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Le Sursitaire Lettres d'un appelé à sa femme (1961-1962)

De
120 pages

Les lettres réunies dans ce livre ont été écrites au début des années soixante par un universitaire de 27 ans, marié et père de famille, accomplissant son service militaire comme simple soldat... Un témoignage authentique, parfois comique, parfois navrant, mais toujours pittoresque.

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Ajouté le : 01 septembre 2014
Lecture(s) : 13
EAN13 : 9782336354392
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Les lettres réunies dans ce livre ont été écrites au début des années soixante par un universitaire de 27 ans, marié et père de famille, accomplissant son service militaire comme simple soldat. Arraché aux siens et à son travail, balloté de caserne en caserne, d’Avignon à Trèves, de Berlin à Orléans, confronté aux lourdeurs de l’administration militaire, le « cavalier Charron » surmonte son désarroi en adressant à sa femme la narration de ses tribulations, qui le font passer du luxe et de la discipline du quartier Napoléon berlinois à la crasse et au laisseraller de la caserne orléanaise. Un témoignage authentique, parfois comique, parfois navrant, mais toujours pittoresque.
Gilbert Boillotest né en 1934.Le Sursitaire prend place dans son autobiographie, qui compte aujourd’hui huit volumes publiés chez L’Harmattan.
Illustration de couverture :Soif de Liberté (peinture de l’auteur).
ISBN : 9782343041179 13,50 €
Gilbert Boillot
Le Sursitaire
Lettres d’un appelé à sa femme (19611962)
Les impliqués É d i t e u r
Les impliqués Éditeur Structure éditoriale récente et dynamique fondée par les éditions L’Harmattan, cette maison a pour ambition de proposer au public des ouvrages de tous horizons, essentiellement dans les domaines des sciences humaines et de la création littéraire.
LE SURSITAIRE
© Les impliqués Éditeur, 2014 21 bis, rue des écoles, 75005 Paris www.lesimpliques.fr contact@lesimpliques.fr ISBN : 978-2-343-04117-9 EAN : 9782343041179
Gilbert Boillot
LE SURSITAIRE Lettres d’un appelé à sa femme (1961-1962)
Les impliqués Éditeur
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Les fiancés comtois. Une correspondance amoureuse dans les années trente. Le Losange, Nice, 2008, 140 p. Les nouveaux Mariés. Une correspondance en temps de guerre et d’exode.Le Losange, Nice, 2009, 148 p. Louis Domergue. Lettres d’un jeune Communiste, 1949-1959.L’Harmattan, Paris, 2012, collection « Graveurs de Mémoire », 202 p. Jean Frélaut. Le Graveur et le petit Renard. Lettres d’un Artiste du Livre à ses Amis Éditeurs (1939-1948).L’Harmattan 2013, collection « Graveurs de Mémoire », 142 p. Ouvrage scientifique : e Introduction à la Géologie. La Dynamique de la Lithosphère. 5 édition.En collaboration avec Ph. Huchon et Y. Lagabrielle. Glossaire des termes de physique par J. Boutler.Dunod, Paris, 2013, 238 p.
Prologue
Les lettres reproduites dans ce recueil ont été écrites en 1961 et 1962 par un sursitaire de 27 ans, André Charron, appelé à accomplir son service militaire comme simple 1 soldat . Au moment de son incorporation dans l’armée, André, bardé de multiples diplômes universitaires, a déjà com-mencé une carrière de chercheur scientifique. Il est marié et père de deux enfants. Ses lettres à sa jeune femme So-phie expriment son grand désarroi quand il est éloigné de sa famille et de son travail à la suite d’une erreur d’affectation. Il est alors mêlé à des conscrits de 20 ans dépourvus pour la plupart d’instruction et d’éducation. Son parcours militaire débute en Allemagne, à Trèves d’abord, puis à Berlin. Finalement, il est rappelé en France et nommé professeur dans une école militaire, après deux mois d’errance de caserne en caserne. Ce parcours chaotique lui permet de visiter le monde militaire tel qu’il était au début des années soixante. La guerre d’Algérie n’est pas achevée encore. L’enclave de Berlin est soumise à une extrême tension diplomatique et 1 De 1950 à 1963, la durée du service militaire est fixée à 18 mois ; elle est portée à 30 mois et même davantage au plus intense de la guerre d’Algérie. Des sursis d’incorporation sont accordés aux étudiants jusqu’à l’âge de 27 ans. Une « Préparation Militaire Supé-rieure » facultative (PMS) est proposée aux sursitaires, qui leur donne le droit d’être incorporés comme « Élèves Officiers de Réserve » (EOR). S’ils ne sont pas officiers ou sous-officiers, les pères d’au moins deux enfants sont dispensés d’un service en Algérie ou en Alle-magne, et peuvent prétendre à une affectation à proximité de leur famille. 7
militaire, qui précède la construction du célèbre mur la nuit même où André quitte la ville. Dans ses pérégrina-tions, il passe ainsi du luxe du Quartier Napoléon à Berlin et de la discipline sévère qui y est imposée, au relâche-ment, à la saleté et à l’incivisme pratiqués par les jeunes soldats de la caserne d’Orléans où il est affecté à son re-tour d’Allemagne. Il livre ainsi un pittoresque témoignage sur la vie en chambrée des « appelés » non gradés, sur leur laborieuse instruction militaire, leur état d’esprit dé-sabusé et leur attente impatiente de « la quille », enfin sur la lourdeur et les incohérences de l’administration mili-taire.
Je me suis caché derrière André Charron pour mieux distinguer le « conscrit » d’autrefois de l’homme âgé que je suis devenu aujourd’hui. Avec de la tendresse, mais aussi beaucoup d’ironie, j’observe le « sursitaire » décou-vrant un milieu qui n’est pas le sien, j’assiste à ses petites lâchetés pour tenter de se libérer, j’écoute ses plaintes et ses craintes. Sans le renier certes, mais en mesurant la distance qui nous sépare à présent. C’est que l’épreuve qu’il a subie il y a cinquante ans paraît bien bénigne : deux mois loin ses siens, jamais en danger à l’heure où ses camarades moins chanceux que lui combattaient en Algé-rie, ce n’est tout de même pas une croix bien lourde à por-ter. Mais il est vrai aussi que de perdre soudain son libre arbitre, se voir emporté par une machine administrative implacable, devoir rompre provisoirement une union con-jugale fusionnelle, tout cela mêlé et additionné peut géné-rer une angoisse sans proportion avec la situation réelle. À 20 ans, l’autorité d’un brigadier ou d’un lieutenant est moins lourde à supporter qu’à 27. Elle est aussi plus né-cessaire pour « tenir » des jeunes encore très proches de leur adolescence. Au contraire elle ne peut que provoquer la révolte chez un homme déjà fait, depuis plusieurs an-
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nées engagé dans la vie active et beaucoup plus instruit que ses instructeurs. André l’a expérimenté à ses dépens. En refusant, lorsqu’il était étudiant, de suivre une forma-tion militaire pour devenir officier, un peu par principe antimilitariste, un peu par négligence, il se condamnait aux déboires de sa vingt-huitième année. Le document mêle ainsi la description du service mili-taire tel qu’il était vécu il y a cinquante ans à celle des « états d’âme » d’un jeune intellectuel facilement démora-lisé, occupé avant tout à s’échapper du piège où il était tombé. Sa situation offre des côtés comiques, d’autres na-vrants par le gâchis d’énergie et d’argent qu’elle com-porte.
Les lettres sont authentiques. Elles ont seulement été élaguées des passages trop intimes ou redondants. Quelques-unes parmi les dernières ont cependant été ré-sumées. Les pages et les passages écrits à l’occasion de l’édition de ce livre sont imprimés en italique pour les distinguer du document original.
G.B.
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