Le petit marchand de sourires

Le petit marchand de sourires

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Livres
48 pages

Description

Le petit marchand de sourires

Olivier, 10 ans, est atteint de la progeria, cette maladie qui fait vieillir le corps plus vite que l'âme. L'espace d'un instant, le petit garçon et ses parents, unis comme jamais, nous invitent dans un dialogue où se mêlent l'innocence, les rires, les peurs et les rêves.

Ce texte est vibrant d'émotions, tout en délicatesse, la poésie de l'enfance survolant le drame de l'existence.

Rédigé magistralement, à aucun moment l'auteur ne cède à la facilité du sensationnel. Au contraire, il signe, avec cet ouvrage, un texte à la fois poétique et respectueux. Ce petit garçon, Olivier, nous transmet, avec toute cette charmante maladresse de l'enfance, un message d'espoir qui n'est rien d'autre qu'une ode à la vie.

Jean-François Joubert

Arrivé sur Terre, en tombant d'une étoile, sa vie s'est déroulée entre ciel et mers. De l'amour au voyage, son être s'est nourri de multiples expériences avant de tomber en sur-vivance au travers de l'écriture. La tête toujours tournée vers les rêves, il vit à Brest.

Artiste particulier, gare à l'EOC ! Oui, lecteur, vous avez bien lu... Il s'agit bien d'un Ecrivain Obsessionnel Compulsif, premier né du modèle. Fou d'amour, d'écriture, son style envoûte et captive, obsédant et entêtant. A mi-chemin entre la poésie et la prose, laissez-vous emporter sur le navire du capitaine Joubert. Il vous guidera contre vents et marées à travers ses émotions et ses rêves.

Il est également l'auteur du "Mage du Rumorvan" (Editions Secrètes).


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Date de parution 08 juillet 2015
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EAN13 9782374460062
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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Le petit marchand de sourires Jean-François Joubert
- Regarde ! La lumière… Elle vient de loin, travers e le ciel, la vitre, et te caresse la joue. - Papa ?… - Tu sais, elle est la source de l’univers… - Je vais mourir ? L’enfant est malade, les gènes. Les cellules de son corps vieillissent à une vitesse accélérée, plus de cheveux, les yeux fatigués, la p eau flétrie. Olivier a douze ans et l’air d’en avoir cent. C’est un enfant tranquille qui aim e la vie, mais cette garce l’a piégé dès son entrée dans ce monde. Nous sommes samedi, son p ère se trouve à son chevet, la peur au ventre. -Tu as froid ? -Non, tu sais... je suis triste. -Veux-tu que je te raconte une histoire ? -Oui, raconte-moi... la vie. Dans son lit, le petit Olivier rêve souvent aux mon tagnes, aux hiboux et à des voyages sur l’océan. - Que veux-tu savoir ? - Tout ! - Le Printemps ôte les peines, les fleurs épanouies arborent des couleurs fleuves, essence d’arc-en-ciel. - C'est quoi l'essence ? - C'est ce qui touche le cœur des sens... Imagine p lus haut, les oiseaux chantent une ode au ciel et les merveilles du renouveau semb lent illuminer le monde. Dans cette petite pièce où la mort s’occupe de ce p etit corps, la poésie et le rêve peinent à trouver leur place. Elle vient le cherche r. Les lèvres du père se pincent… Son regard devient intérieur, il cherche ses mots. - Papa ! … Raconte. Je veux connaître toute l’histo ire. - Au début, on ne trouvait pas les images, le vide, le noir. Une pensée s’est levée comme le souffle du vent et elle a tout inventé… Le s prairies, les poissons volants, les sorcières et la forêt. - Toute seule ? - Je ne sais pas, Olivier. - C’était qui ? - Dame Nature ! - L’origine du monde… est une femme ? - Je le crois. - Et le diable ? - Tu en as peur ? - Non, je suis un enfant. Il ne s’intéresse pas à m oi. - Jamais, jamais? - Parfois, dans mes cauchemars. Mais je ne laisse p as faire. Je me bats. - Tu es courageux.
L’enfant tousse. - Tu es fatigué. Je te laisse ? - Non, je n’ai pas sommeil. Tu sais, je vais vous q uitter… Alors, ne me laisse pas seul ! La larme qui brille dans les yeux du père ne doit p as se voir. Il aime son fils, Olivier. Il a beau être un homme solide, il est impuissant f ace à la nature qui a déposé cette bombe dans le corps de son enfant. Parfois, il aura it aimé tabasser la créature créatrice pour cette injustice. - Quel est ton animal préféré ? - Euh… Le chat… - C’est un animal magnifique. Tu sais, les chats co nnaissent la magie. - Ils volent ? - Non, mais leur esprit le fait pour eux. Les chats se glissent dans nos rêves, ce sont eux qui remplissent nos nuits. - Et les dauphins ? - Ce sont les seigneurs des mers, ils connaissent l es secrets des hauts-fonds. Une fois, j’en ai vus en vrai. - Tu as nagé avec eux ? - Non, mais l’envie était là. Quand ils dansent dan s l’eau, tout devient léger. - Comme une plume ? - Encore mieux… Dehors, le soleil rend joyeux. Olivier ne voit pas le canard qui se promène sur le lac, mais il veut savoir le pourquoi du comment, comme t ous les enfants, conscient que son âme va bientôt rejoindre les cieux. Son père fait s on possible pour ne pas pleurer, lui aussi. Il sent que l’enfant va bientôt rejoindre le pays des songes, ou ailleurs ? - Si tu veux ce soir, nous irons voir les étoiles. - Oh, oui ! - Le ciel raconte des histoires. - Tu sais ? Des fois, je ne dors pas alors je me lè ve et les regarde. - Elles te parlent ? - Elles m'ont appris que, si certaines sont mortes depuis des milliers d'années, elles continuent de briller. Les étoiles sont des souveni rs. Olivier regarde son père d'un air sérieux. Malgré s on jeune âge, la maladie l'a rendu suffisamment mature pour comprendre les affres de l a vie. - L’univers est un livre ouvert pour qui a l’esprit curieux. Le toit du monde rend humble, la Terre est si petite. - J’aurais voulu voyager. - Tu es un voyageur immobile, mon fils. Je sais, tu ne quittes pas ton lit mais tes yeux le font ce voyage... comme un oiseau. Lequel v oudrais-tu être ? - J’aime bien les perroquets. - Quand j’étais petit, nous en avions dans la famil le, des gris du Gabon. - Ils parlaient ? - Un peu. Mais j’avoue que j’avais peur.
- De quoi ? - Ils sortaient de leurs cages et se posaient sur n os têtes, le bec béant. Je n’étais pas fier. Je tremblais. - Et les singes ? Tu aimes les singes ? - Nos cousins, je les trouve rigolos. - Ils sont tout nus. - Et alors ? L’homme a commencé nu son histoire. - Même les filles ? - Tout le monde. - Moi, je n’aime pas mon corps. Je ne suis pas comm e les autres. D’ailleurs à l’école, ils se moquent. - Ce sont des imbéciles. - Peut-être, mais ça fait mal ! La mouette rit. Le père veut serrer le petit homme dans ses bras. Il voit Olivier dans son lit, sous la couette, si fragile. Parfois l’env ie de mourir pour ne plus souffrir devient si forte qu’il devient loup de pleine lune hurlant son malheur. La bêtise humaine le met en rage, ces enfants ne connaissent pas leur chance d’être en bonne santé. Et lui, il apprend tant d’Olivier qu’il a parfois honte de l’h omme qu’il a été avant d’être son père. - Veux-tu de l’eau ? - Non merci, papa. Une histoire ! - Je vais chercher un livre. - Non, reste ! Parle. Ne lis pas ! - Bon, laisse-moi un peu de temps. Le silence plane dans la pièce comme l’aigle au-des sus de sa proie. - Tu connais Margot, la reine des baleines ? - Euh, non ! - Elle portait une couronne en dents de requin et s on terrain de jeu était les océans. Parfois, elle coulait les bateaux marchands qui lui faisaient de l’ombre. Elle donnait des coups de queue si puissants que le bois des navires se fendait et leurs trésors allaient au fond. - De l’or ? - Du vin dans des amphores, de l’huile. - Elle polluait la mer. - Margot aimait l’ivresse des hauts-fonds… Elle éta it jalouse de sa cousine. - Pourquoi ? - A cause du roi. - Son...