Laisse-moi vivre

-

Livres
292 pages
Lire un extrait
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

Un hôtel doit être rénové à Lyon. Zoé sera l’architecte de cet énorme chantier. Quand elle entre dans les locaux de l’entreprise Moretti, elle doit faire face au passé.
Enzo est l’entrepreneur avec qui elle va devoir travailler.
Immédiatement, les émotions les déstabilisent. Comment concilier le quotidien et cette passion qui est toujours présente ? Toujours plus forte ?


La longue séparation les aura-t-elle rapprochés ou vont-ils se perdre définitivement ?

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de visites sur la page 158
EAN13 9791034807604
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0052 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Signaler un problème
Laisse-moi… vivre
Méline Darsch Laisse-moi… vivre Tome 3 Couverture :Maïka Publié dans laCollection Indécente, Dirigée parEva Adams
©EvidenceEditions2018
Vous désirez être informé de nos publications. Pour cela il vous suffit de nous adresser un courrier électronique à l’adresse suivante : Email :contact@evidence-editions.com Site internet :www.evidence-boutique.com
Remerciements À vous tous, fidèles lectrices et lecteurs, je vous remercie du fond du cœur pour les nombreux échanges et votre impatience, témoignage de votre attachement à cette histoire. Et à vous, Richard, un très grand et particulier… Milesker hanitz. Ce dernier tome serait très di%érent sans vous. Il n’aurait ni la même saveur ni le même but.
Le destin s’acharne En ce mardi 25 novembre 2014, je pénétrai avec mon collègue Gilles Leboine dans un petit édice accolé à un entrepôt non loin d’une zone industrielle en banlieue de Lyon. Nous ne découvrîmes qu’à ce moment-là qu’il s’agissait d’une entreprise de travaux publics : Moretti Constructions. Nous devions y retrouver Madame et Monsieur Wolko, les nouveaux propriétaires d’une bâtisse classée au centre-ville de Lyon. Ils avaient le désir d’en faire un hôtel cinq étoiles et avaient mis au concours le projet. Redonner vie à un ancien bâtiment devenu vétuste et en faire un établissement renommé, cette idée m’avait emballée. Nous étions encore en concurrence avec un architecte de la région qui connaissait sans doute mieux que moi l’historique des lieux, mais j’avais bon espoir, ayant peauné le projet jusqu’à la dernière minute en présentant deux variantes concernant la piscine. Gilles me sourit pour m’encourager. C’était le dernier rendez-vous avant la prise de décision. Aujourd’hui, je jouais ma dernière carte. J’avais travaillé si dur sur cet hôtel depuis plus d’un an. Je n’avais rien laissé au hasard, vériant chaque détail. J’avançai vers ce rendez-vous, ère de mes idées que je défendrais becs et ongles. La secrétaire assise derrière un bureau constitué d’un comptoir en verre opaque se leva pour nous accueillir. J’observai l’endroit tout le long du couloir, notant la décoration sommaire des murs. Je lus l’inscription gravée sur une plaque en laiton où guraient la raison sociale de l’entreprise et le nom du principal actionnaire. J’eus un vertige. Mes pas s’arrêtèrent, mes jambes faiblirent et mes mains se mirent à trembler. C’était impossible ! Cela ne pouvait pas être lui ! Pas Enzo Costa ! Ce n’était pas le jour à avoir la tête à l’envers. Le maire m’attendait au tournant, je ne pouvais pas louper son appel, tout comme cet industriel qui voulait implanter son usine dans les environs de Lyon. Je priai pour que les présentations des deux derniers projets ne soient pas trop longues. Certains architectes pouvaient perdre un temps fou en explications inutiles. Je n’avais pu refuser d’assister à ces rendez-vous, c’était même une faveur que les Wolko% me faisaient. Je ne pensais pas avoir une grande in&uence sur leur décision, sauf si réellement je ne sentais pas un projet, mes arguments pourraient alors, peut-être faire pencher la balance. La secrétaire nous accompagna jusqu’à la salle de conférence où les propriétaires, un couple d’une cinquantaine d’années originaire de Russie mais établi en France depuis de longues années, était assis côte à côte autour d’une grande table ovale. Enzo pénétra en même temps que nous à l’opposé de la pièce. — Merci d’être venu dans mes locaux. J’attends un appel important et je ne pouvais m’éloigner, dit-il en tendant la main aux propriétaires de l’hôtel. Puis il arrêta son mouvement et croisa mon regard. Zoé ! Ce n’était pas possible ! Pas elle !
Je déglutis péniblement, restai sans réaction quelques instants puis réussis à les accueillir. — Enzo Costa, me présentai-je plus froidement que je ne l’aurais voulu. — Zoé Ghuji, du cabinet d’architecture JHL de Paris, répondit-elle tout aussi austère. Elle salua aimablement Madame et Monsieur Wolkoff et présenta son assistant avant de prendre place. Il fallait que je détourne mon attention, que je xe mon regard sur les propriétaires en évitant Enzo. Mais c’était dicile. Mes mains tremblaient, ma voix tressautait, et mon esprit semblait éteint. Il fallait que je me reprenne, et vite, si je ne voulais pas tout rater. Ils étaient plus de vingt bureaux d’architectes au début du concours et il fallait qu’elle soit l’une des deux dernières. Julian m’avait dit qu’elle était douée. Mais à ce point-là ? Et toujours aussi jolie ! Si je laissais mes yeux parcourir son corps, mon esprit partir dans mes souvenirs, elle me ferait bander sans même me toucher ! Incroyable, cela faisait quoi ? Un an sans la voir, deux sans la toucher ? Et j’avais toujours du mal à être près d’elle sans avoir envie de la serrer contre moi ! Son souvenir était devenu flou… et là je me sentais bousculé d’un coup ! Finalement, après avoir exposé une nouvelle fois l’idée générale de leur futur établissement, je m’assis et les laissais découvrir ou plutôt redécouvrir mon projet, mes plans, mes perspectives. Enzo restait silencieux. Soudain, je me demandai ce que nous faisions chez un entrepreneur ? Lui avait-on déjà octroyé le chantier ? Ce serait le comble ! C’était à moi de préparer les soumissions, puis de les proposer aux propriétaires. Ce genre de détail devait m’être connu. Enfin… devait être connu de l’architecte ! Je me sentis prise de court. Comme s’il me manquait un élément. Et qu’en était-il de sa boîte de travaux publics « Costa entreprise » ? Faillite ? J’écoutai sa voix, regardai ses croquis, ses dessins et sans l’avoir voulu, mes souvenirs m’envahirent. Je revis l’instant de notre premier baiser, enlacés dans un square, à Paris, près de chez elle, au bord de la Seine. La première fois que j’avais caressé sa peau, entendu ses murmures, vu sa poitrine… Je retins difficilement un frisson. Je cherchai son regard, mais elle évitait le mien. J’observai ses mains à la recherche d’une bague… son annulaire gauche était libre. Julian m’aurait prévenu, quoique depuis bientôt un an, nous évitions le sujet. Restait à savoir si son cœur battait pour un autre. Rien qu’à cette idée, je ne pus empêcher mes mâchoires de se crisper. Si elle m’accordait une seconde chance, je ne ferais pas les mêmes bêtises ! Pourquoi me regardait-il ainsi ? Il semblait perdu dans ses pensées. J’avais presque l’impression qu’il ne m’avait pas écoutée. Même si j’avais fait mon discours pour les Wolkoff, j’aurais aimé qu’il y fût attentif. — C’est parfait, mon petit, dit d’un ton paternel le propriétaire. « Non mais, pour qui se prenait-il, lui à me materner de la sorte ? » m’énervai-je intérieurement. Ouh… elle n’avait pas apprécié sa remarque ! Il n’y avait pas que moi qui la traitais comme une petite ;lle, elle paraissait si jeune… En tout cas, elle connaissait son boulot et semblait très sûre d’elle. Ça contrastait avec la Zoé timide et rougissante de mes souvenirs. Soudain, une phrase me sortit de mes pensées. Une piscine naturelle ? Je m’étais fait chier sur un chantier
avec cette merde… non, pas de piscine naturelle pour nous ! — Excusez-moi, Mademoiselle Ghuji, mais ce type de piscine est un gros risque dans un hôtel où les clients sont très exigeants, dis-je en ;xant l’architecte dans les yeux. De plus, les autorisations ne vous seront pas accordées dans les temps. — Ceci est mon problème, Monsieur Costa. — Je vous informe simplement qu’ici les piscines… — Qui vous dit que je n’ai pas déjà les autorisations ? m’interrompit-elle. — Je demande à voir ! Personnellement, je ne me lancerais pas dans ce genre de projet. Nous n’avons pas encore suBsamment de retombées pour tout prévoir, surtout dans un lieu aussi équenté qu’un hôtel, dis-je sans la quitter des yeux. Il semblait ne parler que pour moi. Je tentai de rassurer les propriétaires, mais évidemment, Enzo avait réussi à semer le doute. — J’aimerais connaître toutes les difficultés avant de décider, s’exclama Madame Wolkoff. Enzo me lança un petit sourire en coin. Sans me démonter, je sortis un dossier constitué des autorisations et autres démarches administratives concernant les piscines naturelles. Je tendis èrement un papier à Enzo en articulant chaque syllabe. — Monsieur Costa, si vous voulez bien prendre connaissance de ce document, je pense qu’il répond à vos questions. Quant au recul, voici Madame, Monsieur Wolko, la liste des nombreux hôtels à travers le monde qui profitent d’une piscine identique à ma proposition. Elle ne se laissait pas déstabiliser et avait pensé à tout… j’en devenais admiratif. Elle parla de l’aspect écologique, très actuel, et lut à voix haute les témoignages qu’elle avait elle-même recueillis auprès de gérants d’hôtels ayant fait ce choix. Elle termina en ajoutant : — Je ne me permettrais pas de vous le proposer si je n’étais pas certaine de pouvoir la faire construire. Maintenant, si c’est en dehors des compétences de Monsieur Costa, nous pouvons con;er cette tâche à un entrepreneur avec qui j’ai déjà travaillé. Chier ! Et puis quoi encore ? Ce chantier, je le voulais autant qu’elle. Je la fusillai du regard. — Je suis certain qu’Enzo saura trouver les ouvriers qualifiés, répondit Monsieur Wolkoff. Et là, je compris qu’ils se connaissaient plus qu’ils ne voulaient bien le laisser paraître. — Effectivement, marmonna Enzo en me rendant les papiers. La séance se poursuivit de manière plus détendue. Ils m’inondèrent de questions et comme à mon habitude, je répondis à chacune d’entre elles avec professionnalisme. Ils nous promirent une prise de décision rapide. Alors qu’ils lisaient la lettre de présentation, ainsi que mon parcours professionnel, j’entendis Enzo demander à mon assistant dans quel hôtel nous étions descendus. Je priais en silence pour que Gilles ne réponde pas. Mais bien évidemment, il ne pouvait deviner que c’était une information confidentielle, du moins, me concernant. — À l’Hôtel « Phénix ». — Très bon choix, assura Enzo. Le patron est un ami, laissez-moi vous inviter ce soir. Il vous emmènera visiter sa cave et vous découvrirez l’annexe que nous venons d’inaugurer. — Avec plaisir, dirent en cœur les propriétaires et mon collègue.
Pour ma part, je restai muette. Comment refuser ? Quel prétexte pouvais-je trouver ? Et pourtant il m’en fallait un. Autour d’un repas, j’espérais pouvoir l’approcher, lui parler, peut-être même… beaucoup plus ! Nous allions pouvoir terminer la soirée sans les Wolko% et me permettre de la regarder, ôler sa peau, ne serait-ce qu’une bise sur la joue, ma main sur la sienne. Véri;er les émotions qui me submergeaient depuis qu’elle était apparue devant moi. Nous quittâmes la salle de conférence, Enzo se pencha vers sa secrétaire et lui demanda de réserver une table pour le soir même au restaurant réputé de l’hôtel. En le regardant agir, je m’aperçus qu’il n’avait pas changé : autoritaire, exigeant, sûr de lui et de son charme. Zut, il venait de se retourner alors que je le fixais. Quelle gourde ! Hum… me reluquait-elle ? J’aimais bien retrouver ce petit air confus sur son visage. J’étais heureux de la revoir. Si lors des premières minutes cela m’avait déstabilisé, maintenant j’avais du mal à la laisser repartir. Le trouble ressenti venait de répondre à mon interrogation. Je n’irais pas, ce soir ! Je me sentais incapable de rester assise à la même table que lui, avec l’alcool, et les souvenirs qui m’envahiraient. Non, c’était au-dessus de mes forces. Même si cela ressemblait plus à un dîner d’aaires, je risquais de bafouiller, de rougir. Il valait mieux que je m’abstienne. Au moment où la secrétaire annonçait le nombre d’invités, je rectifiai : — Je suis navrée, Monsieur Costa, mais ma soirée est déjà prise. — Quel dommage, Mademoiselle Ghuji ! s’exclama Madame Wolkoff. Je relevai les yeux sur elle et échangeai un regard. Juste une seconde, ce fut suBsant pour que je comprenne qu’elle blu%ait. Mon cul qu’elle avait un autre rendez-vous ! Elle ne voulait pas passer une soirée en ma compagnie. Elle m’évitait toujours ! Je m’excusai encore une fois auprès des propriétaires. Ce n’était pas très professionnel et dans n’importe quelle autre circonstance j’aurais assumé. Mais pas face à Enzo. Il fallait que je retrouve mon aplomb. Demain, j’y arriverais. Aujourd’hui, j’étais encore sous l’eet de surprise. Gilles assurerait pour nous ce soir. J’avais confiance. Ce repas n’avait plus lieu d’être sans elle, cependant je ne pouvais plus reculer. Gilles laisserait peut-être échapper quelques informations sur sa collègue. J’avais encore au moins cet espoir. Zoé prit congé, accompagnée de son assistant, et nous rejoignîmes la salle de conférence pour le rendez-vous avec le second architecte. Je demandai son nom et avant même de voir son projet, je n’avais qu’une envie : que Zoé remporte le concours et pas seulement pour le plaisir de la revoir. Son concurrent était connu pour ne pas être très précis dans ses directives et finalement, nous nous retrouverions dans des situations à en perdre le sommeil. Le soir venu, je restais planquée dans ma chambre en compagnie d’un repas acheté au coin de la rue, pour éviter que Gilles ne s’aperçoive de mon mensonge. Je me réjouissais de me prélasser dans un bain chaud. Je choisis une chaîne musicale sur la télévision, tout en me servant un petit verre de vin.

Avertissement

En entrant sur cette page, vous certifiez :

  • 1. avoir atteint l'âge légal de majorité de votre pays de résidence.
  • 2. avoir pris connaissance du caractère érotique de ce document.
  • 4. vous engager à ne pas diffuser le contenu de ce document.
  • 4. vous engager à ne pas diffuser le contenu de ce document.
  • 5. consulter ce document à titre purement personnel en n'impliquant aucune société ou organisme d'État.
  • 6. vous engager à mettre en oeuvre tous les moyens existants à ce jour pour empêcher n'importe quel mineur d'accéder à ce document.
  • 7. déclarer n'être choqué(e) par aucun type de sexualité.

Nous nous dégageons de toute responsabilité en cas de non-respect des points précédemment énumérés.