Aime-moi pour toujours

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Français
168 pages
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Description

Ève ne pensait pas mettre une peine d’amour dans sa valise lorsqu’elle planifiait cette semaine de vacances au paradis avec ses deux meilleures amies. Elle a bien l’intention d’oublier la tristesse des derniers mois où son rêve de vivre sa fin heureuse avec Mathieu, son amoureux des trois dernières années, avec qui elle filait pourtant le grand amour, lui a filé entre les doigts. Avait-elle raison de vouloir un engagement plus officiel de sa part?
Dès les premiers instants, elle sera charmée par les rythmes chauds de Cuba. Sous les yeux
perçants d’un gentil animateur, du soleil qui lui caresse la peau et de la complicité de ses amies, elle se sentira revivre. Cette semaine s’annonce parfaite pour mettre le passé derrière jusqu’à ce qu’elle arrive face à face avec Mathieu. Il lui fera toutes les promesses qu’elle aurait voulu entendre lorsqu’elle l’a quitté. Elle aimerait tellement y croire. Il ne veut plus vivre sans elle, mais est-ce assez pour se laisser séduire à nouveau? Est-ce qu’elle peut lui faire confiance? La magie dans l’air la poussera-t-elle à tout risquer pour l’amour qu’elle a encore pour lui?

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Informations

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Date de parution 28 juin 2019
Nombre de lectures 19
EAN13 9782898034435
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Copyright © 2019 Angel Trudel
Copyright © 2019 Éditions AdA Inc.
Tous droits réservés. Aucune partie de ce livre ne peut être reproduite sous quelque forme que ce soit
sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans le cas d’une critique littéraire.
Éditeur : François Doucet
Révision linguistique : Isabelle Veillette
Conception de la couverture : Catherine Bélisle
Photo de la couverture : © Getty images
Mise en pages : Sébastien Michaud
ISBN papier : 978-2-89803-441-1
ISBN PDF numérique : 978-2-89803-442-8
ISBN ePub : 978-2-89803-443-5
Première impression : 2019
Dépôt légal : 2019
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Bibliothèque et Archives Canada
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Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et
Archives Canada
Trudel, Angel, 1971-, auteur
Aime-moi pour toujours : Ève et Mathieu / Angel Trudel.
(Aime-moi ; tome 3)
ISBN 978-2-89803-441-1
I. Titre.
PS8639.R828A623 2019 C843’.6 C2018-942963-1
PS9639.R828A623 2019Sans mes voyages à Cuba, ce roman n’existerait pas…
Merci pour l’inspiration.JOUR 1Chapitre 1
Bon voyage xxx
Je t’en veux, Mathieu. C’est ce que j’aurais dû lui répondre. J’ai bien essayé de ne pas apporter
ma peine d’amour dans ma valise, mais il a fallu qu’il me texte juste avant que je la passe à
l’enregistrement des bagages. Ce n’était que la promesse de partir avec mes meilleures amies en
voyage qui me permettait de ne pas toujours penser à lui, à notre rupture. Aller loin pour l’oublier ;
c’est ce que je me promettais.
Je te souhaite une belle semaine avec tes copines xxx
Il ose même m’écrire en ce premier matin de mes vacances ! Je vais devoir lui répondre. Je refuse
de passer la semaine à lire ses textos. Comme c’est gentil de me souhaiter un bon voyage, mais
ARRÊTE de m’écrire. Je pourrais juste éteindre le téléphone, mais le problème ne serait pas réglé.
Que devrais-je lui dire ? Tu n’es plus dans ma vie, Mathieu, c’est toi qui en as décidé ainsi. Je ne
veux pas être ton amie, ça fait trop mal… Je sens les larmes monter. Bien sûr, Justine choisit ce
moment pour revenir dans la chambre, qui était silencieuse depuis mon réveil.
— Belle Ève, tu vas devoir mettre ton téléphone de côté.
— Justine a raison, rajoute Annie, qui se faisait discrète dans son lit, nous ne serions pas de
bonnes amies si nous te laissions dépérir avec chaque texto que tu reçois de Mathieu.
— Je sais, j’aurais voulu le laisser à Montréal, mais je crains qu’il m’ait suivie.
— Tu devrais prendre un moment pour l’aviser que tu veux profiter de tes vacances, me conseille
Justine.
— Tu as raison, j’étais tellement impatiente de me retrouver ici avec vous.
Je suis si reconnaissante d’être ici avec elles. Je me promets de passer une semaine de rêve dans
ce petit paradis. Sortir de cette chambre me fera le plus grand bien. Je prends une profonde
respiration et je lui écris. Il doit me respecter, j’ai besoin de cette évasion. La réalité reviendra assez
vite.
Bonjour, je suis rendue. Le site semble très bien. C’est difficile pour moi de te dire ceci, mais
j’aimerais que tu ne m’écrives plus cette semaine. J’ai besoin de recul. J’espère que tu
comprends…
Je m’empresse d’éteindre mon téléphone. À nous deux, Cuba ! Comme si les sept prochains jours
me feront oublier le désespoir des derniers mois… Je sais que c’est ma faute. C’est moi qui suis
partie. Il n’a pas été facile pour moi de quitter notre petit nid douillet, cette vie confortable, celle où
je me sentais en sécurité depuis quelques années déjà, celle où je pensais que mon avenir m’attendait.
Jamais je n’aurais pensé que ce monde était imaginaire, qu’il allait s’effondrer à la première tempête.
Je m’en veux d’avoir espéré que Mathieu pense comme moi. Je croyais qu’emménager ensemble
était une première étape vers un avenir certain dans un couple. Jamais il ne m’a dit qu’elle serait
aussi la dernière entre nous. Il aurait bien pu m’en parler avant ; il savait que je voulais me marier et
avoir des enfants un jour. Nous avons même assisté au mariage de ma sœur ainsi qu’aux baptêmes de
trois de mes neveux et nièces. Jamais il n’a osé me dire que ce n’était pas pour nous quand je
m’exclamais haut et fort que j’attendais notre tour avec impatience.
Savait-il dès le premier jour que notre couple avait une date d’expiration ? J’ose à peine y penser.
Ma mémoire semble être mal formatée parce que seuls des souvenirs heureux me reviennent. Nous
avons été si amoureux. Je crois qu’un seul regard a suffi pour faire naître notre amour. Il m’a
toujours regardée avec tellement de désir et de tendresse. Je me sentais aimée. Il a tout fait pour me
séduire ; que nous vivions ensemble était même son idée. Je croyais qu’il ne pouvait plus se passer de
moi, qu’il me voulait à ses côtés pour partager sa vie.
Comme j’ai été facile à convaincre ! Bien sûr, nous ne parlions pas de notre avenir à cette
époque, le travail prenant toute la place dans nos projets de vie. Je travaillais depuis quelques années,
mais je n’avais pas encore trouvé l’endroit parfait pour pratiquer mes talents d’éducatrice à
l’enfance. Je me suis taillé une belle place avec l’expérience qui est venue.
— Je travaille avec des enfants Mathieu, comment peux-tu penser que je n’en veux pas ?
— Franchement, Ève, ce n’est pas toutes les filles qui veulent des enfants !
— Tu as raison, mais tu me connais, tu vois comment je suis avec mes neveux et mes nièces.Comment ça peut te surprendre ?
— Ce qui me surprend, c’est pourquoi il faut y penser maintenant… Nous sommes jeunes,
nous avons le temps de décider.
— Pour moi, c’est décidé depuis toujours. On le sait, si on veut des enfants.
Je n’allais certainement pas lui admettre que je savais aussi que je voulais une fille et un garçon,
qui se nommeraient Rose et Thomas ! Il faut que je décroche. Il doit bien y avoir moyen de fuir ces
souvenirs pendant que je suis en vacances.
La matinée passe rapidement. Nous décidons de passer cette première journée à la plage. Une fois
que nous y sommes, je suis soulagée quand j’entends Justine dire qu’elle prendrait un premier verre.
— Pourquoi n’y ai-je pas pensé avant ? C’est tellement ce dont j’ai besoin !
— Tu as certainement besoin de plus qu’un verre, me dit Annie en riant.
— J’avoue. Vous savez, les filles, il faut me changer les idées cette semaine.
— Ne t’inquiète pas, je vais remplir ces trois verres, et je te promets que je m’occupe de toi cet
après-midi.
— Oui, nous devrions faire du catamaran après le déjeuner, suggère Justine.
— Vous avez bien des projets, mais je me contenterais de vider une bouteille de rhum ou deux !
— Nous pouvons faire ça aussi ! lancent-elles à l’unisson.
De rigoler avec mes amies me fait du bien. Je sais que je peux compter sur elles pour me changer
les idées. Le plus grand avantage de ce tout inclus est certainement les consommations. Un verre
chaque fois que je pense à lui ! Voilà mon plan.
— Tu y vas, Annie ? Je t’accompagne si tu veux, proposé-je.
— Non, ça ira. Je reviens.
Elle nous quitte avec les trois beaux verres qu’elle nous a offerts. De vrais verres de filles, roses,
1sur lesquels est inscrit : KEEP CALM GIRLS JUST WANNA HAVE FUN ! Comme j’aimerais juste
pouvoir m’amuser cette semaine ! En tout cas, je suis avec les bonnes personnes pour le faire. Nous
sommes là pour fêter nos 10 ans d’amitié. Je regarde Justine assise à côté de moi. Elle est si sage et
calme, cette amie. Elle n’a certainement pas un homme à oublier cette semaine. Bien sûr, elle a déjà
eu des amoureux, mais jamais rien de sérieux. Je me demande même si elle a déjà présenté un garçon
à sa famille.
— Tu sembles songeuse, ça va ?
— Oui, je profite juste du moment. La mer me fait rêver.
— Moi aussi, j’ai hâte d’y retourner. Tu as pris de belles photos ce matin ?
Je la vois rougir.
— Oui.
— J’aimerais bien les voir. Toi et Annie avez tellement de créativité. Je ne suis pas douée. C’est
tellement gênant : mes petits de trois ans ont plus de talent que moi !
— Voyons, tout le monde peut être créatif, pas besoin d’être doué.
— As-tu déjà vu mes bonshommes allumettes ? En tout cas, je vous admire.
— On a tous des talents différents, souligne Justine. Si tu me demandes de surveiller un enfant, je
ne peux pas te garantir dans quel état je vais te le rendre.
— Tu me fais rire. Ce n’est pas si sorcier.
— J’en vois juste courir dans le hall de la réception quand je travaille et je suis déjà étourdie.
— J’avoue que c’est peut-être un art, finalement ! concédé-je.
— Voilà, à chacune ses talents. Tu es merveilleuse avec eux, je t’ai vue assez souvent avec tes
neveux et nièces.
J’ai à nouveau le cœur gros.
— Désolée, je ne voulais pas te faire de la peine.
— Ça va. Pourquoi mes amies voient-elles si clairement à quel point j’aime les enfants, et que
Mathieu n’en avait aucune idée ?
— J’aimerais savoir quoi te répondre.
— Moi non plus, je ne sais plus quoi me raconter pour comprendre.
— Chacune de mes relations m’a emmenée à savoir un peu plus ce que je voulais réellement en
amour, affirme-t-elle. Il y a des compromis que je ne ferai plus.
— Comme c’est sage. Un jour, avec du recul, je vais certainement savoir pourquoi Mathieu a été
dans ma vie, mais en ce moment, c’est tellement difficile.— Je sais.
Elle s’approche de moi pour me serrer dans ses bras. Annie revient à ce moment ; ces
consommations ne peuvent pas mieux tomber !
— Santé, les filles ! Merci d’être là.
— Nous allons passer une semaine mémorable, je le sens, déclare Annie avec un grand sourire.
Je prends une bonne gorgée de mon pina colada ; c’est un bon choix. Je comprends rapidement
son grand sourire lorsque je me retourne et que je vois quelques garçons qui arrivent pour jouer une
partie de volleyball non loin d’où nous sommes installées. Je n’y avais pas pensé. Je n’ai pas regardé
ailleurs depuis tellement d’années que je ne pensais même pas que j’avais le droit de commencer à
me changer les idées de cette façon.
Une partie de volleyball avec de beaux garçons, sans chandail et pleins de sueur, me fera autant
de bien que mon cocktail, que je m’empresse de terminer avant de me lever pour me joindre à la
partie.
1. Restez calmes, les filles veulent juste s’amuser !Chapitre 2
Je suis étonnée qu’Annie semble connaître le grand blond qui vient nous rejoindre.
— Tu me caches quelque chose ?
— Bien sûr que non ! se défend-elle en riant.
Je ne sais pas si c’est la chaleur, ou la consommation que j’ai bue rapidement, ou toute la
testostérone autour, mais je me sens bien. Je suis enfin dans le moment présent. Nous formons
rapidement les équipes. Bien sûr, je me range du côté d’Annie, qui est très compétitive. Les
animateurs du site se présentent.
— Je suis Carlos et je suis votre animateur cette semaine. Vous voulez du plaisir, vous me
trouvez !
Il me fixe d’un regard perçant lorsqu’il nous invite à le trouver pour du plaisir. Comme si le
message s’adressait à moi. Je me sens rougir. Je veux que la partie commence, j’ai chaud.
Évidemment, il se joint à notre équipe. Il n’est pas subtil du tout lorsqu’il s’approche de moi.
— Vous venez du Québec ?
— Oui.
— Enchanté, me dit-il en prenant ma main pour l’embrasser.
Il est intense, ce Carlos, mais ses lèvres chaudes sur ma peau me font sursauter. Mon corps est
rapidement éveillé ; je n’ai pas ressenti ce grand frisson de désir me traverser depuis longtemps. Je
me ressaisis en retirant ma main. Je ne sais pas quoi lui répondre, il est si charmant. Je sais que c’est
son travail, mais j’aimerais qu’il s’occupe de mon plaisir ! Je me sens rougir à nouveau, et il
reconnaît tout de suite l’effet qu’il me fait.
Il s’approche davantage pour me murmurer une phrase en espagnol avant de prendre sa place
pour la partie qui commence enfin. Qu’a-t-il dit ? J’aimerais me rappeler ces mots pour les répéter à
Justine, elle pourrait me les traduire. Je ne pensais pas qu’il aurait été pratique pour moi d’apprendre
l’espagnol comme elle. Je voudrais vraiment savoir ce qu’il a dit, ses yeux étaient si brillants !
— Allez, Ève, tu es dans la lune ! me crie Annie.
— Non, pas du tout, protesté-je lorsque je manque un ballon arrivant directement sur moi.
Concentre-toi sur la partie, Ève. Je me parle parce qu’Annie ne me pardonnera pas si nous
perdons par ma faute. Je la sens très motivée à gagner, et je comprends pourquoi quand je vois la
chimie entre elle et le beau grand blond chez nos adversaires. Mais où trouve-t-elle toujours ces
dieux parfaits ?
Je tente de garder ma concentration même si Carlos profite de chaque remise en partie pour
passer près de moi, chaque fois avec un mot gentil, un effleurement. Ses attentions ne me laissent pas
indifférente. J’ai de plus en plus de mal à me concentrer. Je vois que c’est un jeu pour lui, qu’il
s’amuse avec moi. Chaque réaction de ma part le pousse à revenir à la charge avec un peu plus
d’audace.
J’entends mon nom à nouveau. Le dernier point de la partie. Je sors de ma rêverie pour m’élancer
sur le ballon, qui n’a aucune chance. Nous gagnons ! Nous nous félicitons, mais Annie ne tarde pas à
se retrouver près de son dieu pour vanter notre victoire… ou son corps parfait, je ne sais pas. Je me
pavanerais bien avec le mien s’il était aussi remarquable. Carlos s’empresse de s’approcher de moi.
J’ose à peine me retourner.
— Bravo, Ève, murmure-t-il.
Comment connaît-il mon nom ? Ah oui, Annie l’a crié assez souvent.
— C’était un travail d’équipe, remarqué-je.
Il enroule ses bras autour de ma taille.
— Tu iras à la discothèque ce soir ?
— Je ne sais pas.
— J’aimerais danser avec toi.
Il ne se gêne pas, ce beau Carlos, mais c’est flatteur.
— Je te garde une danse, si j’y vais.
2— À plus tard, bella .
Il me quitte ; j’aurais voulu garder la chaleur de ses bras sur ma peau un peu plus longtemps. Jedois sauter à la mer.
— Tu viens, Annie ? J’aimerais me baigner !
— Tu es bien rouge ; je dois avouer que ces couleurs te vont bien.
— Il faisait trop chaud pour jouer une partie aussi intense.
— Oui, j’ai vu que c’était intense entre toi et un certain animateur ! lâche-t-elle en riant.
Bien sûr qu’elle a remarqué toutes les attentions du séduisant Carlos.
— J’ai plutôt remarqué qu’un beau grand blond te dévorait du regard !
— Avoue que ça fait du bien, ces vacances !
Nous rejoignons Justine, qui n’a rien vu de notre partie.
— Tu as manqué quelque chose, annonce Annie.
— Ah oui ?
— Tu aurais dû voir notre belle Ève se faire faire la cour par un gentil animateur !
— Déjà ? s’étonne Justine. Mais je ne suis pas surprise : qui pourrait lui résister, dans ce bikini ?
— Arrêtez ! Vous pouvez bien parler, mes deux déesses ! interviens-je.
— Tu dois admettre que c’est vrai. Même si je vous tournais souvent le dos, j’ai vu votre petit
jeu, insiste Annie.
— Nous jouions une partie de volleyball ! me défends-je.
J’éclate de rire, et elle aussi. Tout est tellement parfait.
— Allons nous baigner, il me reste peu de temps avant mon massage, proposé-je.
Mes amies ont des corps de rêve. J’ai longtemps été complexée, jusqu’au jour où j’ai compris
que les hommes aimaient mes courbes. J’ai certainement plus de seins et de fesses que mes deux
amies mises ensemble, mais j’ai appris à l’accepter. Je dirais même que ce bikini me va réellement
bien.
Mathieu me revient en tête. Tu es tellement belle, Ève. Il me l’a dit assez souvent pour que j’y
croie. C’est grâce à lui que j’ai commencé à m’accepter, voire à m’aimer comme je suis. Je repense à
ses douces caresses sur mon corps. J’étais certainement parfaite entre ses mains, c’est ce qu’elles me
témoignaient. Je voudrais lui dire merci. Je ne peux pas nier que nous étions heureux ensemble. Je
me sens calme pour la première fois depuis notre séparation. Nous avons eu de bons moments, mais
ce voyage me fait comprendre que ma vie n’est pas terminée : elle ne fait que commencer.
Les mains chaudes de Carlos viennent remplacer celles de Mathieu dans mes pensées. Mon corps
m’a rappelé qu’il contient encore beaucoup de désir. Je suis en vie, j’ai besoin de me prouver que je
vais me remettre de cette rupture.
Je m’empresse de courir dans la mer afin de me rafraîchir. Je laisse l’eau me caresser, ce qui me
fait le plus grand bien.
— Je suis au paradis.
— Moi aussi, répond Justine, qui flotte à côté de moi.
— Je ne pouvais pas imaginer que ça serait aussi parfait.
— Moi non plus.
— Je sens qu’une semaine ne suffira pas.
Je ne veux pas penser au retour. Je vais profiter de tous ces petits moments à savourer. À nous
deux, Cuba ! Je vais prendre tout ce que tu veux m’offrir. Ton soleil, tes eaux cristallines, tes
consommations qui goûtent le bonheur et tes gentils animateurs aussi. Mais qu’y a-t-il dans l’air ?
Mon corps n’a jamais été aussi éveillé, c’est comme si je me sens revivre. Quoi de mieux que le
massage qui m’attend pour profiter de ce sentiment qui m’habite ?
2. Beauté.Chapitre 3
Je me dirige d’un pas léger vers l’endroit où je recevrai mon massage. J’ai même fait remplir mon
verre à nouveau en passant par le bar de la plage. Je m’en veux un peu de ne pas avoir pu résister à
regarder mon téléphone afin de voir si Mathieu m’a répondu. Aucune réponse. Je crois qu’il a
compris ma demande.
J’arrive à la petite hutte où je passerai ce moment que je m’accorde. C’est une petite habitation
qui se mêle parfaitement au décor exotique, située en retrait des passants, où le seul bruit que
j’entends est celui des vagues au loin. Un petit coin de paradis, bien caché à l’ombre des palmiers. Je
me dis que je m’y installerais pour la semaine en prenant place sur une chaise pour attendre mon
tour.
Je suis surprise lorsque je vois sortir un beau grand Cubain tout vêtu de blanc. Il porte une
chemise à manches courtes qui moule parfaitement ses épaules carrées. Je remarque aussi rapidement
ses mains. Elles me semblent parfaites pour me masser, mais j’ai soudainement une hésitation. Cuba,
sors de ce corps ! Il me fait un grand sourire. Je ne peux pas croire que mes pensées veulent encore
m’emmener vers ces plaisirs qui semblent se présenter aujourd’hui. Je m’empresse de boire mon pina
colada. Une dame qui semble détendue sort de la cabine. C’est mon tour.
— Bonjour, vous êtes Eva ?
— Oui.
Ève, Eva, même chose, non ?
— Venez vous installer.
Lorsque j’entre dans la petite pièce, l’endroit me charme encore plus. Une ouverture donne une
magnifique vue sur la mer et laisse entrer une petite brise.
— Qu’est-ce que vous aimeriez aujourd’hui ?
Je ne sais plus quoi répondre tellement il me fixe intensément. Il a les yeux si noirs que j’ai
l’impression d’y voir ma réflexion.
— Un massage de détente ?
Comme si c’était possible de me détendre sous ses mains, que je ne peux m’empêcher de
regarder !
— Déshabillez-vous et installez-vous sur le ventre, m’intime-t-il tout en douceur.
Il sort de la pièce en fermant la porte. Tout ce que tu désires, Juan. C’est bien le nom inscrit sur
son insigne ? Je suis surprise qu’il parle si bien français ; mieux que Carlos, qui n’a pas arrêté de me
susurrer de petits mots doux en espagnol tout le long de notre partie. Pourquoi repensé-je à lui ? Je
dois me concentrer sur le moment présent. Me déshabiller, oui. J’hésite, mais je m’empresse de me
glisser sous la serviette de plage avant qu’il revienne. J’ai même osé enlever mon maillot encore
trempé. Il n’y a pas de mal à être à l’aise, non ?
— Vous êtes prête ? demande Juan en revenant dans la pièce.
— Oui.
Il s’empresse de fermer la porte et de la verrouiller. Il se dirige ensuite au petit lavabo pour se
laver les mains. Tous mes sens sont en alerte. Je me trouve soudainement courageuse d’oser me faire
masser dans un pays que je ne connais pas et par quelqu’un que je connais encore moins. Je prends
même conscience que c’est la première fois que je vais me faire masser par un homme. C’est
peutêtre la raison pour laquelle je suis si nerveuse.
— Détendez-vous.
Comment peut-il lire dans mes pensées ? C’est vrai qu’il vient de déposer ses mains dans mon
dos, par-dessus la serviette, qu’il descend lentement en la repliant par-dessus mes fesses. Je sens qu’il
l’a pliée à un endroit qui le laisse entrevoir une partie de celles-ci ; j’hésite à tirer pour la remonter
un peu. Je prends une profonde inspiration. Je décide de lui faire confiance : après tout, c’est lui
l’expert. Je me sens même un peu excitée quand je m’imagine ce qu’il voit.
— Vous profitez de vos vacances ?
— Oui.
C’est tout ce que je suis capable de répondre : j’ai quand même le visage enfoui dans la table de
massage. Je sens que je vais en profiter encore plus d’un moment à l’autre. Je l’entends mettre del’huile dans ses mains. Je ne peux plus attendre. J’ai besoin qu’il me touche. Lorsqu’il dépose ses
mains parfaites sur mes épaules, je voudrais me mettre à ronronner comme un félin.
J’ai la peau si sensible. J’anticipe chacun de ses mouvements. Je sais que je reçois un massage,
mais je le ressens plus comme des caresses sur tout mon corps. Ses mains sont fermes mais douces à
la fois. Lorsqu’il arrive dans le bas de mon dos, il ne se gêne pas pour masser le haut de mes fesses,
ce qui affecte davantage tous mes sens. Calme-toi, Ève. Je tente de me parler, je dois penser à autre
chose. En même temps, est-ce défendu de profiter pleinement de ce moment ? Je le mérite
certainement après toute la souffrance des derniers mois.
Juan commence à travailler mon dos, qui semble criblé de petits points de tension. Oui, c’est ça,
enlève de mon dos tous les signes de ma séparation. Je ne pensais jamais devoir m’enlever
quelqu’un de la peau. Je voudrais rester sur cette table jusqu’à ce que je ne pense plus jamais à
Mathieu. Je sens une larme monter.
— La pression est bonne ?
— Oui.
Je voudrais lui dire que tout est parfait, que j’ai besoin de lui pour me libérer de ma peine. Il
replace la serviette dans mon dos. Il découvre maintenant mes jambes. Encore une fois, il la replie à
un endroit qui doit certainement exposer mon entre-jambes. Peut-être que puisque je suis couchée
ainsi, il en voit moins que j’imagine. Juan, tu es trop curieux…
Lorsqu’il commence à masser mes pieds, je sursaute : c’est douloureux.
— Vous avez beaucoup de stress.
Que suis-je censée lui répondre ? Est-il psy aussi ? Je me contente de profiter de ses mains
expertes qui dégagent maintenant les tensions de mon pied droit. Elles se dirigent ensuite sur ma
jambe. Il n’y a pas un petit bout de mon corps qu’il ne touche pas. Je me sens de plus en plus
détendue. Ses mains montent jusqu’à mon entre-jambes, où il masse longuement l’intérieur de ma
cuisse, je sens que seulement quelques centimètres le séparent de mon jardin secret. Il ose même
monter pour me masser la fesse, comme si c’était tout à fait naturel de le faire. C’est trop ; comment
suis-je censée rester indifférente à ses mains si chaudes sur ma peau ? Le mouvement s’arrête, et il se
dirige tout bonnement sur mon autre pied.
Je suis partagée dans tout ce que je ressens. Ce massage me fait le plus grand bien, il est doué
pour trouver tous mes points endoloris, mais il allume aussi sur son passage une excitation. Il y a
vraiment quelque chose dans l’air dans ce pays. Avec Carlos ce matin, c’était la même chose : il a
éveillé quelque chose en moi qui ne cesse de s’intensifier. À ce rythme, je ne passerai jamais au
travers de la semaine sans me laisser séduire. C’est peut-être ce dont j’ai besoin.
Il répète le même petit jeu sur mon autre jambe. Je comprends qu’il refait les mêmes
mouvements et qu’il a dû les faire des centaines de fois. Je pense quand même qu’il s’en permet un
peu, parce que je ne me suis jamais fait masser les fesses de cette manière. Il ne peut pas être
insensible à ce qu’il fait. Je repense à ses grands yeux noirs et les imagine sur mes fesses pendant
qu’il me masse. Ma respiration s’accélère ; heureusement que mon visage est encore caché sous la
table.
Il recouvre mes jambes.
— Vous allez pouvoir vous retourner.
Ah non, comment suis-je censée cacher toutes mes expressions si je dois me mettre sur le dos ?
Je suis terrifiée de laisser paraître ce que je ressens. J’ai surtout peur de lui montrer à quel point il
m’excite.Chapitre 4
Jon massage est si sublime que je décide de me soumettre au reste. Je dois me ressaisir. Je rassemble
tout mon courage pour me retourner pendant qu’il soulève la serviette. Il ne tente même pas de me
cacher, et nos yeux se rencontrent pour la première fois depuis qu’il a commencé à me masser. Ils
sont brillants et ne me quittent pas jusqu’à ce qu’il me recouvre. Je me sens totalement à sa merci. Je
m’empresse de refermer les yeux.
Alors qu’il reprend de l’huile, j’en profite pour inspirer profondément afin de calmer mon cœur
qui bat vite. Mon massage de détente n’est plus ; trop d’images se bousculent dans ma tête alors que
le vide devrait s’installer. Pourtant, je ne pense pas au sexe habituellement. Bien sûr, comme tout le
monde, lorsque vient le temps de passer à l’acte, mais jamais en jouant une partie de volleyball et
encore moins sur une table de massage. C’est en tout cas la première fois depuis que j’ai quitté
Mathieu que ces pensées m’envahissent.
Juan prend mon bras droit pour le masser en apesanteur. Ses mains fortes n’ont aucun mal à le
soutenir tout en le massant doucement. Il se dirige sur mes doigts, qu’il prend le temps de caresser
chacun leur tour. Le contact de sa main sur la mienne me réconforte. Personne n’a pris le temps de
vénérer toutes les parties de mon corps comme il le fait. Chaque fois que ses mains me quittent pour
se diriger ailleurs, j’ai l’impression de manquer quelque chose, comme si le moment prenait fin trop
rapidement.
Après s’être occupé de mes bras, il se dirige sur le devant de mes jambes. Je deviens vite mal à
l’aise lorsqu’il soulève la serviette. Pourquoi n’ai-je pas gardé le bas de mon bikini ? J’étais plus ou
moins à l’aise alors qu’il voyait mes fesses, mais là, je souhaite qu’il puisse la replier sans dévoiler
ma partie trop intime. Je me sens rougir à nouveau quand je pense à ce qu’il verrait. Il remarquerait
facilement l’impact de son effet sur mon corps. Je sens la serviette se déposer ; je crois qu’elle
camoufle mon intimité, mais je n’ose pas ouvrir les yeux pour m’en assurer.
Il masse le devant de ma jambe à partir de mon pied. Nous demeurons dans le silence ; il ne me
reparle pas de mes tensions. Il arrive rapidement à mes cuisses, qu’il caresse de haut en bas. Il monte
chaque fois ses doigts justes assez haut pour que je retienne mon souffle avant qu’ils les
redescendent. Il doit bien voir l’effet qu’il a sur ma respiration. Je tente d’en maîtriser le rythme pour
ne pas me trahir. Je comprends alors que tout est dans ma tête : il demeure toujours respectueux dans
ses gestes. Il masse mon autre jambe comme la première, et je me demande si ses mouvements sont
aussi automatiques pour toutes les touristes qui veulent passer sous ses mains.
Il se dirige derrière moi pour commencer à masser mes épaules. Un frisson me traverse. Comme
ses mains chaudes qui se glissent dans le haut de mon dos et sur ma nuque me font du bien ! Toutes
les tensions de mon corps s’envolent. Je voudrais lui dire merci, mais je pousse un grand soupir.
— C’est ça, laissez sortir, Eva.
— Merci.
Je lui murmure ma reconnaissance. Il dirige ses mains dans mon cou, les glisse ensuite sous la
serviette qui me recouvre. Je me demande s’il arrêtera avant de rejoindre mes seins. Je voudrais qu’il
continue, je ne peux pas croire mon audace. Il se permet de continuer ses mouvements circulaires
jusqu’à ce que ses doigts frôlent à peine le galbe de ma poitrine. Je serre les poings : je dois me
calmer.
Il passe ensuite ses doigts délicatement sur mon visage en exerçant une pression parfaite autour
de mes yeux, sur mes tempes et même dans mes cheveux. C’est trop. Comment puis-je me sentir si
désirée, si libre avec un parfait inconnu ? J’ose ouvrir les yeux : je veux qu’il sache à quel point il me
fait du bien. Ses yeux sont fixés aux miens. Il masse mon visage, c’est normal qu’il me regarde, mais
je les trouve si étincelants. Il dirige ses doigts sur mes lèvres, et je me surprends à vouloir les mordre.
D’où me sortent ces pulsions ? Il les caresse tout en continuant de me fixer.
Nous vivons un moment qui me semble surréel, comme si le temps s’arrête pour nous laisser ce
petit moment parfait. L’instant d’un regard où tout pourrait être possible, où le désir est puissant,
mais parce que je suis une cliente sur sa table, aucune ligne ne sera franchie. Je me sens comme Ève,
la première, qui a enfin croqué dans la pomme, et je découvre que je n’avais aucune idée que j’en
aimerais autant le goût. Je ne serai plus jamais la même.C’est ainsi que se termine mon massage. Juan s’éloigne pour se laver les mains avant de sortir de
la pièce. Je suis à me demander si je n’ai pas rêvé la dernière heure. Mon corps me dit que non.
Comment suis-je censée calmer tout ce qu’il vient de réveiller en moi ? Je m’empresse de m’habiller.
Il revient après quelques minutes.
— Vous êtes bien détendue ?
Il me fixe du regard ; il y a tellement de non-dits entre nous.
— Oui, c’était parfait.
Je m’empresse de le payer et de le remercier à nouveau. Comme je m’apprête à partir, il
s’approche de moi. Il caresse ma joue de sa main parfaite.
— Passez une belle semaine, Eva.
— Merci.
Je sais qu’il vaut mieux que je parte, alors j’ouvre la porte et je sors. Je marche d’un pas décidé
vers le bar. J’ai besoin d’un dernier verre avant de retrouver les filles. Je veux savourer quelques
minutes de plus les souvenirs de ce massage paradisiaque. Je m’installe à une petite table pour boire
un pina colada. Je me laisse bercer par cette fin de journée où le soleil brille un peu moins fort. Ces
vacances commencent encore mieux que je l’avais souhaité. Aller loin pour oublier. Je crois que
c’est bien parti.
Comme je savoure ce premier moment zen depuis long-temps, j’entends la sonnerie d’un texto
qui rentre. Les filles doivent me chercher. Je regarde. Il est de Mathieu.
Je pense à toi xxx
Mais à quoi joue-t-il ? N’a-t-il pas reçu le texto que je lui ai envoyé ce matin ? Je regarde
rapidement dans ma conversation, et je constate que le texto n’est jamais parti. Il est écrit : Votre
message n’a pas pu être envoyé. Pourquoi ne l’ai-je pas vu avant ? Je décide de me calmer. Je suis
zen après tout. Si je stresse trop, je pourrais quand même retourner voir Juan parce qu’il a su gérer
mes tensions. Je souris. C’est ce que je devrais écrire à Mathieu : Tu as été remplacé par un
massothérapeute qui comprend très bien mes besoins ! Bien sûr, je n’oserais pas. Je demeure
gentille quand je tente de lui répondre à nouveau.
Mathieu, j’aimerais un peu de recul cette semaine. J’aimerais que tu comprennes que j’ai
besoin de ce moment.
Voilà. J’attends quelques instants, et le texto semble être parti cette fois. Mais pourquoi
m’écritil autant ? Depuis notre rupture, je recevais à peine un texto ou un appel par semaine, souvent une
question anodine, par exemple pour savoir où je rangeais telle ou telle chose, ou pour obtenir un
numéro de téléphone, comme celui du dentiste. Je ne comprends pas à quoi il joue. Il ne serait pas
assez mesquin pour gâcher mes vacances, ce n’est pas son genre. Je relis son message. Je pense à toi
xxx J’ai un pincement au cœur. Peut-il réellement penser à moi ? Que tente-t-il de me dire ?

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