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Lectures des récits et nouvelles de jeunesse de Thomas Mann

De
248 pages
Les récits et nouvelles que Thomas Mann a écrits entre 1893 et 1912 constituent le véritable commencement de son œuvre. Devenus des classiques de la Modernité littéraire et des livres bien connus de tous les germanistes, ces textes bénéficient ici d'une nouvelle lecture critique de la part de spécialistes et de jeunes chercheurs allemands et français. Différentes perspectives et méthodologies critiques permettent ainsi de renouveler la connaissance de récits aussi fondamentaux que Der kleine Herr Friedemann, Tristan, Tonio Kröger ou encore Der Tod in Venedig.
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bien connus de tous les germanistes, ces textes bénéIcient ici
Avec des contributions de : Michael Braun, Svetlana EImova,
F. Teinturier & J.F. Laplénie (dir.)
Lectures des récits et nouvelles de jeunesse de Thomas Mann (1893-1912)
De L’Allemand
© L’Harmattan, 2017 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.editions-harmattan.fr ISBN : 978-2-343-12703-3 EAN :9782343127033
Lectures des récits et nouvelles de jeunesse de Thomas Mann (1893-1912)
De l’allemand (DA) Collection dirigée par Françoise Lartillot (Germaniste, Professeur de l’Université de Lorraine) et Joël Bernat Comité scientifique : Axel Gellhaus (Aix-la-Chapelle) †, Michel Grunewald (Metz), Eva Koczisky (Budapest, Szeged), Nadia Lapchine (Toulouse), Reiner Marcowitz (Metz), Ina Ulrike Paul (Munich, Berlin), Alfred Pfabigan (Vienne), Uwe Puschner (Berlin), Jean Schillinger (Nancy), Françoise Lartillot (Metz), Joël Bernat (Nancy) Le titre de cette collection fait écho à celui de Mme de Staël,De l’Allemagne, qui voulait diffuser plus largement la littérature et la pensée allemandes en France. La connaissance de l’Allemagne et de ses lettres s’est diversifiée depuis, elle n’est plus, espérons-le, la cause de quelque bannissement ; pourtant il ne semble pas superflu de soutenir par une médiation renouvelée la diffusion de ce qui s’écrit « en allemand » (que ce soit de textes d’Allemagne, d’Autriche, de Suisse alémanique, …). Tel est le sens de «DA» : un premier volant de la collection présente des traductions de textes encore inconnus en France, soit littéraires soit critiques, elle ne négligera pas de présenter à l’occasion des textes qui, pour être déjà connus en langue française, n’en recèleraient pas moins encore quelque secret recouvert par certaines habitudes de lecture et qu’il s’agirait alors d’exhumer. La lecture critique sera au cœur de l’autre volant de «DA», lectures d’œuvres en langue allemande, qui proposeront non seulement des voies d’accès mais aussi une réflexion sur ces voies, qu’elles suivent et feront donc jouer les points de vue. Donc une collection qui se divise en deux séries : des études et recherches universitaires, et des traductions inédites en français.
F. Teinturier & J.F. Laplénie (dir.) Lecturesdes récits et nouvelles de jeunesse de Thomas Mann (1893-1912)
Introduction : F. Teinturier/JF Laplénie :
«Weil der ein Stümper ist, der glaubt, 1 der Schaffende dürfe empfinden… »
Le présent volume est né de plusieurs projets liés au programme de l’Agrégation d’allemand (2017-2018) et il réunit des contributions de la recherche francophone et germanophone ; le point de départ a été une double rencontre organisée par les deux éditeurs à Paris en décembre 2016 (à la maison Heinrich Heine) et à Metz, en janvier 2017, à l’Université de Lorraine, dans le cadre des activités du CEGIL ; le volume dans son état définitif a été enrichi par l’adjonction de textes de spécialistes reconnus ainsi que de jeunes chercheurs. L’intention était de réunir dans un même ouvrage des articles de germanistes confirmés et de jeunes collègues spécialisés dans l’œuvre de Thomas Mann. Les éditeurs remercient vivement les différentes instances ayant rendu possible cette publication : l’Université Paris-Sorbonne (équipe d’accueil 3556 REIGENN, dir. Mme le prof. Marie-Thérèse Mourey), l’Université de Lorraine (équipe d’accueil 3944 CEGIL, dir. M. le prof. Reiner Marcowitz), sur laquelle repose le financement du livre, le DAAD (bureau de Paris, dir. Mme Schmeken), et la Fondation de l’Allemagne-« Maison Heinrich Heine » (dir. Mme Deussen). Et ils tiennent aussi à exprimer leur gratitude aux deux directeurs de la collection « De
1  Thomas MANN, frühe Erzählungen 1893-1912, In der Fassung der Großen kommentierten Frankfurter Ausgabe, Frankfurt aM, Fischer Taschenbuch Verlag, 2014, p. 270. (Tonio Kröger, chapitre 4). Cette édition de poche reprend le texte établi dans l’édition critique, et leur pagination est identique : dans le deuxième volume de laGroße kommentierte Frankfurter Ausgabe :Thomas MANN, Große kommentierte Frankfurter Ausgabe, Bd 2.1, hg. und textkritisch durchgesehen von Terence J . Reed unter Mitarbeit von Malte Herwig, Frankurt am Main, Fischer, 2008.
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l’Allemand », Mme Françoise Lartillot et M. Joël Bernat, pour leur soutien intellectuel et leur indispensable concours technique. Ils tiennent également à remercier pour sa coopération la Deutsche Thomas Mann-Gesellschaft (Prof. Dr. Friedhelm Marx), qui a relayé l’appel à contribution et rendu possible un partenariat international particulièrement fructueux. *** L’intérêt jamais démenti pour l’œuvre de Thomas Mann est ainsi confirmé une nouvelle fois par la coopération internationale qui a permis au présent volume de voir le jour. Cette œuvre majeure, qui fait de son auteur un classique de la Modernité littéraire, a toujours été reconnue pour sa grande richesse, et ce dans tous les pays qui ont développé une recherche académique en études germaniques et en littérature comparée. L’ensemble des écrits de Thomas Mann a toujours bénéficié de l’attention approfondie et innovante des différentes générations de germanistes et philologues qui se sont penchés sur les éléments qui la composent. Fait remarquable pour un auteur littéraire aussi prolifique,toutesses œuvres ont été maintes fois analysées et interprétées, par des écoles philologiques et des mouvements culturels différents, ce qui vient confirmer l’importance de l’apport de Thomas Mann dans la culture littéraire et l’esthétique européennes en général, allemandes en particulier. Pourtant, au sein de cette œuvre, les nouvelles et récits de jeunesse, qui en constituent la première partie, en même temps que le socle, semblent occuper une place au second rang, derrière les grands textes, imposants, que sont Buddenbrooksplus tard, ou, Der Zauberberg. Ces deux grands romans jettent une ombre sur le reste de l’œuvre narrative de Thomas Mann d’avant la Première Guerre mondiale, et pas seulement en raison de leurs dimensions respectives, même si cet aspect ne peut être écarté. Il peut sembler paradoxal
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d’affirmer ainsi un prétendu manque d’intérêt pour des textes aussi célèbres queTonio Kröger,Tristan, voire Wälsungenblut. Et que dire deDer Tod in Venedig?Ces nouvelles sont parmi les plus connues de Thomas Mann et seront spontanément citées en exemple par tout germaniste ou simplement par tout lecteur, au même titre que les deux romans mentionnés plus haut. Mais justement, est-on tenté de demander, en exemple de quoi ces nouvelles seront-elles citées ? Sont-elles considérées comme les exemples aboutis d’un art littéraire consommé ou bien plutôt comme les textes emblématiques de la jeunesse de leur auteur, c’est-à-dire comme des exercices, certes très réussis, mais comme de simples exercices précédent l’essentiel ? Ces questionnements sont volontiers provocants mais ils soulignent une hiérarchie implicite souvent – mais pas toujours – présente dans les esprits : les récits et nouvelles de jeunesse de Thomas Mann ne seraient pas le plus important, ils seraient la préparation de la suite et un premier galop avant d’autres projets, plus aboutis. Cette échelle de valeur sous-jacente semble confirmée par un constat : malgré le fait que ces textes de jeunesse de Thomas Mann sont ancrés dans toutes les mémoires et sont encore aujourd’hui étudiés par tout élève ou étudiant de notre discipline, ou de n’importe quelle discipline littéraire, ils n’ont pas toujours bénéficié, en tant qu’ensemble textuel, d’un intérêt académique majeur. Les dernières études universitaires d’envergure consacrées à ces récits pour eux-mêmes et dans leur totalité datent des années 1970. Il est d’autant plus remarquable que la recherche spécialisée sur l’œuvre et la vie de Thomas Mann se penche de nouveau sur ces œuvres. En France, le programme de l’Agrégation contribue directement à la relecture critique qui a présidé à la 2 confection du présent volume . Mais notons surtout, au-delà 2  Soulignons aussi, dans l’intérêt des lecteurs étudiants du présent ouvrage, que la revueGermanicaconsacre son numéro 60 (2017) aux récits et nouvelles de jeunesse de Thomas Mann.
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