguait ! Ben non. Putain, j’étais trop en manque d’elle, de sa peau, de sa bouche qui s’attardait sur la mienne, du sourire canaille qui me laissait sur place. Même son sèche-cheveux à six heure du mat’ qui m’empêchait de me rendormir me manquait. Plus les jours passaient et plus je me demandais comment j’allais faire pour me débarrasser du plugin gluant et plein de pattes qui vivait sous mon lit et me réveillait la nuit en grignotant ma cervelle.
J’ai slalomé entre les poubelles et j’ai failli m’étaler sur un vieux PC abandonné. Un clavier tout dépenaillé, un écran fêlé, une souris morte, des touches éparpillées... Y avait pas toutes ses lettres alors j’ai ramassé le A.


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Informations

Publié par
Date de parution 15 mars 2017
Nombre de lectures 4
EAN13 9782375530108
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Marie-Hélène Branciard
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LE PÈRE NOËL EST PAFFÉ
NOUVELLE
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Éditions du Poutan
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Je me suis attrapée par le colback et jetée à la ru e : — Allez hop, dégage, tire-toi ! Éjectée de mon propre appart’ ! J’avais pas le choi x. C’était ça ou je devenais dingue, enfermée entre la télé et les bouquins que j’arriva is plus à lire depuis son départ. Il fallait que je trouve un autre endroit, un endroit où je po urrais l’oublier, elle, mais pas que… Y avait aussi le loyer à payer, les contrôles Polempl oi, le gang de cafards qui squattait ma cuisine, l’espèce de verrue qui poussait sur ma jou e, l’ordi qui venait de rendre l’âme. — Et arrête de te plaindre ! j’ai ajouté, furax. J’ai vu dans le regard d’une mamie que je pouvais faire peur. Non mais ! Ben ouais, Alice m’avait quittée. Ça faisait déjà u n mois mais j’avais encore du mal à y croire. Elle m’avait prévenue pourtant, dès le dépa rt… que ça durerait pas, que j’étais trop gentille, qu’elle préférait les brutes. Et moi qui croyais qu’elle blaguait ! Ben non. Putain, j’étais trop en manque d’elle, de sa peau, de sa bouche qui s’attardait sur la mienne, du sourire canaille qui me laissait sur pla ce. Même son sèche-cheveux qui me réveillait à six heures du mat’ me manquait. Plus l es jours passaient et plus je me demandais comment j’allais faire pour me débarrasse r du plugin gluant et plein de pattes qui vivait sous mon lit et me réveillait la nuit en grignotant ma cervelle. J’ai slalomé entre les poubelles et j’ai failli m’é taler sur un vieux PC abandonné. Un clavier tout dépenaillé, un écran fêlé, une souris morte, des touches éparpillées… Y avait pas toutes ses lettres alors j’ai ramassé le A.
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On était à la veille de Noël et la rue s’était vêtu e de son pire fond d’écran, blanc sale avec des traces de pneus qui salissaient tout sur l eur passage. J’ai regardé mes boots qui se noyaient dans cette bouillie et j’ai tracé v ers le cyber café de la rue de Marseille en essayant d’éviter les tas de neige. Fallait absolum ent que je me connecte pour vérifier si la boite de prod m’avait versé mon cachet. Ça faisa it un mois que j’attendais trois cent trente euros pour deux jours de figuration dans une gentille daube avec Gérard Poulain. J’avais fait la foule. Bon, d’accord, j’étais pas t oute seule mais j’avais pas mal assuré. Pas si évident que ça de jouer la foule. Enfin, le truc cool, c’était surtout que j’avais pu approcher Emma, l’assistante du réalisateur et lui glisser mon scénario. Celui que je réécrivais depuis au moins trois ans sans parvenir à intéresser qui que ce soit. Mais là, je sentais que c’était bon. Emma m’avait promis de le lire. Y avait plus qu’à attendre. L’une de mes principales activités. Monsieur Cyber Wallid m’a lancé un clin d’œil et m’ a fait signe de m’installer où je voulais. Y avait pas un chat à cette heure là. J’ai choisi un ordi au fond, là où il faisait un peu plus chaud et je me suis connectée fissa sur ma banque. J’ai tout de suite vu que la thune avait été versée. Putain ! Enfin une bonne no uvelle ! J’ai tchèké ma boite mail, fait un p’tit tour sur Facebook, une embardée sur Ciné A ctu, mais y avait rien de plus. Je me suis déconnectée en soupirant. C’était quand même g onflant d’être obligée de faire tout ce cirque pour lire mes mails. Fallait absolument q ue je trouve du taf, que je gagne un peu de fric et que je me paye un nouvel ordi… Le se ul truc un peu humain qui me reliait au monde depuis le départ d’Alice. C’est lui que je retrouvais chaque matin désormais. C’est là que vivaient mes nouveaux amis et même s’i ls étaient virtuels, ça me faisait une présence. Les vrais potes m’appelaient de moins en moins, comme si mes fringues recyclées, mon dumbphone et mes plans de boulot foi reux leur faisaient peur. Des fois
que ça soit contagieux, la louse… J’ai payé Wallid et je suis ressorti dans le froid. J’ai retiré deux cent euros sans perdre de temps et j’ai pris la direction du supermarket. Abandonnée ou pas, fallait que je bouffe. Ça faisait trop longtemps que je me traînai s du fauteuil au lit et du lit au lit, comme la mémé dans la chanson de Jacques Brel. C’es t bien gentil le chagrin mais à moins d’en crever, il faut s’alimenter pour bien en profiter, pour se repasser en boucle les chouettes moments avec Alice, pour...