Les cigognes ne se trompent jamais d

Les cigognes ne se trompent jamais d'adresse

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Description

La vie de milliardaire comporte des risques parfois insoupçonnés. Et lorsqu'une puissante organisation mafieuse décide de monter un stratagème pour détourner tout ou partie de leur fortune, elle dispose de moyens illimités.

On assiste à un renversement complet du rapport de forces entre hommes et femmes dans les rapports extra-conjugaux, par la survenance de l'ADN.

Il n'y a pas si longtemps, l'homme était tout puissant. Il courait à gauche et à droite, faisait des enfants, abandonnait mère et progéniture en toute impunité.

Aujourd'hui, c'est exactement l'inverse. La femme se fait faire un enfant contre l'avis de l'homme, par ruse, mensonge, dissimulation... et a ensuite, grâce à l'ADN, tous les droits. En ce compris, celui de faire vaciller le trône de Curlande.


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Date de parution 19 mars 2014
Nombre de lectures 56
EAN13 9782875880055
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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© 2014 – éditions Méhari & Stéphane de Lobkowicz Tous droits réservés – Reproduction interdite sans autorisation – Première édition ISBN 978-2-87588-001-7 Dépôt légal : mars 2014 – D/2014/13.333/2
Merci aux97Méharistes qui ont permis à ce roman d’être publié : Catherine Ailesse, I.A., Alison Ancion, Léonard Appel, Christophe, GB, Géraldine Boudot, CE M.D., F.C., V.C.C., Christophe Cogels, Henry d’Anethan, S andrina d’Anethan, L.D., Olivier Darquenne, Thérèse de Beauffort, Alain de Becker, Catherine de Coene, Serge de Foestraets, Jean Devosse, PdG, M. de H., Isabelle De Laet, SLB, Bernard de Lobkowi cz, Léopold, V d M, Serge de Radzitzky, JDR, N. de S. de R., Alexandre de Spirlet, A. de T., L.d. W., ACWG, D.D., Viviane Degoes, Gilles Deprins, Paul Detiège, M.D., Serge Discart, Cynthia Dupont, Jean-Jacques Durre, C.d.U., J-M d’U., Gauthier d’Ydewalle, Esteban le Cavalier, V.E., L.F., Raoul de Berlin, GR, Bernard Goethals, Bernard Guillaume, W.H., Ronald Hynderick de Ghelcke, A.J., BJDTB, O.J., V.K., Jean Labrique, Ghislain Lahaye, D.L., Stéphanie Lask, M.L., J-F L.,N.L., P L , Marc-Antoine Mathijssen, JM, T.M., Denyse Michaux, C.M., S.M., ASN, Pascal Nève de Mévergnies , Baudouin Peeters, G.P., N.P., Hugues Richard, Véronique Riga, I.R., Paul-Hervé Rittweger de Moor, F RV, A.S., Alexia Syrius, Michèle Thirion, Th. VDP, Lydia van der Smissen, Didier van Merris, Guy van Wassenhove, Stéphane Vanwijnsberghe, Marc Varence, Y.V., Sophie Visart, B.W., Frédéric Waucquez, Jean-Pierre Wynants, M.Z.
Du même auteur
Baudouin, biographie, Éditions J.M. Collet, Braine-l’Alleud 1994. La Belgique, Histoire de Belgique illustrée racontée aux enfants, La Longue Vue, Bruxelles-Paris 1999. La reine Astrid n’est pas morte à Küssnacht, roman « uchronique », Les Éditions de l’Arbre, Paris-Bruxelles 2011
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« Quelle gentille attention tu as eue :-O Ces @}->->--- sont sublimes. Tu es un type merveilleux. J’aimerais t’exprimer ma gratitude. Viens ce soir à 19 h au pied de l’arbre de Newton. Je t’attendrai. Tu te souviendras de cette soirée. XXX. Mélanie »
C eSMSil l’avait appris par cœur. C’était la première fois de sa vie qu’il recevait un inespéré, message de cette teneur – ce qu’on appelait autrefo is un billet doux – et il se demandait encore si la mystérieuse Chinoise ne s’était pas trompée d’adresse. Lui, Esteban Suáres, jeune homme disgracieux et guindé, avoir un rendez-vous galant avec la plus belle fille de Cambridge ! Pourquoi pas avec la princesse des Asturies ? Dans cinq minutes, il serait 19 heures. L’arbre de Newton, si important dans l’histoire de la science universelle, le laissait complètement froid. Seul comptait ce qui allait se passer dans un moment. Comment devrait-il l’accueillir ? Par unk iss? Par un simple « bonsoir » ? Il ne parvenait plusà maîtriser sa nervosité. Avait-il suffisamment soigné son apparence ? Sonafter-shaveplairait-il ? lui Que penserait-elle de sa veste detweed? N’était-il pas trop ostentatoire ? Ses efforts de présentation seraient-ils récompensés ? Irait-elle plus loin que la dernière fois, lors de cette soirée mémorable dont la finale avait été stupéfiante ? Toutes ces questions le travaillaient au point de lui faire oublier son environnement. Êtes-vous bien le duc Suáres ? Il se retourna et découvrit un homme mince et souriant, vêtu d’untrench-coatimpeccable. Malgré son lookasiatique, il avait parlé sans le moindre accent. Oui, c’est moi, bredouilla-t-il. Miss Soong Měilíng m’a chargé de vous conduire chez elle… Oh, je comprends. Elle vous a préparé une surprise. Il eut un petit rire. Je ne peux rien vous dire mais je crois que vous ne serez pas déçu. Que dois-je faire ? Oui, que devait-il faire ? Cet inconnu n’était pas au programme et Esteban sentait revenir sa méfiance atavique. Ma voiture est à deux pas, je vous emmène chez Mélanie. Enfin, si vous voulez. Pourquoi l’appelait-il Mélanie ? Était-il de ses amis ? De ses prétendants ? Je connais son appartement, ce n’est pas loin, je peux y aller à pied… Monsieur le duc, ne vous ai-je pas dit qu’elle vous avait préparé une surprise ? Elle vous attend dans un lieu digne de votre haute qualité, à cinq kilomètres d’ici, et comme il risque de pleuvoir… Dans ce cas… Il était contrarié, mais il n’osa pas refuser la proposition. Après tout, cet homme paraissait courtois ; il était habillé comme ungentlemanfoiss’exprimait avec déférence. La prudence maintes  et recommandée par son père, dont il était le seul hér itier, était-elle de mise cette fois-ci ? Non, il ne fallait pas verser dans la paranoïa. Il suivit donc l’individu qui le fit sortir deTrinity Collegeet, après une marche silencieuse et embarrassante, l’invita à monter à l’arrière d’une Mazda CX-5, opportunément garée dans laTrinity Street. Qu’est-ce qui le rendait si docile ? La curiosité ? La passion amoureuse ? « Je ne connais même pas son nom », songea-t-il. « Je n’ai aucune preuve qu’il est envoyé par Mélanie ». Il jeta un dernier regard à l’entrée principale duCollege, austère et raide comme la discipline qui
régnait dans ces murs, et il s’efforça d’apaiser les pulsations de son cœur. La CX se dirigea vers le sud et s’engagea dans laHills Roadoù elle roula de longues minutes. La pluie tambourinait maintenant sur le toit de la voiture. Esteban crut bon de plaisanter :  Nous sommes déjà dans laBabraham Road. Je vous préviens, je n’ai pas envie d’aller jusqu à Londres. Mon médecin me l’a formellement interdit. Pour toute réponse, l’étrange estafette de Soong Měilíng se mit à siffler le grand air de laTosca.
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Paris, mardi 6 octobre 2015 En cette chaude matinée d’automne, l’église de la M adeleine rayonnait sur son quartier, à la e e frontière des 8 et 9 arrondissements, comme si elle se réjouissait de la subite disparition des nuages, et à l’ombre de cet édifice altier, des hommes et des femmes se dirigeaient vers le siège d’Orion et Compagnie, la puissante banque d’investissement et de gestion. Ils regrettaient un peu que le temps soit si radieux, eux qui partaient s’enfermer jusqu’au soir dans une salle de réunion pour participer au séminaire organisé par ces experts réputés pour leur indépendance et leurs résultats. À l’entrée, face aux ascenseurs, deux hôtesses accueillaient ces représentants de gros fonds de retraite français. À chacun, elles remettaient un badge d’identification, un dossier documentaire et un porte-plume au logo de la banque sur lequel était gravé en lettres d’or le nom du bénéficiaire. Le genre de petit cadeau qui fait toujours plaisir, surtout aux distraits qui ont coutume d’égarer leurs stylos au bureau de tabac ou au restaurant ! Une dizaine de personnes attendaient déjà devant le buffet du petit-déjeuner, tasse de thé ou de café à la main, un peu ennuyées de ne reconnaître aucun visage. La plupart étaient des quinquagénaires aux yeux tristes, envoyés là par leur supérieur hiérarchique, résignés à passer une journée barbante avec des gens tout aussi résignés qu’eux. Toutefois, dans un coin, on pouvait voir un homme de petite taille qu i s’efforçait d’être joyeux. Il grignotait un croissant et, entre deux bouchées, tentait d’expliquer à son interlocuteur pourquoi sa boîte continuait à faire de plantureux bénéfices malgré la crise mondiale. L’autre l’écoutait d’un air dubitatif mais avec cou rtoisie, car l’enthousiasme du parleur tranchait positivement sur l’inertie des autres participants. Un peu plus loin, un couple disgracieux – le cadre et sa secrétaire – semblait se demander ce qu’ils fais aient encore ensemble, mais ils ne se sentaient manifestement pas de taille à rompre une relation qui leur offrait parfois de brèves échappatoires. À 9 heures 30, une des hôtesses s’avança vers le groupe et annonça : Nous allons commencer le séminaire. Pouvez-vous rejoindre votre place dans l’auditorium ? Et tout le monde obtempéra. Après tout, peut-être que la journée serait instructive et divertissante. « La Chine se réveille », un vaste sujet qui préocc upait de nombreux responsables politiques et économiques. Devait-on avoir peur des Chinois ? Ceu x qu’on évoquait naguère en sermonnant les enfants : « Termine ton assiette, pense aux petits Chinois qui meurent de faim ». Les pauvres petits aux yeux bridés étaient devenus très forts et surtout très nombreux… ! Au fond de la salle, sur une estrade, un quadragénaire impeccablement sapé prit aussitôt la parole : Il reste encore plusieurs places aux premiers rangs. Rapprochez-vous. Deux personnes changèrent de rangée, les autres fir ent comme si elles n’avaient rien entendu. Ils étaient vingt-deux et le petit homme enthousiaste, qui avait personnellement fait le compte, se demanda qui serait gardien de but au cas où on leur demanderait de jouer un match de football ! « De toute façon, ce ne sera pas moi, se dit-il, j’ai les jambes et les bras trop courts ». Mesdames et Messieurs, je suis heureux de vous accueillir, lança l’orateur. Ce polyglotte expliqua en anglais qu’il se nommait Raphaël Chapin et qu’il était l’un des directeurs généraux d’Orion et Cie, puis il enchaîna en frança is avec une aisance qui fit l’admiration de son « public » : Je suis très heureux de vous accueillir à ce séminaire consacré au réveil de la Chine. Les orateurs qui vont se succéder aujourd’hui sont tous des spéciali stes de ce pays, qui présente les plus grandes opportunités économiques du monde contemporain. Je suis persuadé que, ce soir, quand vous sortirez d’ici, vous ne serez plus tout à fait les mêmes. Qu elque chose aura changé dans votre perception de ce gigantesque marché… Il annonça ensuite que, pour des raisons de commodité, les exposés se feraient pour partie en anglais,
ce qui ne devrait contrarier personne, mais qu’à toutes fins utiles, la maison avait prévu une traduction simultanée. Il poursuivit dans la langue de Shakespeare, déclenchant un petit mouvement de panique chez les plus âgés qui s’emparèrent aussitôt de leu rs écouteurs et en chipotèrent fébrilement les boutons. Les plus jeunes, eux, demeurèrent impassibles. Raphaël Chapin expliqua que cette journée avait été spécialement conçue pour les fonds de pen sion. Leurs gestionnaires ne pouvaient rester indifférents à ce qui se passait dans le pays le plus peuplé du monde, bien parti pour rattraper (et peut-être dépasser) les États-Unis avant l’an 2030. Alors que le monde occidental se débattait dans une crise interminable, incapable d’en juguler les effets désastreux, la Chine enregistrait à nouveau un taux de croissance économique à deux chiffres, et il importait de cerner les raisons de cette formidable réussite. Puis, l’orateur donna des détails pratiques. Dans l e dossier qu’on leur avait remis, chaque invité trouverait une documentation sur les intervenants et le contenu intégral de leurs exposés ainsi qu’une liste des participants. À 12 heures 30 précises, il y aurait unwalking lunch, puis les exposés reprendraient jusqu’à 16 heures et un débat ouvert terminerait ce séminaire exceptionnel.  J’ai rkel, professeur à la Faculté des sciencele plaisir de vous présenter Monsieur Louis Me s économiques et sociales de l’Université de Genève, annonça Raphaël Chapin. Monsieur Merkel va nous parler de la place de la Chine actuelle dans le monde. Il céda le micro au professeur, un grand type baraqué, visiblement adepte duM ens sana in corpore sano, qui prononça d’un air satisfait : et Messieurs, qui ne connaît la phrase de Napoléon : « Quand la Chine s’éveillera, l Mesdames e monde tremblera » ? Pour la petite histoire, il semble bien que cette réflexion de l’Empereur ne date pas de la retraite de Russie au cours de laquelle il aurait été impressionné par l’efficacité des cavaliers asiatiques de l’armée du Tsar, mais que, selon le F rançais Alain Peyrefitte, elle aurait été prononcée à Sainte-Hélène. D’ailleurs, cent cinquante ans plus tard, Peyrefitte confirmera la prédiction de l’Empereur dans un livre qui allait s’avérer tout à fait prophétique. Aujourd’hui, la Chine s’est réveillée et le monde tremble ! Mais mon rôle ici n’est pas de vous faire peur. Bien au contraire. Je vais tâcher de vous montrer que le fantastique développement de l’Empire du Milieu depuis le début des années quatre-vingt constitue un rééquilibrage logique et présente des opportunités sans équivalent. Je pèse mes mots. Il s’arrêta un instant pour savourer l’effet que ses paroles produisaient sur l’auditoire. Bon début ! Ces endormis, comme la Chine, semblaient se réveiller… Le mot de « rééquilibrage » vous étonne sans doute, et pourtant, c’est celui qui convient, reprit-il d’une voix plus posée. Regardez bien le tableau qui s’affiche sur l’écran. Que peut-on en déduire ? Vous voyez qu’il va de l’an 1 de notre ère à l’an 2 030. En jaune, l’Asie sans le Japon, c’est-à-dire essentiellement la Chine, l’Inde, le Sud-Est asiati que et le Moyen-Orient. Comme vous pouvez le constater, à l’époque de la naissance du Christ, ce continent représentait déjà les trois quarts de l’économie mondiale. L’Europe, en bleu ciel, un dixième seulement. Les États-Unis, n’en parlons pas, ils n’existaient pas encore. Cela nous démontre qu’historiquement, l’Asie a toujours pesé très lourd dans l’économie du monde jusqu’à l’an 1500 à partir duquel elle est entrée en déclin. Et c’est en 1950 qu’elle a touché le fond. Depuis lors, elle ne cess e de relever la tête. En 2030, si l’on en croit les prévisions – mais pourquoi ne les croirait-on pas ? – elle atteindra les 50 % de l’activité économique de la planète. Loin devant les États-Unis et l’Euro pe. Très loin devant l’Amérique latine. L’Afrique, quant à elle, sera encore marginalisée. Tout porte à croire que ces pays ne s’arrêteront pas là. Qui sait si en 2100, l’Asie ne totalisera pas 80 % de l’économie mondiale ? Avec leurs populations vieillissantes, nos pays ne pourront pas reprendre l’initiative. Telle est la réalité. Mais ceux qui auront choisi à temps les placements les plus judicieux n’auront pas à craindre l’érosion progressive de leur patrimoine… Il poursuivit sa démonstration pendant une demi-heu re, graphiques et projections à l’appui. Au terme de son exposé, plus personne ne doutait que la Chine serait bientôt la première puissance économique et que le monde allait effectivement trembler, comme l’avait si bien prédit Bonaparte. Il était 10 heures 25 lorsque surgit dans la salle un jeune hurluberlu dont la cravate avait été mal nouée. Tout le monde se retourna pour constater qu’il ne brillait pas par sa fraîcheur. Il donnait plu tôt l’impression d’avoir fait la fête jusqu’à l’aube et de s’être offert une grasse matinée que son employeur  le groupe chimique ABCB, semblait-il – ignorerait puisqu’il était censé se rendre directement au