L'amour à la plage

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20 pages
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Description

En vacances sur l'île de Maupiti, Vanessa va s'aventurer sur l'océan Pacifique en canoë-kayak afin de se détendre un peu, mais le destin en a décidé autrement. Une terrible tempête va la conduire sur un atoll où vit un séduisant naufragé et cette rencontre va bouleverser sa vie.


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Date de parution 10 février 2014
Nombre de visites sur la page 214
EAN13 9782365405188
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0007 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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L’amour à la plage De Doriane Still
Tous droits réservés, y compris droit de reproducti on totale ou partielle, sous toutes formes. ©2014Les Editions Sharon Kena www.leseditionssharonkena.com ISBN : 978-2-36540-518-8
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฀฀Un lieu à l’atmosphère féérique, lové au cœur d’un magnifique lagon d’émeraude. Sa traversée permet d’admirer les raies -léopards, les poissons-papillons ainsi que de magnifiques coraux aux coule urs chatoyantes, lut Kevin en secouant la tête avant de reposer le prospectus de l’hôtel sur le sable. C’est à croire qu’on a atterri sur la mauvaise île. ฀฀t tu trouves encore leTu exagères ! On est dans un endroit paradisiaque e
moyen de critiquer. ฀฀Je suis lucide, c’est tout. ฀฀oelleux. Tu n’es pasNon, ripostai-je en me redressant sur mon transat m lucide, tu es grognon, comme toujours. Regarde autour de toi, bon sang, la faune et la flore sont merveilleuses. Il pouffa et termina son cocktail dans un grand bruit de paille insupportable. ฀฀La seule faune que j’ai vue ici, ce sont des moustiques de dix centimètres de long avec des trompes d’éléphant pour pomper ton sang jusqu’à la dernière goutte. Je levai les yeux au ciel, agacée par cette mauvais e foi constante qui faisait de lui un époux aigri et désagréable. Il n’avait pas toujours été ainsi. À notre rencontre, il s’était montré courtois, attentionné et délicat avec moi, mais une fois prise dans ses filets, il m’avait dévoilé sa véritable face. Le conte de fées s’était transformé en cauchemar mais, malgré cette mauvaise humeur consta nte, je l’aimais envers et contre tous. Mes parents ne l’avaient jamais appréc ié, quant à mes amies, il m’en avait fait perdre une grande partie à force de les tourner sans cesse en ridicule lors de soirées arrosées. Un serveur en chemisette blanche et pantacourt lége r se dirigea vers nous pour nous offrir un autre verre coloré. J’acceptai avec gratitude alors que Kevin trouvait encore à redire. ฀฀Vous n’avez rien d’autre à nous proposer que des jus de fruits sur votre île ? ฀฀s l’employé docile,Je suis désolé, monsieur, s’excusa une nouvelle foi comme je vous le disais ce matin, nous sommes en ru pture de stock de rhum et l’avion ne viendra nous ravitailler que mardi en fin de… ฀฀irrité. Cessez de faire leOui, je sais, en fin de matinée, le coupa mon époux perroquet, il y en a assez qui jacassent sur cette maudite île. L’employé baissa la tête à ces mots. Sûrement était-il né ici et aimait-il cet endroit de tout son cœur. Je pouvais presque sentir la tens ion prendre possession de son corps et je vis, à son poing serré, à quel point il luttait pour ne pas se rebeller de crainte de perdre son emploi. Il faut dire que Maup iti était une toute petite île et les postes vacants devaient se faire rares. Kevin en av ait conscience et s’amusait à humilier à tout bout de champ les employés de ce charmant hôtel touristique. ฀฀Tu me fais honte, chuchotai-je dans sa direction av ant de reprendre plus haut. Veuillez l’excuser, mon mari a quelques soucis d’acclimatation et cela le rend stupide. Je l’entendis grogner dans mon dos mais ne pris pas la peine de me retourner. Le grognement était devenu son deuxième langage et je commençais presque à pouvoir en traduire toutes les intonations. Celui q ue je venais de percevoir signifiait quelque chose du genre : je me vengerai. ฀฀Nous allons prendre deux jus de mangue, s’il vous p lait, repris-je, tout sourire. L’employé modèle déposa les verres sur nos tables r espectives puis s’inclina pour se retirer. Je fusillai du regard ce gros idio t qui me servait de mari depuis cinq ans. ฀฀Dire que je pensais te faire plaisir en gagnant ce voyage. ฀฀Tu aurais mieux faire de choisir la voiture, ça aur ait été utile, au moins,
rétorqua-t-il, les lèvres pincées. ฀฀J’imaginais bêtement qu’un deuxième voyage de noces pourrait raviver la flamme. De toute évidence, un chalumeau aurait été plus efficace. Il se leva d’un bond, secoua sa serviette pleine de sable au-dessus de moi et partit rejoindre notre chambre sans un mot. Je me m audissais d’avoir remporté ce cadeau lors d’un jeu télévisé. Je regrettais amèrem ent ce choix stupide. Je revoyais encore le présentateur, engoncé dans son c ostume trop petit, me demander si je préférais un bol d’air frais sur une île, une Twingo ou un chèque de dix mille euros. Mais quelle idiote j’étais d’avoir pu penser que ce voyage en amoureux pouvait encore sauver les meubles, c’était encore pire depuis que nous étions ici. Je lui emboîtai le pas à vive allure jusqu’à arriver à sa hauteur. ฀฀Kevin, cesse tes enfantillages. J’aimerais qu’on profite un peu de ce séjour. ฀฀Il n’y a rien à faire dans cette prison flottante. ฀฀ouver dans une telleDes tas de gens paieraient une fortune pour se retr prison, loin de la pollution et du bruit. ฀฀Eh bien, moi, j’aime le bruit ! cracha-t-il, furieu x. Je veux retrouver mes embouteillages, mes klaxons et mes pots d’échappeme nt. J’étouffe ici avec ces piafs qui braillent du matin au soir et cette chaleur tropicale qui me rend poisseux à longueur de journée. J’inspirai amplement pour retrouver mon calme et po sai ma main tendrement sur son bras. ฀฀S’il te plait, Kevin, allons nous baigner. ฀฀Sans façon, pour me retrouver nez à nez avec un requin, ce sera sans moi. ฀฀La barrière de corail nous protège, tentai-je de le raisonner. ฀฀Va te faire bouffer toute seule, ça me fera de vraies vacances pour une fois. Mon regard le fusilla. Comment avais-je pu aimer un homme aussi mesquin et puéril ? Sa remarque me noua la gorge et je sentis une larme s’échapper de mes yeux, contre ma volonté. Je fis volte-face pour lui cacher ma tristesse et courus jine de canoës restait toujours àusque sur la deuxième plage de l’hôtel où une diza disposition de la clientèle. Les lieux étaient dése rts et l’animateur, responsable des prêts de matériel, introuvable. Je jetai un coup d’ œil furtif à ma montre. Dix-sept heures quinze. Il devait encore être à son cours d’ aquagym à la piscine de la résidence, en train de gesticuler face à ses élèves féminines épuisées mais passionnées par sa musculature surdéveloppée. Je n’allais pas le déranger pour si peu. J’avais besoin de partir loin d’ici, de pagayer jus qu’à en perdre haleine pour évacuer toutes...