Le Garçon de la plage (pulp gay)
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Description

Le Garçon de la plage

Jacques Astruc

Nouvelle de 40 500 car.

Quand il le voit, si seul dans la lumière d’août de la grande salle à manger, il sait que ce sera lui, que c‘est lui. « Jean ». Blond, si blond. Le garçon de la plage est venu au rendez-vous. Il regarde la mer, intensément. Il a un peu plus que son âge, trente ans, peut-être, tout au plus. Il choisit une table, tout près, juste derrière le jeune homme blond contemplatif.

Son profil se mue en un regard clair, pénétrant, qui le fixe, un instant, à peine. Cela a suffi... Quelque chose s’est passé... L’horrible solitude a perdu la partie. Les corps se veulent, les cœurs se cherchent.

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Informations

Publié par
Nombre de lectures 65
EAN13 9782363079886
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0022€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Le Garçon de la plage
Jacques Astruc
I
Pierre se souvenait de sa chambre d’été. Bleue. D’un bleu très pâle. « Un bleu de Manche », disait maman. « Un bleu de ciel normand », répondait papa. La maison dominait les vagues, perchée au haut d’une dune sableuse envahie d’ajoncs et d’herbes folles. Enfant, il aimait, plus que tout, dévaler depuis la maison jusqu’à la plage en contrebas, en hurlant, en riant. Il courait vers la mer, et ses petits pieds s’enfonçaient dans le sable tiède. Les chardons des dunes lui piquaient la peau, réveillaient ses sens assoupis de petit citadin. Paris était loin.
Il déboulait sur la promenade de la plage, petit chien fou ébouriffé. Les couples, les autres enfants, le regardaient, étonnés, amusés, charmés. Déjà sa grâce plaisait. Il courait, petit garçon ardent, sur les dalles, puis, très vite, sur le sable. Il voulait atteindre la mer. Il se blessait les pieds, souvent, aux arêtes des coquillages laissés par la marée refluant. Il ralentissait quand il sentait enfin le sable durcir, gorgé d’eau marine. Il s’immobilisait dès que la première vaguelette caressait ses orteils. Il fermait les yeux, tout à ses noces avec l’océan. Il s’asseyait alors, à la frontière du liquide et du solide, entre deux mondes. Il écoutait longtemps la rumeur de la mer. Chaque vague traversait son jeune corps, se brisait sur son cœur d’enfant. Ivre de vent, d’eau et de lumière, il rejoignait la légèreté des oiseaux marins. Il entrouvrait ses paupières à leurs cris, suivait longtemps leurs danses sur les ciels brouillés ou bleus. Les ailes blanches disparaissaient aussi vite qu’elles étaient apparues. Il refermait sa vision, rejoignait ses rêves d’adolescent fou. Protégé de tout, de tous. Personne n’aurait pu le réveiller, en ces instants-là.
Il se souvient de ce jour, plus tard, sur la plage. Quel âge ? Quinze, seize ans ? Le jour où il remarqua la beauté d’un garçon. La première fois qu’il osa fouiller des yeux le maillot de bain, y chercher une réponse à son désir, dans la lumière d’après-midi. Il était sorti durant la sieste des parents. Il s’était éclipsé, les laissant jouir dans leur grand lit, à l’étage. Papa et Maman aimaient plus que tout faire l’amour en milieu d’après-midi, juste avant le goûter. Cet été-là, le dernier été avant la guerre, avant que les plages ne soient fermées par les allemands, ses parents faisaient l’amour presque tous les après-midi, comme désespérément. Maman avait compris que papa pourrait partir, bientôt, à son tour, comme son père vingt ans avant. Être avalé dans la gueule noire de la Guerre, n’en revenir jamais. Il avait refermé la porte de la plage sur leurs soupirs, sur l’écho merveilleux de leurs baisers. Il avait plongé son corps d’adolescent dans la tiédeur de la marée haute. Il avait bandé, à son tour, comme son père.
C’est alors, ce jour-là, qu’il avait remarqué le garçon. Un garçon de son âge. La beauté blonde du garçon l’avait hanté, aussitôt. Elle l’avait traversé, capturé. Son regard innocent s’était figé, sur un torse, sur des épaules, sur des fesses, moulées dans un slip bleu marine. Il se souvient qu’il n’avait pu s’en détacher, qu’il avait suivi le garçon, de loin, longtemps. Sans oser l’approcher. Il regrette tant, maintenant, si tard, de n’avoir pas osé. D’avoir laissé passer l’extase de l’été de ses seize ans, d’être rentré à Paris en septembre 1939, sans avoir touché le garçon de la plage, sans avoir vu son sexe jaillir du maillot trop serré. Le garçon a traîné un moment, près de rochers, scrutant d’étranges bestioles dans des flaques. Puis sa mère l’a appelé, depuis la promenade. « Jean, on rentre ! », a-t-elle crié d’une voix aiguë. Jean a disparu. Ses jambes musclées ont bondi dans l’escalier de briquettes rouges. On a aussitôt
enveloppé son corps magnifique dans une serviette-éponge. C’était fini. Le temps de l’amour était passé, déjà. Ne lui restait qu’à rentrer, à son tour. Retrouver Papa et Maman béats de leur extase, pour le thé. Écouter la rumeur de la guerre qui approchait, à la radio, en dégustant le fameux cake au citron de mémé, une vieille recette du temps d’avant, l’époque...

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