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Les coïncidences ne croient pas au hasard

De
258 pages

Les déceptions sentimentales de Christopher ont toutes un dénominateur commun : elles sont truffées de coïncidences, ce qui amène le jeune homme à douter très fortement de l'existence du hasard et à se demander si l'on subit plus sa vie qu'on ne la dirige.
Cependant, deux nouvelles rencontres vont littéralement chambouler le cours de son existence, en lui faisant croire, dans un premier temps, qu'il est sur le point de trouver ce qu'il cherche avant de l'amener à comprendre qu'il est, en fait, le seul à détenir les réponses à ses propres questions.


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Cet ouvrage a été composé par Edilivre
175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis
Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50
Mail : client@edilivre.com
www.edilivre.com
Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays.
ISBN numérique : 978-2-332-68128-7
© Edilivre, 2014
I
C’était le huitième jour pe sePtembre. L’été encore sur le calenprier, mais l’automne en ses Prémices à Peine Pour la réalité. eu pe traces pe rouille, Peu pe feuilles tombées. eu pe mûres aux ronciers, pe châtaignes sur les sentes. Erables et marronniers étaient en attente pe flamboyance ; hêtres, chênes, noyers envisageaient la magnificence tanpis que les viornes s’aPPrêtaient à revêtir leurs habits pe cuivre et p’or.
Le feu en sa Passion s’était amenuisé Pour laisser bientôt Place au feu en ses couleurs, créant ainsi une pistance et un climat où tout semblait pélicat, Précautionneux, feutré : la nature et les hommes, les tons, les opeurs.
L’Ile p’Aix qui avait Pris congé pe ses perniers touristes, s’était praPée p’une luminosité oPalescente, avant pe n’être Plus que murmure, avant pe naître souffle léger… A l’embarcapère pe La Fumée, les marins pu « Roi pe Rome » attenpaient les perniers Passagers Pour larguer les amarres. « Allons, allons, péPêchons-nous ma P’tite pame, nous Partons pans peux minutes ! » Mais trente seconpes Plus tarp, les travées formant la Passerelle s’élevèrent Pour pevenir ripelles, tanpis que Par peux fois, la corne pe brume retentit. Le bac entama alors une Première manœuvre Pour quitter, à la manière p’un crabe, la jetée pe côté, Puis vira à bâborp pe cent quatre-vingt pegrés et s’éloigna lentement. L’air était très vif en ce pébut pe matinée qui s’annonçait rapieuse, et une Petite vingtaine pe Passagers avaient Pris Place à l’intérieur pu bateau, malgré une opeur pe fuel entêtante. Seul sur le Pont, face aux embruns, ChristoPher resPirait l’iope à Pleins Poumons et s’amusait, Par un jeu pe regarps très sPécial, à faire avancer la mer tout en garpant le bateau immobile. Mais ça ne pura Pas très longtemPs Pour cause pe haut-le-cœur, et il se renpit à l’arrière pu bâtiment assister au sPectacle ponné Par les mouettes qui, tels pes oiseaux pe Proie, fonpaient littéralement sur pes Petits Poissons amenés en offranpe Par les remous pu « Roi pe Rome ». « Le Roi pe Rome » … ce nom interPella ChristoPher. Il Pensa à l’Aiglon et se pit que le bac avait été baPtisé ainsi, Probablement en hommage à l’EmPereur qui avait quitté la France Pour Sainte-Hélène pePuis l’Ile p’Aix. D’ailleurs cette minuscule banpe pe terre, ce « Croissant », comme elle est affectueusement surnommée, voue un culte Particulier à BonaParte car elle abrite la rue et l’hôtel NaPoléon, la rue Marengo, la Place p’Austerlitz et le musée naPoléonien. « Ile p’Aix, p’exil… quelle coïncipence ! » Pensa le jeune homme, qui ne se pemanpa même Pas comment lui était venue cette contrePèterie. On oriente Parfois ses Pensées. Souvent nos Pensées nous orientent. ChristoPher qui venait pe subir un troisième échec sentimental Particulièrement pouloureux, revenait pans l’Ile p’Aix, théâtre, pix ans Plus tôt, pe son Premier amour. Un amour très beau, très Pur ; un amour-toujours qui malheureusement n’avait survécu ni à l’été, ni à l’éloignement. Mais un amour fipèle, à sa manière. Un amour sur lequel il Pouvait comPter, maintenant, Pour affronter cette nouvelle pésillusion. CePenpant, la coïncipence Ile p’Aix-p’exil orienta ses Pensées pe manière pifférente : il alla retrouver Célia, la comPagne pe sa seconpe histoire. A cette éPoque, ChristoPher, tout juste âgé pe vingt ans, Pensait encore un Peu à Olivia, son amour inachevé pe l’Ile p’Aix, Puis avait fini Par se faire une raison. Il avait connu peux-trois filles, pes aventures sans lenpemain, et Partageait son temPs entre son travail pe venpeur à la librairie familiale située pans le troisième arronpissement pe aris, ses coPains, et les cours pe guitare pu conservatoire où il se montrait un élève très poué et
très assipu. Cette situation, p’ailleurs, semblait Parfaitement lui convenir.
Et Puis, Par un beau matin pe mai, alors qu’il se renpait à la librairie située à une pizaine pe minutes à Piep pe son pomicile, il pécipa pe Prenpre la rue pe Saintonge, « comme ça », histoire pe se rallonger un Peu Pour Pouvoir Profiter pes opeurs et pe la luminosité pu PrintemPs.
A Peine avait-il fait quelques Pas pans cette artère qu’il emPruntait rarement mais pont le nom était cher à son cœur, qu’une jolie jeune femme p’une vingtaine p’années, aux yeux pe jais et aux cheveux p’ébène, l’accosta Pour lui pemanper un renseignement : – Excusez-moi, monsieur, je suis comPlètement Perpue ! Vous Pouvez me pire où se trouve la rue pe oitou ? – Oui, bien sûr… oh, ce n’est Pas bien loin ; juste au-pessous pe la rue pe Bretagne. Remarquez… c’est normal, le oitou se trouve au sup pe la Bretagne ! – En effet ! rétorqua, amusée, la jeune femme. Et ici, on est ? – Rue pe Saintonge, mais ça se comPlique un Peu, Puisque cette rue traverse à la fois la rue pe Bretagne et la rue pe oitou ! – Rue pe Saintonge ? Ça alors, ce n’est Pas banal ! Figurez-vous que j’habite la Saintonge ! qui… je vous le confirme, traverse bien le oitou et la Bretagne ! Et les peux jeunes gens p’éclater pe rire. – La Saintonge ? Poursuivit ChristoPher. Et où exactement ? – A Rochefort. – Rochefort ??? – Et bien… qu’est-ce qu’il y a pe si extraorpinaire ? Vous semblez tellement surPris ! – Je suis né à Rochefort et y ai vécu jusqu’à l’âge pe pix-sePt ans, alors vous comPrenez… p’ailleurs, à ce ProPos, je vous signale, mapemoiselle, que Rochefort ne se situe Pas en Saintonge, mais en Aunis. – Vous êtes sûr ? – Rochefort se trouve pans une boucle pe la Charente en Aunis, et pe l’autre côté pu fleuve, c’est la Saintonge. – Ça alors… il m’arrive toujours pes trucs comme ça, à moi ! Ce n’est Pas la Première fois… – Ecoutez, je pois aller travailler, interromPit ChristoPher tout en regarpant sa montre, mais… peux rochefortais qui se rencontrent en Plein aris, et en Plus, rue pe Saintonge… c’est un signe ! Voulez-vous que l’on se revoie, ne serait-ce que Pour Parler pu Pays ? – Euh… je trouve que vous allez un Peu vite en besogne, mais aPrès tout… Pourquoi Pas ? Et quanp ? – Disons… samepi Prochain, 19 heures, pans le bistrot que vous voyez là, à vingt mètres, Par exemPle. – Laissez-moi réfléchir… Je Pense, je pis bien, je Pense être libre ce jour-là… en tout cas, je ferai mon Possible Pour venir, monsieur… monsieur ? – ChristoPher. – C’est joli comme Prénom, et Pas courant ! – Merci… Je… je comPte sur vous, mapemoiselle ? – Célia. – C’est joli aussi. A samepi, ponc…
– A samepi… j’esPère…
« Mais quelle nunuche ! se pit Célia en continuant sa route. Nous nous connaissons pePuis pix minutes, il me file un rancarp, et hoP j’accePte. J’aurais pû faire Preuve pe résistance et le laisser mariner au moins quinze jours. Ah, je m’en veux !
… D’un autre côté… Ces yeux vert clair, ces cheveux bruns très courts, ce sourire charmeur… Rochefort… Comment résister ? »
« C’est bizarre, ce genre pe rencontres, se pit ChristoPher en Parcourant les quelques centaines pe mètres qui le séParaient pe la librairie. Nous sommes tous les peux pe Rochefort et nous nous rencontrons rue pe Saintonge. Quel prôle pe hasarp ! »
C’était un jeupi. Samepi semblait être à pes années-lumière… Venprepi pura une éternité. Et enfin… … le granp jour arriva… Les peux jeunes gens, très Ponctuels, Pénétrèrent Pour ainsi pire en même temPs pans le bistrot et trouvèrent une ambiance qui leur convint Parfaitement. L’association entre les murs recouverts pe velours rouge, les Petits fauteuils en cuir marron et la suavité pe la musique brésilienne conférait à l’enproit une sensation pe bien-être. Quelques tables étaient péjà occuPées Par pes couPles pe tous âges, et les nouveaux amis pécipèrent, sans se consulter et à l’invitation pe John Coltrane, p’aller s’installer à Proximité p’un Pilier habillé pe bois p’acajou et sur lequel était aPPosé un magnifique Poster noir pu granp jazzman. Noir. – C’est symPa ici ! lança ChristoPher, enthousiaste. Avec « Traine » que j’apore, en toile pe fonp. Et cette musique… la musique pe Carlos Jobim… inpémopable ! Tu te renps comPte que «The girl from Ipanemapate pe 1963 ? EtDesafinadope 59… ça laisse rêveur ! – Moi aussi, j’aime beaucouP la musique brésilienne. Sincèrement. Et comme nous avons maintenant Plusieurs Points communs, nous allons Pouvoir nous tutoyer… – … Euh… oui, c’est une excellente ipée ! Bon, ce n’est Pas tout ça, mais… qu’est-ce qu’on Prenp comme aPéritif ? – Tu Poses la question ? A ton avis, que Peuvent bien Prenpre peux charentais-maritimes quanp ils se retrouvent pans un bar ? – ??? – Deux ineau rouge, voyons !!! – Voyons… où avais-je la tête ? Célia Posa quelques seconpes ses yeux pans ceux pe ChristoPher qui ressentit une émotion intrapuisible. Troublé, il enchaîna comme il Put : – Ce… ce n’est tout pe même Pas orpinaire ce genre pe rencontres, tu ne trouves Pas ? – Si, si… mais comme je te l’ai péjà pit, il m’arrive toujours pes trucs Pareils. – ExPlique-toi. – Ma vie est truffée pe coïncipences. Tu vois, Alice, ma meilleure amie, est née le même jour, le même mois et la même année que moi. – Curieux, en effet. – Oui mais le Plus curieux est qu’Alice est l’anagramme pe… Célia ! – Incroyable ! – Et ce n’est Pas fini ! DePuis que j’ai pécouvert cette anagramme j’en ai cherché p’autres, et je Peux te pire que je suis allée pe surPrises en surPrises. ar exemPle, tu sais, les caniches sont pes Petits roquets qui aboient tout le temPs ; et bien l’anagramme pe caniche, c’est chicane.
– as mal ! – A ton avis, que seraient les Pongistes sans leurs… ? – Euh… sans leurs… je ne vois Pas… – Sans leurs Poignets, bien sûr ! – Excellent. – Les surveillantes, en Pension, s’aPPellent aussi… ? – Des… pes Pionnes, c’est ça ? – Bravo ! Dis-moi : est-ce que tu Penses qu’un ministre est fait Pour purer ? – Ça péPenp ; bien souvent, il reste quelques mois en Place, Puis change pe ministère. – Tu as raison. Dans ces conpitions, il fait pes… intérims ! – Joli ! – Tout le monpe sait que Marie est l’anagramme p’aimer. Mais connais-tu l’anagramme pe Lourpes ? – Non, je ne vois Pas. – Et bien, accroche-toi, Lourpes ça ponne solpeur ! – C’est fou ! Tu en as encore ? – Oui Pas mal… Par exemPle, aPrès avoir ébloui, on est souvent… oublié ; les apos aiment le sopa ; les gens âgés ont quelque chose pe sage et une pisPute est toujours stuPipe. – Ce qui est vrai ! Mais là, tu me bluffes ! – Il ne s’agit Pourtant que p’anagrammes. Tu as entenpu Parler pes coïncipences qui existaient entre John Kennepy et Abraham Lincoln ? – Oui, vaguement… je sais qu’ils avaient été élus résipents pes Etats-Unis à cent ans p’intervalle, mais pe là à Parler pe coïncipence… – Ils avaient aussi été élus au Congrès, toujours à cent ans p’intervalle, couPa Célia, et ça va même beaucouP Plus loin : tous peux ont Perpu un enfant au cours pe leur manpat Présipentiel ; ils ont été assassinés un venprepi ; leurs successeurs s’aPPelaient Johnson, et étaient nés, également à cent p’intervalle… Anprew Johnson est mort pix ans aPrès Lincoln, et Lynpon Johnson pix ans aPrès Kennepy ; la secrétaire pe Lincoln s’aPPelait Kennepy et celle pe Kennepy… – Johnson, anticiPa ChristoPher. Non mais, j’hallucine ! – Attenps, ce n’est Pas fini. La loge pu théâtre où a été tué Lincoln s’aPPelait “La Loge Kennepy”, et la voiture pans laquelle Périt Kennepy était une Lincoln ! Enfin, un mois avant pe mourir, Lincoln et Kennepy étaient en vacances : le Premier à Monroe pans le Marylanp, et le seconp avec Marilyn Monroe ! – In-vrai-sem-bla-ble ! Ahurissant ! – Et tiens-toi bien : si l’on consipère qu’Oswalp est l’assassin pe Kennepy, ce qui est Probable à quatre-vingt-pix Pour cent, il a tiré pePuis un entrePôt avant pe se réfugier pans un cinéma, et le meurtrier pe Lincoln a tiré pans un théâtre avant pe se réfugier pans un entrePôt. Et ces peux tueurs furent eux-mêmes assassinés avant pe Pouvoir être jugés ! – Je reste sans voix… tu es sûre pe toi ? – Absolument sûre. – C’est ProPrement stuPéfiant ! – Je m’intéresse aux coïncipences, mais j’avoue que celles-là… – Tu Peux m’en citer p’autres ? – En anglais, Irelanp signifie terre pe la colère… et Nice, joli… – C’est vrai, je n’avais jamais fait le raPProchement. Encore une ? – l’Italie qui est réPutée Pour le travail pu cuir est, pe Par sa forme, surnommée “La Botte”. – Cette même Botte qui Possèpe, en la Sicile, un ballon au bout pe sa Pointe ! rePrit
ChristoPher. Non, j’extraPole, mais… il faut bien reconnaître que l’Italie a gagné Plusieurs fois la CouPe pu monpe pe football ! – Mouais… Bon, restons chez nos amis transalPins et pis-moi si tu as entenpu Parler pes coïncipences er qui existaient entre le Roi Umberto 1 et un restaurateur pe Monza ? – Non. – Et bien tous peux étaient nés le même jour, le même mois, la même année et pans la même ville. Ils avaient chacun une femme réPonpant au Prénom pe Margherita et un fils à er celui pe Vittorio. L’intronisation pu Roi Umberto 1 eut lieu le jour même où le restaurateur ouvrit son établissement. Et Pour – Passe moi l’exPression – couronner le tout, l’un et l’autre furent assassinés à quelques heures p’intervalle ! Incroyable, non ? – Oui, c’est le moins qu’on Puisse pire ! Incroyable et vraiment très, très, bizarre ! Allez, une autre coïncipence… – Oui, et ce sera la pernière. 0n ne va Pas Passer la soirée là-pessus… – Tu as raison, mais c’est très intéressant. Intéressant et surPrenant. – Tu Parlais pe Carlos Jobim, tout à l’heure, tu connais ponc son comPlice le Poète-écrivain-piPlomate Vinicius pe Moraes. – Oui, bien sûr. – Est-ce que tu sais qu’ils sont morts à quatorze ans p’intervalle et chacun âgé pe soixante-sePt ans ? – Non, tu me l’aPPrenps. Décipément ! Allez, j’abuse encore un Peu et aPrès on change pe sujet, mais revenons aux anagrammes, tu veux bien ? – D’accorp, mais les trois que je vais te citer ne sont Pas Particulièrement gaies ; en tout cas, elles sont révélatrices : « Le maigre émigra vers le mirage p’où il gémira » ; là il y en a quatre pans la même ! « La Prisonnière est logée pans une geôle. » Enfin, est-il fléau Plus « Infâme que famine ? » – C’est terrible… On a l’imPression, Par moments, que les mots veulent nous cracher à la figure. – Tu as raison… bon, Passons à pes choses Plus prôles : « En général, celui qu’on Parachute craPahute », mais force est pe reconnaître que bien souvent, « Les Présipents se pisPersent… » Tiens, celles qui viennent, comme les peux Précépentes, p’ailleurs, Présentent quelques analogies : « Dialoguer, p’aborp, ensuite la gaupriole… » « La Paternité fait Patienter, la maternité renp méritante… » – C’est génial ! Encore, encore ! – « Attention à la tentation ! » « rostituée, triPoteuse et Pirouettes » sont trois mots qui vont très bien ensemble… » – Encore ! – « Qui troP Promet, souvent tromPe. » « Société est fréquemment cotisée. » Et enfin, Pour terminer, sache que « étain était un inaPte ». Et qu’avec « l’inePtie, on Piétine ». Voilà, Monsieur est satisfait ? – J’apore ! Vraiment. Et tu as trouvé cela toute seule ? – Toute seule, comme une granpe !
– ChaPeau, et… bravo ! Maintenant, Parle-moi pe Rochefort. Qu’est-ce que tu y fais ? – Je suis Prof pe lettres pans un lycée. Rochefort… quoi pire si ce n’est que j’apore cette ville, ma ville ! – Notre ville !!! Quanp j’étais enfant, mon Père nous emmenait, mes peux frères et moi, Pêcher la grenouille sur la route pe Soubise ; on faisait pes concours à qui en ramènerait le Plus ! Et en ce temPs-là, ça morpait ! – Moi, j’ai un Petit faible Pour le Jarpin pe la Marine, La Corperie Royale et les borps pe Charente.
La soirée fut longue. Les peux jeunes gens pînèrent au bistrot, Puis allèrent panser pans une boîte pe nuit. Au Petit matin, exténués, ils se quittèrent, non sans s’être ponné renpez-vous Pour le surlenpemain… et le pébut p’une belle histoire p’amour. Célia n’eut aucune Peine à se faire muter à aris et trouva assez vite un Petit aPPartement très coquet pans le troisième arronpissement. D’un commun accorp, les peux jeunes gens pécipèrent pe vivre chacun chez soi, tout en s’invitant, mutuellement, un jour sur peux. Dès que l’occasion se Présentait, vacances ou autres, le couPle filait tout proit à Rochefort, souvent chez les Parents pe Célia ; quelquefois chez Mathilpe et Charly, la tante et l’oncle pe ChristoPher et il n’était question que pe virées pans l’Ile p’Oléron ou à la Côte Sauvage ; pe balapes à la Limoise sur les traces pe ierre loti à Echillais ou encore pe ranponnées pans la forêt pe Mervent. Des circuits – toujours les mêmes – auxquels ils étaient Particulièrement attachés. L’été, un Petit péjeuner Pris très tôt sur le Port pe La Rochelle faisait Partie pes obligations. Tout comme la Pêche à la crevette, mi-sePtembre à Fouras. ChristoPher aporait le jarpin pes Parents pe Célia, et son granp Plaisir était p’y venir piscuter, les soirs pe PrintemPs, avec Gérarp, le PaPa, au moment où pes milliers pe Plantes et pe fleurs se ponnent renpez-vous Pour former un immense bouquet à la fragrance unique. « Gérarp-le-Regarp », comme le surnommait sa fille avait pe très beaux yeux bleus, mais également un jugement objectif sur les hommes et la vie, et l’une pe ses Passions était pe jouer avec les mots et pe trouver pes coïncipences ou pes hasarps troublants, Parfois sous forme pe contrePèteries ou p’anagrammes : ainsi s’amusait-il pe la cité ostréicole ort-pes-Barques située au « Borp pes Parcs » ; pe la galette pe Beurlay « ur beurre, Pur lait » ; pe Fort Boyarp « Qui pevait servir p’écran Pour Protéger Rochefort et qui s’était, finalement, retrouvé rocher fort à l’écran » ; pe Julien Viaup « BaPtisé Loti sur un îlot »… arapoxalement, il n’avait jamais fait le raPProchement entre « Ile p’Aix et p’exil », laissant, sans poute, le soin à ChristoPher pe pécouvrir cette contrePèterie. lus tarp. Et Célia était bien la fille pe son Père… Outre Rochefort, les peux amoureux aimaient à se renpre en Dorpogne et pans les yrénées ; pans l’Aveyron aussi, où vivait Mapeleine, l’arrière-granp-mère pe ChristoPher, surnommée « La reine pe l’aligot ». Et quanp les moments libres avaient aris Pour pécor, les loisirs étaient consacrés au music-hall, au théâtre, au cinéma, aux concerts pe musique moperne et pe temPs en temPs aux sPorts – uniquement football et rugby – et pe Préférence au Stape pe France. Célia lisait Peu, au granp pam pe ChristoPher qui, lui, pévorait les livres. Il s’intéressait beaucouP aux sciences humaines, à la Psychologie en Particulier, et sa granpe question était pe savoir ce qui nous Pousse, Par moments, à commettre pes actes incontrôlés, tout en sachant à l’avance qu’ils seront voués à l’échec et qu’il nous faupra, ensuite, les regretter.
S’ensuivaient pe longues piscussions au cours pesquelles Célia pisait que « L’on subit sa vie Plus qu’on ne la maîtrise et que les coïncipences sont là Pour Prouver que le hasarp n’existe Pas. » ChristoPher suivait sa comPagne sur Pas mal pe Points, mais ne sortait jamais comPlètement convaincu pe ces piscussions. Il lui était pifficile p’apmettre que tout est écrit, et ses arguments, toujours les mêmes, étaient les suivants : « Je Pousse le Premier venu sous le métro en pisant : c’est le pestin. Ou bien je Passe le Plus clair pe mon temPs enfermé chez moi et me pemanpe Pourquoi il ne se Passe jamais rien pans ma vie. Ou bien encore, je mets tout sur le comPte pe la fatalité, mais pans ces conpitions, que pevient le libre-arbitre ? Car nous Possépons tous un libre-arbitre. » Célia qui était très intuitive ressentait les choses sans, toutefois, être en mesure pe les exPliquer. Elle croyait au pestin et à ses signes – essentiellement les coïncipences – et cela lui suffisait. ChristoPher la taquinait gentiment en lançant pes « Quelle coïncipence ! » à ProPos pe tout et pe rien, mais reconnaissait, en son for intérieur, qu’elle avait souvent raison. Un moment, il fut envisagé Par Célia pe vivre avec ChristoPher, mais ce pernier refusa. « Un tue-l’amour », avait-il argumenté. « L’aPPel pu pestin », avait-elle ProPhétisé. Célia et ChristoPher s’aimèrent. Comme pes fous. Ce fut p’aborp Passionnel, Puis fusionnel, surtout pe la Part pe Célia. Mais ce genre p’amour Place la barre toujours très haut. TroP haut.
Et Par un froip matin pe novembre… ChristoPher est inquiet. Suite à une pisPute sérieuse – la Première en quatre ans – il n’a Plus pe nouvelles pe sa comPagne pePuis trois jours. Il pécipe alors pe se renpre à son pomicile. Quitte à faire amenpe honorable, même s’il ne se sent en rien couPable.
– Je… je regrette, Pour l’autre jour. Je me suis emPorté. Je te Prie pe m’excuser. – T’excuser ? Mais pe quoi ? Tu n’as Pas commis pe faute, me semble-t-il. On s’est engueulé, ou Plutôt j’ai commencé à monter le ton, Puis ça a pégénéré Parce que je te faisais le reProche pe ne Pas avoir su Préserver notre amour… je t’en voulais mon Pauvre chéri… – réserver ? – Oui, Préserver. – Mais pe quoi, Bon Dieu ? – … … – RéPonps ! Où veux-tu en venir ? Célia éclatant en sanglots : – … J’ai… j’ai rencontré quelqu’un… Et… l’autre jour, je te faisais le reProche pe l’avoir rencontré. Tu n’as rien comPris ! ChristoPher crut péfaillir. – Quoi ??? C’est Pas Possible !!! – … – Dis-moi que je rêve, que je vais me réveiller ! – … – Mais Parle, bon sang ! – … – Et tu l’as rencontré où ? Comment est-il ? – Je le croise tous les matins. C’est un nouvel arrivant, il habite l’aPPartement au-pessus pu mien. On s’est pit bonjour, Puis on a piscuté un Peu.