//img.uscri.be/pth/d0870731be10344b7f4d6ee013cdcc6b518d21aa
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 1,49 € Lire un extrait

Téléchargement

Format(s) : EPUB - PDF - MOBI

sans DRM

Les Récits interdits

De
94 pages

Dans une maison perdue, un voyageur découvrit un coffre scellé... Dans ce coffre se trouvait six étranges récits, fantastiques et horrifiques. Accompagnant ces récits, une note écrite à la main précisait : « si d’aventure quelqu’un découvrait ce mot, il ne doit jamais montrer ces histoires à qui que ce soit, elles sont vraies, ce sont les récits interdits ».


Voir plus Voir moins

Vous aimerez aussi

Couverture

Image couverture

Copyright

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cet ouvrage a été composér Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d'adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-334-13594-8

 

© Edilivre, 2016

Re-animator

I

Le premier meurtre eut lieu dans la périphérie d’un petit village de Bretagne nommé Pleine-Fougères, non loin de la frontière avec la Normandie. Le temps était orageux et les coups de tonnerre commençaient à résonner au loin. A la sortie du village se trouvait un grand champ. Le corps affreusement mutilé fut retrouvé en face de la limite de ce champ, au milieu de deux arbres seuls. Entre ces arbres et ce champ se trouvait une route peu fréquentée et, plus loin vers le nord, la silhouette du Mont-Saint-Michel se distinguait parfaitement. Nous étions en 1940 et, durant toute ma carrière au sein de la police bretonne et malgré les horreurs que j’avais pu voir à la guerre, l’état de ce corps me mit profondément mal à l’aise. Je m’appelle Etienne Richard et cela faisait alors 30 ans que j’étais commissaire principal en Ille-et-Vilaine. Le corps devant moi était celui d’un homme nu, allongé sur le ventre et âgé d’une trentaine d’années. Outre le nombre insensé de griffures et de blessures en tout genre présentes sur la quasi-totalité du corps, le plus horrible était l’expression de la victime. Un rictus d’horreur à glacer le sang du plus aguerri des hommes, s’affichait sur son visage. De plus, il semblait que quelqu’un (ou plutôt quelque chose) s’était acharné sur le cou du pauvre homme, comme si on avait vainement tenté de le décapiter. Et cet homme, ou cette chose avait partiellement réussi car la moitié du cou avait été littéralement déchiquetée. Le dernier élément troublant fut que, au niveau des omoplates, deux plaies béantes étaient si profondes que l’on pouvait même distinguer le blanc des os. Le temps se faisait de plus en plus menaçant, la tension autour de moi était palpable, l’atmosphère était oppressante, terrifiante et, je ne sais pour quelle raison mais il me semblait que quelque chose d’affreusement maléfique se tramait dans le coin. A cette époque, je ne le savais pas encore, mais cette enquête serait pour moi la dernière, tant elle fut éprouvante psychologiquement qu’incompréhensible pour une personne saine d’esprit. Mais l’horreur était encore pire que ce que j’avais imaginé de prime abord car, après avoir enquêté sur la victime, je me suis rendu compte qu’il n’y avait absolument aucune raison d’en vouloir à cette personne. Ce n’était qu’un jeune homme sans histoires, qui travaillait pour un producteur local de fruits et légumes, tout le monde autour de lui semblait l’apprécier, il était apparemment généreux et serviable et il n’avait aucun ennemi et de plus, il était marié depuis peu et sa femme était enceinte. La pauvre veuve fut inconsolable. Les conclusions s’appliquèrent donc d’elles-mêmes, il avait été choisi par hasard. Bien évidemment, cette nouvelle fut un choc terrible pour toutes les personnes au courant de cette affaire, comment un être humain pouvait faire preuve d’une aussi grande barbarie, d’autant plus sur une victime trouvée par hasard ! L’enquête s’annonçait d’ores et déjà très compliquée.

Mais le pire n’était malheureusement pas encore arrivé. En effet d’autres meurtres quasiment similaires, pour ne pas dire identiques se produisirent un peu partout dans les environs. Le second meurtre recensé eut lieu dans la ville de Cancale, juste en face de la statue du monument aux morts, sur le point le plus élevé de la ville. La place du monument aux morts était sans aucun doute le plus bel endroit de Cancale, quand il n’y avait pas de cadavres, évidemment. Un immense piédestal où figurent les noms des morts de la première guerre mondiale originaires de Cancale constitue le premier élément de ce monument. Ensuite viennent deux imposantes statues de soldats séparées par une colonne et enfin, au sommet de cette colonne se trouve un ange, les ailes et les bras dépliés. Le corps présentait exactement les mêmes mutilations que celui de Pleines-Fougères. La seule différence était que cette fois ce n’était pas un homme mais le corps d’une femme qui se trouvait allongé devant moi. Dans les semaines qui suivirent, les cadavres présentant ce genre de mutilations s’enchaînèrent d’une manière incroyablement morbide. Autant que je me souvienne, il y avait la plage de Cherrueix et même le Mont-Saint-Michel où cette fois ce ne fut non pas un mais deux corps qui furent retrouvés. Sur chaque victime, on retrouvait des morsures, des griffures, des plaies mais surtout les têtes à moitié décapitées et à chaque fois, les deux plaies béantes au niveau des omoplates. La seule différence à chaque fois était la victime, il y avait des hommes, des femmes, des jeunes, des plus âgés, comme si le (ou les) tueur(s) se fichai(en)t du sexe, de l’âge ou même de l’origine ethnique des victimes. En effet on recensait aussi bien des victimes d’origine noire que d’origine blanche, ce qui rendait l’enquête d’autant plus difficile car on pouvait exclure un quelconque caractère racial. Seulement j’étais tellement occupé à essayer de trouver un lien reliant les différentes victimes que je ne vis pas l’évidence. Absolument toutes les scènes de crimes offraient un point de vue sur le Mont-Saint-Michel, à l’exception des crimes ayant eu lieu sur le Mont lui-même ! Je m’en veux encore de ne pas avoir fait le rapprochement plus tôt, peut-être aurais-je pu sauver quelques vies en m’en rendant compte plus tôt… Seulement, à l’époque j’étais très loin de me douter de ce que j’allais découvrir en allant au Mont. La première fois que j’y suis allé pour l’enquête (hormis les fois où, bien évidemment j’ai dû y aller pour inspecter les scènes de crimes), eh bien je n’ai absolument rien trouvé. Certes, tous les habitants étaient au courant de l’affaire et ils étaient tous terrifiés mais à part ça, personne ne savait rien, certains habitants ont même préféré déménager, par peur de devenir une victime de celui que les médias avaient déjà qualifié de « Jack l’éventreur de l’ouest français ». Je quittai donc le Mont sans aucune piste mais je n’abandonnai tout de même pas, j’avais l’intime conviction qu’un ou plusieurs habitants du Mont-Saint-Michel savaient quelque chose sur ces meurtres. A partir de ce moment, je me mis à fond dans cette enquête, y consacrant tout mon temps libre en plus de mon temps de travail officiel. Plongé dans les rapports d’autopsies, enchaînant les interrogatoires, les suspects, je passai plusieurs nuits blanches à essayer d’y comprendre quelque chose mais non, il fallait bien se rendre à l’évidence, il n’y avait rien, pas le moindre mobile, pas la moindre piste ni même un seul suspect vraiment crédible. Je suis même allé jusqu’à consulter une voyante, moi qui suis si sceptique et comme je m’y attendais, je perdis mon temps, celle-ci me dit que c’était une vengeance divine et que la fin du monde était proche, que les anges de l’apocalypse étaient descendus sur Terre… Enfin, je préférai la laisser à ses délires et continuer plus sérieusement. Après de nombreux échecs, je me mis à demander de l’aide à tous les inspecteurs de Bretagne et de Normandie. La quasi-totalité d’entre eux acceptèrent de nous donner un coup de main en plus de leurs affaires respectives, tellement celle-ci était complexe et causait d’émotion dans la population. Cependant, malgré l’énergie de toutes les personnes mobilisées, aucune piste sérieuse n’aboutit, la plupart abandonnèrent sans essayer de comprendre, d’autres proposèrent des théories comme une secte, certains allèrent même jusqu’à accuser des extra-terrestres ! Mais je devais rester lucide si je voulais garder la moindre chance de résoudre un jour cette enquête. L’idée de la secte cependant n’était pas stupide, je décidai donc de me pencher un peu plus sur cette théorie. Mais comme vous devez vous en douter maintenant, cette piste ne mènera nulle part non plus… Pendant ce temps, les meurtres continuaient à un intervalle assez régulier (environ un nouveau cadavre toutes les deux semaines) et la psychose augmentait de plus en plus dans la population locale, certaines personnes qui eurent la possibilité de déménager, au moins le temps que l’affaire soit définitivement réglée ne se firent pas prier pour plier bagages le plus vite possible, comme le rapportaient certains déménageurs dans des journaux. Quant à moi je ne savais plus quoi faire. J’avoue avoir été tenté d’abandonner, de ne plus chercher à comprendre mais il me fallait penser aux gens effrayés, aux familles des victimes qui ont droit de connaître le ou les monstres qui leur ont arraché un membre de leur famille, je pensais aussi à ces criminels qui devaient payer leurs actes inhumains, non je ne devais surtout pas abandonner.

II

Enfin, au bout de plusieurs mois d’enquête, une nouvelle piste fut envisagée. Tout d’abord, je pensai que cette piste ne mènerait à rien, comme toutes les autres mais, c’était mon devoir de vérifier absolument toutes les possibilités, et celle-ci ne me déçu pas. Un homme d’une cinquantaine d’années visiblement désorienté et très affaibli avait été trouvé errant dans la ville de Pontorson, à une dizaine de kilomètres environ du Mont-Saint-Michel. Transporté en urgence à l’hôpital principal de Rennes en raison de son état d’extrême affaiblissement, il aurait selon les premiers médecins à l’avoir ausculté, tenu des propos incohérents dont les mots qui revenaient le plus souvent étaient ceux de meurtres, moines maudits, expérience ratée, carnage, réanimation, dissection, Cthulhu, etc. Je me présentai donc au chevet de cet homme, en compagnie de deux agents de police. Je découvris un homme effectivement âgé d’une cinquantaine d’années, assez grand, avec des cheveux gris clair et de petits yeux bleus fuyants cachés derrière d’épaisses lunettes. Dans son regard, on pouvait deviner une très grande intelligence, mais une intelligence malsaine, contaminée par une folie évidente. Je devinai à son accent qu’il était américain, ce qu’il me confirma par la suite. Alors que je lui demandais ce qu’il savait de l’affaire sur laquelle j’enquêtais, il me tendit un carnet, son carnet personnel dans lequel était inscrit toute sa vie, toutes ses actions et, par la même occasion toutes les réponses sur ce qui allait être défini comme « la plus grande affaire criminelle de tous les temps ». La suite de ce récit est donc le résumé de son carnet, ainsi que les réponses aux questions auxquelles il a bien voulu répondre. Dans le cas où l’on me prendrait pour un fou, j’ai toujours ce carnet en ma possession et, de plus les deux agents présents avec moi peuvent confirmer la véracité de mes propos. Le nom de cet homme est Herbert West.

Herbert West est né en 1885 à Genève, en Suisse où il a passé toute sa jeunesse. Issu d’un milieu plutôt aisé, il développe assez jeune une obsession morbide pour la mort. Lors de sa septième année de vie, il dit avoir découvert le cadavre d’un homme dans les bois. Dès lors, ce cadavre l’obsède, il se met à se poser des tas de questions sur le sujet, qu’est-ce que la vie ? Qu’est-ce que la mort ? Peut-on inverser le processus et ramener les tissus morts à la vie ? Herbert West était profondément matérialiste, pour lui le concept de l’âme n’est qu’une pure ineptie que les hommes ont inventée pour se rassurer et craindre moins la mort. Mais Herbert ne craint pas la mort, elle le fascine, l’obsède. L’obsession devint tellement forte que, à l’âge de 20 ans en 1905, il décide de quitter la Suisse pour se rendre à Arkham, dans le Massachusetts afin d’étudier la médecine dans la prestigieuse université de Miskatonic. Là-bas, la plupart des cours l’ennuyait, seuls les moments où il avait l’opportunité d’approcher des cadavres l’intéressaient. Son rêve est de trouver un moyen de vaincre la mort, de mettre au point un remède capable de réanimer les tissus morts. Cette obsession lui causa beaucoup de tort, notamment de la part de ses professeurs qui lui conseillèrent d’oublier ce projet complètement fou de ramener les morts à la vie. Alors, il décida de procéder dans le secret à ses sinistres expériences. Seul un autre étudiant de l’université, qui est seulement qualifié de « mon seul véritable ami » dans son journal était au courant et participa à ce projet fou. Il a, après bien des nuits blanches réussi à créer un sérum qui selon lui, serait capable de ramener les cellules mortes depuis peu à la vie, il dit avoir réussi à ramener des cadavres de petits animaux (oiseaux, rats et même des chats) à un certain niveau de conscience, plus ou moins réussi mais il ne désespérait pas, chaque nouvelle réanimation était meilleure que la précédente, grâce à une amélioration constante de son sérum, qu’il modifia en fonction des ratés ou des réussites de ces réanimations. Mais il voyait plus gros, de petits animaux ne lui suffisaient plus, il voulait tenter le coup sur des cadavres humains. Encore une fois, il se heurta aux autorités de l’université qui refusèrent de lui confier des corps pour ses expériences. De plus, on le menaça de le renvoyer de l’université s’il persistait dans cette idée de vouloir réanimer des morts. Alors tant pis, avec l’aide de son ami, ils trouvèrent une vieille ferme abandonnée près d’un cimetière local et, quand ils n’avaient pas cours, ils décidèrent de scruter les avis de décès dans le but de trouver le cobaye parfait, il leur fallait une personne décédée la veille, étant en bonne condition physique au moment de sa mort, ils privilégièrent donc les victimes d’accidents. Mais hélas, aucune des réanimations ne fut à la hauteur des espérances du docteur West. Le premier réanimé s’enfuit en brûlant la ferme, le second s’enfuit aussi mais il tua dix-sept personnes en les mutilant affreusement, avant d’être rattrapé puis enfermé dans un asile où il se cogna la tête contre des murs pendant seize ans d’affilée. Quant au troisième, il fut abattu par West de six balles après qu’il eut très probablement commis un meurtre affreux. Toutes...