Les Folles Anamorphoses

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157 pages
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Il ne faut jamais juger un livre à sa couverture. Entre chien et loup, déformation et transformation, onirisme et réalité, les histoires défilent en nous immergeant dans des horizons abstraits, concrets, des époques imparfaites, présentes, des protagonistes déments, clairvoyants. Dans le miroir des pages, le reflet d’une série de personnages ne nous renverrait-il pas également notre propre image ?


A travers vingt nouvelles et au-delà d’une succession de textes, plusieurs fils rouges courent, nous entraînant à l’intérieur des apparences incertaines de l’humain, ses tares, ses mutations, ses errances, mais aussi le voile trompeur qu’il exhibe parfois face au monde qui l'entoure. Petit garçon perdu, lord blasé et vieille dame étrangère, depuis les liens du sang jusqu'aux rencontres fortuites, d'expériences ratées en échecs réussis, dans le nihilisme ou la transcendance, toute entité peut s'incarner et ne demande souvent qu’à être démasquée...

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EAN13 9782374470009
Langue Français

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LESFOLLESANAMORPHOSES Recueil de Nouvelles
Julia DESSAUVAGE
LESFOLLESANAMORPHOSES Recueil de Nouvelles
ISBN 978-2-37447-001-6
Dépôt Légal Septembre 2015 © Erato-Editions
Tous droits réservés
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Toute ressemblance avec des faits réels ou ayant ex isté serait la conséquence d’un geste fortuit et involontaire*. N.B* : Ou très très très inconscient...
LA MÉLANCOLIE POUR TOUT BAGAGE Je ne veux pas être de ceux qui enjolivent la réali té par mélancolie. Non, ça serait vraiment malhonnête ; or on ne commence pas une nou velle vie en étant malhonnête. Certes mon ancien foyer était exigu, certes il étai t humide et la chaleur ambiante qui y régnait en maître atteignait parfois les limites du soutenable, même pour moi. Certes les lisières de mon pays étaient restreintes, certe s son territoire était étroit, ses démarcations pourraient paraître dérisoires comparé es à celle des autres continents de cette planète, infimes, insignifiantes, minuscules. Mais c’était chez moi. On y était bien, les murs accueillants n’avaient de cesse d’héberger mes moments de doute comme mes moments de bonheur, l’endroit familier où je pr enais place chaque nuit, chaque jour, jamais ne trahissait mes attentes et je m’y s entais en sécurité. Aujourd’hui, qu’en est-il de ces terres perdues ? E lles sont mortes, échouées sur les berges imprécises d’une mémoire si lointaine qui bi entôt je le sais, me quittera à son tour. En cette contrée tout est si glacial, si bruyant, l es visages inconnus qui me fixent sont inamicaux, je ne peux m’y soustraire, on ne pe ut frayer avec la vie sans se heurter aux autres. Ils me regardent avec curiosité, un hyp ocrite mélange d’attendrissement et de jalousie. Je le vois bien, malgré mon jeune âge, je suis déjà capable de déceler ces émotions ambiguës qui se cryptent et se décryptent le long d e leurs traits aigris, je les décode aussi clairement qu’un dessin d’enfant, en apparenc e si ingénu et pourtant si lucide. Le jour même de mon arrivée, j’ai su, j’ai su au pl us profond de mon être que je demeurerai éternellement un étranger parmi eux, tou jours mal à l’aise, jamais à ma place. Les hurlements qui m’ont accueilli, les gest es de violence, ceux, plus rares, de gentillesse, bien que celle-ci fût atténuée par la cruelle urgence de la situation, tout était un rappel à mon triste contexte personnel. Dans les locaux derrière la frontière, tout était s i blanc que c’en était aveuglant, je peinais à ouvrir les paupières sur ces murs inhospi taliers. Les gens aux alentours, en uniforme pâle, m’apparaissaient si rigides, si form els, si cérémonieux dans leurs devoirs, leurs instructions. Malgré ma candeur, je ne pouvais m’empêcher d’avoir le cœur serré comme dans un étau tant la méfiance et l a panique étaient omniprésentes en ce bâtiment, où rien ne perçait sinon la rudesse d’un pays hostilement inconnu. Je pensais avoir fait ce qu’il fallait, je pensais avoir respecté les conditions, m’être plié à l’étiquette en vigueur, m’être soumis aux rè gles instaurées. Pourtant, à peine avais-je franchi le seuil qu’un h omme, sans raison valable apparente, manifesta sa haine en m’attrapant fermem ent puis en me frappant, sous le regard impassible de ses collègues qui ne firent pa s un geste pour l’en empêcher. Je ne voulais pas crier, je ne voulais pas manifester ma blessure face à tant de violence, face à l’humiliation cinglante qu’on venait de m’as séner sans même me laisser le temps de m’adapter et retins donc mon cri. Frustré par mon courage, l’homme frappa une seconde fois, de manière similaire, mais avec d avantage de conviction. Alors je l’admets, je hurlai, je hurlai à m’en décrocher la mâchoire, à m’en imploser le palais, à m’en décrocher la luette, avant de m’auto riser à pleurer en silence tandis qu’on m’emmenait. Deux femmes aux allures plus humaines se chargèrent de me conduire dans une autre pièce, plus petite, loin des uniformes. Là, d ’autres arrivants s’entassaient par dizaines et dans leurs yeux hagards, je lisais la m ême horreur, la même souffrance du déracinement, de ces déchirures infinies qui ne son t familières qu’aux exilés. Ce que les gens d’ici semblaient ignorer, c’est que personne n’avait requis mon avis. Personne ne m’avait demandé si je voulais partir, s i je désirais ce bannissement qu’on m’avait fait subir, je n’avais simplement pas eu le choix. La plus jeune des deux femmes me baigna, puis me mi t au lit et me susurra des mots, dont les accents étranges me parvenaient plat ement sans que je puisse les
comprendre. Je sanglotais toujours, rien ne semblai t pouvoir arrêter les océans de larmes que mes cils laissaient perler par vagues, d es vagues lancinantes qui me rappelaient tristement l’océan dans lequel j’avais grandi, nagé, été heureux, avant de débarquer en ces lieux de perdition, avec la mélanc olie pour tout bagage. Oui, je ne serai ici, toute mon existence durant, q u’un étranger parmi les étrangers et la torture de ce premier jour n’était que le commen cement d’une vie entière de chagrin éternel. Une figure bizarrement familière se pencha sur moi et caressa ma joue. Bien que je ne puisse saisir les sons qui sortaient de sa bouch e élargie de tendresse, ce furent les premiers qui heurtèrent ma mémoire. — Bienvenue Gabriel. Je suis heureuse que tu sois e nfin là. Neuf mois d’attente c’est très long, tu sais.
CELTITUDE Le restaurant distingué accueillait la valse des se rveurs en gilet et chemise blanche. Quelques convives, hommes d’affaires bruyants ou co uples silencieux, imposaient leurs silhouettes en ombres chinoises sur les lambris de la salle partiellement remplie. On était hors-saison, aussi les rues de la cité por tuaire étaient-elles relativement délaissées par les touristes habituels, cédant plac e à la population autochtone. Gwen observa les passants adopter une démarche aérienne de l’autre côté de la devanture, avant de reporter son attention sur son voisin de table. Moulée dans une robe de circonstance, elle trempa s es lèvres incarnates dans un vin assorti à leur teinte, tout en coulant un œil fardé vers l’homme qui lui faisait face. La jeune femme nota un effort de présentation : son co mplet mettait sa silhouette longiligne et le jade de ses rétines en valeur, il avait discipliné l’épais champ de ses épis. Elle peinait à le reconnaître tant il semblait serein et assuré. Gwen secoua coquettement ses mèches sombres, reposa son verre à pied, attendant patiemment qu’il entame la conversation. — Tu es superbe. — Merci. Toi aussi. Il lui sourit franchement, étirant ses fossettes ju véniles. Elle ne put réprimer la légère chair de poule qui hérissa sa colonne vertébrale lo rsqu’il mit sa main sur la sienne, posée sur la nappe impeccable. Elle s’était pourtan t formellement interdit tout débordement en acceptant cette invitation impromptu e. Elle se redressa avec dignité sur sa chaise afin d’ entamer le dialogue qu’elle redoutait : — Tu ne m’as pas invitée à dîner dans le seul but d e me complimenter, je suppose ? — Non. En effet. Gwen observa, non sans une légère anxiété, son mari assis devant elle. Enfin, ex-mari. Les papiers officiels n’avaient cer tes pas encore été signés, mais il n’en demeurait pas moins que Théo et elle étaient s éparés depuis près de onze mois. D’ailleurs, ils ne s’étaient pas parlé face à face depuis, car, suite à la décision de rompre définitivement leurs vœux sacrés, ils avaien t laissé leurs avocats respectifs parlementer à leur place afin de ne pas avoir à se confronter directement. La jeune femme avait proposé cet arrangement à l’amiable, pe nsant ainsi faciliter le processus de deuil, éviter les vulgaires esclandres d’un divo rce stéréotypé comme elle avait pu en observer parmi son entourage. Quant à Théo, il étai t bien trop lâche pour surmonter la décision de se voir au minimum et elle n’avait pas eu à se répéter. Ils s’étaient mariés jeunes. Trop jeunes peut-être. On n’est pas vraiment sérieux lorsqu’on a vingt-trois ans. Un amour d’adolescence , l’université en toile de fond, puis la vie commune, suivie rapidement de fiançailles fe stives et enfin d’un mariage en petit comité à la mairie de Rennes. Au sein du foyer, à l’aune des responsabilités prof essionnelles et de l’engagement sentimental, Gwen mûrit. Malheureusement, Théo ne s uivit pas son exemple. Au bout de huit ans de disputes incessantes, deux prêts imm obiliers, zéro enfant et un nombre inimaginable de séparations provisoires, il finit c arrément par abandonner le domicile, sans même prendre la peine de la prévenir. Il fit t out simplement ses valises et partit vivre chez son frère aîné et témoin, Justin, céliba taire endurci qui somme toute, comme le reste de sa famille, appréciait énormément la je une femme. Son époux n’avait pas cherché à se battre, à recoud re les accrocs de leur couple en détresse et Gwen, épuisée, malgré son sentiment d’é chec doublé d’une immense tristesse n’avait pas insisté, se sauvegardant au m ieux. Il saisit son verre de bordeaux à son tour, sans la quitter du regard. — Je suis vraiment heureux que tu aies accepté de v enir. — Je t’en prie. Pour tout t’avouer, j’étais assez c urieuse de savoir ce que tu avais à me dire après tout ce temps sans avoir aucune nouve lle directe de ta part.
L’été, l’automne, l’hiver s’étaient enchaînés, étay ant leur séparation par un silence de bon aloi. Elle avait tenté de se reconstruire co mme elle pouvait, avec le courage qui lui était coutumier, se concentrant sur son travail , se consacrant aux activités abandonnées ou à son cercle social délaissé. La jeu ne femme avait fréquenté quelques hommes ; pourtant, aucun n’avait su la séd uire au point de la pousser à rompre la tacite abstinence qu’elle prônait depuis le départ de son époux. Durant les quatre premiers mois, les parents de Thé o prenaient souvent de ses nouvelles. Ils la regrettaient. Après tout, ils sav aient bien comment était leur garçon et la connaissaient depuis plus de dix ans ; l’ayant r encontrée alors que c’était encore presque une enfant, ils la considéraient quasiment comme la fille qu’ils n’avaient jamais eue. Gwen avait ainsi des échos concernant leur fil s, presque malgré elle. Aux dernières nouvelles, il travaillait toujours à Renn es où il vivait chez son frère, en attendant de trouver un appartement qui convienne à un jeune actif célibataire. Mais au fur et à mesure, les deux sexagénaires cess èrent de l’appeler. Ils devaient réaliser qu’ils ne pouvaient pas aller à l’encontre de la décision de leur progéniture, aussi inconsidérée qu’elle puisse être, et que pers ister à maintenir le contact avec elle finirait par les mener à d’embarrassantes situation s. Seul Justin s’obstina, lui rendant régulièrement vi site, lui proposant quelques sorties afin de lui changer les idées, tentant d’excuser so n cadet, laissant ouverte la possibilité rassurante d’une éventuelle réconciliation, ceci sa ns jamais enfreindre les limites de la bienséance. Elle aimait beaucoup Justin, qui n’avait de commun avec son frère que leur patronyme, tant physiquement que mentalement. Profe sseur de lettres universitaire spécialisé dans les légendes celtes quand Théo étai t commercial, il était aussi râblé que Théo était étroit, aussi brun et buriné que Thé o était blond et blanchâtre, aussi discret que Théo était désinhibé, aussi sûr de lui que Théo était complexé. Il était responsable, ponctuel, attentif et elle n’oserait j amais avouer à quel point sa présence l’avait réconfortée ces derniers mois. Rapidement, il avait arrêté de lui parler de Théo, sentant sans doute à quel point cela pouvait la heu rter et freiner sa cicatrisation. Ils passaient de longs après-midi à discuter, se prêtan t leurs lectures préférées, partageant leurs cultures personnelles. Gwen l’écou tait avec intérêt lui narrer les récits folkloriques locaux dont il abreuvait ses sujets de thèse ainsi que ses étudiants, les contes anglo-saxons, le mythe de la reine Méabh ou de Cuchulainn, les divines épopées d’Épona ou de Lug, les contes et poèmes du livre Rouge de Hergest, du livre blanc de Rhydderch et du livre Noir de Carmarthen. Mais surtout, le cycle d’Arthur, enfant illégitime issu de la magie diabolique de Me rlin, qu’il adorait et qui la ravissait. Au bout d’un moment, les amis de la jeune femme com mencèrent à jaser sur ses relations avec son beau-frère, et malgré des plaido yers indignés pour défendre le fait que jamais il n’avait eu un geste ou un mot déplacé , elle finit par en éprouver du malaise. Elle se mit paradoxalement à considérer ce tte amitié comme une trahison envers son ex-mari et avec tact, espaça leurs entre vues jusqu’à les esquiver totalement. Galant, ou blessé, il respecta son choi x. Se retrouvant soudain dans une solitude difficile à supporter, elle fut persuadée que Justin avait cessé d’encourager son frère à recoller les débris épars de son mariage en même temps qu’il avait cessé de lui parler de Théo. Aussi avait-elle été très étonnée lorsque ce dernie r l’avait appelée et convoquée à ce rendez-vous quelques jours auparavant. Entre élégan ce et espoir caché, elle avait accepté, presque sans hésitation. Son tempérament p ondéré lui intimait la plus grande prudence en cette période où leurs représentants lé gaux achevaient de conclure les termes du divorce. Cependant, Gwen pensait que c’ét ait un gage de maturité d’avoir enfin une discussion d’adulte, une saine manière d’ enterrer leur histoire. De plus, ayant vendu le pavillon, leur unique bien commun pour par tager les gains, et n’ayant réclamé ni pension alimentaire ni quoi que ce soit qui méri te de tenter de l’amadouer, elle se
persuada de n’avoir rien à redouter. Ils s’étaient donc retrouvés dans le centre de Sain t Malo, la ville où ils avaient vécu ensemble et où elle avait réemménagé seule. Quelle n’avait pas été sa surprise (douce-amère) lo rsqu’il l’avait conduite dans le petit restaurant en bord de mer, près de l’Anse des Sablons, où ils avaient jadis annoncé leurs fiançailles à leurs proches. — Gwen. Je voulais te voir, en premier lieu pour m’ excuser de ce que je t’ai fait. Tu ne méritais pas qu’on te traite de cette façon. Cette déclaration souleva un sourcil ahuri à la jeu ne femme, tant à cause de son fond que de son phrasé. — Si je suis parti comme un voleur puis t’ai laissé e sans nouvelle, c’est parce que j’avais besoin de réfléchir et de me construire, sa ns me laisser influencer. Je sais que j’aurais dû simplement t’en faire part, mais cette séparation était tellement difficile pour tous les deux. Et puis tu me connais, je n’ai jamai s été très doué pour m’exprimer. Il soupira. Elle se mordit la lèvre pour dissimuler son ébahissement. — Je conçois qu’à présent, il soit bien compliqué p our toi de me faire confiance. Mais je peux t’assurer que j’ai mis à profit ce tem ps de réflexion. J’en avais besoin. Vraiment. Nous nous sommes rencontrés tellement jeu nes et tu as toujours tout pris en charge… Il fallait que je m’éloigne pour faire le b ilan, pour grandir et savoir ce que je voulais. Son ex-compagne n’avait pas été capable de prononce r un mot tant elle était sidérée par ce discours. Elle s’était bien des fois laissée aller à fantasmer un tel retournement de situation, mais même dans ses rêves les plus fou s, jamais elle n’aurait imaginé que cela puisse se produire pour de bon. — Gwen, je suis un autre homme à présent. Capable d e te soutenir, de m’investir, de te donner tout ce dont tu as besoin. Alors je t’en supplie, donne-moi une seconde chance. Il planta son regard moussu dans le sien. — Tu as conscience, finit-elle enfin par répliquer, que nous serons officiellement divorcés d’ici un mois ? — On s’en moque. Nous n’avons qu’à tout annuler, to ut recommencer à zéro, faire de nouveaux projets. — Théo... Honnêtement, je ne sais pas quoi répondre à ça. Il reprit ses doigts dans sa paume chaude, tandis q ue Gwen se traitait mentalement de tous les noms. Elle sentait déjà qu’elle allait se laisser avoir, elle le savait avant même de venir. — Un essai. C’est tout ce que je te réclame, je te laisserai seule juge. Essayons-nous à nouveau à la vie commune durant quelque temp s pour commencer. Tu loues toujours un appartement rue du Ponant ? Brutalement, elle sentit son cœur se racornir avec déception, réalisant soudain la raison de toute cette mascarade. Elle tenta de réprimer un élan de fureur. — Théo, tu vis toujours chez ton frère ?! Le jeune homme parut ne pas saisir pourquoi son ton était devenu si glacial. Puis, saisissant l’insinuation voilée d’injuste accusatio n, il secoua tristement la tête. — Oui. Pourquoi ? Tu penses que j’essaie de te reco nquérir parce que Justin m’a mis à la porte ? Elle le dévisagea froidement, le visage assombri pa r une ire menaçante. — Gwen, soupira-t-il. J’ai vraiment changé tu sais, tu ne peux pas imaginer à quel point. Écoute, Justin est parti. — Comment ça « parti » ? — Ça n’a pas été facile pour lui dernièrement, il a traversé une phase complexe suite à notre séparation, il n’a pas bien su m’expliquer pourquoi, mais j’ai bien vu que ça n’allait pas. Donc quand l’université lui a proposé une mutation à Nantes, il a tout de