Les Grelots de Momus - Chansonnier

Les Grelots de Momus - Chansonnier

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Français
222 pages

Description

AIR : Fournissez un canal au ruisseau.

De ne plus jamais faire de vers,

Je fis le serment pour la vie ;

Mais aujourd’hui je reprends les fers

De ma muse, qui m’y convie.
De moi, c’était espérer trop ;
C’est en vain qu’un poète jure
Alors qu’on chasse la nature,

Elle revient au galop.

Lorsque j’ai mon Piron dans les mains,

Sa joyeuseté m’électrise ;

Quand elle m’inspire des refrains,

Ne plus chanter serait sottise.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


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Date de parution 09 décembre 2016
Nombre de lectures 0
EAN13 9782346131143
Licence : Tous droits réservés
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

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À propos deCollection XIX
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Approchez vous le miroird’Héloise. Ne réfléchit que la fidèlité
L. T. Gilbert
Les Grelots de Momus
Chansonnier
LA FORCE DE L’HABITUDE
CHANSON-PRÉFACE
AIR : Fournissez un canal au ruisseau. De ne plus jamais faire de vers, Je fis le serment pour la vie ; Mais aujourd’hui je reprends les fers De ma muse, qui m’y convie. De moi, c’était espérer trop ; C’est en vain qu’un poète jure Alors qu’on chasse la nature, Elle revient au galop. Lorsque j’ai mon Piron dans les mains, Sa joyeuseté m’électrise ; Quand elle m’inspire des refrains, Ne plus chanter serait sottise. Rimons donc puisque c’est mon lot, Dût crier cent fois la censure, Alors qu’on chasse la nature, Elle revient au galop. Oui, moquons-nous du qu’en dira-t-on, Sans crainte remontons ma lyre ; Toi, Minerve, donne-moi le ton ; Muses, secondez mon délire ; Momus, agite ton grelot ; Gaîté, viens marquer la mesure... Alors qu’on chasse la nature, Elle revient au galop.
LE GOUTTEUX
Ain : Contentons-nous d’une simple bouteille. Je suis goutteux, je ne puis m’en dédire, Me voilà donc pour un mois enchaîné ; Plus de Bordeaux, encor moins de Thémire, Il faut pester, jurer comme un damné. Mon médecin prétend que ma souffrance Est le brevet d’une lointaine fin ; Eh ! que m’importe une longue existence, S’il me faut fuir et l’amour et le vin ! « J’ai trop joui, me dit ma ménagère, Dans l’âge mûr pourquoi faire l’enfant ? Il faut montrer une humeur moins légère, Et réformer ce que le ciel défend. » Tant qu’elle veut, la vieille m’en débite, Mais, vais-je rire à son triste sermon, Pour m’en punir, une douleur subite M’apprend que Marthe a quelquefois raison. Quand je marchais, que j’avais bon visage, Tous mes amis entouraient mon fauteuil ; Mais à présent privé de leur hommage, Aucun, d’ici, n’ose franchir le seuil. La goutte au moins me sert à vous connaître, Amis ingrats, je saurai me venger ! Un jour viendra, je guérirai peut-être, Je boirai seul, pour vous faire enrager. J’ai cinquante ans, ma maîtresse est jolie, Et la volage aime le fruit nouveau ; Pendant qu’ici me prend la jalousie, Picard peut-être attaque mon caveau. Quant à mon or, en rien je ne redoute, Mais mon repos serait bien plus complet, Si comme moi, Thémire avait la goutte, Si je savais plus sobre mon valet. S’il faut plus tard que pareil mal m’obsède, Je ne veux plus voir aucun médecin ; Je ne prendrai désormais pour remède, Que du Champagne ou du vieux Chambertin. Du froid docteur qui tâtonne, qui doute, Pauvre goutteux, repoussez l’élixir ; Et si l’amour vous a donné la goutte, C’est à Bacchus, morbleu ! de la guérir.
ALLONS A COCAGNE
AIR : Si vous voulez bien le permettre. Mes amis !(bis.)En campagne, Pour Cocagne, Mes amis !(bis,) Vive ce bon pays ! Depuis la Seine jusqu’au Tibre, De l’Angleterre au Sénégal, S’il fut jamais un état libre, C’est lui, car il n’a point d’égal. Dans ce climat à la gaîté propice, Tous sont égaux, rois, ministres, sujets ; Le plaisir règle le budjet, La sagesse y fait la police. Mes amis !(bis.)etc. Là, pas d’impôts ni de censure, Pas de procès, pas de prisons ; On rit, on boit outre mesure, Sans trembler on dit sa chanson. Les noirs complots, de basses tyrannies, N’y troublent point les éternels banquets. Là, les crimes sont des caquets, Et les lois d’aimables folies. Mes amis !(bis.)etc. Peu sévères, les jeunes filles, Pour goûter un bonheur certain, De Vénus prêtresses gentilles, Out toutes le cœur sur la main. Mais, si l’on peut aisément plaire aux belles, L’hymen, hélas ! n’est pas comme à Paris ; Pour faire enrager leurs maris, Toutes les femmes sont fidèles, Mes amis !(bis.)etc. Autant que dure la journée, Dans ce pays, des habitans, La tâche douce et fortunée, A table est de passer le temps ; Et quand du soir, l’obscurité légère Commande enfin un bienfaisant repos, Gais, pleins, ronds comme des tonneaux, Chacun va presser la fougère. Mes amis ! etc.(bis.)etc.
Pour le sol de la gourmandise, Des amours, des jeux, des bidons, L’émigration est permise, Tous, sans tarder, amis, partons. Sous l’étendart de la gastronomie, Pressons nos pas... pour un épicurien, Le bonheur, c’est de vivre bien. L’estomac n’a point de patrie. Mes amis !(bis.)En campagne, Pour Cocagne, Mes amis !(bis.) Vive ce bon pays !
LE GARÇON DE BUREAU
AIR : De la treille de sincérité. Tout embarrasse, Un homme en place ; On ne sait par ou commencer, Et jamais sur quel pied danser. Le matin, c’est une galère Quand on veut faire son métier ; Des bureaux gobant la poussière, Il faut frotter et balayer, Arroser, surtout essuyer. D’un ton de chef, l’un, vous demande, Carton, journal ou bordereau ; En même temps, l’autre commande, Sa flûte et la carafe d’eau. Tout embarrasse, etc. A l’antichambre, sur sa chaise, On croit dormir quand on est las ; Mais un commis, tout à son aise, Vous fait trotter du haut en bas, Et n’épargne jamais vos pas ; Et si vous faites la grimace, D’une bonne suppression, Sans plus de forme, on vous menace, Quand vous rêviez la pension.... Tout embarrasse, etc. Pendant que dure la séance, On lance adroitement son mot, Pour se donner quelque importance, Lorsque l’on sait ce que l’on vaut ; Car, enfin, l’on n’est pas un sot ; Et si par malheur on protége Pour son compte quelques amis, Vite, l’on crie au sacrilége ! Tous les bureaux sont compromis... Tout embarrasse, etc. Si du chef, par une bourasque, La faveur éprouve un déchet, Vous êtes traité comme un Basque ; Et pour couronner le bouquet, usqu’à vous vient le ricochet ; Mais si quelque faveur nouvelle L’accable, alors, c’est affligeant !
Plus on montre de soins, de zèle, Et plus il se montre exigeant.... Tout embarrasse, etc. Il faut voir comme on vous épluche Quand vous lisez certain journal, Qui, dit-on, est la coqueluche Du monarchique libéral. Ah ! d’honneur, c’est à faire mal. Pour esquiver cette censure, Etpensersuivant la saison, Dans un cabinet de lecture, Moi, je fais mon opinion... Tout embarrasse, etc. Ah ! qu’il faut de philosophie, Pour vivre par le temps qui court ! ’en ai, je vous le certifie, Sur ce point, point ne reste court, Non, jamais, je ne suis à court ; Mais s’il fallait qu’à la retraite, Avant la trentaine on me mît, e crois que j’en perdrais la tête, Si je n’en perdais pas l’esprit... Tout embarrasse Un homme en place, On ne sait par où commencer, Et jamais sur quel pied danser.