Gustav Klimt

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Français
199 pages
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Description

Gustav Klimt (Baumgarten, 1862 – Vienne, 1918)
«Faire un autoportrait ne m'intéresse pas. Les sujets de peinture qui m'intéressent ? Les autres et en particulier les femmes… » Aucune référence au monde extérieur ne vient contrarier le charme des allégories, portraits, paysages et autres personnages que l'artiste peint. Des couleurs et des motifs d'inspiration orientale (Klimt a été très influencé par le Japon, l'ancienne Egypte et la Ravenne byzantine), un espace bidimentionnel dépourvu de profondeur et une qualité souvent stylisée de l'image, autant d'éléments utilisés par le peintre pour créer une oeuvre séduisante, où le corps de la femme s'expose dans toute sa volupté. A 14 ans, il obtient une bourse d'Etat pour entrer à la Kunstgewerbeschule (l'Ecole viennoise des Arts et Métiers). Très vite, ses talents de peintre et de dessinateur s'affirment. Ses toutes remières oeuvres lui valent un succès inhabituellement précoce. Sa première grande initiative date de 1879 : il crée cette année-là la Künstlerkompagnie (la compagnie des artistes) avec son frère Ernst, et Franz Matsch. A Vienne, la fin du XIXe siècle est une période d'effervescence architecturale. L'empereur François- Joseph décide, en 1857, de détruire les remparts entourant le coeur médiéval de la ville. Le Ring, financé par l'argent du contribuable, est alors construit : de magnifiques résidences y côtoient de superbes parcs. Ces changements profitent à Klimt et à ses associés, leur fournissant de multiples occasions de faire montre de leur talent.
En 1897, Klimt, accompagné de quelques amis proches, quitte la très conservatrice Künstlerhausgenossenschaft (Société coopérative des artistes autrichiens) ; il fonde le mouvement Sécession et en prend la présidence. La reconnaissance est immédiate. Au-dessus du porche d'entrée de l'édifice, conçu par José Maria Olbrich est inscrite la devise du mouvement : «A chaque âge son art, à l'art sa liberté. » A partir de 1897, Klimt passa pratiquement tous ses étés sur l'Attersee, en compagnie de la famille Flöge. Durant ces périodes de paix et de tranquillité, il eut l'occasion de peindre de nombreux paysages qui constituent un quart de son oeuvre complète. Klimt exécute des croquis préparatoires à la plus grande partie de ses réalisations. Parfois, il exécute plus de cent études pour un seul tableau. Le caractère exceptionnel de l'oeuvre de Klimt tient peut-être à l'absence de prédécesseurs et de réels disciples. Il admirait Rodin et Whistler sans les copier servilement. En retour, il fut admiré par les peintres viennois de la jeune génération, tels Egon Schiele et Oskar Kokoschka.

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Informations

Publié par
Date de parution 17 janvier 2012
Nombre de lectures 0
EAN13 9781783102549
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

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Auteurs : Jane Rogoyska et Patrick Bade

Mise en page :
Baseline Co. Ltd
61A-63A Vo Van Tan Street
e4 étage
District 3, Hô-Chi-Minh-Ville
Vietnam

© Confidential Concepts, worldwide, USA
© Parkstone Press International, New York, USA

ISBN : 978-1-78310-254-9

Tous droits d’adaptation et de reproduction, réservés pour tous pays.

Sauf mentions contraires, le copyright des œuvres reproduites appartient aux photographes, aux
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bien vouloir vous adresser à la maison d’édition.
Jane Rogoyska et Patrick Bade




Gustav Klimt
















S o m m a i r e


La Sécession viennoise
La Vie
Les Débuts
La Sécession
Les Scandales
La Vienne de la fin du siècle
Les Maîtresses et les amis
Dessins et croquis
Portraits de société
Motifs et nudité
L’Héritage de Klimt
Les Chefs-d’oeuvre
La Fable
L’Idylle
Le Théâtre de Taormina
Nu allongé
Salle de l’ancien Burgtheater
Portrait de Joseph Pembauer
L’Art de la Grèce antique I
L’Amour
Musique I
Allégorie de la tragédie
Sang de Poisson
La Médecine, projet de composition
Pallas Athéna
Portrait de Sonja Knips
Affiche pour la première exposition de la Sécession de Vienne
Nuda Veritas
Nuda Veritas (détail)Schubert au piano
Couple enlacé
Île sur l’Attersee
Poissons rouges
Judith I
Portrait de Gertha Felsovanyi
La Frise Beethoven : L’asparation au bonheur (détail)
Portrait d’Emilie Flöge
Forêt de hêtres I
Espoir I
Serpents d’eau I
Serpents d’eau II
Les Trois Âges de la Femme
Portrait de Margaret Stonborough-Wittgenstein
La Frise Stoclet (détail)
Jardin aux tournesols
Portrait de Fritza Riedler
La Médecine
Hygieia (détail de La Médecine)
Portrait d’Adèle Bloch-Bauer I
Espoir II
Le Baiser
Le Baiser (détail)
Danaé
Le Château Kammer sur l’Attersee I
Dame au chapeau et au boa de plumes
Judith II
Le Chapeau de plumes noires
La Vie et la Mort
Jardin au crucifix
Ferme dans le Nord de l’Autriche
Portrait d’Adèle Bloch-Bauer (II)Ria Munk sur son lit de mort
Portrait de Mäda Primavesi
Portrait d’Eugénia Primavesi
La Vierge
Malcesine sur le lac de Garde
Portrait d’Elisabeth Bachofen-Echt
Maisons à Unterach sur l’Attersee
Portrait de Friederike Maria Beer
Sentier de jardin et poules
L’Église d’Unterach sur l’Attersee
Les Amies
Le Bébé
Adam et Ève (inachevé)
La Danseuse
La Mariée (inachevé)
Biography
Liste des illustrations
Notes

Le Chagrin qui ronge, détail du deuxième
panneau de la Frise Beethoven, 1902.
Pavillon de la Sécession, Vienne.
La Sécession viennoise


Huit ans de Sécession (mars 1897 – juin 1905)
Critique – Polémique – Chronique
Par Ludwig Hevesi, Vienne 1906

La Sécession viennoise[1]

Le conseil municipal a pris ces jours-ci, dans une heure éclairée, la décision de laisser à la
Vereinigung bildender Künstler Österreichs (Union des artistes plasticiens d’Autriche), sous
certaines conditions qui nécessitent cependant une certaine modération, un terrain à bâtir au nouveau
coin de la rue Wollzeile pour la construction d’un bâtiment d’exposition. On appelle cela une
« nouvelle locale viennoise », mais on trouve dans celle-ci beaucoup plus que dans toutes les les
rubriques d’actualités de plusieurs décennies de publications. Une extension de la ville dans le
domaine des arts plastiques se profile : le centre d’art qu’est Vienne, cette immense petite ville, doit
enfin devenir une grande Vienne, une Vienne réellement nouvelle. Les Viennois vont être surpris car
les conspirateurs ont travaillé sur ce projet dans le silence le plus profond ; le fait accompli parle
aujourd’hui, car l’entreprise audacieuse est déjà provisoirement assurée pour dix ans, artistiquement
et financièrement. C’est l’énergie d’un groupe de jeunes artistes au sang fort et moderne qui a lancé
ce mouvement, le plus radical à Vienne depuis l’extraordinaire tempérament d’Hans Makarts qui
avait enflammé tout le monde de l’art. Cela aurait pu devenir quelque chose, comme la Vereinigung
der « Elf »(Union des « Onze ») à Berlin qui expose dans le salon d’art de Schulte, ou une dénommée
« sécession » comme à Munich, Paris et d’autres centres d’art, même d’Amérique, un exode vers la
montagne sacrée, moitié opposition, moitié fondation nouvelle, avec un anti-salon qui,
naturellement, aura fortement le caractère d’un Salon des Rejetés. Mais ces jeunes Viennois
courageux sont également des patriotes avisés. Ni frondeurs, ni combattants pour la liberté, ils ne
veulent pas mener de guérilla académique ou artistique. Même l’envie de jouer un tour aux Anciens
ne les a pas titillés. Ils ne veulent fâcher personne, pas même se mettre en avant, ils aspirent
simplement à relever le bas niveau actuel de l’art autrichien (pas simplement viennois) au niveau
international.
Eux-mêmes résument leur point de vue de la façon suivante :
Une Vereinigung bildender Künstler Osterreichs (V. b. K. Ö.) férue de son idéal, constituée
d’une ribambelle d’artistes qui croient sans faille à l’avenir artistique de la ville de Vienne, soutenue
par une série de véritables amateurs d’art prêts à faire des sacrifices, sans considérations coopératives
ou matérielles, en quelque sorte amenée à rayonner idéalement et artistiquement.
La V. b. K. Ö. est cependant une société de lutte car elle veut combattre la routine dans l’art. Seule,
elle n’y arrivera pas par une politique spectaculaire mais par la poursuite d’objectifs purement
artistiques : l’éducation de l’œil des masses à la compréhension de l’évolution permanente de l’art
actuel.

La Mort de Juliette, 1886.
Crayon noir avec rehauts de blanc, 27,6 x 42,4 cm.
Graphische Sammlung Albertina, Vienne.

Tête d’homme allongé
Peinture de plafond du théâtre
impérial viennois, 1886-1888.
Craie noire, rehauts de blanc, 28 x 43 cm.
Graphische Sammlung Albertina, Vienne.
Le mieux qu’elle ait l’intention d’offrir serait alors naturellement l’ennemi du bien, et à plus forte
raison celui du mal ! Cela doit être entrepris avec persévérance pour déshabituer le public du mal,
pour rendre ce dernier inadmissible en endormant ensuite la demande. Quelques noms prouvent à
quel point la nécessité profonde d’une telle renaissance se fait sentir, même parmi les artistes les plus
importants qui planent certainement au-dessus de tout soupçon d’arrivisme. Le doyen Rudolph Alt
comme président honoraire : mais ne devrait-il pas être désapprouvé par cet unique fait ? Quelques
professeurs universitaires sont aussi du combat : Myslbek, Hellmer, Julian Falat, Hynais. Parmi nos
jeunes, ce sont surtout Engelhart et Moll qui ont ouvert la voie grâce à leur énergie. Bernatzik,
Bacher, Klimt, Krämer, Knüpfer, Mayreder, Ottenfeld, Stöhr, Jettel et Delug entre autres ont déjà
adhéré à la ligue[2]. Et les jeunes artistes à l’étranger acclament son salut. La nouvelle Munich et la
nouvelle Berlin soutiennent avec détermination la nouvelle Vienne. Stuck, Marr, Herterich,
Dettmann, Kuehl, Dill et d’autres, ainsi que des maîtres parisiens en personne se sont inscrits en tant
que membres extérieurs. Une fédération de jeunes est toujours internationale car elle a une
responsabilité commune : l’existence de son vivant. Cet accord général est pour Vienne une garantie
artistique. Il devient pourtant difficile d’une année sur l’autre de maintenir le caractère européen
d’une exposition viennoise. Ne serait-ce que lors de la dernière exposition internationale à la maison
des artistes, les trente mille florins accordés par le gouvernement ne suffirent pas pour acheter des
œuvres étrangères. Les galeries de Munich, Berlin, Dresde suivent le rythme du mouvement mondial
et assurent ainsi la relève par une matière culturelle moderne. À Vienne, les moyens deviennent de
plus en plus réduits ; sans l’empereur et le prince Liechtenstein, tout serait depuis longtemps en
sommeil. C’est même devenu d’une évidence effrayante lors de l’exposition de printemps de cette
année où Vienne se retrouva sur le banc d’isolement. Aucune exposition annuelle n’a déclenché aussi
peu d’engouement depuis longtemps. On se retrouve entre soi comme dans un club privé, on se
connaît déjà par cœur les uns les autres, personne n’a rien de nouveau à dire. Le tout repose sur une
douzaine d’yeux à travers lesquels on peut voir la raison d’une âme d’artiste forte et vivante. Les
raisons de ce bourbier ne sont pas inconnues ; nous aussi les avons suffisamment soulignées à
différentes occasions. Les fondations de l’Académie et de la Maison des artistes sont réduites à néant
en raison de l’abolition de la chaire, de la conquête du prix par les nouveaux artistes, de cette
exceptionnelle commande et de la décision définitive du jury. Dans la faiblesse des conditions
viennoises, les zones d’ombre de toute l’administration artistique, exercée officiellement et en
corporation, se sont révélées fatales. Ainsi, si la vigueur heureusement inusable de ce peuple explose
enfin dans une action de libération, c’est aussi un acte d’aide envers soi-même. La nouvelle union va
à nouveau permettre une concurrence artistique. Plusieurs choses ne seront plus possibles à Vienne :
par exemple qu’un Schindler n’ait pas réussi, deux années avant sa mort, au point culminant de son
talent, à présenter vingt-huit tableaux lors de l’exposition annuelle, et que les quatorze finalement
acceptés aient été dispersés dans toutes les pièces de la maison. Un nouveau Schindler ira justement
rue Wollzeile.
Le foyer du feu nouvellement allumé doit bien entendu être, comme à Munich, un bâtiment
d’exposition unique : une Maison des artistes nouvelle et libre. De cette nouvelle fondation, peut-être
l’Académie elle-même est-elle à conquérir, comme à Munich, et à partir de là, on peut enfin trouver
une galerie d’art moderne, un « Luxembourg[3] » viennois.

Allégorie de la sculpture, 1889.
Crayon et aquarelle, 44 x 30 cm.
Historisches Museum, Vienne.

À gauche : Art grec, 1890-1891.
Huile sur plâtre, 230 x 80 cm.
Kunsthistorisches Museum, Vienne.

À droite : Art égyptien II, 1890-1891.
Huile sur plâtre, 230 x 80 cm.
Kunsthistorisches Museum, Vienne.

Art Egyptien I
(Jeunes Filles avec Horus), 1890-1891.
Huile sur plâtre, 230 x 230 cm.
Kunsthistorisches Museum, Vienne.

Portrait de Femme
(Mme Heymann ?), vers 1894.
Huile sur bois, 39 x 23 cm.
Kunsthistorisches Museum, Vienne.
La totalité du revenu brut de l’exposition est consacré à l’installation d’une telle galerie moderne ;
elle va s’épanouir, comme la fleur naturelle de ce tronc abondamment nourri. La nouvelle maison
sera un point de rassemblement et un foyer des forces autrichiennes maintenant dispersées, et même la
province sera alimentée par ces réserves, par des expositions élitistes dans toutes les plus grandes
villes, afin que les déshérités de la consommation d’art aussi apprennent à se sentir membres de la
belle collectivité. Il y aura là beaucoup de bonheur à fonder. L’art populaire peut et doit lui aussi
tomber. Et si par exemple un jeune étudiant en droit demandait à l’administration de cette galerie
l’entrée libre, la requête devrait être considérée et un moyen trouvé pour satisfaire la demande, de
façon à ce que le besoin en art soit satisfait. Au final, nous voulons que ces jeunes gens, si Dieu le
veut, achètent les œuvres peintes et sculptées des nouveaux artistes[4].
Parmi les caractéristiques très agréables de ce mouvement, on remarque que l’enthousiasme
s’accouple cette fois avec la réflexion. Sans peindre quelques utopies au mur, sans fanfare et sans feu
d’artifice non plus, ces jeunes gens ont immédiatement choisi la bonne approche. De riches amateurs
d’art se laissèrent tenter, les services financiers pour l’élargissement de la ville ainsi que ceux de la
commune de Vienne reconnurent en temps voulu l’importance de l’entreprise : la conjoncture était
favorable aux audacieux. Le dynamisme de personnes individuelles à Vienne a rarement su garantir
aussi rapidement un terrain pour une création purement artistique. La communauté remercie tous
ceux qui y ont contribué d’une manière quelconque. Et l’affaire a déjà tellement progressé que même
les plans de la nouvelle maison sont terminés. Sur le terrain concédé de plus de mille deux cents
mètres carrés, un palais de l’art d’environ six cent cinquante mètres carrés de surface au sol s’élèvera
au sein d’un environnement de bon goût. Il est prévu qu’il soit un bâtiment imposant de plein pied,
avec des verrières zénithales, sans fenêtre, les murs extérieurs recouverts de fresques pour que Vienne
gagne par la même occasion une nouvelle décoration architecturale. Les liquidités pour l’exécution et
le service sont aussi prêts et les artistes espèrent ainsi pouvoir ouvrir leur nouveau foyer avant la fin
de l’année.
« Puissent les amateurs d’arts clairvoyants », ainsi conclut la V. b. K. Ö. son court appel
informatif, « puissent en premier lieu les Viennois passionnés d’art saluer et encourager avec énergie
les aspirations idéales de notre union, puissent les mécènes et les artistes confluer ensemble vers
l’objectif de faire de Vienne ce à quoi elle est grandement prédestinée : Vienne, ville d’art. »
(27 mars 1897)

Après la pluie, 1899.
Huile sur toile, 80 x 40 cm.
Österreichische Galerie Belvedere, Vienne.

Ondines (Poissons d’argent), 1899.
Huile sur toile, 82 x 52 cm.
Kunstsammlung Bank Austria AG, Vienne.

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