Sex in the Cities. Vol 2 (Berlin)

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Français
200 pages
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Description

Berlin, auparavant considérée comme une ville puritaine, devint dans les années 1920 la capitale du désir et des moeurs décadentes.
C’est bien dans cette ville capricieuse qu’un musée exceptionnel, entièrement dédié à l’érotisme, a ouvert ses portes. Laissant de côté tout voyeurisme, le Musée érotique de Berlin est un lieu magique dans lequel l’imagination de l’homme et les objets d’art les plus raffinés se rencontrent.
Ce livre exceptionnel présente plus de 350 illustrations originales, accompagnées d’une étude majeure rédigée par le professeur d’histoire HansJürgen Dopp. Il recouvre différents aspects de l’érotisme à travers le temps et les continents.

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Informations

Publié par
Date de parution 31 décembre 2015
Nombre de lectures 9
EAN13 9781781607633
Langue Français
Poids de l'ouvrage 36 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0025€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Sex
in the Cities
tle
BERLIN
Hans-Jürgen DöppAuteur :
Hans-Jürgen Döpp
Mise en page :
Baseline Co. Ltd
61A-63A Vo Van Tan Street
4e étage
District 3, Hô-Chi-Minh-Ville
Vietnam
© Confidential Concepts, worldwide, USA
© Parkstone Press International, New York, USA
Image-Bar www.image-bar.com
© Berthommé-Saint-André Estate/Artists Rights Society (ARS), New
York/ADAGP, Paris
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Dublin, IR/ADAGP, Paris
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droit. En dépit de nos recherches, il nous a été impossible d’établir les droits
d’auteur dans certains cas. En cas de réclamation, nous vous prions de bien
vouloir vous adresser à la maison d’édition.
ISBN : 978-1-78160-763-3
2Hans-Jürgen Döpp
Sex in the Cities
BERLINSommaire
Une Géographie du plaisir 7
Art érotique ou pornographie ? 17
Le Rêve de l’orgie 33
Érotisme et indignation 69
Plaisirs de l’œil 89
La Solitude de l’image 103
Des Origines érotiques de la passion de collectionner 125
Sodome Berlin 151
Négation et érection 165
Faites fleurir Mille Fleurs 181
Liste des illustrations 196Gustave Courbet, L’Origine du monde, 1866. Huile sur toile, 46 x 65 cm.
Musée d’Orsay, Paris.
6Une Géographie du plaisiru
Le Musée érotique de Berlin vous invite à
un voyage qui vous ouvrira le regard sur
une géographie du plaisir. Une multitude
d’images et d’objets de toutes les
civilisations de la terre et appartenant au
domaine de l’art comme au domaine du
culte, nous présentent l’érotisme en tant
que thème fondamental de tous temps.
Peut-être, en nous ouvrant aux
civilisations lointaines et exotiques,
parviendrons-nous même à enrichir
la nôtre.
7Au cours de ce voyage à travers le musée, nous rencontrerons une variété
et une diversité de points de vue sur les mille métamorphoses de la sexualité.
Elles nous montrent que rien n’est plus naturel que le désir sexuel, et qu’en
même temps, rien n’est moins naturel que les formes, sous lesquelles ce désir
s’exprime et cherche son assouvissement. Dans ce livre, vous pourrez enfin
voir ce qui fut si longtemps caché dans les trésors des musées publics et dans
les cabinets des collectionneurs privés : « des images interdites », proscrites,
surtout dans notre civilisation occidentale si hermétique à la sexualité. Ces
images offrent un regard non-limité et d’autant plus fascinant sur ce qui fait
depuis toujours partie de la nature humaine.
Les civilisations orientales possédèrent, très tôt, un don particulier
pour incorporer cet aspect de l’existence dans leur art et dans leur culture.
Ainsi, la culture chinoise, complètement libre de la notion occidentale du
péché, considérait le plaisir et l’amour comme des choses pures ». Selon
elle, l’union entre un homme et une femme dans le signe du tao exprimait
la même harmonie que celle qui règne entre le jour et la nuit, l’hiver et
l’été. On peut donc dire à juste titre, que la pensée millénaire des
Chinois prend son origine dans des représentations d’ordre sexuel : yin
et yang, deux notions complémentaires, déterminent l’univers. La
sexualité est partie intégrante de leur conception du monde et ne peut
en être séparée. Une des plus anciennes et des plus inspirantes des
civilisations de notre terre affirme qu’il est bien, et en accord avec la
philosophie religieuse, de faire l’amour avec fantaisie, poésie et passion.
Cette naïveté sexuelle se retrouve d’ailleurs dans les représentations
artistiques de la Chine.
Cependant, les grands maîtres japonais créaient également des images
érotiques au même rang que les autres œuvres d’art. Aucune censure
publique ne parvint jamais à supprimer cette production secrète.
Les shungas, que l’on appelle « les images du printemps », exaltaient
les plaisirs terrestres d’ici-bas. On considérait la recherche du plaisir
charnel comme quelque chose de naturel, et puisque le mot « péché »
ne fut jamais prononcé dans l’ancien Japon, même la sodomie était uneShungas (Images du
printemps), pratique sexuelle parmi d’autres. Le genre des Ukiyo-e, des « images
eXIX siècle. d’un monde éphémère et fluctuant », appartient aux œuvres les plus
Peinture sur brocart
parfaites du point de vue technique et artistique. Il est la preuve que le
de soie extraite d’un
fantastique et le grotesque se développèrent très tôt dans la littératurelivre de mariage.
Chine. et l’art japonais.
89e eRelief de tantra, XI -XIII siècle. Marbre. Inde.
10Couple d’amoureux. Relief en marbre, selon un motif grec.
11Miniature indienne. Peinture.
12La sexualité subit mille et une métamorphoses à travers les temps et les
différentes civilisations. En Inde, elle était sanctifiée dans des temples
hindous. Pour les Grecs, dans le culte de la beauté, les plaisirs du corps
s’unissaient avec ceux de l’esprit, conformément à leur philosophie qui
voyait le monde comme l’interaction d’Apollon et de Dionysos, de la
raison et de l’extase. En liant l’érotisme au péché et à l’enfer, le
christianisme créa pour la première fois des oppositions irréconciliables.
« Le diable Eros devenait peu à peu plus fascinant pour les hommes que
tous les anges et tous les saints. »
Cette citation occidentale de Nietzsche serait sans doute
incompréhensible à l’Extrême-Orient, puisque là-bas Eros ne fut jamais
diabolisé. Au Japon, comme dans d’autres civilisations orientales, on
ne connait pas ce que Nietzsche regrette tant pour l’Occident :
« Le christianisme empoisonnait Eros. » Les représentations érotiques
furent condamnées aux cabinets secrets, on enferma ce « monde éphémère
et fluctuant dans une prison conceptuelle créée par les sciences de la
sexualité naissantes ».
Par conséquent, il n’est pas surprenant que les sciences de la
sexualité se sont développées justement là, où le lien entre sexualité et
érotisme a été troublé d’une façon particulière. Voilà pourquoi le Musée
érotique de Berlin tenait à rendre hommage aux mérites de Magnus
Hirschfeld, ce grand sexologue berlinois qui lutta pour l’impunité
juridique de l’homosexualité.
Notre imagerie multicolore et multiforme montre qu’Eros peut être une
énergie qui unit l’univers. Nombre des tableaux et dessins présentés nous
permettent d’appréhender, à travers les yeux d’artistes très différents et
sous des angles changeants, un domaine humain essentiel habituellement
condamné au tabou. Mais, petit à petit, ne glissons-nous pas vers la
pornographie ?
Contrairement à la pornographie, qui manque souvent d’imagination,
l’art nous laisse participer à une joie ingénieuse et inventive. Ces images
qui nous paraissent à première vue bizarres et bouleversantes, nous
confrontent aussi à nos tabous ; confrontation à laquelle nous devrions
nous prêter.
Or, celui qui assume l’expérience érotique accédera à l’humour présent
dans la plupart des œuvres exposées. Ce sont des tableaux du plaisir à
double sens.
13eImitation d’un relief de temple, XIX siècle. Inde.
14Marchand d’esclaves arabe, vers 1910. Bronze.
15Paul Avril, illustration du De Figuris Veneris, 1906. Tableau mural.
Lithographie en couleur.
16Art érotique ou pornographie ?z
La notion d’« art érotique » est
entourée d’un halo de concepts
hypocrites, trompeurs et
dissimulants. Art ou pornographie,
sexe ou érotisme, obscénité ou
originalité, ces tentatives de
distinction et de détermination se
mélangent trop pour qu’une
clarification objective soit possible.
À partir de quel moment peut-on
parler d’« art érotique » ?
17Tout collectionneur d’art érotique s’est vu un jour ou l’autre proposer
des œuvres insuffisantes à tout égard, tandis qu’il espérait mieux.
Pourtant, le vendeur affirmait avoir trouvé un objet important dans ce
domaine. Pour s’en convaincre, il suffit de considérer un homme,
souvent très cultivé, tenir pour importante une œuvre pourtant mineure
d’un point de vue artistique. À l’inverse, il arrive qu’un chef-d’œuvre
passe pour futile seulement à cause de son sujet. Il est certain que la
seule représentation de l’acte sexuel n’est pas encore de l’« art érotique »,
de même qu’un objet scabreux et pornographique ne perd pas son
caractère d’art à cause d’un contenu réputé indécent et immoral. Il est
également erroné de penser que les œuvres produites afin d’exciter le
désir sexuel ne peuvent pas appartenir à l’art, uniquement en raison de
leur basse intention.
Art érotique et pornographie se distinguent-ils donc par la dimension
fictionnelle ?
La pornographie est elle aussi un produit de la fantaisie, avec une
structure différente de celle de la réalité sexuelle. Comme le souligne
Gunter Schmidt, elle « est construite comme le fantasme et le rêve
sexuel, elle est tout aussi irréelle, mégalomane, féerique, alogique et
stéréotypée ». D’ailleurs, celui qui propose l’alternative « art ou
pornographie », s’est déjà auparavant décidé par son attitute moralisante
contre la pornographie.
Le mélange de questions d’ordre esthétique et d’ordre moral voue, dès
le début, toute tentation de clarification à l’échec.
Le mot « pornographie » dans son acception étymologique grecque et
purement descriptive, signifie « écriture de la prostitution ». Elle désigne
ainsi les textes traitant des thèmes sexuels. Cette définition permettrait
donc d’égaliser la pornographie et l’art, du moins en ce qui concerne son
contenu. Ainsi, la notion de pornographie pourrait être réhabilitée.
L’évaluation de l’art érotique dépend considérablement des époques et
est donc instable. L’histoire de la retouche des figures du Jugement dernier
de Michel-Ange dans la Chapelle Sixtine est exemplaire. Pendant la
Renaissance, la nudité n’était pas considérée comme indécente ni obscène.
Le pape Clément VII, qui avait commandé la fresque, ne trouva donc rien
d’immoral dans la réalisation de Michel-Ange. En revanche, son
successeur, le pape Paul IV, demanda à un peintre d’ajouter des pantalonsOtto Schoff,
vers 1930. au Jugement dernier !
1819Otto Rudolf Schatz, Baiser les seins. Aquarelle.
Jean de l’Étang, Baiser les seins, extrait de la série Trente et Quelques Attitudes, vers 1950.
Lithographie en couleur.
20

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