La Fortune des Mauvoisin (érotique gay)

La Fortune des Mauvoisin (érotique gay)

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La Fortune des Mauvoisin

Chronique des Forests, volume n°1

Jacques Delaville
Pulp de 273 000 caractères
Michel Mauvoisin se retrouva chef de famille à la suite d’un malheureux coup de sabot de cheval que son géniteur avait pris dans les reins. Pas de problème de succession pour Michel, fils unique que sa mère chérissait : il remplaça son père au pied levé et s’imposa aux valets de ferme et aux servantes.
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Date de parution 07 janvier 2013
Nombre de lectures 59
EAN13 9782363075161
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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Chronique des Forests, volume 1

 

 

La fortune des Mauvoisin

 

 

Jacques Delaville

 

 

 

 

 

 

 

 

1re époque – Chapitre 1

 

 

En 1870, Jean-Marie Dumas, qui allait sur ses huit ans, faisait sa première communion à Houdeville, gros village de basse Normandie. Bazaine se rendait aux Prussiens, mettant ainsi fin à une guerre que Napoléon-le-Petit avait provoquée. Les Houdevillais avaient, dès les premiers jours de la Commune, détesté presque autant que la défaite cette révolution fomentée par les prolétaires faubouriens. La ferme de Marie et Gustave, les parents de Jean-Marie, comptait près de trente hectares, et faisait plaisir à voir par la richesse de ses bâtiments. Les prairies engraissaient des dizaines de vaches normandes, et dans les mois froids de l’hiver, on gavait aisément les bovins du foin et des plantes fourragères qu’on y cultivait. Jean-Marie, septième et dernier enfant de la famille, arrivait dans une fratrie de trois sœurs, qui avaient elles-mêmes succédé à trois garçons. Ces, solides gaillards, dans leur vingtaine, avaient pu échapper à la conscription grâce à l’or du père.

 

* * *

 

À la même époque, dans une ferme du sud de la Beauce, aux Forests, domaine du Grand-Champ d’une étendue inégalée dans la région, Michel Mauvoisin, alors âgé de douze ans à peine, se retrouva chef de famille à la suite d’un malheureux coup de sabot de cheval que son géniteur avait pris dans les reins. Pas de problème de succession pour Michel, fils unique que sa mère chérissait : il remplaça son père au pied levé, s’imposa comme un adulte aux valets de ferme et aux servantes. Quelque mois plus tard, travaillé par une puberté tempétueuse, il s’installa dans le lit de Lison, jeune Enfant de Marie d’à peine seize ans ; ensemble, ils découvrirent les plaisirs de la chair adolescente, pleine de vaillance et de sensations délicieusement enivrantes.

La Normandie et la Beauce connurent les déboires de l’occupation étrangère. Les Prussiens, en pays conquis, pillaient les celliers, vidaient les greniers et dévastaient les basses-cours comme des hordes de loups. Les, femmes n’étaient pas épargnées : ici et là, maints jupons furent soulevés, arrachés, et les donzelles forcées par la troupe ennemie.

Les Forests hébergeaient un plein régiment de uhlans, de ceux qui incendièrent Châteaudun, sauvages parmi les sauvages. Ils menaient grand train aux frais des habitants du village. Quand il en arrivait deux douzaines, un beau matin, aux portes d’une ferme, c’était la razzia. La soldatesque n’avait généralement aucune peine à débusquer les jeunes filles dans les coins où elles couraient se cacher. Alors, à deux ou trois, quand ce n’était pas plus, les soudards les violaient brutalement. Leur affaire faite, ils obligeaient leurs victimes à remplir des charrettes de victuailles puisées dans les réserves, et repartaient en les insultant.

Le matin où les Prussiens se présentèrent au Grand-Champ, Michel cacha la Lison dans l’armoire de sa chambre. Passe encore de se faire voler la récolte, mais pas question de partager sa belle ! Le capitaine commandant la troupe paraissait plus policé que ses hommes, et la première question qu’il posa désarçonna le gamin :

— C’est ici qu’habite la jolie jeune fille qui se prénomme Lison, et que j’ai vue à la messe dimanche dernier ?

Car certains de ces Alboches étaient aussi de religion catholique.

— Y a point de Lison ici !… Elle est r’partie chez sa mère qu’est malade depuis lundi.

— Dis-moi, jeune blanc-bec, on m’a dit que c’est toi qu’étais comme qui dirait le bon ami de la petite, et que tu lui ferais reluire le croupion tous les soirs dans tes duvets…

— Tout ça, c’est rien que des menteries ! J’vous défends d’dire ça, la Lison est pure et encore pucelle, ça j’vous’l’dis et j’suis prêt à l’jurer…

— Regardez-moi ce garçon ! Il défend son poulailler comme un coq !… Et il rougit de rage, le petit bougre… – S’adressant à ses hommes – Saisissez-vous de lui, et faites-le entrer dans la grange ! On va voir si son derrière est aussi plaisant à visiter que celui de sa belle !

Michel connaissait le risque que couraient les femmes, mais il n’aurait jamais imaginé qu’un garçon puisse être utilisé comme une fille. On parlait bien dans les veillées de gars complètement à l’envers dans leurs amours, au point qu’ils cherchaient leurs semblables pour s’unir charnellement en d’abominables péchés de chair. Quelques anciens des campagnes napoléoniennes –, sourires narquois regards pleins de sous-entendus — chuchotaient que les fesses des p’tits gars bulgares étaient aussi douces que la crèche des femmes… Autour, les participants se taisaient, un peu gênés, mais fallait bien que les hommes restent des hommes, même soldats en campagne.

Le garçon fut tiré dans la paille et là, se débattant comme un forcené, il fut déculotté et sa chemise arrachée.

— Bigre, s’écria le capitaine, voilà un beau spécimen que nous aurions bien du mal à trouver en ville !

En effet, Michel, le corps encore adolescent, mais musclé par les travaux des champs, présentait un torse d’une puissance peu commune pour son âge. La taille étroite, les cuisses fortes, et juste à la jointure de celles-là, un brillant triangle brun sous lequel pendait un sexe lourd bien qu’au repos.

— Mon jeune ami, il y a deux solutions : ou bien tu te laisses faire, et tu n’auras à subir que mon assaut. Je me retirerai avec mes hommes, et tu n’en garderas qu’un mauvais souvenir ; ou bien tu te défends, et alors je te force, et laisse tous mes hommes qui le veulent te fouailler. Dans ce cas, je te jure que ton fion, après tous ces rustauds, il ne sera plus reconnaissable, car j’en connais qui sont montés comme des taurillons !

— Je me soumets à la loi du plus fort… mais dites-vous bien que je consens point à l’abomination que vous allez commettre.

— Fichtre… Tu parles comme un curé, petit !

S’adressant à un jeune soldat qui lui servait d’ordonnance, il commanda :

— Fritz, va à la cuisine et ramène un peu de saindoux. Je ne veux pas me gâter le nœud dans le resserrement de ce chérubin.

Fritz eut tôt fait de revenir avec un pot de gras de porc.

— Faut-il que j’oigne son fondement pour qu’il soit prêt à te recevoir, Capitaine ?

Le jeune soldat, âgé d’une vingtaine d’année, avait un très beau visage. Pourtant, ses yeux bleus ciel luisaient d’une cruauté peu ordinaire. Il quitta son casque qui libéra jusqu’à ses épaules une chevelure bouclée d’un blond presque blanc.

— Fais cela pour moi, mon beau Fritz, tu pourras ainsi caresser ce qui se fait de plus joli sans doute parmi ces rustres…

De la pointe de son arme, comme on pique un bœuf rétif, le capitaine fit pivoter Michel et le força à courber le dos dans une posture humiliante. Fritz, saisissant ses deux mollets, lui écarta les jambes, libérant à la vue des deux hommes le petit endroit brun, piqué de quelques poils naissants. Le soldat plongea ses doigts dans le pot de terre cuite, et commença à étaler la graisse sur la raie. La fraîcheur de la matière fit frissonner Michel qui se raidit.

— Doux, ma pouliche ! c’est pour ton bien que ces mains vont te pétrir, laisse-toi aller comme si ton cul était une miche de pâte à pain.

Fritz écarta les fesses du petit paysan, et d’un pouce expert il fit pénétrer une noix de saindoux dans son profond. Ses doigts pénétrèrent facilement, écartant les chairs rosées du rectum. Michel se soumettait, conscient que sa révolte pouvait lui attirer des ennuis beaucoup plus graves que la perte de sa virginité anale. Beaucoup de paysans avaient été battus par l’ennemi, et quelques-uns purement et simplement fusillés devant la porte de leur maison, pour des raisons beaucoup plus futiles qu’un viol : du beurre qu’ils refusaient, ou un poulet qu’ils voulaient faire payer à l’occupant.

L’officier, ayant sorti sa queue qui bandait, la présentait d’une manière ostentatoire devant la figure de Michel en essayant de se faire sucer. Mais le garçon gardait la bouche fermée, feignant d’ignorer que ces pratiques puissent exister entre hommes. Au bout de quelques secondes, son visage fut aspergé du foutre du gradé. Sans presque se toucher, il n’avait pas pu se retenir de jouir.

— Ach !… Saloperie de saloperie ! regarde, Fritz, juste l’excitation… Et pourtant, on ne peut pas dire qu’on soit privés de fesse !... C’est la tentation de la nouveauté, sans doute : ce garçon est si beau qu’il m’a trop excité. Eh bien tant pis, il est pour toi Fritz… Profite bien de son trou, et bourre-le d’une double charge.

— Je le prends, mais c’est à charge de revanche ! Ce soir, c’est toi qui me baiseras, ça ne m’arrive pas si souvent…

— Ah ! tu oublies que je suis ton supérieur, et que même quand tu me baises, c’est à mon commandement ? Alors si je t’encule, ce sera parce que je le désirerai !

— Comme tu voudras…En attendant, assure-toi de ce drôle, qu’il ne me joue pas des tours pendant que je le mitraille.

Fritz se tendit en avant. Sa main maintenait sa queue droit devant, à l’horizontale ; il se glissa dans la raie luisante, chercha l’entrée, en ajustant le gland de son doigt. Quand il fut juste centré sur son objectif, il balança un coup de reins qui le projeta en entier dans le profond de Michel. Il entra très facilement, et n’en fut nullement étonné : ce n’était pas la première fois qu’il préparait un cul de puceau, et connaissait toutes les finesses d’un tel travail. Michel, lui, bondit sous l’assaut en poussant un grand cri de douleur :

— Salaud, fumier !…

— Oh là, beau paysan, pas d’insulte, sinon tu auras le bâton comme récompense.

— Ça fait trop mal… Je vous en supplie, arrêtez ! je vous donnerai tout ce que vous voudrez.

— Mais, mon ami, nous prenons ce que nous voulons, sans ton autorisation, et apprends-le, ton cul est soumis à réquisition, c’est ainsi que se comportent les vainqueurs.

Fritz, sous les jérémiades du garçon se retira un moment en un geste d’apaisement.

— Allez garçon, le plus difficile est passé, tu ne souffriras plus – il ajouta en riant – Peut-être même que tu vas jouir !

Le soldat réintroduisit son sexe doucement. Michel maintenant l’acceptait, il n’avait plus mal, et cette chair en lui recommença ses allées et venues jusqu’à ce qu’il ressente comme un jet chaud qui lui réchauffa les entrailles. Son baiseur venait de décharger dans son cul. Quelques secondes après, Michel eut la surprise de sentir son bourreau se pencher dans son cou. Sa bouche l’embrassa à la base de l’oreille. Ce baiser, ce baiser d’homme – parfumé savon et tabac –, il en garda l’effluve le reste de la journée. Et quand il en humait le parfum, lui revenait la sensation de la queue du soldat dans son intérieur, ainsi que la chaleur du foutre dans son intestin.

Après le départ des Prussiens, il avait constaté en se rhabillant qu’il mouillait. Son gland dégoulinait d’une liqueur filante, et il avait eu besoin de se branler. Après avoir éjaculé, il avait ressenti une sorte de honte en se disant qu’après tout, ce qu’il avait subi n’était pas si terriblement horrible, plutôt plaisant même… et il se promit d’en parler au curé à sa prochaine confession.

Il vit l’abbé le samedi suivant. Michel expliqua au prêtre ce qu’il avait dû supporter de la part des ennemis.

— Mais mon petit, tu n’es coupable d’aucun péché, ce sont eux les fautifs, va en paix, ça ne mérite ni l’absolution ni pénitence.

— Mais mon père…

— Quoi encore, puisque je te dis que ce sont là les misères de la guerre…

— Ce que je veux dire, Monsieur le curé…

— Tu veux dire quoi, au juste… ?

— C’est que… C’est difficile à dire… Faut absolument m’donner l’absolution.

— Comment ça absolument ? puisque j’te dis que c’est pas ta faute !

— Ben, mon Père... C’est que moi… j’ai plutôt bien aimé… !

 

* * *

 

Dans sa ferme de Normandie, Jean-Marie vivait heureux, choyé par ses sœurs, et peu chahuté par ses frères, des garçons bien trop âgés pour s’occuper d’un pareil moucheron. Enfant sage et studieux, il avait appris à lire chez le curé, et bien qu’il fût encore très jeune, celui-ci avait pris l’initiative de prévenir les parents qu’il ferait un parfait prêtre. Intelligent, s’éduquant facilement, parfait chrétien, il ne manquerait pas à la famille à l’âge de travailler. Les garçons se marieraient, amenant chacun une femme de plus pour les travaux féminins, et les sœurs, si les mariages étaient réussis, s’en iraient chez leurs époux ; ou bien, si les terres de ceux-ci étaient trop peu vastes pour qu’ils puissent en vivre, elles agrandiraient celles du père. Ils seraient heureux de participer à l’œuvre commune, et auraient l’assurance de vivre dans une relative aisance, si l’on considérait la pauvreté générale de la population.

À l’âge de dix ans, l’enfant franchit les portes du petit séminaire de Caen. Il s’y fit remarquer par sa parfaite aptitude à la vie communautaire, son application à s’acquitter des corvées, maintenant soigneusement son trousseau, lavant ses vêtements sales lui-même, ravaudant les chaussettes, et maniant à l’occasion l’aiguille pour des travaux de couture que ses compagnons dédaignaient, ou dont ils ne connaissaient pas les secrets. Chacun s’accorda pour le surnommer Précieuse-Jeannette.

Les trimestres passant, il se forgea une solide réputation de garçon très féminin. Quand vint le temps de la découverte de la sexualité, en plus de ses pratiques masturbatoires personnelles il se joignit à celles de ses compagnons de chambrée. Dans cette ambiance très confinée de garçons, ils prirent d’abord possession de sa bouche, puis, dans les années qui suivirent, ils investirent son derrière. Les relations sodomites n’avaient plus rien d’enfantin : le garçon prit l’habitude de les monnayer.

Ces turpitudes se poursuivirent au grand séminaire. Dans ses années d’adolescence, Jean-Marie avait acquis l’esprit d’un parfait débauché. Ses allures de biche effarouchée troublaient même les abbés responsables. Trois ans plus tard, devenu majeur, alors que la prêtrise s’ouvrait à lui, il s’enfuit du séminaire. Son pécule, salaire de ses débordements sexuels, se montait à plusieurs milliers de francs. Sa famille n’eut plus jamais aucune nouvelle de lui.

 

* * *

 

L’année 1883 s’achevait. Le bordel tenu à Rouen par le couple Deville accueillit une fraîche jeune fille nommée Précieuse-Jeannette. Ses longs cheveux clairs et ses yeux transparents rehaussaient une longue et très fine silhouette. Elle avait été recrutée par une maison de placement pour prendre en charge la gouvernance de la maison, tenir les comptes et veiller à l’approvisionnement des cuisines. Elle possédait le latin, était capable de tenir la conversation avec n’importe quel client, même de rang social élevé. Elle possédait une vaste culture, d’où émergeaient sa haine envers la religion et ses clercs, et une vive sympathie pour les idées radicales républicaines. Les Deville avait exigé qu’on ne leur envoie pas une oie blanche ignorante des choses du sexe, et se récriant à la moindre avance d’un de ces messieurs. Précieuse possédait tous ces atouts. Elle devint rapidement irremplaçable, et digne de toute la confiance que lui accordaient ses employeurs.

Les patrons, vieillards épuisés, prenaient les eaux à Vichy un mois dans l’année, et s’octroyaient de longs congés dans leur villa de Cabourg. Ces semaines-là, Jeannette prenait le commandement du bordel, et veillait aux intérêts des propriétaires comme s’il se fût agi des siens. On ne lui connaissait pas d’ami, jusqu’au jour où un jeune juge du tribunal d’Instance, Oscar Duport, s’éprit d’elle au point de la demander en mariage. Il se déclara un vendredi soir, alors qu’il était légèrement éméché, devant le Tout-Rouen bourgeois amateur de catins. Même s’ils étaient prêts à admettre que Jeannette travaillait honorablement, les compagnons de débauche du juge déconseillèrent fermement à leur jeune ami de contracter une alliance qui nuirait irrémédiablement à sa carrière de magistrat. On ne fréquente pas impunément un bordel… Sauf, bien naturellement, si on est un homme à qui tout, ou à peu près, est toléré en matière de vice.

Le juge comprit qu’un mariage avec cette fille s’avérait impossible, à moins qu’il ne cherche à se faire chasser de son poste et renier par sa famille. Mais la beauté de la petite ne quittait pas son l’esprit. Il n’eut de cesse, après cette déclaration, de la séduire pour la glisser comme maîtresse sous son édredon. Il commença sa cour en l’invitant à Dieppe, trois jours, au milieu du mois d’août, l’assurant de ses bonnes intentions, et l’informant qu’en galant compagnon il avait réservé deux chambres dans le meilleur hôtel de la ville, et loué une voiture particulière. Jeannette accepta, et en accord avec ses patrons, décida de donner congé aux pensionnaires de la maison.

Bien qu’il fût un assidu du bordel, Oscar restait, avec les jeunes filles, d’une timidité toute adolescente. Il rougissait facilement à leur contact. Il aimait fréquenter les filles de joie pour la raison principale qu’il ne se trouvait pas encombré de sentiments au moment de les lutiner. Il les troussait rapidement, dans le simple bût de calmer la brûlure de son désir et d’assécher son érection. Elles étaient faites pour cela, et recevaient leur quote-part de l’argent qu’il versait à la tenancière. Elles le rassuraient sur sa propre timidité en banalisant l’acte sexuel, le ramenant à une chose si simple, après tout, bien qu’il ne l’eût jamais pratiquée avec une jeune fille qui ne soit pas une traînée. Précieuse-Jeannette était à ses yeux une de ces jeunes filles, certes intimidante, mais – il le devinait – connaissant « les choses secrètes de l’amour ». Un peu d’expérience ne nuisait pas, au contraire, pour une future maîtresse. Cela l’arrangeait même car, bien qu’il fasse l’amour très régulièrement chaque semaine, il sentait bien que la femme qu’il baisait, aussi gentille qu’elle soit, ne subissait ses assauts que par intérêt. Elle ne l’aimait pas, et ne semblait prendre aucun plaisir à être pénétrée par son sexe ou un autre. Alors, une femme connaissant l’amour et baisant pour le plaisir... ah… il en rêvait presque chaque nuit, au point de se réveiller le bas-ventre enfoutré.

 

* * *

 

Jean-Marie se coiffait devant un miroir. Il s’avoua qu’il faisait une belle femme, mais à la longue, cette situation le frustrait. Il se sentait profondément garçon, et n’avait adopté ce travestissement qu’afin d’échapper aux recherches de l’évêché et de sa famille. Au début, les parures féminines lui avait procuré de vives excitations sexuelles. Il commençait par ressentir des picotements au niveau du pubis et des tétons, puis le fait de se sentir entouré de jupon le menait à une sorte de transe, une frénésie qui le faisait bander instantanément. Il devait alors se soulager le plus rapidement possible dans une masturbation effrénée, robe et dessous relevés sur son ventre, jambes nues et sexe dressé jusqu’à ce qu’il retrouve son calme, avec le dépit de se retrouver solitaire.

Parfois, les filles de la maison se rejoignaient la nuit, par deux ou trois, dans le même lit., Elles se lapaient pour trouver la jouissance qu’elles ne prenaient pas dans leur travail. Elles n’étaient pas vraiment lesbiennes, mais, entre filles, retrouvaient un peu la tendresse dont la vie les avait privées. Un soir, Sophie, à la veille de quitter la maison pour un mariage arrangé, avait proposé à Précieuse de partager sa nuit. Jean-Marie avait longuement hésité à se rendre à cette invitation, craignant qu’elle ne trahisse son secret. Après tout, la petite putain voulait une fille, pas un garçon. Des centaines d’hommes la baisaient, alors pourquoi un de plus… ?

Ce soir-là, Précieuse-Jeannette était dominée par Jean-Marie… Son excitation de mâle, son besoin de dominer, de posséder un corps, fût-il féminin, prenait le dessus. Il n’avait aucune expérience de la femme. Il savait comment on les baise, mais jamais il n’en avait vu les formes nues, ni connu l’intimité. Au cours de cette nuit, Sophie eut la joie de sentir la bouche de Précieuse la dévorer, menant son corps à un paroxysme de plaisir qu’elle ne connaissait pas. Mais quand elle voulut rendre la pareille à Précieuse, celle-ci s’éclipsa. Dans sa chambre, Jean-Marie dut se rendre à l’évidence : il avait besoin d’un garçon pour se satisfaire, et non d’une fille, fut-elle mignonne comme Sophie. Le sexe plat n’était vraiment pas à son goût.

 

* * *

 

Oscar passa à l’aube. Joli garçon dans sa belle trentaine, assez chic, il s’était habillé d’un costume de coton clair. C’était le printemps et on allait vers une belle journée. La voiture suivit la Seine jusqu’à buter sur la côte de Canteleu ; elle prit la route de Dieppe qui suivait la vallée du Cailly. Le magistrat enhardi par la proximité due à l’étroitesse du siège passa son bras autour des reins de Précieuse en lui avouant, non pas son amour, mais son ardent désir qu’elle lui appartienne. C’était ce que voulait entendre Jean-Marie : du désir, du cœur qui cogne, de l’impatience du sexe, du besoin de jouir. Il glissa sa tête contre celle d’Oscar, et échangea alors un très long baiser d’une sensualité qui échauffa les deux cerveaux masculins.

De chaque côté de la route, les prés noyés de brumes semblaient hantés de dragons aux mufles cracheurs de vapeur. Quittant ces pâtures humides, la voiture commença l’escalade de la côte de Malaunay. Jean-Marie délivra la queue du pantalon de son voisin, et sa bouche commença à en gober la tête. Oscar défaillait. De petits cris lui échappèrent, ainsi que d’inaudibles propos qui semblaient signifier à sa compagne qu’il allait décharger. Des giclées de sperme remontèrent alors aux lèvres du garçon. Oscar en fut grandement surpris, et mouilla les siennes à son propre foutre. Les langues le battirent en mousse, et chacun goûta cette émulsion. C’est en déglutissant qu’Oscar comprit qu’il entrait dans un monde de dépravation sans limites dans lequel il se complairait. Sa main glissée sous la robe de Précieuse rencontra une masse de chair durcie qui n’aurait pas dû s’y trouver. Il en fut troublé, mais terriblement désireux de la baiser. Ses lèvres allèrent rendre la pareille au sexe redressé. Il était conscient qu’il franchissait là une ligne invisible. Jusqu’à cet instant, il avait cru avoir affaire à une fille… Mais le désir de sucer — et Dieu sait quoi encore — le garçon enjuponné semblait s’imposer à son esprit, comme s’il s’agissait d’une évidence, d’une pulsion qu’il ne pouvait pas éviter, d’un acte qu’il était vital d’accomplir. Alors, se souvenant de César décidant ce qui changerait sa destinée, il murmura « Alea jacta est » (le sort en est jeté), et plongea dans l’entrejambes de Jean-Marie. Celui-ci souffla : « Ignoti nulla cupido » (On ne désire pas ce qu’on ne connaît pas) et, en fin latiniste, il enfoutrailla la gorge d’Oscar.

 

* * *

 

Dans les mêmes temps, aux Forests, Michel Mauvoisin préparait son mariage, après les dernières récoltes, blé battu, regain rentré, quand les travaux fermiers se ralentissent. Il était devenu un des hommes les plus riches du département. La Lison restait pour lui un excellent souvenir, mais quand elle lui eût déclaré qu’elle était enceinte, l’année de ses dix-huit ans, il lui avait fait comprendre qu’il était hors de question qu’il l’épouse. Elle était tombée dans une sorte de prostration, d’où elle n’était sortie que pour aller se confier au curé. Le prêtre avait tancé Michel, qui lâcha mille francs à la petite et la maria à un de ses valets. Le nouveau couple partit, sa petite fortune en poche, et le maître n’entendit plus jamais parler de la Lison.

Il n’avait pas oublié les Prussiens, ni sa mésaventure avec le capitaine. Longtemps encore, sa mémoire était restée encombrée du sexe de Fritz. C’est comme si le membre du jeune Prussien était allé se ficher dans son âme, pointe d’acier plantée dans sa cervelle, invisible de tous, mais bien présente lorsque Michel se touchait le bas-ventre ou se torchait l’arrière-train.

Il se disait qu’à l’époque, il avait été trop con de raconter ça au curé. Il n’en était résulté aucune autre conséquence que des dizaines pour pénitence, à genoux sur le prie-Dieu de bois. Cela lui donnait toujours rétrospectivement la nausée. Depuis, il évitait d’aborder les sujets sexuels devant un prêtre, en confession ou en privé. Le visage rouge et furieux de son confesseur l’avait étonné. Il en avait déduit que, pour les gens d’église, si les pratiques amoureuses entre garçons n’étaient pas ignorées, elles ne constituaient un très lourd péché que si on y prenait du plaisir. Michel s’était donc gardé de raconter au prêtre que Fritz et lui s’étaient revus plusieurs de fois après cette première expérience à la ferme.

Dans les jours qui avaient suivi cet épisode, un envoyé de la mairie était venu au Grand-Champ. Au début de la guerre, la presque totalité de chevaux avait été réquisitionnée par les militaires français. Après la déroute de ces armées, l’ennemi était entré en possession de milliers de solides bêtes. Les accords de paix prévoyaient leur restitution au monde paysan en priorité. Fritz, sous-officier de l’intendance, était chargé de la redistribution, et les cultivateurs appelés auprès de lui avec les attestations de la mairie s’y rendaient avec l’espoir de se voir restituer une partie de leurs bêtes de trait.

Michel se rendit humblement dans la maison où se tenait le commandement des troupes prussiennes. Il fut surpris d’être, cette après-midi-là, le seul paysan convoqué. Son étonnement décupla lorsqu’il pénétra dans le bureau où trônait son enculeur… En paysan finaud, le fils Mauvoisin compris instantanément que le Prussien allait vouloir profiter de son corps, comme l’autre jour. Il réfléchit rapidement et envisagea qu’il pourrait tirer des avantages de cette situation. Un frétillement descendant des reins à la rainure du cul lui indiqua qu’il y trouverait aussi un contentement physique qui n’était pas à dédaigner pour un jeune excité comme lui. Et puis, il avait fini par se l’avouer, Fritz lui plaisait beaucoup…

— Ach… Mauvoisin, c’est donc toi le patron de la plus grosse ferme du canton ? Tu es bien jeune, pourtant !

— J’ai remplacé mon père quand il est mort, et ma mère ne peut pas diriger la ferme toute seule. Je suis le maître au Grand-Champ, et voilà l’attestation du maire. On m’a pris douze percherons…

— Tu n’espères pas qu’on va te remplacer toute ton écurie ?… après tout, c’est ton armée qui t’a dépouillé, pas nous. Quoique… Si tu te montrais gentil…

— Donnez-moi mes douze bêtes, et je ferai ce que vous voudrez… Même pas besoin d’une baïonnette sous la gorge.

— On dirait que tu as tout de suite saisi ce que « gentil » voulait dire… En fait, si tu es vraiment gentil, complaisant même, tu pourras peut-être avoir deux ou trois chevaux de plus, c’est pas le travail qui doit manquer sur tes terres… Pas vrai ?

— Pour sûr y en a p’tête même pour six de plus…

— On verra Mauvoisin, on verra… En attendant, je vais t’en rendre six, mais attention, tu les reprends deux par deux et tu n’en parles à personne.

Après que Fritz eut tamponné, écrit, signé une multitude de papiers officiels, signifiant le nombre et les délais dans...

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