Les Belles-Mères
144 pages
Français

Les Belles-Mères

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Description

BELLE-MÈRE.Machine pneumatique des prétentions matrimoniales.

BELLE-MÈRE.L’article 1er du cahier des charges matrimoniales (Voir le Traité des enclaves).

Sara Oquendo.

BELLE-MÈRE.Naissance d’une belle-mère = catastrophe.

BELLES-MÈRES. — Êtres pervers. Après s’être donné beaucoup de mal pour se défaire de leurs filles, elles s’en donnent encore plus pour les ravoir.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


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Date de parution 25 mai 2016
Nombre de lectures 3
EAN13 9782346072378
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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À propos deCollection XIX
Collection XIX est liothèque nationaleéditée par BnF-Partenariats, filiale de la Bib de France. Fruit d’une sélection réalisée au sein des prestigi eux fonds de la BnF, Collection XIXsiques et moins a pour ambition de faire découvrir des textes clas classiques de la littérature, mais aussi des livres d’histoire, récits de voyage, portraits et mémoires ou livres pour la jeunesse…
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Il a été tiré de cet ouvrage30s,exemplaires sur papier du Japon, numérotes et signé au prix de10fr. l’un,
Alfred Carel
Les Belles-Mères
Tout ce qu'on en a dit, tout ce qu'on en dit, tout ce qu'on peut en dire
La triple alliance (bientôt rompue).
PRÉFACE
Il n’est pas de serpent ni de monstre en fureur Qui de la belle-mère atteigne la noirceur...
CEpetit livre est une œuvre vengeresse ! une œuvre de justice ! Il est temps que les pauvres gendres — martyrs depu is si longtemps — prennent enfin leur revanche sur ces êtres horribles et malfaisants : les belles-mères ! Belle-mère ! nom odieux ! s’écriait Bossuet dans sa fameuse oraison funèbre de Marie-Thérèse. Mais après le fantaisisteBossuet, nous avons des classiquestels que Touchatout, Leroy, Ulbach, Gyp, etc., etc., même des académicie ns et des poètes qui, reflétant l’opinion générale, ont stigmatisé comme il le méri te ce fléau de la société. Puis, il y a aussi « ce qui a plus d’esprit que Voltaire », c’es t-à-dire « tout le monde ». Nous avons recueilli avec soin les traits les plus caractéristiques et les plus piquants concernant les belles-mères, laissant de côté, bien entendu, ceux qui s’appliquent à de vrais monstres, fanatiques et cruels comme cette abominable duchesse de Chevreuse, par exemple ; là le rire s’arrête et fait place à l’horreur et au dégoût. Notre choix a dû forcément être très limité, car le s plaisanteries et les plaintes sont tellement nombreuses que le Dictionnaire Larousse s uffirait à peine à les enregistrer ; aussi le directeur de cette vaste encyclopédie s’es t-il prudemment abstenu ; il ne donne strictement que la définition pure et simple de ce mot composé : belle-mère. C’est peu, trop peu assurément, car les relations e ntre gendres et belles-mères sont les mêmes — c’est-à-dire aussi tendues et aussi dés agréables — dans toutes les classes de la société. Ceux-là mêmes que leur talen t, leur savoir ou leur génie sembleraient devoir mettre à l’abri de ces petites misères les subissent comme les autres. Lorsque Clésinger se brouilla avec George Sand, sa belle-mère, celle-ci le menaça « des foudres » de sa plume. « Je n’écrirai pas son nom, dit-elle, mais tout le monde comprendra de qui j’ai voulu parler. » « Et moi, s’ écria Clésinger, je la sculpterai toute nue, la figure voilée, je ne lui mettrai pas de feu ille de vigne, et tout le monde la reconnaîtra !» Ah ! si ma belle-mère mourait ! Tel est le cri, par ti du cœur, que l’on entend de tous côtés. Combien de gendres, se disant bien élevés, n’oserai ent exprimer en public cette expression, qui n’hésiteraient pas à placer leur be lle-mère dans un courant d’air quand elle est en transpiration !
Des belles-mères dévotes, n’osant désirer ouverteme nt la mort de leur gendre, prient leur Dieu avec ferveur pour qu’il ait « une fin chrétienne », pensant que ce Dieu s’empressera d’exaucer leur vœu en appelant à lui u n chrétien de plus ! ! Henry Greville, qui voit si juste et qui sait si bi en exprimer ses idées, celle-là même qui disait si énergiquement que les cléricaux en bâ tissant leur église du Moulin de la Galette ontl’air volé Greville ade la population industrieuse de Montmartre, Henry tenté de trouver une excuse pour les belles-mères e t voici le résultat de ses recherches : « La seule chose qui puisse expliquer l’utilité des belles-mères, c’est qu’en temps voulu elles deviennent grand’mères, et alors les mè res peuvent s’amuser tout à leur aise. » Eh bien ! en voilà une consolation pour le mari ! L a femme s’amuse en effet, elle en a tout le temps, tellement de temps même qu’elle ne sait comment « le tuer ». Alors elle fait son mari cocu à la grande joie de son affreuse mère. Ceci est l’exacte vérité ! J’ai connu, tout comme v ous, « de fort honnestes femmes et point putains », comme dit Brantôme, des femmes dont la conduite avait toujours été digne d’estime et qui n’hésitent pas, en haine de leur gendre, à servir de complice aux amours adultères de leur fille. Donc, l’excuse d’être belle-mère, trouvée par Henry Greville, tombe d’elle-même ainsi qu’on le verra plus loin. D’habiles artistes nous ont offert leur gracieux co ncours pour dessiner, d’après nature et spécialement pour ce livre, des têtes de belles-mères les plus réussies : chacun y retrouvera le type qu’il abhorre. Que chaque gendre offre ce petit recueil à sa belle -mère. Celle-ci, touchée d’un si bon procédé, s’efforcera peut-être de changer son c aractère acariâtre pour devenir un modèle de patience et de douceur ! C’est ce que nous souhaitons sans l’espérer ! A. CAREL.
Anastasie, notre belle-mère à tous.
DÉFINITIONS ET PORTRAITS
BELLE-MÈRE.Machine pneumatique des prétentions matrimoniales. er BELLE-MÈRE. —du cahier des charges matrimoniales (Voir le Trait L’article 1 é des enclaves). Sara Oquendo.
BELLE-MÈRE.Naissance d’une belle-mère = catastrophe. BELLES-MÈRES. — Êtres pervers. Après s’être donné b eaucoup de mal pour se défaire de leurs filles, elles s’en donnent encore plus pour les ravoir. Les gendres doivent se contenter du peu qu’elles leur en laisse nt. Victor Cherbuliez(de l’Académie française). Touchatoutici les principaux donne un portrait complet et très amusant, dont vo passages : BELLE-MÈRE.Horrible fléau cosmopolite, mais surtout français, plus connu sous le nom de phylloxéra du foyer. Séraphine-Eulalie Lombardot (née Revêchon) est venu e au monde en 18... Son père, M. Joseph Revêchon, était un homme ordinaire. Sa mère, madame Revêchon, était une femme dont on ne dit rien... Depuis sa naissance jusqu’en 18.., époque à laquell e elle épousa M. Lombardot, son charmant caractère, sa douceur, sa grâce, firen t l’admiration et le charme de tous ceux qui l’approchèrent. Elle élevait ses enfants à peu près convenablement et conservait son humeur douce et agréable. Tout à coup, vers le milieu de l’année 18.. (Eulali e venait d’avoir ses quarante ans), un changement brusque se produisit dans son caractè re. Sa physionomie se modifia même assez vivement : l’œil devint froid, le nez po intu, la lèvre acerbe, la voix cassante. Qu’était-il donc arrivé ? Oh ! mon Dieu ! la chose la plus naturelle du monde . Mademoiselle Blanche Lombardot, la fille aînée d’Eulalie, venait d’être demandée en mariage par un garçon fort bien sous tous les rapports, et le mariage ava it été conclu. Voilà ce qui causait le changement d’humeur de mada me Eulalie Lombardot, née Revêchon.