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Les Baigneuses

De
162 pages

L’homme, de leurs trésors a dépouillé les mers,
Il ravit leurs secrets aux entrailles du monde :
Tout reconnaît sa loi, l’eau, la terre, les airs,
Et pourtant le bonheur ou le fuit, ou le fronde.

La fortune, la gloire, il suffit d’un revers
Pour les anéantir, la source en est féconde.
On lutte encore avec tous les fléaux divers
Qu’on s’incline déjà sur la fosse profonde.

Pour chacun ici-bas les peines sont sans fin ;
Le moyen, — il en est, — de charmer le destin
Et d’alléger le poids de ce rude voyage,

C’est de voir de ses maux se refléchir l’image
Au front d’un ange aimé qui fait votre chemin,
Car à tout prendre, amis, se marier est sage.

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supports de lecture.Antony Dessaix
Les BaigneusesI
CASCADES DE SONNETSRÉSOLUTION
L’homme, de leurs trésors a dépouillé les mers,
Il ravit leurs secrets aux entrailles du monde :
Tout reconnaît sa loi, l’eau, la terre, les airs,
Et pourtant le bonheur ou le fuit, ou le fronde.


La fortune, la gloire, il suffit d’un revers
Pour les anéantir, la source en est féconde.
On lutte encore avec tous les fléaux divers
Qu’on s’incline déjà sur la fosse profonde.


Pour chacun ici-bas les peines sont sans fin ;
Le moyen, — il en est, — de charmer le destin
Et d’alléger le poids de ce rude voyage,


C’est de voir de ses maux se refléchir l’image
Au front d’un ange aimé qui fait votre chemin,
Car à tout prendre, amis, se marier est sage.
Thonon, février 1861.LE MARIAGE DES OISEAUX
Saint Joseph, c’est le jour où le petit oiseau
Dans le secret du bois épouse son oiselle ;
En présence des cieux il s’incline vers elle,
Et le serment s’échange à l’ombre d’un bouleau.


Pour lier les époux est-il besoin d’anneau ?
Un coup de bec suffit.... chacun, battant de l’aile,
Promet à sa moitié de lui rester fidèle,
Pendant une saison, jusques au renouveau.


Oh ! que ne suis-je oiseau ! J’ai tant d’amour en tête
Que j’aimerais assez profiter de la fête
Pour enchaîner mon cœur et lier mon amour.


Mais je n’entendrais point un amour d’une année,
Et je dirais tout bas à ma belle étonnée :
Ce n’est pas pour un an, oh ! non, c’est pour toujour.
Thonon, 19 mars 1859.CONSOLATIONS
Tendres parfums de fleurs qui charmez l’atmosphère,
Rentrez dans le pétale où vous prîtes le jour ;
Au premier vent qui passe, à la brise légère,
A tout autre qu’à moi convient mieux votre cour.


Elevez dans les airs votre encens somnifère,
Ou sur l’herbe versez vos atômes d’amour,
Comme Ulysse au grand mât impassible, j’espère
Que mon nerf olfactif à vos chants sera sourd.


Que serait près de moi la limpide Aréthuse ?
Tout au plus une mare auprès de l’Océan ;
Je suis.... taisons le mot, il n’est pas bienséant.


Si j’en souffre vraiment votre bonté s’abuse,
Car j’en suis à ce point de suprême bonheur
Que je ne sens plus rien que ce qu’on sent au cœur.
Thonon, mai 1859.LE PORTRAIT
Envoyer son portrait, quelle fatuité !.....
Adonis, aux vieux temps, pouvait se le permettre ;
Une plume de paon eût griffonné sa lettre ;
Son contenu, l’orgueil le plus sot l’eût dicté.


Mais ce n’est pas toujours preuve de vanité
Que d’offrir un portrait que l’on a fait promettre ;
Si j’ai posé, ce n’est pas du tout pour transmettre
L’idéal de mes traits à la postérité.


Non, mais sous mon gilet que le soleil dessine
Il est un cœur qui bat, et de loin, j’imagine,
On aime à deviner sa forme et son contour.


Or je veux que mon cœur soit toujours avec elle,
Qu’il reste près du sien en image fidèle,
Car je suis assez fat pour croire en son amour.
Thonon, juillet 1859.LE MÊME PORTRAIT VU DE LOIN
Si tu ne m’aimes plus, que te fait mon visage ?
Pourquoi ce souvenir reste-t-il en ta main ?
On m’y voyait sourire en lisant une page
Que m’écrivait ton cœur en un temps plus serein.


Notre œuvre est accomplie, admire ton ouvrage,
Entre nous désormais il n’est plus de lien ;
On a brisé le Dieu, qu’on brise aussi l’image,
On ne peut la porter que si l’on se souvient.


Or, tu l’as dit, sur toi tu la portes sans cesse,
— Ce mot avait failli me rendre fou d’ivresse, —
Mais aujourd’hui mes traits sont des biens superflus.


Rends-les moi donc... mais non, garde-les, oublieuse,
Car si tu pouvais voir la douleur qui me creuse,
Tu dirais : Son portrait ne lui ressemble plus.
Thonon, mai 1859.AU PIED DU ROC-D’ENFER
Sur l’univers entier l’homme étend son empire.
Les monts ne sont pour lui que de simples cailloux
Où le pied imprudent se heurte et se déchire,
Mais qui devant ses pas courbent les deux genoux.


Pour régner en tous lieux c’est assez qu’il désire.
Toute chose ici-bas redoute son courroux ;
Il domine la terre, et dans son saint délire
Des cieux il entrevoit les magiques verroux.


Qu’il est beau d’imposer à toute la nature,
De voir plus bas que soi toute autre créature
Et du septième ciel d’atteindre la hauteur !.....


Mais sous le roc d’Enfer il est plus beau peut-être
De dire : En celui-là je reconnais mon maître,
Admirez qui je suis en ce qu’est mon vainqueur.
Bellevaux, août 1859.