Sex in the Cities Vol 3 (Paris)

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Français
162 pages
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Description

Riche de six siècles de galanterie, capitale mondiale de la mode et de l’amour, Paris est le symbole de l’érotisme et d’une sexualité joyeuse. Offenbach, dans La Vie parisienne, avait déjà créé un hymne à la joie des sens.
L’auteur, avec liberté, adopte la démarche d’André Malraux, en construisant un musée
imaginaire, dans ce Paris intemporel, où le temps est révolu, l’espace infini et le désir toujours présent.
L’iconographie est exceptionnelle, elle provient de collections privées, jamais publiées, et couvre cinq siècles de l’histoire coquine de Paris, accompagnée d’un texte universitaire qui permet au lecteur de pénétrer dans un monde jamais vulgaire, toujours subtil, celui sans fin depuis que le premier homme regarda la première femme : l’érotisme.

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Informations

Publié par
Date de parution 31 décembre 2015
Nombre de lectures 0
EAN13 9781785259203
Langue Français
Poids de l'ouvrage 4 Mo

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Auteur :
Hans-Jürgen Döpp

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District 3, Hô-Chi-Minh-Ville
Vietnam

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ISBN : 978-1-78525-920-3Hans-Jürgen Döpp



Sex in the Cities
P A R I S



S o m m a i r e


Introduction
Paris, ville de l’amour ?
La Parisienne - une chimère ?
Histoire : Moyen Âge, Renaissance
Paris, première grande ville d’Europe
François Villon
eLa Cour au XVI siècle
e eL’Âge d’or de l’érotisme : XVI - XVIII siècle
Les « Fêtes d’Adam » du duc d’Orléans
La « Petite Maison » du duc de Richelieu
Le Parc aux cerfs
Le Palais Royal
Le Bordel de Madame Gourdan
eLittérature et art du XVIII siècle
Romantisme
Le Triomphe de la Bourse et intérieur romantique
Charles Fourier et le « Nouvel Ordre amoureux »
Rues et boulevards
La Belle Époque et Montmartre
Montmartre
eXX siècle - Paris moderne
Le Mythe de Montparnasse
Jules Pascin
Marcel Vertès
André Breton et le surréalisme
Hans Bellmer
À propos de l’estampe Souterrain baroque de Bellmer
André Masson
oN 122
Paris - un musée imaginaire de l’érotisme ?
Bibliographie
Liste des illustrationsLivre Guide secret pour
étrangers et viveurs, 1910. Couverture.


Introduction


Paris, ville de l’amour ?

Le monde entier considère Paris comme la « ville de l’amour et de l’érotisme ». La plus belle lune de
miel reste un voyage à Paris. Les couples d’amoureux ne sont pas les seuls à être attirés par cette fière
cité : le touriste, en quête de cette atmosphère d’amour, poursuit lui aussi ses fantasmes à Paris. Une
blague vulgaire exprime cette idée : « Un homme confie à un ami : « Je vais à Paris ! ».
« Saligaud ! », rétorque celui-ci. Celui qui part en voyage rectifie : « Non, je n’y vais pas seul ! Je
pars avec ma femme ! », « Ah, pauvre imbécile ! », répond alors son ami. »
Qu’attend-on de Paris, que l’on ne puisse trouver dans d’autres villes ? En quoi son histoire
estelle particulière au point d’avoir donné naissance à ce mythe ? Pierre Louÿs remarquait en 1896 dans
la préface de son roman Aphrodite :
« Il semble que le génie des peuples, comme celui des individus, soit d’être, avant tout,
sensuel. Toutes les villes qui ont régné sur le monde, Babylone, Alexandrie, Athènes,
Rome, Venise, Paris, ont été, par une loi générale, aussi licencieuses qu’elles étaient
puissantes, comme si leur dissolution était nécessaire à leur splendeur. Les cités où le
législateur a prétendu implanter une vertu artificielle, étroite et improductive, se sont
vues, dès le premier jour, condamnées à la mort totale. »
À l’exception de Paris, l’éclat des autres villes s’est terni. Paris continue de resplendir. Nous allons
dérouler le fil de l’histoire de la sensualité pour expliquer quelles expériences du passé ont contribué
à forger l’image de Paris comme ville la plus immorale. Ces expériences historiques ont aussi laissé
leurs traces dans l’histoire de la littérature et de l’art érotiques. Ce domaine ne doit pas être séparé de
celui de la sensualité. L’histoire culturelle se révèle par des objets de collection qui ont la valeur de
pièce de musée.
De même, les observations et les jugements d’étrangers visitant Paris nous seront toujours d’un
grand recours. Ces voyageurs ont contribué à propager la réputation de Paris dans le vaste monde et
ont ainsi participé à la naissance du mythe de Paris et ce, à double titre : souvent ils ne se sont pas
contentés de regarder, mais ont été des observateurs actifs, en quête de plaisirs qu’ils ne trouvaient
pas chez eux. Ainsi, la réputation d’un « Paris immoral » est aussi en partie le résultat d’une
selffulfilling prophecy : en s’autorisant à y réaliser leurs fantasmes de luxure, ils pouvaient, une fois
rentrés chez eux au coin du feu, facilement les juger comme impudiques et rétablir ainsi en leur for
intérieur l’« équilibre moral ».
Le mythe érotique de Paris est alimenté par deux sources : d’un côté le développement réel de
l’histoire des mœurs, dont nous tenterons d’esquisser les points essentiels, et d’un autre côté par les
efantasmes que l’on projette sur Paris, en particulier depuis le XIX siècle. Ce mythe est un mélange
de fantasme et de réalité. Celui qui le saisit vraiment trouvera dans ce mythe une contribution éclairée
au bonheur des sens. Paris n’est pas une ville pour les moralistes.Carte postale érotique
Curiosités Parisiennes – Arc de Triomphe, 1904.Carte postale érotique
oCuriosités Parisiennes, N 19 – La Bastille, 1904.Carte postale érotique
oCuriosités Parisiennes, N 21 – La Grande Roue, 1904.Carte postale érotique
Curiosités Parisiennes – Place Vendôme, 1904.Lithographie en couleur, vers 1940.


La Parisienne - une chimère ?

« La Parisienne est sans conteste la maîtresse de la ville, c’est à elle que Paris doit tout
son pouvoir d’attraction, hier comme aujourd’hui. Pour s’en convaincre, il suffit d’aller
aux courses ou dans le Bois, sur l’avenue des Champs-Élysées ou la rue de la Paix, de
flâner sur les boulevards ou de parcourir les quartiers ouvriers. Dans toutes ses
apparitions, la Parisienne est un régal pour les yeux et son influence s’exerce sur tout ce
qui l’entoure. Le regard de l’étranger à Paris est confronté à un fait surprenant : presque
rien ne différencie la femme riche, de la petite bourgeoise, de l’employée ou de
l’ouvrière dans leur manière de se vêtir. Tandis que dans toutes les autres villes du
monde, un seul coup d’œil suffit le plus souvent à deviner la condition et les moyens
d’une passante, à Paris, ceci est particulièrement malaisé. Même la femme ou la fille du
peuple est élégante, vêtue avec goût et toujours selon la dernière mode. Le moyen d’y
parvenir demeure leur secret. »
C’est par ces paroles que Pierre La Mazière entame son essai sur La Parisienne et son monde. En
effet, quelles sont ses caractéristiques ? En quoi consiste ce quelque chose qui lui est propre et fait
son charme particulier ?« Ce sont sa sensibilité et sa légèreté, son humour et sa grâce, son goût et son
sens de la nuance et tout particulièrement son aptitude à transformer son corps, son visage et toute sa
personne en œuvre d’art, et à porter comme aucune autre femme au monde, précisément ce qui lui
convient », répond La Mazière.« Sa supériorité, son génie, c’est le plus beau présent que lui a fait le
ciel ! » L’élégance de sa mode fait toujours référence.
Par-dessus tout, la Parisienne est une œuvre d’art, un artefact qui naît dans les esprits de ceux qui
désirent ardemment la rencontrer. En elle se concrétise l’essence féminine (fétiche) : « À tous les
degrés de l’échelle sociale, la femme de Paris est cent fois plus femme que dans aucune autre cité de
l’univers », déclare Octave Uzanne dans son étude Parisiennes de ce temps (Paris, 1910).
« On a plus écrit de pensées, de paradoxes, d’aphorismes, de dissertations, de
physiologies, de petits et de gros volumes sur la Parisienne qu’on en fera jamais suraucune autre femme, poursuit Uzanne. Grâce à la Parisienne, la rue devient, pour tout
artiste et tout amoureux, le féerique Éden des désirs subis, des admirations foudroyantes,
des aventures étranges. L’homme qui sait y muser lentement et avec amour s’y retrempe à
tout âge, rien qu’en regardant, admirant, flairant et écoutant au passage ces jolies
promeneuses à l’œil gai, au minois chiffonné. Son esprit amoureux chante d’éternelles
aubades à toutes ces créatures d’Ève qu’il ne connaîtra peut-être jamais ; ses sens y
demeurent en éveil bien au-delà du couvre-feu et des crépuscules de l’âge. »
Comme Vénus née de l’écume, la Parisienne est le produit de l’esprit du visiteur de Paris. En servant
de miroir à ses désirs inassouvis, elle permet de faire une rencontre avec ses propres souhaits. Même
s’il ne la connaîtra peut-être jamais, elle existe en lui comme un fantasme stimulant. Uzanne cite
Bonaparte : « Une belle femme plaît aux yeux, une femme gaie plaît à l’esprit, une bonne femme plaît
au cœur ». Et il poursuit :
« Le plus souvent, la Parisienne, quoi qu’on en dise, réunit ces trois qualités maîtresses.
Sa beauté, ou pour mieux dire sa gentillesse, a suffisamment de piquant pour mettre en
appétit d’amour ; sa gaieté vibrante, rarement vulgaire et toujours pittoresque, reste
comme la fleur et le parfum de notre santé morale ; sa bonté naturelle, profonde,
désintéressée, affecte tous les dévouements câlins, tous les héroïsmes, toutes les
servitudes sublimes. »Jean-Baptiste Huet, vers 1780. Gravure à la sanguine.Jean-Baptiste Huet, vers 1780. Gravure à la sanguine.


Plus que toute autre femme, la chimère de la Parisienne incarne une trinité impossible : elle est mère,
putain et maîtresse en une seule personne. Un écrivain étranger a dit de la Parisienne :
« C’est une adorable maîtresse, une épouse parfois impossible et une amie souvent
parfaite. Maîtresse adorable, c’est là sa vraie suprématie, car, à quelque rang qu’elle
appartienne, elle possède le registre musical de la femme amoureuse ; elle est chatte par
les câlineries et les fantaisies enfantines, par les brusques traîtrises, les subites sorties de
griffes et les bouderies auprès de l’âtre. Ses caprices, ses fringances, ses lubies réservés à
tous ceux qui s’attachent à sa possession et restent indifférents à son cœur en font un être
de luxe que seul le maître élu, le cavalier dompteur, l’aimé, pourra conduire, dominer et
béatifier à son gré. »
Uzanne esquisse les contours d’un être narcissique qui, tout en étant le produit d’un fantasme, est
aussi une création collective. La Parisienne flatte la vanité. Le voyageur de Paris qui rencontre dans
cet être fantasmagorique ses désirs érotiques et ses vices est partout traqué par son inconscient - sous
les traits d’une putain. L’inconscient est vagabond et polymorphe ! Il suscite tant d’agitation chez le
visiteur parisien que l’expression de son regard frise la paranoïa :
« À Paris, la prostitution clandestine se manifeste partout, constate-il. Elle enveloppe
l’homme dans tous ses actes et toutes ses fonctions ; à l’hôtel, au restaurant, dans les
boutiques ou dans les magasins, dans les bureaux d’omnibus, dans les musées du Louvre
ou du Luxembourg où elle se présente sous la protection d’un Baedeker, prête à guider
les étrangers. On peut la voir dans certains mondes, même officiels, où elle apparaît
discrète, voilée, presque impénétrable […]. Elle a toutes les souplesses, emprunte tous
les déguisements, se démasque lentement et ne se livre qu’à bon escient, lorsque l’heure
est opportune. D’autres ‘clandestines’ fréquentent les expositions de peinture, le
Tattersall, Drouot, les salles de conférences, les cabinets de lecture du Bon Marché et du
Louvre, la Bibliothèque nationale. Elles y guettent des hommes sérieux et affectent
ellesmêmes de s’intéresser aux beaux-arts, aux sports, à la littérature et à toutes les chosesintellectuelles. Ce sont souvent les plus intelligentes, celles qui ont le plus d’acquis et
qui défrayent le mieux la conversation. »
Inconsciemment, Uzanne recourt à une belle métaphore qui révèle à quel point elle est stigmatisée par
les fantasmes de prostitution : il désigne les femmes comme de la monnaie vivante. À la femme vue
comme une œuvre d’art - à vendre - s’oppose l’image de l’« artificialité » de la putain.
Transfiguration et désillusion se complètent. Elle est fille de la misère et du vice : c’est la prostituée.
Ce qui la caractérise, c’est l’artifice. La « rôdeuse des fortifications » n’est-elle pas pour lui le reflet
excessivement négatif de toutes les qualités qu’il admire chez la Parisienne ? « Elle porte un tablier,
bouche ses rides avec de la brique pilée, se fait les yeux avec un bout d’allumette brûlé et plaque ses
cheveux grisonnants d’une pommade au jasmin ou à la rose, à deux sous le pot. » C’est un réalisme
cru qui tire le visiteur de Paris de son rêve d’Eldorado érotique. L’ivresse cède la place au
désenchantement :
« Le grand centre reste surtout le boulevard. Dans les cafés où elles sont admises, […]
elles ont plus de chance de rencontrer un monsieur cossu, ne serait-ce que parmi les
étrangers de toute sorte qui affluent ici, attirés par la renommée de plaisirs extravagants
qu’ils possèdent. Cette réputation est d’ailleurs singulièrement usurpée et surfaite. Rien
de plus monotone que la prostitution. Les lieux dits de plaisir ressemblent singulièrement
aux établissements analogues d’Europe ; ils ne sont pas plus gais. Partout, la prostituée
est bête, avide, ennuyée et ennuyeuse ; elle se livre à des extravagances et alors sa gaieté
est encore plus attristante et plus sombre que son habituelle passivité. Il faut vraiment
être tout à fait optimiste pour éprouver quelque plaisir à suivre ses mouvements, paroles
et attitudes de bête rusée, souvent affamée - et qui fait un effroyable métier. »« Le promenade…est’il tres amusante ! »,
extrait de la série Femme du monde, 1940. Aquarelle.Mystères de Paris, vers 1850. Lithographie.

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