Des isles du jouir à Singapour

Des isles du jouir à Singapour

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Livres
100 pages

Description

Avertissement à vous, lecteurs, qui tenez en main ce livre : sa lecture n’est point à conseiller aux enfants, pas plus qu’aux pères et mères la pudeur.
La goélette Southern Cross sillonne les mers du Sud avec, à son bord, deux marins aguerris et deux gentes et accortes dames qui ne manquent, ni les uns ni les autres, d’imagination en matière de jeux érotiques.
A l’autre bout du monde, une Malouine qui n’aurait jamais imaginé se dévergonder, une fois passé le demi-siècle. Et pourtant !...
Lisez par-dessus l’épaule de Rémy, l’un des matelots, les lettres torrides qu’il envoie, d’un hémisphère à l’autre, à Anna, la poétesse. Lettres dans lesquelles il conte les frasques du quatuor entre les flancs du vieux navire. Anna la très sage se prend à rêver...


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Ajouté le 26 février 2014
Nombre de lectures 54
EAN13 9782332669360
Licence : Tous droits réservés
Langue Français
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Cet ouvrage a été composé par Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-66934-6

 

© Edilivre, 2014

Avant-propos
en guise d’avertissement

A vous qui prenez en main ce bouquin, ce petit avertissement : sa lecture n’est pas à conseiller aux enfants, bien sûr, mais non plus aux pères-la-pudeur ou aux chaisières hypocrites oubliant ce qu’elles firent de leurs années folles.

L’aventure se situe dans un archipel sauvage des mers du Sud. L’équipage de la goélette « Southern Cross », comme ses « invitées », ne manque pas d’imagination en matière de jeux érotiques.

A l’autre bout du monde, une Malouine n’aurait jamais imaginé se dévergonder, passé le demi-siècle. Et pourtant !…

C’est à une correspondance torride d’un hémisphère à l’autre, entre Rémy, l’un des matelots et Anna, la poétesse, que vous êtes invités. Il lui raconte les frasques à bord du vieux gréement, bientôt rejoint par ses complices. Elle leur répond en détaillant ses galipettes avec des hommes dragués sur les sites de rencontres. Le vocabulaire n’est pas censuré, on écrit comme on parle. En totale liberté libertine.

A bon entendeur, bonne lecture.

Premier contact

La dépression tropicale forte Jason s’est considérablement renforcée au voisinage des Fidji et est devenue cyclone. Sa dernière position : 18° de latitude Sud et 178° de longitude Ouest. Les vents près du centre sont de l’ordre de 200 km/h et des rafales à 120 km/h sont observées à cent nautiques du centre. Mer énorme. Jason se déplace désormais sur un axe Est-Ouest et pourrait intéresser la Nouvelle-Calédonie et le Vanuatu dans les prochaines 48 h. »

Rémy Kerdoncuff écoute ce bulletin météo avec une particulière attention, lui qui navigue à bord d’un ketch de douze mètres en mer de Corail. Parti de Tasmanie, il fait route vers Nouméa où le propriétaire du voilier l’attend. Pas question pour le moment de tenter le diable et de poursuivre sa route Nord-Nord-Est. Le plus simple est d’attendre, voire de fuir si l’ouragan se rapproche. Pour le moment, aucun danger, la mer est belle, le vent force trois, navigation pour demoiselles.

« Allez, je prends la cape, je me fais un bon casse-croûte et repos en attendant le prochain bulletin prévu à 8h GMT. »

Depuis un moment, une chanson d’Anne Sylvestre lui trotte dans la tête. Il y est question d’une porteuse d’eau.

« Je vais aller sur son site me rafraîchir les idées et retrouver les paroles. »

L’ordinateur est un engin merveilleux. On y trouve ce que l’on veut. Après avoir pianoté, voilà Anne Sylvestre :

« Ma seule chaîne est celle d’un puits,

J’ai l’âge des fontaines,

L’humeur du temps qui change et fuit,

La patience des graines… »

Il fredonne tout en « naviguant » sur le site et comme on peut y laisser un message, c’est sans façon qu’il complimente l’auteur-compositeur-interprète.

Pour s’amuser, il signe et donne sa position : 28° de latitude Sud et 160° de longitude Est.

Par hasard, à l’autre bout du monde, une dame se promène également chez Anne Sylvestre et interpelle le navigateur. Bien entendu, elle est loin de pouvoir situer le bateau. Un échange sympathique naît entre eux et il lui dit se distraire en attendant qu’un cyclone veuille bien l’oublier.

– Un cyclone !!!

– Pour l’instant, je ne suis pas directement concerné. J’ai pensé un moment rallier un port, mais l’île de Norfolk n’offre pas d’abri suffisant en cas de gros coup de mer.

– Vous me tiendrez au courant ? Quand je vais discuter avec mes amies et évoquer nos échanges venteux, je vais faire un tabac !

Ainsi se nouèrent quelques fils, lesquels allaient devenir liens solides entre deux personnes qui n’avaient aucune chance de se rencontrer puisque vivant à vingt mille kilomètres l’une de l’autre.

ANNA :

« Quel vilain mois ! Janvier est toujours terrible. Je n’en peux plus de cette grisaille… Va-t-il m’écrire à nouveau ? ! Je piaffe d’impatience de le savoir ! Il faut que quelque chose change dans ma vie. Marre ! Il y a eu un frémissement il y a trois jours lorsque j’ai échangé quelques courriels avec ce Breton convoyant un bateau en Mer de Corail et fuyant devant un cyclone tout en écoutant Anne Sylvestre ! Là, j’ai reçu un choc ! Anne Sylvestre, mon maître, écoutée en pleine mer, dans un secteur du Pacifique Sud ! C’est vraiment fort ! Je lui ai fait part de ma stupéfaction – mais non, le mot n’est pas trop fort ! Il m’a envoyé en retour une carte météo à faire peur – sauf que je n’ai eu peur de rien, au contraire ! Pour moi c’était tout simplement beau. Un bleu chavirant, un bleu à hurler d’envie de se noyer dedans, s’étalant tout autour du colimaçon noir du cyclone et de son œil maléfique !

Puis nous nous sommes à nouveau envoyé quelques lignes…

– « Vous êtes breton, je suis bretonne », ai-je en un mot conjugué, forte de ces amorces de conversations !

Je ne sais pas pourquoi cela me ravit. Un Breton dans les mers du Sud ! Il ne doit pas être le seul, mais tout de même. L’aventure entrait donc par effraction dans mon bureau triste sur un écran qui l’était plus encore ! Une toute petite aventure azuréenne de rien du tout : les ordinateurs ouvrent les vannes de la géographie virtuelle, non de la vraie. N’empêche, j’adore cette discipline qui donne tellement envie de voyager et, je dois le reconnaître, j’aimerais recevoir à nouveau quelque chose de ce lointain hémisphère sud dont on se demande s’il existe bel et bien quand on n’a eu que l’étoile polaire dans son ciel et beaucoup de nuages par-dessus empêchant de la voir.

Je suis donc là, morose, à guetter si mon écran va me livrer ce bleu que j’espère ! Non, rien, plus qu’à éteindre la machine.Quel ennui ! Si au moins j’étais en Bretagne, je pourrais me mettre de l’air iodé plein les poumons en allant me promener, bien chaussée et bien couverte, à la frange des vagues. Mais non, je suis vissée ici, dans cette région dont j’ai largement fait le tour, l’Ile-de-France comme on dit maintenant ! J’aimais mieux l’appellation « Bassin parisien » que l’on m’avait enseignée à l’école primaire. Bassin sédimentaire, donc millefeuille géologique bourré de cette terre glaiseuse où seuls les arbres se plaisent. Forcément, la Marne est proche et il leur est facile d’aller étancher leur soif inextinguible dans les profondeurs. Mais faites pousser des fleurs pour voir : il faudra d’abord faire venir un camion d’humus acheté à prix d’or…

Mais qu’est-ce que je raconte ? Je fais diversion, ma parole ! Tout ça parce que je m’ennuie dans ce gris hivernal et qu’aucun autre signe ne m’est venu des antipodes. Pourtant j’ai du travail : quelques poèmes à fignoler et d’habitude cela me captive. Avec cela une chanson que je veux offrir à Anne Sylvestre, justement… Tiens, son nom-même me rappelle ce Rémy que j’ai l’air d’attendre plantée-là comme une buse-et qui est fan de l’artiste au point de lui écrire des compliments tout en pêchant une dorade coryphène qu’il mangera crue quand il aura fini son laïus à l’auteur des Cathédrales. Quel original ! Mais je sais que je n’aurai plus rien à lire de la part de cet homme, Ker… quoi déjà ? Kergonkuff ?…donkuff ? Qu’est-ce que cela signifie ? Une sonorité rude à l’oreille, facile à identifier comme bretonne, rappelant Hénaff, le sacré petit pâté, mais si loin des Le Men, Le Cloarec, Le Guen, dont notre ouïe est familière même en pays gallo. Qu’aurais-je donc à échanger plus avant avec ce Kertruc ? Qu’il est de Paimpol et moi de Saint-Malo ? Nous nous le sommes déjà dit, la belle affaire !

Les copines vont se moquer de moi. Mais pourquoi leur ai-je donc appris que j’avais échangé trois messages avec un marin breton égaré quelque part aux antipodes ? L’une a raillé :-Voyons, Anna, ton mari ! !!

– Eh bien quoi, mon mari ? Qu’est-ce qu’il a à voir là-dedans ? Et maintenant je les vois venir :-Déjà disparu en mer, ton Neptune ? Il est vrai que tu en connais un rayon, avec tous les noyés que tu sèmes, pour ainsi dire à tous vents, dans ta poésie !-Chut, les filles, vous savez bien que je n’aime pas que l’on plaisante au sujet de mes marins perdus, même imaginaires. Des myriades ne le furent pas !

Le lendemain, Anna ouvre machinalement son ordinateur puis sa messagerie. Plus aucune attente du côté de ce Rémy en passe d’être oublié. Ses rêves de bleu se sont évaporés durant la nuit et dans l’inquiétude matinale de la baisse des températures :-4°C à nouveau ce matin. L’hiver septentrional dans toute sa splendeur. Elle sait que cela durera : en janvier c’est toujours le cas.

Et pourtant, elle aperçoit l’adresse qu’elle attendait hier et ne cherchait plus aujourd’hui : r.ker@yahoo.fr !

Elle finit de dépouiller son courrier avant d’ouvrir… Aucune impatience. Pourquoi en aurait-elle ? Puis elle lit…

REMY :

– Bonjour Anna, j’ai ramené le bateau que je convoyais à bon port ! Maintenant je coiffe mon chapeau de cow-boy car je suis stockman comme l’on dit ici ! J’habite à Port-Vila, je travaille chez un éleveur de bovins…

ANNA :

– Eh bien dites donc, Rémy, vous m’amusez : marin et gardien de troupeaux – forcément à cheval. Autrement dit un pied sur le pont d’un bateau et l’autre à l’étrier… Vous êtes un original et cela se trouve bien : je n’apprécie guère les gens ordinaires.

REMY :

– Et quand je vous aurai dit que j’ai été pilote de road trains en Australie !

ANNA

– Qu’est-ce donc ? Expliquez-moi…Décidément, je me demande ce que vous allez encore me sortir de votre musette car vous n’avez pas dû en rester là, Monsieur le Breton baroudeur !

REMY :

– Eh oui, je peux vous faire un gentil petit inventaire à la Prévert …

La liste est longue et parfois étonnante. Il n’y figure aucun métier de plume, mais Anna ne s’y laisse pas prendre : le style de l’homme est dru, travaillé et en même temps spontané ; elle affirme intérieurement, péremptoire : « Il est journaliste ou écrivain, les deux, sans doute… »

ANNA :

– Magnifique, votre dico des métiers ! Vous m’épatez ! Et quand vous viviez en Bretagne, autrement dit lorsque nous étions voisins, que faisiez-vous ?

REMY :

– Coureur cycliste, ma chère ! Et j’ai beaucoup roulé du côté de Montcontour, votre berceau ancestral, d’après ce que vous m’avez déjà dit de votre très bretonne généalogie…

Cette correspondance se poursuit ainsi durant quelques semaines, essai peu à peu transformé en mois. Arriveront-ils à boucler l’année ? Hémisphère nord, hémisphère sud, à chacun sa vie à l’antipode de l’autre. Auront-ils encore longtemps matière à converser alors qu’aucune rencontre n’est prévue ?

En attendant, Anna et Rémy se découvrent mutuellement et collectionnent avec un amusement non dénué d’ émotion un assez joli nombre de points communs, entre autres l’attachement à l’école primaire, la communale, comme dit Rémy. Ils ont les mêmes sortes de souvenirs, y compris de vieux livres d’école, rescapés d’un autre âge, dont chacun possède une ou deux unités. Assurément leur enfance était une autre époque ; ils s’y sentent liés de la même façon. Pourtant ils ne sont que quinqua et sexa en début de décennie. C’est peu de nos jours, si on se fie aux statistiques. La vie devant soi, en somme…

Indéniablement des liens se tissent et un élégant marivaudage épistolaire prend peu à peu le pas sur la franche camaraderie des débuts. D’ailleurs Rémy s’y connaît : il conte allègrement fleurette à Anna qui n’y voit guère d’inconvénient, c’est si plaisant.

REMY :

– Anna, j’adore votre prénom et j’ai cherché en vain toute ma vie une amie qui le portât.

ANNA :

– Vous me faites pouffer, Rémy ! C’est que vous avez oublié vos bonnes amies armoricaines : il y a des Santez Anna dans toutes les chapelles bretonnes et des Sainte Anne en pays gallo ! C’est dire si ces petits-noms sont courants au-dessus des fonts baptismaux ! Ma marraine elle-même s’appelait Anne et m’a dotée d’un « a » final pour changer.

Anna est née dans une petite commune jouxtant St Malo, Saint-Père-Marc-en-Poulet ! Quel toponyme ! Rien à voir avec le poulet rôti ( !) : il s’agit de « Pou-Alet », le « pays » de la cité d’Alet qui donna le jour à Saint-Malo sous la houlette de l’évêque Mac Low. On parla breton au Clos Poulet jusqu’à la fin du premier millénaire, puis le gallo, langue romane, prit le pas sur l’idiome...

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