Les Feuilles perdues

Les Feuilles perdues

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Livres
112 pages

Description

C’était un matin, dans la plaine.
Je marchais rêveur, l’âme en peine.
Assise au bord d’un gai ruisseau,
Elle baignait ses pieds dans l’eau.

Petite fille au doux visage,
Quel est ton nom ? quel est ton âge ?
Enfant, tes regards sont dorés
Comme les épis dans les blés !

Petite, je t’aime et t’admire,
Et je trouve ton doux sourire
Plus beau que les coquelicots,
Plus beau que les bluets si beaux !

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


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Ajouté le 15 novembre 2016
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EAN13 9782346120932
Licence : Tous droits réservés
Langue Français
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À propos deCollection XIX
Collection XIX est liothèque nationaleéditée par BnF-Partenariats, filiale de la Bib de France. Fruit d’une sélection réalisée au sein des prestigi eux fonds de la BnF, Collection XIXsiques et moins a pour ambition de faire découvrir des textes clas classiques de la littérature, mais aussi des livres d’histoire, récits de voyage, portraits et mémoires ou livres pour la jeunesse…
Édités dans la meilleure qualité possible, eu égard au caractère patrimonial de ces e fonds publiés au XIX , les ebooks deCollection XIX sont proposés dans le format ePub3 pour rendre ces ouvrages accessibles au plus grand nombre, sur tous les supports de lecture.
Édouard Dangin
Les Feuilles perdues
A MA MÈRE Mère, c’est loi qui as formé mon cœur, il est juste que je te dédie ce petit livre où j’ai renfermé les diverses émotions de ma vie.
LA PETITE FÉE
C’était un matin, dans la plaine. Je marchais rêveur, l’âme en peine. Assise au bord d’un gai ruisseau, Elle baignait ses pieds dans l’eau. Petite fille au doux visage, Quel est ton nom ? quel est ton âge ? Enfant, tes regards sont dorés Comme les épis dans les blés ! Petite, je t’aime et t’admire, Et je trouve ton doux sourire Plus beau que les coquelicots, Plus beau que les bluets si beaux ! Que tiens-tu dans tes mains, petite ? C’est un oiseau ? montre-moi vite... Une colombe ! un oiseau blanc ! Me vends-tu ta colombe, enfant ? — Ami, ma colombe est si belle, Que je ne la vends pas, dit-elle. Pourtant, plus d’un voudrait l’avoir... C’est la colombe de l’espoir ! Et la vierge, belle et mystique, Reprit d’un ton mélancolique : — Toujours l’homme, quelque matin, Me rencontre sur son chemin. Tous m’aiment et tu me désires, Car je suis la fée aux sourires. Je suis l’espérance, ô rêveur ! O poëte, je suis ta sœur !
MA MAISON
A MADAME GOUBAUD
C’est un petit réduit, humble, sombre, caché. A ce petit réduit mon cœur est attaché ; C’est là qu’avec grand soin je resserre ma joie, Celle qu’à ses enfants un Dieu clément envoie. De ma petite Jeanne, ici c’est le berceau ; Là, le lit d’Édouard ; quand il parle trop haut La mère gronde. Moi, je la trouve méchante, Car, encore qu’il crie, il me semble qu’il chante. C’est mon réduit charmant, où j’aime, où je me plai s, Où pour moi le bonheur a tous ses bleus reflets. Dans mon logis toujours quelque chose rayonne. Les enfants sont vermeils et la mère est mignonne. Je les vois tous autour de ma table s’asseoir... Le soleil qui s’endort à la nuit dit bonsoir, La nuit dit : à demain ! on ferme la fenêtre, On ferme les rideaux. Jeanne qui vient de naître, Son grand frère couché, s’endort près de maman Et de son sein qu’elle aime approche un front charm ant. C’est mon nid ; il est doux. C’est mon nid et je l’ aime, Et pour moi le quitter est un chagrin extrême. Quand je pars le matin, je ne vois devant moi Qu’un horizon brumeux qui me glace d’effroi. Je m’en vais, je me heurte à maint indifférent, Et, pour être poli, je me fais souriant. Je rentre... ah ! quel bonheur ! et quelle différen ce ! L’horizon me parait bleu comme l’espérance... Je ne vous l’ai pas dit, j’habite la hauteur. En bas est mon travail, mais en haut est mon cœur. Je reviens... chaque pas que je fais — je vais vite , Rentrer au logis est chose qui m’excite, — Chaque pas que je fais du logis m’approchant, J’aperçois les rayons d’un beau soleil couchant. Plus je m’approche et plus je vois, toute vermeille , Sa lueur resplendir, flamme qui m’émerveille. Non... Je m’étais trompé... Ce n’est pas le soleil, Dont je vois un coucher beau comme son réveil... C’est mon bonheur charmant qui m’attend, qui me gue tte, Et m’éclaire en chantant sa douce chansonnette... Je viens : — Voilà papa, dit Édouard..., alors La mère arrive et Jeanne entonne ses accords.
Je suis dans mon logis, au diable le monde ! Le bruit qu’on fait chez moi m’est une paix profond e. Mon logis adoré qui fait tout mon bonheur, Qui renferme les miens... il est tout dans mon cœur.
JÉSUS-CHRIST
AU DOCTEUR MASSON D’ARDRES
Sur la fraîche litière, un enfant dans ses bras, Parmi les graves bœufs qui ruminent tout bas, Assise et souriante, est une jeune mère... Et quand les bœufs, tournant la tête lentement, Ont posé leur œil lourd sur le petit enfant, Dans leur regard pensif on voit de la lumière. L’enfant grandit : — un jour il dit : « Voici l’ins tant, » Et, les yeux pleins de flamme et le cœur palpitant, Il s’en alla, — pasteur que le peuple accompagne, — Avec son doux parler prêcher sur la montagne. Il disait : « J’ai trouvé le secret du bonheur. Homme, plus que toi-même aime et chéris ton frère, Et, s’il passe sur lui le souffle du malheur, Qu’il rencontre ta main au jour de sa misère ! Aux heures du repas, fais toujours de ton pain Une part pour celui que tourmente la faim. N’afflige pas autrui du mal dont il t’afflige. Rends le bien pour le mal et sois plein de pardon. Que la paix fraternelle habite ta maison, Puis avec tes voisins évite tout litige. Que ta robe et ton cœur soient assez grands tous de ux Pour, quand ils seront nus, couvrir les malheureux. Que ta porte au passant s’ouvre pendant l’orage. Viens en aide au malade et fais-lui son breuvage. Prends le bras de l’aveugle et dirige ses pas. Soutiens de tes avis celui qui ne sait pas. » Mais tous se sont dressés, plein d’un émoi croyable ! Les forcer d’être bons, quel crime abominable ! Ils avaient un supplice, un horrible tourment Pour le voleur infâme et le mauvais esclave ! Ils ont voué cet homme au supplice infamant, Car la haine est insecte et souille de sa bave. Donc, ils l’ont pris ; ils ont, fiers de leur bras puissant, O forfait sans pareil ! ô crime épouvantable ! Cloué sur une croix ce dangereux coupable ! Alors de ses deux yeux il a pleuré du sang. Vous le crucifiez, mais vous avez beau faire,
Le sang qu’il a pleuré fécondera la terre ! Puis, avec des rayons dans ses yeux éperdus, Cet homme est resté là, les deux bras étendus. L’apôtre sur sa croix agonise au Calvaire, Il meurt... Le sol s’émeut et la nature entière Est prise d’un frisson. Le peuple voit... et rit. L’homme que je vous dis s’appelait Jésus-Christ !
L’AMOUR DES MÈRES
O mères, Dieu sourit quand il vous voit penchées Sur le front enchanteur de vos petits enfants. Quand il vous voit poser mille baisers ardents Sur leurs paupières d’or par vos lèvres cherchées.