La théorie de l'hippocampe

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Danaé est une jeune femme active et indépendante, peu encline à entamer une relation sérieuse. Mais quand deux hommes aux caractères différents décident de remporter son cœur torturé, il lui faudra bien faire un choix.

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EAN13 9782374473888
Langue Français

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LA THÉORIE DE L’HIPPOCAMPE Danaé Romance
Audrey GRILL
LA THÉORIE DE L’HIPPOCAMPE
Danaé Romance
ISBN version papier978-2-37447-389-5
ISBN version Numérique 978-2-37447-388-8
Novembre 2018© Erato–Editions
Imprimé en France - Tous droits réservés
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ÀE tienne,Aa ron etV ictoria
Danaé
CHAPITRE1 :LECLIENT
Lundi16mars,15h25
Ça fait maintenant dix bonnes minutes que je piétin e devant la porte d’arrivée du vol de Monsieur Andersson, avec un panneau à son nom dans la main. Mes talons aiguilles commencent déjà à me faire souffrir. Ce n’est pas le genre de chaussures idéales lorsqu’on fait un métier comme le mien, mais aujourd’hui nous n’allons pas arpenter les rues de la vieille ville. Je vais me contenter d’accompagner mon nouveau client à son hôtel, où nous sommes censés passer en revue le programme de la semaine. Donc, en résumé, nous allons passer l’après-midi assis à une table de réunion et c’est la raison pour laquelle je me suis permis cette petite folie vestimentaire. En plus, les talons allongent la silhouette et dans m on cas c’est appréciable car je ne suis pas très grande. Et puis, comme le dit si bien mon ami Éric, c’est la première impression qui compte. Alors, sur ses conseils, j’ai opté pour un style sophistiqué. Je porte cette jolie robe noire droite, aux manches trois-quarts avec un col bateau, achetée ce matin. J’ai relevé mes cheveux en un chignon agrémenté de mes petites barrettes fétiches à strass blanc pour faire plus chic. J’ai travaillé mon maquillage pour l’occasion avec un peu de noir pour faire ressortir mes yeux. En*n, mon manteau beige cintré ajoute une ultime touche d’élé gance à ma tenue. J’espère avoir l’air assez professionnel. C’est le client du siècle pour mon amie Suzanne pour qui je travaille aujourd’hui, tout doit être parfait, à commencer par sa guide. Ça y est, la salle de débarquement commence à cracher son lot de voyageurs fatigués ou pressés. Un homme, qui doit avoir un peu plus de la trentaine, s’approche en me *xant droit dans les yeux. Comme il est encore assez loin de moi, je ne réagis pas tout de suite, car souvent des passagers s’amusent à vous faire croire qu’ils sont la personne que vous attendez, et au dernier moment, vous snobent avec un regard en coin et un petit sourire satisfait. C’est sans doute le résultat de vols interminables. Parfois, l’ennui a cet e0et. Les gens peuvent sauter sur la moindre occasion pour se divertir, même si c’est aux dépens d’une personne consciente de son air ridicule avec son petit panneau. L’individu s’approche et j’ai le temps de l’observer. Il n’est certainement pas celui que j’attends. Dans ma tête, Monsieur Andersson, directeur de la recherche dans je ne sais plus quel département de la société Lunixbiotech, est un petit bonhomme dans la cinquantaine. Il a les cheveux blancs et porte un costume trois-pièces avec un nœud papillon : le cliché du vieux chercheur un peu loufoque. L’homme d’assez grande taille qui s’approche de moi en tirant une énorme valise d’une démarche assurée est tout l’opposé de ce stéréotype suggéré par mon imagination. Il porte un costume sombre très bien coupé avec une chemise sans cravate ouverte au col. Ses cheveux châtains sont légèrement ondulés avec des re6ets blonds, un peu comme s’il avait passé un été au bord de la mer. Il dégage assurance et classe. Ses yeux marron très sombres sont maintenant plongés droit dans les mien s. Il est juste devant moi. Son regard brûlant, presque déstabilisant me sort de ma transe et je plaque un sourire sur mes lèvres.Il s’est sans doute aperçu que je le dévisageais et je sens le rouge me monter aux joues. — Bonjour, vous devez être la remplaçante de Claire ? m’interroge l’inconnu dans un très bon français où perce un léger accent que je n’arrive pas à situer. Il a apparemment été informé du changement de dernière minute. — Oui, et vous devez être Monsieur Andersson ? dis- je en abaissant ma petite pancarte tout en lui tendant une main qu’il saisit fermement. Je suis Danaé Delacourt. Son regard s’assombrit et devient interrogateur. Je lui explique alors en quelques mots la situation. Claire, son contact de l’agence d’événementiel gérant l’organisation de son congrès a eu un accident de ski
il y a deux jours. Suzanne, la responsable de l’age nce qui est aussi mon amie, m’a demandé de la remplacer, car elle n’avait personne d’autre de con*ance sous la main pour prendre le relais. Monsieur Andersson est l’un de leurs plus gros clients et elle a pensé que j’étais la personne la plus quali*ée pour l’assister pendant son séjour de repérage. J’ai donc une sacrée pression sur les épaules. — Je n’aime pas vraiment les surprises, Mademoiselle Delacourt, m’informe-t-il un peu sèchement. Je reste interdite quelques secondes par cette déclaration. La semaine ne promet pas d’être facile. Mais je peux comprendre qu’un tel changement puisse être déstabilisant lorsque l’on a l’habitude de traiter avec une personne particulière.Je décide de faire comme si de rien n’était. Je peux être aussi professionnelle que la chargée de projets que je remplace au pied levé, à moi de le lui prouver. — Par ici, dis-je en indiquant la sortie et la *le de taxis où attend la voiture avec chau0eur mise à notre disposition pour la semaine par l’agence. Nous nous installons tous les deux à l’arrière de la luxueuse berline. Monsieur Andersson se tourne vers moi en me fixant de son regard perçant et me demande : — Bien, par où commence-t-on ?
Danaé
CCHHAAPPIITTRREE2:TROISJOURSPLUSTÔT
Vendredi13 mars,17h00
— Avez-vous encore des questions ? demandé-je en anglais à mon groupe de touristes américains. Ils m’ont suivie docilement pendant une visite guid ée de deux heures. Tous m’observent avec un sourire timide aux lèvres. Certains murmurent des r emerciements, d’autres viennent me saluer chaleureusement. Je leur fais mes adieux en leur souhaitant un bon séjour dans notre belle ville. Satisfaite de ma prestation, je me dirige vers la station de tram la plus proche. Cela fait huit jours que je me suis réinstallée à Strasbourg afin d’y reprendre mon activité de guide-conférencière. Je suis arrivée dans l’Est à dix-huit ans pour fair e mes études de tourisme avant de poursuivre ma carrière sur Paris. À l’époque où je vivais dans la capitale, je pensais souvent avec nostalgie à mes formidables années strasbourgeoises où j’ai découvert la liberté, l’autonomie. Je garde un souvenir mémorable des fêtes étudiantes, en particulier des soirées de l’école d’architecture. Les garçons y étaient mignons et promis à un avenir prestigieux, mais de ce fait, bien trop prétentieux à mon goût. Les invitations pleuvaient au lycée hôtelier où j’étudiais. Forcément, une formation comme celle que jesuivais alors était presque exclusivement fréquentée par des 3lles et les quelques garçons qu’on y trouvait avaient fait fausse route ou avaient un penchant pour les jeunes hommes de la formation en hôtellerie. Ma copine Lucie nous sortait régulièrement une théorie à ce sujet d’ailleurs, mais je ne me souviens plus de quoi ça parlait au juste. — Merde, Lucie ! m’exclamé-je tout haut en arrivant au tram. J’ai complètement oublié que mon amie devait passer après ma visite pour m’aider à déballer mes a6aires. Mon arrivée en ville étant toute récente, je n’ai pas encore eu le temps de m’installer dans mon nouveau chez-moi. En débarquant au commencement de la saison touristique début mars, j’avais franchement d’autres priorités. Vider ces 3chus cartons n’en faisait pas partie. Même si j’avais déjà passé un certain temps à Paris à revoir mes notes en vue de mon déménagement, cela faisait un moment que je n’avais pas guidé à Strasbourg et il me fallait réviser. Étant assez perfectionniste, je ne voulais pas me planter dès mes premières conférences. Heureusement, je venais régulièrement avec des groupes pour visiter la capitale européenne, donc je n’avais pas à tout reprendre de zéro. C’est ainsi que j’ai passé mes premières soirées strasbourgeoises, allongée sur mon matelas à même le sol, entourée de mes bouquins. Souvent, je m’endormais dessus et au petit matin, il y avait toujours autant de boîtes attendant d’être vidées. En descendant du tram à l’arrêt Polygone, je me dépêche de rejoindre le Monoprix un peu plus loin a3n de remplir un minimum mon frigo et mijoter un petit plat à ma copine. Je suis sûre que ça lui fera plaisir. Elle adore manger, mais elle ne sait pas cuisiner (et ce n’est pas faute d’avoir essayé). Lucie est une amie du lycée hôtelier. Bien que les « hôteliers » et les « touristes » comme on nous surnommait, ne se côtoyaient pas trop, Lucie et moi nous étions rapprochées lors d’une mission sur le terrain pour l’aéroport de Roissy. J’étais chargée de la promotion de l’Alsace dans les salons VIP et Lucie servait des bouchées de notre gastronomie régionale à des messieurs en costards bien coupés qui n’en avaient rien à faire de mon baratin. Une semaine à se réconforter l’une l’autre, ça crée des liens. Ensuite, nous ne nous sommes plus quittées et nous avons continué à nous voir régulièrement pendant mes années parisiennes. Les bras chargés de sacs de courses, jepousse la porte de mon appartement du pied et me dirige vers la cuisine pour commencer à ranger mes achats dans le frigo. C’est alors que la sonnette de la porte retentit.
Je laisse tout en plan et vais ouvrir. Une jolie rousse au visage poupin et plein de taches de rousseur me sourit. — Danaé, comment tu vas ? s’exclame-t-elle en entrant d’un pas assuré avant de me faire la bise. Alors cette visite, ça a été ? — Beaucoup de stress pour rien, comme d’habitude, lui accordé-je. Lucie me connaît trop bien. Elle m’a laissée tranquille depuis mon déménagement car elle savait que je me mettais un peu trop de pression pour être au top pour mes premières missions. Or, depuis quelques jours, le stress est enfin retombé et je suis enfin de meilleure compagnie pour un dîner entre copines. — Je te l’avais bien dit, personne ne t’en voudra si tu ne te souviens pas de toutes les dates qui ont marquées la construction de la cathédrale. On s’en fout ! s’exclame-t-elle avec un geste de la main indiquant que ce genre de choses lui passe largement au-dessus de la tête. — Oui, je sais, mais c’est plus fort que moi. J’ai parfois l’impression d’avoir tout oublié, soupiré-je. Lucie fait un geste nonchalant de la tête signifiant qu’elle n’en croit pas un traître mot. — En tout cas, il y a un truc que t’as bien oublié, c’est tes cartons ! Heureusement super Lucie est là, rigole-t-elle en regardant autour d’elle. — Oui, merci d’être venue m’aider, toute seule je n’y arriverai jamais. Et puis, il y a tous ces meubles à monter, je te les ai gardés au chaud dans leurs paquets. T ’adores ça, toi, le montage des meubles IKEA, la taquiné-jeavec un clin d’œil en me souvenant de l’une de ses théories. Cette dernière parlait de l’intérêt de faire jouer les enfants aux Legos, pour leur permettre de maîtriser la lecture d’un plan de montage de la célèbre marque d e design bon marché scandinave une fois arrivé à l’âge adulte. Lucie me sourit et me lance : — Au fait, j’ai une nouvelle théorie : t’ai-je déjà raconté que, dans une autre vie, je devais être suédoise ? — Oh là là, encore une de tes élucubrations à la mords-moi-le-nœud, je suis curieuse d’entendre ça. Mais d’abord, je t’invite à partir à la recherche d e mes verres à vin pendant que je prépare le dîner ? Regarde dans ces cartons-là. Je lui indique une pile de petites boîtes portant la mention « fragile » dans un coin de la cuisine. Et j’attaque de mon côté la préparation du repas – du poisson en papillote – tout en écoutant Lucie jacasser joyeusement pendant qu’elle vide mes caisses et range la vaisselle dans mes armoires. *** — Mmm, fait Lucie en posant sa fourchette, ses yeux verts pétillants de plaisir, c’était délicieux ! Et ce petit Pinot gris, ma foi, il n’était pas mal non plus, soupire-t-elle en regardant la bouteille vide. Je suis moi aussi sur mon petit nuage. La journée a été longue et stressante. Heureusement demain c’est samedi et je ne travaille pas ce week-end. Il me faudra encore bien ces quelques jours pour m’installer et monter le reste des meubles. — Au fait, lance Lucie, tu viens demain soir à la Péniche ? Il y aura Éric et Suzanne… — Et comment ! m’exclamé-je avec enthousiasme, je ne raterai une soirée comme celle-là pour rien au monde ! Éric était aussi un ami de nos études. C’était l’un de ces garçons qui avaient atterri par erreur dans ce BTS de tourisme. En3n, presque, car il était comme un poisson dans l’eau entouré de toutes ces nanas. Elles n’avaient d’yeux que pour ce beau brun au corps parfait de surfeur hawaïen. Éric était tout ce qu’il y avait de plus viril, mais en réalité, son attention était exclusivement portée sur les beaux mâles de la mention « barman » du lycée hôtelier. Il avait décroché son diplôme sans grande motivation, puis avait décidé de changer complètement d’orientation profes sionnelle en se lançant dans le prêt-à-porter indépendant. Il a ouvert sur les quais, en face du Palais Rohan, une petite boutique bien achalandée avec les dernières nouveautés chinées lors des fashions-weeks de Paris, Milan, Londres ou Berlin. En quelques années, son magasin est devenu un incontournable de la mode pour tous les Strasbourgeois. Nous sommes restés très proches pendant toutes ces années et nous ne manquions jamais de nous rencontrer
lors de ses passages quasi mensuels sur Paris ou des miens sur Strasbourg. C’est d’ailleurs grâce à Éric que j’ai décidé de tourner ma page parisienne et de revenir m’installer à Strasbourg. Jene sais pas ce que j’aurais fait sans son soutien lorsque l’histoire avec mon ex s’est oÔciellement terminée. Lorsque j’ai découvert que mon petit ami me trompait, c’est Éric qui m’a donné le courage de passer à autre chose. Il a pris en main la recherche de l’appartement dans ce quartier de Neudorf que j’a6ectionne tant, pendant que je donnais ma démission à ma boîte d’événementiel parisienne. Suzanne, mon autre amie de BTS, a fait jouer son réseau par le biais de son agence de voyages pour annoncer la venue d’une nouvelle guide trilingue sur la place. Grâce à ses e6orts, j’ai été bien accueillie par mes homologues strasbourgeois car en saison, il faut toujours du monde pour faire face aux nombreuses demandes de visites pour les bateaux de croisières faisant escale à Strasbourg. Ce sont parfois quatre à neuf bateaux de près de deux cents passagers chacun qui débarquent dans le port. Et des dizaines de guides sont alors nécessaires pour les accueillir. En conséquence, la saison à venir promet d’être bien chargée. — Bon, j’y vais, marmonne Lucie en bâillant. Je dois aller dormir un peu pour récupérer de toutes ces soirées. — Tu as géré beaucoup de dîners dernièrement ? Lucie travaille comme commerciale chez l’un des plu s gros traiteurs de la région, et de ce fait, doit souvent être présente lors des cocktails ou réceptions qu’elle a contribués à décrocher pour sa société. C’est la politique d’image de marque de la maison, elle est l’interlocutrice privilégiée de ses clients jusqu’à la réalisation du projet. — Oh oui, souQe-t-elle en se levant et en se dirigeant vers la porte. J’ai enchaîné six soirées en cinq jours, rien que ça… et je ne te parle pas de mes nuits torrides… Elle me fait un clin d’œil coquin et je lève les yeux au ciel. Lucie et ses mecs, c’est tout un roman. — Je suis contente de ne pas travailler demain soir et de pouvoir me joindre à vous pour une bonne vieille soirée entre copains, ça me fera du bien, soupire-t-elle en sortant. Je lui souris et lui souhaite bonne nuit en regardant sa silhouette disparaître dans l’ascenseur.

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