Les 7 pêcheurs du 13

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93 pages
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De nos jours, entre Royan et La Rochelle.


J'habite dans une rue très tranquille, jusqu'au jour où un premier meurtre est commis dans l'immeuble d'en face. Malgré une surveillance policière, il y a d'autres morts au même endroit. L'assassin est donc ici : habitant du 13 rue de la Vertu, journaliste guettant le scoop, policier de faction, personne de passage... Le tueur réussit toujours à se faufiler jusqu'à sa victime et lui faire subir les pires supplices. Mais les indices finissent par parler et notre homme est découvert ! Mais, encore un mais : il n'est peut-être pas le seul coupable ! Pendant la reconstitution, le bras de la justice va trancher !

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EAN13 9782490637270
Langue Français

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Aurore Charbonnaud
Les 7 Pêcheurs Du 13 Roman
© Les éditions Ethen, 2019 ISBN numérique : 9782490637270 Courriel : contact.editionsethen@gmail.com Internet :www.leseditions-ethen.com
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Romans publiés aux Editions Baudelaire : -Un Château dans la Brume -Renaissance(Un Château dans la Brume 2)
Remerciements Merci à Thierry De comprendre et d’encourager Mon besoin de coucher mes idées Sur le papier à n’importante quelle Heure du jour ou de la nuit…………
er Roullet, le 1 décembre 2018
PARTIE 1
Au Commencement La Rochelle, Rochefort, Marennes, Royan, Saintes, S aint-Jean d'Angély, Jonzac, l'Ile de Ré, l'Ile d'Oléron... On se croirait sur u ne carte routière pour visiter la Côte Atlantique, ou plus exactement le département de la Charente Maritime... Ce département, comme bien d'autres, est chargé d'histoire depuis la nuit des temps. Au plus près de nous, depuis Napoléon 1er à nos jou rs, ces villes ont subi des guerres contre l'Angleterre avec Napoléon puis cont re l'Allemagne pendant la seconde guerre mondiale avec une occupation ennemie pendant cinq années, la reconstruction après lesléra, d’autresbombardements ; plusieurs épidémies humaines de cho végétales avec l'apparition du phylloxéra dansles vignes à différentes époques, et encore d’autres animales avec les disparitions succ essives de l'huître plate de Marennes-Oléron bien malade, remplacée par l'huître portugaise qui meurt à son tour pour être remplacée par l'huître japonaise ; ainsi que des tempêtes meurtrières et dévastatrices comme Martin et Xynthia, et des séism es... Mais au-delà de ces périodes de souffrance, il s'es t passé aussi de belles choses qui ont contribué à l'amélioration du réseau routier et maritime, au développement de l'économie et du tourisme comme le pont suspendu à Tonnay-Charente, l’arrivée du train à Royan, la constructi on du pont transbordeur du Martrou, celles du phare de la Coubre et du pont de l'Ile d' Oléron, la création du zoo de La Palmyre, les Francofolies de La Rochelle, les constructions du phare du Bout du Monde de La Rochelle, puis de son nouvel aquarium, celle de la Citée de l'Huître à Marennes, la reconstruction puis la mise à l'eau de la frégate Hermione à Rochefort...  Toutes ces villes sont touristiques et connues p our leurs caractéristiques si particulières à la région, ainsi que pour les perso nnes qui y vivent. Ses habitants sont si attachés à leur territoire, qu'ils ont du mal à le quitter seulement quelques jours... Mais là n'est pasnotre sujet. Je vivais dans une de ces villes, mais pour l'insta nt, je ne vous dirais pas laquelle. Vous comprendrez plus tard que je préfère rester discrète car j'ai été témoin de certains événements graves... Tout s’est enchaîn é à une vitesse qui fait penser à la marée montante pendant une tempête. Elle emporte to ut sur son passage, ne laissant derrière elle que débris et désolation. J'habitais, à cette époque, au numéro 12 de la rue de la Vertu. Je trouvais le quartier plutôt sympathique. C'était une rue discrè te. Il y avait un petit square juste au bout, avant le croisement avec une grande avenue, c e qui garantissait un bruit de circulation lointain grâce au rideau de verdure ain si qu’une jolie vue colorée toute l'année puisque les essences d'arbres et autres vég étaux choisis le permettaient. Mes voisins n'étaient pas très bruyants. De toute f açon, ils vivaient presque tous seuls et sans animaux domestiques. Dans tous les im meubles, il n'y avait que sept appartements : deux au rez-de-chaussée, deux au pre mier étage, deux au second et le dernier en terrasse.
J'habitais dans l'appartement en terrasse du numéro 12 de la rue de la Vertu. Malgré le fait que je vivais seule, j'avais choisi cet appartement car il était légèrement plus grand que les six autres mais en plus, il poss édait un toit végétal et un espace extérieur d'une belle surface de chaque côté. Cela m'avais permis d'y mettre quelques plantes et également des légumes en bacs sans avoir l'inconvénient d'entretenir un jardin comme si je vivais dans une maison. J'avais une vue imprenable sur les toits des immeubles bas qui m'entouraient. Je pouvais voir le soleil se lever et se coucher comme si j'étais à la campagne, ou presque... J'ava is également une vue sur mes voisins des deux côtés de mon immeuble. Tout compte fait, je n'étais pas si seule... Il faut dire que mes voisins les plus intéressants habitaient dans la même rue que moi, mais au numéro 13. J'ai constaté que la na ture fait parfois de drôle de choses. Tous les habitants de cet immeuble étaient, comment dire... Un peu particuliers... Ceci n'est pas un jugement personnel, mais une simple co nstatation. Alors, je les avais surnommés « les 7 pêcheurs du 13 ». Apparemment, je n'étais pas la seule personne à les observer. Et encore, en ce qui me concerne, ce n'était que de la curiosité, quand je n'avais rien d'autre à faire, ce qui était plutôt rare... Au début... Et puis j'ai fini par m'intéresser à ces personnes bizarres, d'un peu plus près... D'un peu trop près, peut-être... C’est certainement à cause de la déformation professionnelle que tout le monde finit par dévelop per selon son corps de métier. « Bizarres » n'est certainement pas le mot qui conv ient mais je n'ai pas trouvé de qualificatif plus poche de la vérité... Je vais donc tenter de vous décrire chacune de ces personnes comme je les vois et avec ce que je sais de leur parcours. A for ce d'observation et d'écoute, j'ai fait des découvertes... Comme tout le monde, les habitan ts de cet immeuble ont une histoire. Comme chacun d'entre nous, leur histoire les a conduits à la croisée des chemins et, à partir de là, ils ont choisi eux-même s leur route. Leurs vies se sont imbriquées les unes dans les autres sans vraiment l e vouloir. Et c’est tout cela qui a provoqué leur chute. Je sais aujourd'hui pourquoi je préfère vivre toute seule... Royan est une ville de bord de mer magnifique mais les évènements dont j’ai été témoin et actrice m’ont poussée à m’isoler au fin f ond de la campagne française, loin de toute cette agitation citadine. Je ne vous dirai s pas où, mais mon âme a retrouvé son calme. Mon besoin de sérénité m’a également pou ssée à changer de métier… Je veux juste oublier ce qui s’est passé. Mais il est tant que vous compreniez pourquoi. Je vais donc maintenant vous le raconter.
CHAPITRE 1
L ' Orgueilleuse Bourgeoise Mademoiselle Pauline de Superbia a cinquante-cinq a ns. Elle est toujours célibataire et occupe l'appartement en terrasse du numéro 13 de la rue de la Vertu. Mademoiselle Pauline est issue d'une famille de nob les déchus. Elle a bien été fiancée trente-cinq ans plus tôt. Mais, à la suite de mauvais placements, son malheureux père a fait faillite, et a donc été obli gé de déposer le bilan de sa société rochelaise pour éponger une petite partie seulement de ses dettes. Ensuite, il a dû vendre son studio à la montagne, sa maison de campa gne, ses trois voitures de collection, son modeste voilier et son petit avion bimoteur. Mais cela n’a pas suffi et l’appartement de La Rochelle a suivi ses autres bie ns… A la suite de quoi, la famille du jeune homme, que Pauline devait épouser, a rompu le s fiançailles pour trouver un meilleur parti à leur fils chéri. Par ailleurs, ce dernier n'a pas eu l'air très accablé, à ce moment-là, de son futur nouveau destin. A croire qu e le jeune homme avait aidé son ex-futur beau-père à dégringoler de l'échelle socia le pour ne pas épouser la jeune femme qui lui était imposée et ne lui plaisait peut -être pas vraiment. Mais ceci n'est que conjecture, car il est de notoriété publique que, d ans les milieux très aisés de cette période, il valait mieux éviter de trop montrer ses sentiments, voire même il était bien vu d’avoir l’air de se désintéresser de tout ce qui risquait de vous entraîner vers le bas... Et donc accepter son destin sans émettre la moindre protestation, pour montrer sa supériorité au reste du monde. Après tout, lorsq ue rien ne vous atteint, vous n’avez aucun problème pour continuer d’avancer dans la mêm e direction en écrasant les autres au passage si besoin est. Et Pauline dans tout cela ! Pendant cette période difficile, la famille de Supe rbia s'est donc vue dans l'obligation de déménager pour échapper aux railler ies de ses voisins et anciens amis. Anciens amis qui, bien entendu, ne leur ont pas ten du la main quand ils ont vendu tous leurs biens pour rembourser leurs créanciers. Ceci fait, le père de Pauline s'est pendu avec sa cravate porte-bonheur, celle qu’il mettait à chaque fois qu’il devait signer un contrat important. Juste après l'enterrement qui eu t lieu à Bourcefranc face à Fort Louvois comme le voulait Monsieur de Superbia, sa v euve a annoncé à leur fille Pauline qu'elle sortait prendre l'air. Elle est mon tée sur le pont qui relie Oléron au continent et a sauté. La marée était basse, quelque s rochers affleuraient et l'ont accueillie définitivement. Autant dire que la pauvr e Pauline, à seulement vingt ans, n'a pas été épargnée par les drames familiaux. Avant de se donner la mort, Monsieur deSuperbia avait écrit une lettre à l’un de ses derniers « vrais » amis pour lui demander de ve iller sur sa fille. Pauline étant désormais obligée de travailler pour subvenir à ses besoins. L'ami de son père, par pitié et surtout parce qu'il devait un service à Mo nsieur de Superbia, l'a donc embauchée dans son cabinet de notaire, après lui av oir fait faire une formation accélérée, en tant que clerc de notaire. Au début, ses collègues de travail avaient bien ten té de l'intégrer à leur petit groupe et avaient pris son mutisme pour de la timid ité.Puis, ils s'étaient rapidement rendu compte que Pauline les snobait. En effet, éle vée pour commander et être servie, Mademoiselle de Superbia estimait que toutes ces au tres personnes n'étant pas du même monde qu'elle, elles n'étaient donc pas dignes de faire partie intégrante de son
cercle d'amis. D'ailleurs, à bien y regarder, ses a mis l'avaient tous abandonnée les uns après les autres car son train de vie ne lui permet tait plus les sorties dans le monde, ni les tenues exubérantes et autres accessoires qui s' y rattachaient. Ses vêtements étaient devenus ceux des gens ordinaires et, avec l a disparition progressive des invitations, ses sorties s'étaient donc espacées po ur finir par devenir totalement inexistantes... Lorsqu'on lui démontrait, dans son travail et preuv e à l'appui bien sûr, qu'elle avait commis une erreur, Pauline était bien obligée de la reconnaître, mais ne s'en excusait par pour autant. Par contre, s’il arrivait à l'un de ses collègues de se tromper, elle attendait des excuses publiques et immédiates. Pas étonnant que personne du cabinet de notaire ne l'appréciait... Chacun se con tentait donc de faire son travail en ignorant la présence de Pauline. Ses collègues, ent re eux l’appelaient « Pauline la Grande »… Mademoiselle Pauline de Superbia marchait toujours le menton levé. Qu'on la croise au cabinet où elle travaillait, dans un maga sin où elle faisait ses courses, dans la rue où elle se déplaçait toujours à pied, ou dans s on immeuble, Pauline marchait d'un pas décidé sans regarder qui que ce soit. Elle ne d isait jamais bonjour, ne répondait à aucune sollicitation, pas même pour donner l'heure à ses collègues ou voisins, et surtout pas pour indiquer le chemin à un inconnu pe rdu. Se montrer sociable ne faisait en aucun cas partie de ses attributions personnelles. De toute façon, lorsqu’elle toisait q uelqu’un, son air peu engageant dissuadait rapidement tous ces gens de lui adresser la parole. Elle ne souriait que quand une personne se trouvait dans l'embarras. Comme si Pauline jubilait continuellement du malheu r des autres. Comme si Pauline savourait de voir quelqu'un souffr ir, peu importait si c’était de sa faute. Comme si Pauline prenait une revanche sur sa vie d'avant. Et si cette attitude, cette solitude forcée n’était en réalité qu’une carapace pour éloigner le reste du monde de sa personne et, ainsi , ne plus jamais souffrir de la perte d’un être cher. Pauline avait tant souffert de la m ort tragique de ses parents, surtout de celle de ce père qu’elle adorait et qui le lui rend ait bien. Puis cela avait été encore pire d’avoir été considérée, du jour au lendemain, comme une pestiférée par cette haute société qu’elle fréquentait depuis sa naissance, pa r toutes ces autres filles avec qui elle avait tant partagé, pour finir par comprendre que n ul n’est irremplaçable !
CHAPITRE2
L ' Héritier Avare Mcélibataire et vit au rez-de-onsieur Michel Avaritia a soixante-dix ans. Il est chaussée du 13 rue de la Vertu. Personne ne peut entrer chez lui, pas même le facte ur. Lorsqu'il a un colis ou une lettre recommandée, le pauvre employé des Poste s attend sur le pallier, jusque-là rien d'anormal. Mais il est face à un homme qui vie nt de fermer sa porte à clef derrière lui pour être sûr que le facteur ne puisse jeter ne serait-ce qu'un regard sur ce qui se trouve au-delà de la porte. Une fois qu'il a signé, Monsieur Avaritia attend que l'employé ait franchi le seuil de l’immeuble et que la lourde porte d'entrée se soit refermée derrière lui. Ensuite, l'homme débloque sa porte, r entre chez lui, après avoir vérifié que personne ne traîne dans l'entrée, puis s'enferme à triple tour dans son appartement. Michel Avaritia vit seul, presque sans famille. Sa sœur habite dans le même immeuble. Mais, mis à part quelques petites rencont res fortuites, ils ne se fréquentent pas du tout. Monsieur Avaritia ne parle à personne et vérifie tout sans cesse, un peu comme s'il s'était trompé dans ses comptes et ne se souvenait pas avec exactitude où il en était... Il passe donc beaucoup de temps, si ce n'est tout son temps à compter et recompter. Même lorsqu'il fait des courses, il comp te deux fois sa monnaie pour être sûr que la vendeuse lui a bien rendu tout ce qu'ell e lui doit. D'ailleurs, il n'achète que ce qui se trouve en promotion. Michel est rentier. Il n'a jamais eu besoin de trav ailler. En réalité, il n'était pas prédestiné à éviter d'avoir à trouver un emploi. Ce la lui est tombé dessus par hasard. Et, comme on le sait, le hasard fait parfois bien l es choses. Sa mère était morte en donnant naissance à sa sœur. Peut-être était-ce pou r cette raison qu'il n'a jamais vraiment eu de relation avec elle... Son père était propriétaire d'une petite imprimerie spécialisée dans les cartes en tous genres : décès, anniversaires, mariage, communions... Etant le seul de la région, il avait une clientèle fidèle et faisait un chiffre d'affaire toujours plus gros. Un jour qu'un négocia teur étranger passait la matinée dans son entreprise, ils décidèrent d'aller fêter la sig nature du contrat dans un restaurant de fruits de mer très côté de Royan. En rentrant, malh eureusement un conducteur un peu éméché et très pressé ne s'arrêta pas au stop et fa ucha la voiture des deux chefs d'entreprise, les tuant tous les deux sur le coup. Evidemment, le conducteur imprudent s'en tira avec seulement quelques bleus... Et vingt ans de prison ! Michel hérita donc de la moitié de la fortune de so n père avant même d'avoir passé son premier diplôme. La seconde moitié alla à sa sœur. Et le malheur des uns faisant le bonheur des autres, le destin ne s'arrêt a pas en si bon chemin. En effet, son père avait un frère, chétif depuis la naissance, qu i travaillait avec lui à l'imprimerie. Il mourut à peine trois ans plus tard des suite d'une insuffisance rénale, célibataire et bien sûr sans enfant. Sa fortune, assez considérable fut , une fois de plus, partagée entre Michel et sa sœur, seuls héritiers possibles. L'imp rimerie, n'intéressant ni l'un ni l'autre, fut mise en vente et rapidement reprise par un inve stisseur puisque les affaires étaient très florissantes. Depuis que cet argent lui est tombé dessus, Michel garde tout. Cela fait maintenant plus de cinquante ans qu'il a placé une grosse somme dans plusieurs banques car, comme lui disait toujours sa grand-mèr e lorsqu'il était petit, il ne faut