Les combats d
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Les combats d'une vie, tome 1 (pulp gay)

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Description

Les combats d'une vie

Tome 1 : De l'enfer au paradis

C. Gonzalez

Pulp de 316 500 car.

Dante apprend à survivre à l'une des plus dures étapes que la vie lui ait fait traverser : le deuil de son conjoint.

Il se lève jour après jour s'efforçant de trouver une raison de se battre.

Grâce à ses amis, et au regard du frère cadet de son associé, il apprend à laisser les larmes et les cris et ne plus avoir peur de sourire.

Lorsque l'occasion de quitter son enfer et enfin d'ouvrir les portes du paradis qui s'offre à lui, il n'hésite pas une seconde à arpenter le chemin qui se dresse devant lui...

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Informations

Publié par
Nombre de lectures 7
EAN13 9782363079893
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0037€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Les combats d’une vie
Tome 1 : De l’enfer au paradis
Romance gay
C. Gonzalez
Prologue Dante Alvarez ouvrit lentement ses yeux quand il sentit une fois de plus son compagnon remuer contre lui, dans la chaleur de ses bras. Comme tous les matins durant ces cinq dernières années, et à chaque instant où ses yeux se posaient sur Adam, il sentit un sourire apparaître sur son visage. Adam O’Broin avait beau être plus âgé que lui, il n’en était pas moins magnifique. Il était grand, environ un mètre quatre-vingt-cinq, un corps d’athlète sculpté par des années de pratique sportive, des cheveux roux – typique de ses gènes irlandais – coupés courts, un regard chaleureux doté d’une couleur émeraude, des lèvres fines faites pour être embrassées. Dante ne put s’empêcher de passer sa main dans les cheveux de son amant, ou plutôt son mari. Il l’était officiellement depuis une semaine. Il remarqua que celui-ci battait des paupières en commençant à s’éveiller, et sourit en voyant son regard embrumé par le sommeil… — Holà Guapo ! [Guapo est un terme affectueux qui signifiemonmignonen espagnol.] — Hey, quelle heure est-il ? lui demanda Adam Dante se retourna pour vérifier l’heure qu’affichait le réveil posé sur la table de chevet. — 7 heures. — Humm, déjà ? Je n’ai vraiment pas envie de me lever aujourd’hui. — Tu manques de motivation ce matin ? Adam lui adressa un sourire languide, en suggérant : — Tu as une idée pour arranger ça ? Dante se pencha vers lui, tout en caressant sa joue ornée d’une barbe de trois jours, laissant son souffle se mélanger à celui de son bien-aimé. Il fit glisser lentement sa main vers sa nuque en une douce caresse et posa sa bouche contre la sienne. Le contact chaud de ses lèvres lui procura une sensation de bien-être et une vague d’amour intense déferla en lui comme la toute première fois où ils avaient partagé leur premier baiser… Adam répondit fiévreusement à son invitation, laissant la langue de Dante envahir sa bouche et entamer une danse érotique. De tendre, le baiser devint ardent lorsque leurs désirs réciproques explosèrent. Quand il sentit le corps de son amant qui essayait de se rapprocher un peu plus du sien, il décida d’y mettre fin en le repoussant légèrement d’une main sur le torse. Leurs fronts étaient collés l’un à l’autre, leurs souffles courts, leurs regards emplis de désir. Dante distingua les joues légèrement rougies d’Adam et cela le fit sourire. — Si l’on continue comme ça, c’est moi qui refuserais de te laisser partir guapo, lui dit-il. Adam laissa échapper un petit rire et reprit son sérieux quand il lui répondit : — J’aurai bien aimé me faire porter pâle au boulot, mais si je veux pouvoir vous accompagner Loriane et toi la semaine prochaine, je ne peux pas me permettre de manquer autant. — Je sais bien. Allez, dépêche-toi d’aller te doucher, je vais te préparer ton petit déjeuner pendant ce temps ! Dante lui vola un dernier baiser et lui donna une petite tape sur les fesses alors qu’il filait à toute vitesse sous la douche. Quelques minutes plus tard, après avoir déposé des viennoiseries encore chaudes sur la table de la cuisine et préparé le café, il sentit deux bras forts se glisser autour de sa taille et un doux baiser se déposer au creux de son cou, aussi légèrement que le frôlement des ailes d’un papillon. Il s’appuya contre ce torse solide, sur lequel il avait toujours pu compter, sentant l’odeur et la douce chaleur l’envelopper. Il laissa échapper un soupir. — À quoi penses-tu Dante ? Je te sens en pleine réflexion. — Seulement à quel point ma vie a changé ces dernières années. J’espère de tout mon cœur que tout se passera bien avec Loriane
Adam le serra un peu plus fort entre ses bras, sachant à quel point son époux avait besoin d’être rassuré. Il se recula légèrement pour que son compagnon puisse lui faire face. — Ne t’en fais pas, je suis sûr que tout ira pour le mieux ! Ne vas pas te mettre martel en tête, les choses se feront d’elles-mêmes, comme toujours. Jamais Loriane ne te ferait faux bond. Une longue vie heureuse nous attend, profitons-en ! Si seulement tout avait été aussi simple que l’avait prédit Adam… S’il y a bien une chose que Dante a fini par apprendre au cours de sa vie et en particulier ce jour-là, c’est bien que le bonheur est éphémère et qu’il faut savoir profiter de chaque instant quand on a la chance de le connaître.
Chapitre 1 « Chaque rencontre a une raison d’être. Chacune d’elle est une partie de notre histoire et fait de nous ce que nous sommes. » Dantese réveilla en sursaut, le corps tremblant et en sueur comme toutes les nuits depuis ce soir-là. Malgré les draps trempés, il se retourna dans le lit pour essayer de trouver encore un peu de chaleur. Mais le côté droit était resté froid. Il enfouit sa tête dans son coussin, espérant trouver un peu de réconfort en sentant son odeur. Mais elle n’était plus là, sa chaleur, son parfum, tout avait disparu avec lui. Sur ces sombres pensées, les larmes lui vinrent aux yeux. Il lui manquait tellement. La douceur de sa peau, sentir son regard posé sur lui, entendre son rire. Tous ces petits riens qui faisaient de lui ce qu’il était. Il aurait tout donné pour le revoir une dernière fois, même si ce n’était que pour se disputer. Au fond, il savait que le revoir une seule fois n’aurait jamais suffi… Penser à lui le rendait si triste et plein de rage que parfois il en avait du mal à se reconnaître… Comment avait-il pu le laisser seul, alors qu’il avait promis qu’il serait toujours là pour lui. Adam n’avait pas le droit de le quitter ! Depuis ce soir fatidique, Dante s’était souvent demandé : « et si je l’avais retenu un peu plus ? Et si on était resté ensemble au lit comme on le désirait ? Et si… et si… et si ? » Mais avec des « si » on peut refaire un monde. Au final, les choses sont telles qu’elles sont et il n’y a sûrement rien qui aurait pu empêcher tout cela d’arriver… et cela ne l’énervait que davantage. Pourquoi son bonheur lui a-t-il été arraché de cette manière ? Aujourd’hui il se retrouve aussi seul qu’il y a cinq ans… N’avait-il pas assez souffert dans sa vie ? Toutes ces questions tournent sans arrêt dans sa tête… « Non, arrête de penser à tout ça, ce n’est pas vrai. Tu sais bien que s’il l’avait pu, il serait ici près de toi. Il te reste un métier que tu adores, tes amis sont là pour toi et surtout il y a Loriane… Tu n’as pas le droit de la laisser tomber. Avance un pied devant l’autre. Petit pas par petit pas. » À chaque fois qu’il doit se lever, Dante se répète la même chose tel un mantra. Peut-être qu’à force de se le dire, cela finirait vraiment par produire l’effet escompté et qu’il finira par se lever avec le sourire aux lèvres, mais il en doutait fortement. Après avoir vérifié son réveil et s’apercevant qu’il était plus de dix-neuf heures, il décida de passer un coup de fil à Loriane, histoire de vérifier que tout allait bien. Après plusieurs sonneries il tomba sur sa boite vocale et décida de lui laisser un message. « Hey Bella, c’est moi, je voulais juste prendre un peu de tes nouvelles, savoir si tout allait bien pour vous deux. Si tu as besoin de quoi que ce soit, appelle-moi ! Ce soir je bosse au Corbeau, donc n’hésite pas ! Bisous. » En pensant à Loriane, il se dit qu’il avait énormément de chance de l’avoir retrouvée et qu’elle ait accepté de participer à cette aventure avec eux. Elle était devenue une de ses plus proches amies durant leur jeunesse, mais aujourd’hui elle avait acquis la place d’une sœur dans son cœur. C’est grâce à elle que tout est devenu possible et après toute cette histoire, elle lui avait apporté son soutien plus que quiconque, alors que ça aurait dû être l’inverse. C’était à lui d’être là pour elle… Il se promit de continuer sur cette voie-là, à remettre sa vie en ordre, pour elle, pour lui, mais surtout pour eux ! Il n’avait plus de temps à perdre. Après tout il lui reste un peu moins de quatre mois avant leurs arrivées. Et d’ici là, tout devra être stable, correct, pour leur offrir le meilleur accueil possible. Grâce à elle, il avait enfin donné un nouveau sens à sa vie. Sur cette pensée positive, il se dépêcha d’aller se préparer. Il finissait d’enfiler son jean noir quand son portable sonna. Il ne prit même pas la peine de vérifier qui c’était, il n’y avait qu’une seule personne pour lui téléphoner à la dernière minute. — Ça va Kellan ? — Oui et toi ? J’espère que je ne te dérange pas, lui dit son ami.
— Non justement j’allais partir pour leCorbeau. — Ah bah c’est justement pour ça que je t’appelle. J’ai complètement oublié que mon petit frère arrive ce soir d’Australie. Je dois le récupérer à l’aéroport. Ça te pose un problème de faire l’ouverture sans moi ? — Humm, non ça devrait aller. Je vais me débrouiller au pire, je verrai avec Bastien pour qu’il me donne un coup de main derrière le bar, en cas de rush, en t’attendant. Tu penses en avoir pour combien de temps ? — Je fais au plus vite, Evan devrait atterrir vers vingt-deux heures, donc le temps d’arriver, je pense être là pour vingt-trois heures trente, minuit. — OK, pas de soucis prends ton temps t’façon, et fait attention en voiture ! — Oui papa, le taquina-t-il, j’te revaudrai ça ! — J’y compte bien ! Il entendit le rire de Kellan en raccrochant. Dante connaissait Kellan depuis plus d’un an maintenant. À ce moment-là, Dante était au fond du trou et passait ses soirées à écumer les bars, les boites de nuit. Il se rappelle encore ce soir-là comme si c’était hier… Il venait d’arriver au bar déjà bien imbibé d’alcool, mais cela ne l’avait pas empêché de vouloir commander un énième whisky. Kellan l’avait jaugé de ses yeux gris comme l’orage, et lui avait adressé un seul mot d’une voix forte et autoritaire qui n’appelait à aucune discussion : — Non Cela avait malgré tout déclenché des paroles incohérentes criées avec rage et hargne par Dante, comme seule une personne bourrée est capable de le faire. Puis Kellan avait réussi à l’attraper par le cou, même si Dante était largement plus grand et plus musclé que lui. Il l’avait fait passer derrière le comptoir afin de l’emmener dans l’arrière-salle et de lui passer la tête sous l’eau froide. Une fois fait, il l’avait enfermé dans son bureau après lui avoir annoncé : — Installe-toi sur la méridienne. Mets-toi à l’aise, je viendrai te voir à la fermeture. Quand il était revenu au petit matin, il n’avait même pas parlé. Il s’était simplement installé les fesses contre son bureau, les jambes et bras croisés en le fixant de son sempiternel regard indéchiffrable. Son silence rendait Dante furieux, il s’était mis à vociférer : — Si tu attends que je m’excuse, n’y compte pas ! Je suis un client comme un autre. Tu n’avais pas le droit de faire ça ! Kellan avait haussé un sourcil et lui avait répondu sans se départir de son calme : — Je suis le proprio, ici je sers qui je veux. Client ou pas, je ne supporte pas les gens qui se bourrent la gueule comme tu le fais. Je ne veux pas de tes excuses. Je veux te dire qu’une seule chose : peu importe ce que tu crois fuir en buvant comme un pauvre crétin, rien ne te fera te sentir mieux. Ce vide que tu ressens, aucun liquide ne pourra le remplir. Maintenant, tu peux y aller, un taxi t’attend devant la porte du club. Dante était parti en claquant la porte, mais il était revenu le lendemain soir afin de s’excuser de son comportement. Peu à peu, chaque soir, il s’était mis à passer au bar. Kellan ne lui a jamais demandé pourquoi il avait agi de cette manière. Mais Dante avait fini par lui avouer qu’il était dans une sale période, et qu’il venait de perdre des proches. Plutôt que de faire un commentaire ou de lui adresser une ridicule parole de réconfort, Kellan lui avait fait signe de passer derrière le bar et lui avait tendu un torchon. Ce soir-là une forme d’amitié était née. Dès le lendemain matin, Dante avait donné sa démission à son patron. Il quittait un travail d’avocat dans un cabinet réputé pour un poste de barman. Certains diraient qu’il est un imbécile d’avoir tourné le dos à une carrière aussi brillante, cependant lui ne l’avait jamais regretté. Il en était même reconnaissant envers celui qui était devenu son ami, son associé. Comme tout ça semblait loin aujourd’hui… Dante se gara derrière le bar, sur le parking des employés et sortit ouvrir la porte de service. Du parking on pouvait apercevoir l’enseigne lumineuse où était inscritle Corbeau en noir avec des reflets bleuté, ainsi qu’un magnifique corbeau dessiné sur le côté, le tout éclairé par quelques lumières placées ici et là. Un cadeau de Loriane : « Pour ton nouveau départ »,
avait-elle dit. Quand il avait pris la décision d’aider Kellan et d’investir dans le bar en devenant son associé, il n’avait posé qu’une seule condition, pouvoir changer le nom. Kellan n’avait pas hésité une seconde avant d’accepter. Une fois l’enseigne mise en place, la tête penchée sur le côté, il lui avait simplement demandé. — Pourquoi un corbeau ? Dante avait sorti une vieille montre à gousset qu’il gardait toujours dans sa poche. — Tourne là. Là, tu vois, c’est l’emblème de ma famille. Kellan lui avait adressé un regard curieux, mais ne lui avait rien demandé d’autre. Il poussa la porte de service et actionna les interrupteurs. Une fois l’éclairage enclenché, de là où il était, il distinguait une grande piste de danse avec une grande plateforme dans un angle et deux barres. Sur le mur du fond, il y avait un grand bar de couleur noire avec des chaises en hauteur semblable à des petits fauteuils. Derrière le bar, les nombreuses bouteilles de boissons que l’on y proposait étaient étalées sur des étagères. La déco est moderne, les murs blancs, le sol en carrelage gris foncé. Une grande baie vitrée donne sur l’extérieur. Il y a des salons en résine tressée disposés un peu partout. Au fond à droite, on pouvait voir un escalier, si l’on monte, on tombe directement sur une pièce qui sert de bureau. Elle est composée de deux grandes bibliothèques, un grand bureau en verre sur lequel un ordinateur portable est posé, un fauteuil noir ainsi qu’une grande méridienne blanche dans un angle. Il y a également une porte vitrée qui donne accès sur une vaste terrasse. Après avoir fait le tour du club en effectuant son inspection habituelle, Dante se mit au boulot. Vers vingt et une heures, le reste de l’équipe arriva. Jay, Vince et Bastien, généralement les trois colosses occupaient leur poste d’agent de sécurité. Jay et Vince étaient là avant son arrivée, apparemment ils se connaissaient depuis la Fac avec Kellan. Bastien, lui n’était arrivé qu’il y a deux mois. Dante avait accepté de lui laisser sa chance et jusqu’à présent il n’avait pas été déçu. Jay, métis aux yeux marrons et Vince, blond aux yeux bleus, ressemblent à deux catcheurs professionnels tant leur carrure est impressionnante. Quant à Bastien, châtain aux yeux clair, il était à peine plus petit que les autres, mais avec ses traits doux et son franc-parler, on aurait pu lui accorder le Bon Dieu sans confession. Il avait le sourire facile et une exaspérante habitude à taquiner tout le monde. — Hey, salut les gars ! — Salut patron, dirent-ils en chœur. — Un verre avant de commencer ? — Comme d’hab, pour moi merci, lui dit Jay. — Pareil pour moi aussi, dit Vince. — Rien pour moi. Kel’s n’est pas là ce soir ? — Il ne devrait pas tarder. Il a dû récupérer son frère à l’aéroport. Bastien se mit à pousser un sifflement qui ressemblait à de l’admiration, ce qui fit rigoler ses collègues. — Ne me dit pas que c’est le militaire ? — Depuis quand Kel’s a un militaire dans sa famille ? T’as craqué Bas’ ! lui répondit Jay Dante s’autorisa un rire en lui répondant : — Il n’est pas militaire pour ce que j’en sais, la dernière fois que Kellan m’en a parlé il était pompier. Vraiment rien à voir… — Hey ça reste un uniforme patron, l’un ou l’autre je suis sûr qu’il est sexy à en crever et chaud comme la braise ! Tout le monde se mit à rigoler. Les taquineries se mirent à fuser dans tous les sens. Tous savaient que Bas’ était gay et ne s’en cachait pas, Jay quant à lui était bisexuel. Vince et Kellan, eux, sont hétéros. Par contre la plupart ignoraient ce qu’il en était pour Dante. Il n’avait jamais parlé clairement de son orientation sexuelle à ses collègues, il n’en avait pas vu l’utilité. Cependant, tous étaient au courant qu’il était marié à la vue de l’alliance sur sa main gauche. Il savait que tous se posaient des questions, mais n’en avait jamais parlé à cœur ouvert.
Dante ne voulait pas lire de la pitié ou pire encore de la compassion dans leurs regards. Cela dit, il ne s’empêchait pas de danser de temps à autre, avec femmes ou hommes lorsqu’il lui arrive de prendre une pause durant ces soirées. Chacun était libre de penser et de faire ce qu’il veut. Leur orientation sexuelle n’avait rien à voir avec leur façon d’être, la tolérance étant l’une des règles du bar. À partir du moment où tout le monde se respecte et est correct les uns envers les autres, il n’y a pas de problèmes. L’équipe qu’ils forment à eux cinq se fout royalement de savoir qui couche avec qui. — Trêve de plaisanterie les mecs ! Si Kel’s t’avait entendu, dit-il en pointant Bastien du doigt et en ricanant, tu en aurais pris pour ton grade ! D’ailleurs, je vais avoir besoin de toi derrière le bar en attendant son retour. On est vendredi soir, il y aura du monde et je n’arriverai pas à m’en sortir tout seul. — OK, pas d’souci patron ! Tu peux compter sur moi ! Une fois leur verre fini, et après avoir discuté quelques instants, chacun se mit au travail. Peu à peu les clients arrivaient, le club se remplissait. La clientèle du club était très variée, hommes, femmes de tout âge venaient ici. La musique à fond, certains se déchaînaient sur la piste de danse en laissant leurs corps onduler au rythme de la musique. Dante, derrière le bar avec Bas’, s’amusait à jongler tout en servant les boissons. Les deux bartenders s’éclataient en faisant ça à chaque fois qu’ils se retrouvaient ensemble. Complètement pris par leur « show » ainsi que par la clientèle, Dante ne vit arriver ni Evan ni son frère. * * * Evan Taylor, avait beau être fatigué par son voyage en avion, le décalage horaire commençant à se faire sentir dans chaque parcelle de son corps, il était heureux d’avoir retrouvé son frère aîné. Cela faisait plus d’un an qu’ils ne s’étaient pas vus. Malgré la distance, ils s’appelaient régulièrement. Leur mère avait fini par les surnommer Tic et Tac, tant ils étaient proches. Kellan ayant toujours pris à cœur son rôle de grand frère auprès de lui, l’emmenait partout où il allait. Evan lui en avait toujours été très reconnaissant même si parfois il le trouvait un peu surprotecteur. — Tu ne peux pas savoir comme je suis content de te revoir petit frère ! — Moi aussi Kel’s, ça fait un bail ! Mais tu n’étais pas obligé de venir me chercher à l’aéroport, j’aurai pu me débrouiller et prendre un taxi. — Ne t’en fais pas les gars s’occupent de tout au bar. J’ai prévenu Dante tout à l’heure. Et je ne pouvais indubitablement pas manquer ton retour, lui dit-il en lui faisant un clin d’œil. Arrivé sur le parking du club, Evan proposa à son frère de lui donner un coup de main derrière le bar, mais celui-ci refusa, lui ordonnant gaiement d’aller s’amuser et en lui proposant de prendre sa voiture pour rentrer s’il était trop fatigué. — Non t’en fais pas, logiquement il y a Kevin, Diane et Séb au club. J’ai promis de passer leur dire bonjour. — OK, ça va je file prêter main-forte à Dante et Bas’, puis à la fin de la soirée je te présenterai au staff complet. Allez va t’amuser. Evan fila s’en perdre de temps et se mit à la recherche de ses amis. Le club était bondé comme cela devait souvent être le cas le week-end. Il aperçut son frère au loin qui avait filé derrière le bar accompagné de deux autres gars. Un grand blond baraqué comme un rugbyman ainsi qu’un grand latino, rien qu’à le regarder il eut l’impression de manquer d’air. Ce mec était un véritable canon. Une œuvre d’art couleur chocolat. Les cheveux noirs, un peu longs, ondulés, en bataille, comme s’il passait souvent la main dans ses cheveux. Un visage doux, à la mâchoire légèrement carrée. De là où il était, il ne pouvait distinguer la couleur de ses yeux. Evan a toujours eu un faible pour le regard. Sa mère n’avait de cesse de lui répéter que notre regard était la fenêtre sur notre âme. Un nez droit, des lèvres pleines et pulpeuses.
Il portait un tee-shirt noir paré de l’emblème du club sur le pectoral gauche. Un jean noir un peu déchiré par endroit, style destroy qui lui donnait un style rock et accentuait le côté Bad boy que dégageait sa façon de se mouvoir. Il ne put s’empêcher de le dévorer des yeux alors qu’il maniait les bouteilles d’alcool comme si ce n’était que des balles à jongler. Il souriait à son ami – et quel sourire ! pensa Evan – puis s’arrêta quand Kevin posa une main sur son épaule. — Hey t’as fini de rêver, c’est quand tu veux que tu viens nous dire bonjour enfoiré ! lui dit Kevin. — Excuse-moi mec, je vous cherche depuis que je suis arrivé. Kevin lui adressa un regard qui semblait vouloir dire « ouais, ouais, c’est ça, j’vais te croire. » — Allez, viens, Séb et Diane sont assis un peu plus loin. Son ami le prit par le bras et l’emmena vers la table où les attendait le reste de la bande. Tous les quatre se connaissaient depuis le lycée et ne se sont jamais lâchés, même lorsqu’Evan avait déménagé à l’étranger, ils étaient restés en contact. Diane était petite, menue, environ un mètre cinquante-cinq, de longues boucles blondes retenues par une pince, de grands yeux bleus. C’était la plus calme et surtout la plus protectrice du groupe. Une version moderne de maman ourse. Sébastien et Kevin étaient jumeaux, environ un mètre soixante-quinze, le corps musclé sans vraiment l’être, châtains aux yeux marron. D’aussi loin qu’il s’en souvenait Diane et Sébastien étaient toujours sortis ensemble. Il les serra dans ses bras pour les saluer. Puis passa quelque temps à discuter avec eux autour d’un verre. Sans pouvoir s’en empêcher, son regard dériva vers le bar, à l’endroit où il avait repéré le beau gosse… Les garçons partirent en direction du fumoir, le laissant seul auprès de Diane. Celle-ci dû se rendre compte de son manège, car elle lui mit un coup de coude dans les côtes et lui sourit d’un air complice en commentant : — Qui reluques-tu comme ça ? À ce que je vois, tu n’as pas changé. Evan lui retourna son sourire en désignant d’un mouvement de tête le bar. — Humm c’est vrai, les barmans d’ici sont à tomber, surtout Kel’s… — Ah non ne parle pas comme ça de mon frère s’il te plaît, je ne veux rien entendre. — Il va falloir t’y faire mon p’tit, ton frère est beau gosse, c’est un fait ! — Peut-être bien, vu qu’il partage les mêmes gênes que moi. Diane laissa éclater un fou rire et le tira par la main pour l’inciter à rejoindre la piste de danse. Evan aimait bien danser, mais chaque fois qu’il se retrouvait tout seul sur la piste de danse il ne se sentait jamais très à l’aise contrairement au moment où il se retrouvait à plusieurs – couple ou trio –, là il se laissait complètement aller. Pourtant on lui disait souvent qu’il bougeait bien. Malgré tout il se laissa entraîner sur la piste par son amie et se mit à danser avec elle en laissant ses hanches se balancer. Diane se colla un peu à lui, et tous les deux se mirent à se trémousser façon collé serré. Evan était le seul mec, en dehors des jumeaux, avec qui elle pouvait danser de cette manière. Ses amis savaient qu’il était gay et que jamais il n’aurait la moindre vue ou le moindre geste déplacé envers elle. * * * Le coup de feu au niveau du bar commençait tout juste à se calmer quand Dante prit sa pause. Il récupéra son paquet de Marlboro sous le comptoir, son briquet et partit sur la terrasse fumer sa cigarette. Il s’installa dans l’un des fauteuils, tout en savourant l’air frais de la nuit, il regarda à travers la grande baie vitrée les danseurs qui se déhanchaient et s’amusaient sur la piste de danse. Lui aussi adorait danser, laisser son corps bouger au rythme des sons que l’on entendait, le laisser s’exprimer. Il pratiquait la danse depuis ses plus jeunes années. C’était le seul plaisir qu’il s’était octroyé. À les voir bouger ainsi, Dante se dit qu’il ne tarderait pas à les rejoindre pour se changer un peu les idées. Il lui arrivait souvent de
prendre le temps de se laisser aller durant une danse quand il passait ses soirées au club. Il écrasa le mégot de sa cigarette sous le talon de sa Converse et partit en direction de la piste. Il y avait quelques couples ainsi que quelques groupes. Un couple qui devait avoir une quarantaine d’années s’enlaçait. Un trio, deux femmes et un jeune homme, dans la vingtaine dansait collés serrés, genre club sandwich. Une foule amassée d’un côté qui gigotait et rigolait plus qu’elle ne dansait. Un peu plus loin, il y avait trois hommes, dont deux qui se ressemblaient énormément, ainsi qu’une jeune fille blonde. Le troisième homme bougeait plutôt bien, mais on sentait qu’il n’était pas à l’aise, pas en confiance. Ce qui était plutôt dommage d’ailleurs, car avec son physique, il ne devait pas avoir de mal à attirer l’attention sur lui. Il était plus petit que Dante qui faisait plus d’un mètre quatre-vingt-dix. Il a les cheveux courts châtain avec des reflets blonds, dont des mèches rebelles lui tombaient en désordre sur le front et le long de sa nuque. Un visage en forme de cœur. Une bouche assez fine dont la lèvre inférieure était un peu plus épaisse. Sa mâchoire était ornée d’une barbe de trois jours qu’il lui donnait un côté sexy. À cette distance, il trouva qu’il ressemblait vaguement à l’acteur Chris Hemsworth. Il avait de larges épaules, une taille fine. Et d’après ce qu’il pouvait voir à travers ses vêtements, des muscles fins, mais puissants, des fesses bien rondes. Cela provoqua un nombre incalculable de pensées lubriques dans son cerveau. Décidément, ce jeune homme l’attirait plus qu’aucun autre ne l’ai jamais fait depuis Adam… Il se gifla mentalement pour reprendre ses esprits, se décida à entrer sur la piste tout en se rapprochant de sa cible, pas à pas, lentement, comme si celle-ci allait s’enfuir à son approche. Il avança tel un lion prêt à se jeter sur sa proie. S’arrêtant près de lui, il remarqua que ses amis l’avaient repéré, car ils s’éloignèrent peu à peu aussi discrètement que possible, délaissant leur compagnon. Il se mit à onduler des hanches et à bouger ses pas au tempo imposé par la musique tout en se rapprochant dans le dos de l’inconnu. Celui-ci du sentir sa présence, même s’il ne se retourna pas, car il se recula légèrement et commença à calquer ses pas sur les siens. Se collant de plus en plus à lui, Dante en profita pour poser ses mains sur les hanches de son partenaire de danse, bougeant leurs corps au rythme de la chanson. Dante faisait une tête de plus que lui, ce qui n’était pas gênant d’après lui. Il avait l’impression que leurs corps s’emboitaient parfaitement, chaque courbe, chaque angle s’imbriquaient aussi facilement que deux parties d’un médaillon. Qui plus est, il avait toujours eu une préférence pour les hommes un peu plus petits que lui. Mais pourquoi pensait-il à ça à cet instant ? De toute façon depuis le départ d’Adam, il refusait d’avoir la moindre aventure. Ce serait comme rompre ses vœux, trahir son époux. Danser avec un autre homme ne le dérangeait pas outre mesure, mais il n’y aurait rien de plus. Peu à peu, son partenaire dut se sentir en confiance, car il se mit à se déhancher de plus en plus, se collant contre le latino, qui se mit à lui caresser le torse, passant ses mains de ses flancs à son ventre plat, sentant chaque muscle rouler sous ses doigts. D’après ce qu’il sentait, cet homme devait être encore plus sublime en tenue d’Adam. Mais grand bien lui en fasse, car Dante ne cherchait rien du tout, mis à part un petit moment de détente, une simple danse sensuelle. Du moins, c’est ce dont il essaya de se persuader. Malgré tout le grand brun ne put s’empêcher de frotter son bassin contre lui, surtout quand il vit la façon dont bougeait le petit cul qu’il trouve si sexy. Cela faisait si longtemps qu’il ne s’était pas laissé aller de cette manière-là, ressentir un tel désir, une telle excitation, qu’il en oublia tout, de l’endroit où il se trouvait, aux gens qui les entouraient. Il n’y avait plus qu’eux, la musique et leurs corps qui ondoyaient. La chanson touchant à sa fin, Evan se retourna pour faire face à l’homme qui était venu le trouver pour cette danse. Quel ne fut pas le choc qu’il reçut en reconnaissant le barman sexy qu’il avait repéré tout à l’heure. Cela dit, il ne s’était vraiment pas trompé, il le trouva encore plus magnifique de près avec ses airs de mauvais garçon. On décelait dans ses yeux couleur chocolat pailletés de vert une lueur malicieuse qui prouvait – il en était certain – l’aspect taquin de sa personnalité. Si les yeux étaient la fenêtre d’une âme, alors la sienne était souffrante.
Derrière l’espièglerie, on distinguait une tristesse infinie. Le barman lui adressa un petit sourire timide semblant sincère en lui faisant un signe de tête, voulant sûrement le remercier d’avoir partagé ce moment de détente. Quand Evan sentit ses mains puissantes s’éloigner en une douce caresse de son abdomen, laissant une traînée de feu sur son passage, il oublia toute retenue et tendit une main vers son bras afin de pouvoir se rapprocher, prendre appui et lui effleurer la mâchoire d’un tendre bisou. Aucune parole ne fut échangée. D’un simple regard, leurs corps s’étaient compris. Evan lui adressa un clin d’œil puis se détourna en souriant pour aller retrouver ses amis. Dante resta bouche bée en sentant la douce caresse des lèvres pleines et sensuelles du jeune homme. Il le suivit du regard jusqu’à ce qu’il ne puisse plus apercevoir sa silhouette parmi la foule. Il se détourna, partit en direction du bar reprendre son travail, en ayant le sourire aux lèvres et en se demandant ce qu’il venait réellement de se passer… Il ne savait pas qui il était, mais sans savoir pourquoi, il sut qu’il ne pourrait s’empêcher de penser à lui. En arrivant près du bar, il vit Kellan lui adresser un étrange regard, comme s’il avait commis une faute dont il n’avait aucune idée. Dante se sentit pour la première fois si mal à l’aise sous le regard perçant de son ami qu’une fois retourné derrière le comptoir, il l’interpella. — Tout va bien Kel’s ? — Oui, pourquoi cette question ? — À la façon dont tu m’as regardé lorsque j’ai quitté la piste de danse, j’ai l’impression que tu te retiens de me parler franchement. Kellan lui adressa ce qu’il pensait sûrement être un sourire, et qui en réalité n’était rien d’autre qu’un rictus en lui rétorquant : — Mais non t’en fais pas. Aller file je m’occupe du bar jusqu’à la fermeture.

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