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Les noces de vair

De
128 pages
Les nouvelles de ce recueil explorent, non sans une certaine forme de violence, les thèmes de l’amour et de la sexualité. L'auteur esquisse d'un geste sûr les portraits de personnages naviguant dans les eaux troubles du mensonge et du faux-fuyant. Dans un style simple et direct, il construit un univers résolument moderne où le désir frôle le vide.
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De la même auteure : Si Cendrillon pouvait mourir ! (Le Show des femmes de Thetford Mines), collectif, théâtre, Les Éditions du remueménage, 1980. Théorie, poésie, conception artistique et réalisation Azélie, Zee Artand, Les Éditionszélastiques, 1983. Plusieures, poésie, Écrits des Forges, 1984. Les rendezvous par correspondance suivi deLes prénoms, poésie, Les Éditions du remueménage, 1984. Tension, poésie, Les Éditions nbj, 1984. L’audace des mains, poésie, avec six dessins de Célyne Fortin, Éditions du Noroît, 1987. Comme une chienne à la mort, poésie, Les Éditions du remueménage, 1987. Signature païenne, poésie, Les Éditions du remueménage, 1989. Asiles, poésie, Les Éditions du remueménage, 1991. La déconvenue, nouvelles, Éditions de L’instant même, 1993. Des nuits qui créent le déluge, poésie, Éditions de l’Hexagone, 1994. Dismoi que j’imagine, poésie, Éditions du Noroît, 1996. Nous sommes en alarme, poésie, Éditions du Noroît, 2000.
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JEANFRANÇOIS BOISVERT
Les noces de vair
nouvelles
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Maquette de la couverture:Anne-Marie Guérineau Illustration de la couverture: François Vincent, « Fiancée » (détail), 2003, huile sur toile (107 x 153 cm) Photographie: Daniel Roussel Nous remercions la galerie Madeleine Lacerte pour son aimable collaboration. Photocomposition:CompoMagny enr. Distribution : Diffusion Dimedia 539, boulevard Lebeau Montréal (Québec) H4N 1S2
©Les éditions de L'instant même, 2003
L’instant même 865, avenue Moncton Québec (Québec) G1S 2Y4 info@instantmeme.com www.instantmeme.com ISBN PDF : 978-2-89502-781-2 Données de catalogage disponibles sur le site de Bibliothèque et Archives nationales du Québec L’instant même remercie le Conseil des Arts du Canada, le gouvernement du Canada (Fonds du livre du Canada), le gouvernement du Québec (Programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres – Gestion SODEC) et la Société de développement des entreprises culturelles du Québec.
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Les noces de vair
Les noces de vair
’étais restée dans la voiture pendant qu’il allait à la récep Jau néon. Rouges, bleues, jaunes. Lee derepos était tion. Au travers du parebrise, je voyais les immenses lettres éteint. Il revint, prit place derrière le volant. – Je l’ai louée pour deux heures. Il avait ce fat sourire mâle que je déteste. Pour la deuxième fois de la soirée, j’hésitai. Il se gara face au numéro onze. Il y avait une voiture devant chacune des autres chambres de cette aile. Je me suis demandé si elles étaient toutes louées pour une«sieste», ou si quelques unes étaient occupées par des gens qui, simplement, dormaient une nuit loin de chez eux. Il alluma, referma la porte, poussa le verrou. Les murs étaient recouverts d’un papier peint beige sale, avec de petites fleurs roses. De lourdes tentures brunes, comme le couvrelit. Un très grand lit, dont le matelas se creusait un peu au centre. Une chaise, une commode, une table de chevet, peintes d’un brun semblable à celui des tentures, mais encore plus laid. Tout était fatigué, défraîchi. Cette chambre n’avait jamais été belle, même lorsqu’elle était neuve.
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Les noces de vair
Je me retournai vers lui. Il portait un pantalon bleu marine, bien pressé, et une chemise blanche dont les deux premiers boutons étaient détachés, montrant les poils noirs de sa large poitrine. Il avait voulu s’habiller chic pour moi ; je ne pris pas la peine de lui dire qu’il avait l’air moins ridicule dans son uniforme. De toute façon, ce n’était pas ses vêtements qui me séduisaient. La lampe de chevet éclairait trop fortement, nous ne gardâmes que celle de la salle de bain, dont nous laissâmes la porte entrouverte. Je me tenais debout près du lit, immobile. Il vint vers moi, m’enlaça. Je passai mes bras autour de son cou et je me pressai contre lui. Au plus profond de mon ventre, je ressentais fortement cette vibration qui m’obsédait depuis des mois ; elle pouvait maintenant s’amplifier, se répandre dans tout mon être. Vivre. Je le voulais. Ses mains empressées déboutonnèrent mon chemisier, dé nudèrent mes épaules. Puis elles coururent sur mon corps, le palpant avec vigueur. Je lui enlevai sa chemise, défit sa ceinture. Je le caressais avidement, mes doigts lui glissaient dans les cheveux, mes bras serraient sa taille, mes mains lui prenaient les épaules, passaient sur ses fesses rondes et dures. Quelque chose s’ouvrait en moi, attisant et libérant le feu qui y couvait depuis trop longtemps. Nous retirâmes nos vêtements. Il prit le temps de plier son pantalon et de le poser sur le dossier de la chaise. Je le regardais. Son dos était large, musclé. Il se tourna vers moi. Sans ceinturon pour le retenir, son ventre rond saillait. Son sexe se dressait à moitié. Je rabattis les draps et m’allongeai sur le lit. Il vint m’y rejoindre. – T’es belle, t’es belle... Il murmurait presque. Son corps était chaud. Ses lèvres se posaient sur mes cheveux, mon front, mon cou. Il me mordilla
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l’épaule ; ses mains me massaient le dos, pressaient mes seins, empoignaient mes fesses. Mon corps se collait au sien, je voulais le toucher partout. J’aimais ses rondeurs, sa fermeté. Cette force mâle. Ce désir. Je pris son pénis dans ma main pour le cares ser. Il était dur, chaud, déjà humide au bout. Il me prit les épaules et me plaqua le dos contre le matelas. Il se coucha sur moi, le visage enfoui au creux de mon épaule. J’entourai son cou de mes bras, nouai mes jambes autour de ses cuisses. Il me pénétra d’un coup sec, pour aussitôt faire rapidement aller et venir son sexe en moi. Il haletait, pesant contre ma poitrine. La sueur coulait sur son dos. Il accéléra. Je tentais de bouger le bassin, mais son poids m’en empêchait. Bientôt, il grogna, donna quatre ou cinq saccades plus vio lentes, puis roula à côté de moi, poussant un long et profond soupir. Nous restâmes quelques minutes immobiles, sans rien dire. Lentement, la tempête refoulait jusqu’au centre de mon corps. Déçue, je contenais mon désir exacerbé et inassouvi. Alors, il étira un bras hors du lit, prit sa montre, l’approcha de ses yeux. Il regarda l’heure. Je pris une douche puis me rhabillai en vitesse. Il m’at tendait, assis sur la chaise. – On y va ? demandatil bêtement.
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Il s’arrêta dans le stationnement du restaurant, à côté de ma voiture. Il se pencha vers moi. – À demain. – À demain, répétaije. Il posa un bref baiser sur mes lèvres froides.
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Les noces de vair
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À la maison, seules les lampes de l’entrée et du passage étaient allumées. Benoît était couché. Je jetai un coup d’œil aux enfants. Ils dormaient paisiblement, serrant leur doudou, encore trop jeunes pour montrer autre chose qu’un visage heureux. Je me déshabillai dans la salle de bain, puis j’allai me coucher sans faire de bruit. Lorsque je me glissai à côté de lui, Benoît marmonna, bougea un peu. Je m’étendis sur le dos, les yeux ouverts, fixant la chambre où émergeaient peu à peu les détails familiers. Au bout d’une trentaine de minutes, je me levai pour descendre à la cuisine. Je remplis un grand verre d’eau et m’assis à la table.
Il est minuit passé. Je ne peux pas dormir. J’écrirai encore une partie de la nuit. Demain, je vais tout lui raconter.
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