LE PIANISTE ET LES MATRIOCHKAS
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LE PIANISTE ET LES MATRIOCHKAS

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Description

« On plonge dans l'univers passionnant que nous décrit Élodie Mazuir et on n'a plus envie d'en sortir. » (Brigitte Bardot)
« Un univers poétique, coloré, tout en rebondissements. Captivant. » (Journal de France)
« Une explosion pour les sens, une révélation. » (SophieSonge)
« Excellent roman à la construction atypique... » (Zoelectrice, Babelio)
Artus le pianiste donne des récitals à travers le monde. Marie la funambule vole de ville en ville, en compagnie de sa tribu du cirque. Alessandro le chirurgien est poussé par une ambition maladive. Ludmilla l'artiste fragile quitte sa Russie natale pour le sud de la France. Escobar le pêcheur solitaire se contente de vivre dans une crique. Tous les cinq se rencontrent et s'étreignent, s'aiment et s'abîment, valsent et tanguent, vacillent et se relèvent, sous le regard d'un lion mélomane ou de statues qui leur apprendront à compter au fil des quatre saisons. Ils nous emportent ainsi à un rythme effréné dans le chassé-croisé de leurs rêves et de leurs désillusions, tout au long de cette mélodie du bonheur... doux-amer.
Après avoir été journaliste, Élodie Mazuir dirige aujourd'hui une librairie. Avec Le Pianiste et les matriochkas, elle nous livre un premier roman à l'univers poétique, naïf et lunaire, qui donne foi en l'amour et en la vie.

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Informations

Publié par
Date de parution 11 octobre 2016
Nombre de lectures 3
EAN13 9782375480076
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

ÉLODIE MAZUIR LE PIANISTE ET LES MATRIOCHKAS roman les indés
Page de titre Table des matières Préface Début L’auteur Copyright
TABLE DES MATIÈRES
PRÉFACE Je n’écris jamais de préfaces pour des livres qui n e parlent pas d’animaux ! Mais là, j’ai fait une exception. J’ai dévoré avec tant de plaisirLe Pianiste et les matriochkas.C’est rare que je porte aux nues un livre, car en général je les trouve san s intérêt. Mais celui-là est joyeux, profond, coloré, haletant, plein de sentiments. On plonge dans l’univers passionnant que nous décri t Élodie Mazuir, et on n’a plus envie d’en sortir. En plus, c’est divinement bien écrit ! J’ai a-do-ré-mi-fa-sol-la-si ! Brigitte Bardot
Artus Les mains courent, volent, virevoltent, elles danse nt ensemble, elles galopent, puis s’éloignent et se retrouvent, se touchent presque, se frôlent. Excitées, bondissantes, elles cavalent et s’élancent sur les notes, une étr einte, une osmose parfaite, enivrées, saoules de notes blanches, de notes noires, de diès es et d’arpèges, magique alchimie. Elles sont en symbiose, sous emprise, dégagent une force, une énergie palpable ; une ivresse plane dans la salle de concert. La musique enivre les spectateurs. Ils plongent, se noient, se fourvoient ; elle coule sur leurs cor ps, pénètre leurs esprits. La magie opère. Les cœurs s’emballent, les larmes montent, l es émotions envahissent les âmes des uns et des autres. Ce pianiste les embarque dan s un voyage, instant précieux. Et lui, le pianiste, il est absorbé, parti loin, il accompagne ses mains qui dansent, il mène les notes, ses yeux sont clos ; sourcils fronc és, il exulte, exorcise ses désirs les plus forts, il monte tout en haut, il transpire, re spire, écoute ses notes frapper son cœur, chef d’orchestre de cette chamade. Il est en transe , ses auditeurs en extase, ça va exploser, une ultime jouissance ensemble, encore, l e rythme s’accélère et la note finale jaillit maintenant. Bouquet de ce feu d’artifice. Un vacarme terrible succède à la magnificence de la musique, on dirait la pluie qui tombe à verse sur un toit, un clapotis doux et apai sant, délicieux et calmant. Décompensation inouïe, relâchement de cette tension de plaisir, comme deux corps qui, après cette précieuse étreinte d’amour, rencon treraient l’âme de l’autre et ne seraient plus qu’un à partir de cet instant. On crie, on se lève, ovation, on inspire fort, on reprend son souffle, on ne halète plus, c’est une belle rencontre, rare, le public la recon naît, il la savoure. Un coup de foudre. Le pianiste et son public viennent de partager une magnifique extase, ce musicien a ce don de tatouer sa musique sur les gens, de créer l’émotion même chez les cœurs les plus froids. Il se lève, son corps tremble, il sourit, essoufflé , s’incline, avance, recule, part et revient, remercie, lance des baisers, des regards s e croisent, complices. Magie du moment partagé. Un maître en la matière, un virtuose, le pianiste q ue tout Paris veut écouter, l’auditorium est comble comme toutes les fins de se maine depuis quelques années, les critiques sont dithyrambiques, la presse ne parle q ue de ce prestidigitateur. Une icône. Et lui, le piano, immobile et noble, occupe la scèn e, il brille, des étincelles clignotent dans les airs, les projecteurs accompagnent la fin du récital en refermant la lumière sur cette majestueuse masse noire. Le pianiste quitte la scène maintenant, il est épui sé. Sa loge. Revenir à une réalité plus raisonnable. Retrouver l’équipe technique. Son agent et fidèle ami de toujours – Joseph. Le mo nde, le taxi, le chauffeur, les phares, feux rouges, feux verts, infernale danse de la circulation, tout s’accélère, une valse à quatre temps. Il pose sa tête en arrière, ç a tourne. Il fixe le ciel à travers le toit ouvrant, les étoiles tourbillonnent.C’est joli, de les regarder dans tous les sens, les étoiles, se dit-il. Il pense à Marie, un sourire illumine son visage. E lle doit redescendre de là-haut en ce moment, il imagine son corps en train de se déro uler de la corde qui la ramène au sol. À cet instant, tandis que la salle de concert termine de se désemplir, une spectatrice reste collée à son fauteuil, les mains agrippées sur chaque accoudoir pour ne pas faillir à cette nouvelle émotion qu’elle vie nt de découvrir. Marie est envoûtée.
Ludmilla Elle avait vu en lui, le Français, la lumière de l’ avenir. Le champ des possibles. Elle avait été happée par un flot de paroles, il savait l’inonder, elle n’avait d’autre possibilité que de le suivre. Il la voulait chez lui très vite. Elle voyait la chance s’offrir à elle. Une rencontre calculée. Rien de la magie du hasard. Un voyage organisé au pays des tsars pour des homme s cherchant des épouses disposées. Mais voilà, Alessandro Di Salvo n’en tro uvait aucune à son goût. Elles étaient trop blondes, trop grandes, pas assez vives , pas assez jolies. Ludmilla se trouvait là ce soir-là, se réchauffant le cœur à coup de shots de vodka glacée qui devenait brûlante ensuite et anesthésiai t quelques instants son chagrin. Sa mère venait de mourir. Cette mère si dévouée, à l’existence rude et miséra ble, qui avait travaillé dur à l’usine pour élever sa petite fille. Petite fille venue du ciel. Inattendue. Fruit d’une brève liaison amoureuse avec un beau pi lote français en escale à Moscou. Elle aussi se réchauffait le cœur parfois dans les troquets moscovites, le personnel navigant masculin des compagnies aériennes venait g oûter la vodka et courtiser les femmes. Lorsque Miléva, sa mère, avait appris sa gr ossesse, elle ne pensait pas que son « fiancé » reviendrait la voir si tardivement, c’est-à-dire quelques jours avant la venue au monde de l’enfant. Il parcourait le globe et aimait faire escale dans la capitale moscovite. La compagnie de Miléva le flattait, elle était très belle, il parlait russe, un peu, ils riaient et faisaient l’amour plus qu’ils n ’échafaudaient de quelconques projets, il démarrait sa carrière de pilote, ses rêves étaient gorgés d’ascensions. Il lui dit seulement que ce ne serait pas possible. Et il disparut à tout jamais. Lorsque Ludmilla eut 5 ans, elle demanda à sa mère où était son papa, et Miléva lui répondit seulement que son père était dans le ciel, ce qui était presque vrai. La petite fille grandit dans le village de Jostovo, un petit bourg à une vingtaine de e kilomètres de Moscou, devenu très célèbre à la fin duXIXsiècle pour sa fabrication de plateaux en fer laqués, peints à la main par les fe mmes. Elle vivait à la ferme familiale avec sa mère et ses grands-parents, Kalinka et Andreï. Enfant, elle reçut tout l’amour d’une famille ortho doxe, pieuse, sans le sou, habituée au dur régime passé du pays, avec pour père un nuag e. Une famille où l’on parlait peu, on écoutait avec respect le grand-père raconter la dernière guerre du pays, et son dévouement aux services de l’Armée rouge. Le soir devant la cheminée, après la cérémonie du t hé posé sur le samovar, Andreï jouait de l’accordéon et chantait, d’une voix profo nde, noble et grave, sur les airs entraînants de Katyusha. Kalinka jouait du violon e t dansait avec son châle coloré, celui que l’on offre aux jeunes mariées. Le sien était d’ une finesse remarquable et avec fierté elle montrait aux autres comment il passait au trav ers de son alliance, gage de grande qualité. Ludmilla passa son enfance bercée par les mélodies folkloriques russes
traditionnelles, elle dansait le casatchok, et tous frappaient des mains en criant la mesure, hey, hey, hey ! Quand elle se sentait trist e, elle demandait à sa grand-mère de lui jouerPuszta, Pusztaau violon, leur moment de complicité. Son jeu favori était de pétrir la boue de la cour, qu’elle façonnait de façon étonnante en petites matriochkas, ces poupées gigognes russes et autres poteries. Plus tard, elle s’en prit à de l’argile et à de la terre, qu’elle m agnifiait en sculptures. Elle commencerait bientôt des études aux Beaux-Arts de Moscou. Pour l ’heure, elle suivait les cours de la manufacture de Jostovo, où elle avait commencé auss i à travailler pour gagner un peu d’argent. Le savoir transmis de génération en génér ation, l’art de peindre les bouquets de fleurs sur des plateaux métalliques faisaient la réputation de son village. C’était toute l’histoire des femmes de la famille, cette usine. La première fois qu’elle l’avait visitée, c’était pour regarder sa grand-mère peindre. Elle se souvient des fins de journée à l’usine, tou tes les femmes étaient assises autour d’une grande table, foulards fleuris sur la tête, un grand tablier bleu devant elles, affairées à peindre d’infimes détails d’une finesse admirable sur les fameux plateaux de métal. Lorsque Ludmilla eut 15 ans, elle demanda à sa mère comment s’appelait ce père. Elle lui dit seulement que son prénom était Louis. Ce qui éveilla la curiosité de l’adolescente. — Louis ! Comme les rois de France ? — Non, il n’était pas roi, ni prince d’ailleurs. — Je me doute, Mama, mais français ? — Oui je crois… Mais il est parti tu sais… — Oui tu me l’as dit… Mais Louis comment ? — Louis je ne sais plus. Arrête, fillette, j’ai tou jours prié Dieu pour qu’il me conduise vers un mari, personne, jamais, ne m’a plus regardé e ; une fille mère, voilà ce que j’étais, je me suis résignée, tu es mon petit Jésus , ton père, c’est notre dieu !
Artus Un samedi soir sans récital, bientôt la fin de la s aison des concerts en France, une tournée de quelques mois à l’étranger ensuite pour le pianiste Artus Lambert. Ce matin en descendant acheter son journal, Artus croise une affiche ; Marie la funambule, le cirque Flamenco donne une représentation porte de P assy. Son ami Joseph avait emmené ses petits-enfants same di dernier et avait été très impressionné par cette extraterrestre. « Tu devrais y aller pour te détendre un peu », lui avait-il dit. Ce soir, Manouche est à l’entrée, rayonnante, fière . La famille est en place. Elle gère, d’une main de fer dans un gant de velours, toute ce tte incroyable organisation : les fils guitaristes, Marie la funambule et la troupe, dompteur, clowns et régisseur. Les femmes font et défont les foyers, ça, elle le savait, alor s Manouche cultive avec amour l’art de régner dans les coulisses. — Bonsoir, madame, un billet à la meilleure place, s’il vous plaît, demande Artus. — Trente euros, s’il te plaît. Tu vas frissonner, toi. Tu as de très belles mains… — Merci… Il lui adresse un sourire furtif, voilà bien longte mps que personne ne lui avait dit quelque chose de cette façon, avec familiarité et t endresse. Il se sent bien ici. C’est si différent de l’ambiance des endroits feutrés où il joue, des lumières tamisées, des voix chuchotant, des gens très habillés, de la bienséanc e accordée à la musique classique. — Place 35, face à l’entrée de la scène. Une trombe de notes de guitares débaroule. Flamenco sec. Rapide, entraînant. Coloré, chaud. Les doigts énervés des interprètes couchés sur cell es-ci s’agitent langoureusement. Caresses sensuelles, douces et violentes, agitées p uis lentes, les guitares sont elles aussi leurs femmes. L’harmonie de leur sonorité dép end du désir de leur maître. Elles libèrent le son du flamenco tant attendu par les mu siciens qui s’en trouvent emportés. Elles grincent, elles couinent, soumises aux mains baladeuses. Le toucher des cordes est physique, les muscles des corps tendus, désir é clatant au final par le chant des hommes, leurs voix graves tremblantes vibrent avec force, pénètrent l’atmosphère, cordes vocales tendues à leur tour. De la même façon qu’Es rugit de plaisir et gronde, après avoir joué à dominer le feu. Es, le lion, entre en scène, il ouvre le spectacle. Majestueux. Ses pattes se collent sur les intonations des instr uments. Il défile en rythme avec une insolence certaine. Fier. Crinière gonflée d’orgueil. Il cogne la piste. Contemplé. Paolo précède, il enflamme les cercles un à un, à u ne vitesse vertigineuse en brandissant une torche, il pose ses pas sur le son des cordes, viril, cambré, le bras en l’air embrase le décor, lumière dorée, dessine une bulle, Es et lui seuls à l’intérieur. Il s’emballe, possédé par la musique, rapidité des pas , frappe le sol, tourne et tourne, gestes saccadés des bras, port de tête magistral, a rrogant, expression du visage statufiée, il impose, il s’agite. Chaque mouvement est parfaitement accordé aux notes, la danse est entrée en lui. La troupe arrive. Es. Un autre lion.
Et trois lionnes. Sauts, roulades, menées sous la danse du fouet et d es ordres de Paolo, en musique. Ballet de félins. Silence, les guitares se taisent. Signal pour Es. Es s’élance, bondit, saute, traverse les flammes ; puissance, force, le regard sauvage qui toise celui du dompteur. Magnifique due l de domination et de virilité. La sueur animale des uns et des autres coule sur leurs peaux. Fin du numéro. Le flamenco repart de plus belle. Les autres lions ren trent. Es prend sa place, pas très loin du siège 35. Nouveau décor, les projecteurs se tournent vers un invisible fil. Cascade de notes aériennes de guitare sèche, elle arrive, elle gamba de, elle fait plusieurs fois le tour de la piste en courant ; sa jupe rouge vole au gré des tourbillons de ses pas, une gitane colorée, ses cheveux sont rassemblés dans un chigno n, une rose rouge piquée dedans, sa bouche est habillée d’un rouge à lèvres carmin, elle affiche un sourire à faire pâlir tous les hommes du chapiteau. Elle dégr afe sa jupe, la jette dans le public, Artus la reçoit sur les genoux. Il rougit. Es a sui vi des yeux l’étoffe soyeuse. Il croise le regard surpris d’Artus, osant à peine effleurer le tissu. La voilà en justaucorps de funambule, toute d’or vê tue, elle attrape sa corde, ses jambes qui ne cessaient de bouger sont maintenant e nlacées autour. Elle se hisse avec une surprenante dextérité, une agilité féline, elle semble aspirée dans les airs. Toutes les têtes se lèvent en même temps, la chorég raphie est parfaite. Le show de l’étoile filante commence.
Ludmilla Lavodka coule à flots au Yogoda bar de Moscou, les fi lles dansent sur les podiums, les filles font des shows privés, les filles propos ent leur corps un peu plus tard pour finir la soirée. Il fait chaud, les hommes du voyage orga nisé qui ont pour la plupart fait connaissance avec des candidates au mariage sont là , les hommes d’affaires en déplacement sont là, les hommes des compagnies aéri ennes sont là, tout comme les hommes mariés, les hommes célibataires, les hommes heureux, et même les hommes amoureux. Tous là, ce soir pour assouvir leurs inst incts, pour flirter avec leurs pulsions de prédateurs, pour voir, juste pour le plaisir, co mme on consomme un shot, rien de plus. Rien de grave, rien de formel. Cendrillon pour ses 20 ans, décide de se saouler au milieu de tous ces mâles au comportement contestable. Les violons miaulent, les lumières tamisées assombrissent les visages, on peut se dévergonder sans scrupule, sortir les billets, afficher des sourires ravageurs, les uns jouent de leur pouvoir, les unes profitent de leur argent et d’autres se consolent. Elle imagine que son père était parmi eux il y a vi ngt ans, et sa mère comme elle, fêtant ses vingt ans pour se réchauffer, il fait si froid dans ce pays. Elle imagine que sa mère se repose enfin là où elle est. Qu’elle a retrouvé celui qu’elle a attendu toute sa vie. Son Bon Dieu de mari. Pourvu qu’elle ait chaud. Perdue dans ses pensées, elle est accoudée au bar, sa chapka toujours sur la tête, signe qu’elle ne fait pas partie de la fête des aut res. Elle pose une clé sur le comptoir, une clé portant le numéro 64 avec un gros pompon ro uge et doré, elle le regarde dans tous les sens, le tripote, le soupèse, elle est déj à en retard, il est bientôt minuit. Une main se pose sur son épaule, une main lourde qui lu i serre doucement mais fermement la clavicule. — Que fais-tu ici, nous avions rendez-vous ? La voix parle en anglais, elle comprend bien la lan gue, et répond hasardeusement : — Mais tu n’y es pas non plus ? — Mon séminaire se termine là, j’ai dû accompagner mes confrères, nous partons ! Attirante, désobéissante, amusée, griseries de l’al cool. Un court instant elle lui adresse quelques pas de cosaque pour excuses. — Arrête de danser, tu n’es pas de ces filles non ? — Je danse pour me dégourdir, je suis saoule, je su is triste ! — Allons, allons, donne-moi la main, tu titubes, di t-il agacé. Tout commence comme ça, par un rendez-vous manqué. Elle suit innocemment cet homme, rencontré quelques heures plus tôt.