Un jour, je serai un papillon à trois ailes

Un jour, je serai un papillon à trois ailes

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Livres
22 pages

Description

Un petit garçon, pas certain de ne pas être une fille ou quelqu'un d'autre, voyage dans sa tête ou par intraveineuse, ça coûte moins cher, et vagabonde d'Istanbul à «Rimoustique», vivant sa vie de pute et de star, inconnu de tous, sauf de Bella sa terrible cousine opulente de 4 ans qui lui a donné la piqûre de devenir un papillon à trois ailes.

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Date de parution 13 avril 2014
Nombre de lectures 36
EAN13 9782924094303
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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Érîç CÔÈ
U jôûr, jé ŝéràî û pàpîô À rôîŝ àîéŝ
Iûŝràîô dé à çôûvérûré pàr Màrîô Arbôà
Collection Tsunami
PROLOGUE
e suis né dans le microvillage d’Istanbul entre deux tapis J de Turquie le 32 décembre 1971, puis j’ai été transplanté à Rimoustique par le pouce pervers de mon père, un dangereux botaniste (il est le géniteur de plusieurs espèces de plantes pas gentilles), et par une mère maniaque de propreté, mais qui, par conviction, ne possédait pas de laveuse. Elle préférait en fait me lancer de l’eau de Javel — c’était notre moment de complicité! Malgré l’équilibre non absolu de ma famille (nos photos de famille penchaient toujours vers la gauche), je grandis comme de la mauvaise herbe aseptisée, ce qui bien évidemment me laissa un air vert-de-gris, quoique mignon tout de même.
ACTE 1 — MA CHAMBRE
Méŝ àîŝ, éŝ ûîŝ àîŝ Ma chambre était pour moi un lieu où l’air manquait rarement et où je pouvais aspirer à vivre aussi librement qu’un boulet attaché au pied d’un illustre inconnu. Bigarrée, elle consistait en quatre murs blancs immaculés, un plancher de tuiles blanches aux coins biscornus, le tout meublé de moi-même et de ce que je portais tous les jours, soit un drap ou un rideau blanc. Très peu d’enfants pouvaient se vanter d’avoir cinquante tuiles dans leur chambre, incluant celle que j’avais gardée secrètement (elle était un peu grise) et qui me servait d’oreiller les jours de fête.
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J’y avais tant de plaisir, surtout quand mes amis les lutins nains (ils n’étaient pas lutins nains de partout) venaient me mordiller les oreilles… Hummmmmmm! Nous jouions des heures à la cachette, à trouve-moi et bouffe-moi. Mon cœur battait tellement lorsque j’appréhendais le moment où ils allaient me découvrir (je me réfugiais toujours sous une tuile invisible) que je ne pouvais contenir mon excitation. Je poussais des cris stridents qui projetaient tout le monde dans un état second pendant lequel les sens s’amplifiaient à la puissance un.
Léŝ jôîéŝ dé ’éfàçé ŝéé fôr Pour éviter que je m’ennuie (les lutins nains ne venant pas sur moi chaque jour), ma mère m’apportait mon jeu préféré : le torchon et les produits récurrents que j’affectionnais tant. Je frottais alors toutes les aspérités de ma chambre avec ardeur, grattant chaque tuile du plancher et chaque craquelure. Je jouais avec entrain, en sautant le plus haut possible afin de pouvoir atteindre le pointu des murs, ce qui n’était pas un exploit puisque les plafonds étaient aussi élevés qu’un saint-bernard, mais bon, j’aimais bien croire que j’étais un athlète paralympique (j’aurais tant voulu vivre dans un fauteuil roulant à cette époque). Je passais des heures à me livrer à ce divertissement jusqu’à ce que, dans l’élan ultime vers la victoire, mon torchon tombe en lambeaux. Parfois, l’odeur grisante des produits avait le temps de s’insinuer en moi. J’en pleurais de joie et mes doigts dansaient de bonheur (c’est du moins ce que maman prétendait pour justifier le fait que mes yeux chauffaient et que j’avais des plaies qui se formaient partout sur mes mains de Faye Dunaway). Mon père ne me négligeait pas pour autant! Une fois par jour, il me lançait de la nourriture par la fente de la porte et je devais attraper au vol le bol rempli d’herbes diverses avant
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un papillon à trois ailes dans les prochaines semaines, peut- ê même que ça pourrait prendre encore trois ou quatre mois, j’en suis conscient maintenant, mais me voilà dans un univers où j’introduis du bien dans mes presque semblables tout en vivant à fond les derniers instants de ma féminité d’homme, épié par un patron qui se masturbe continuellement dans mon dos.Let’s talk about kleenex! Que de chemin parcouru depuis qu’un bambin sexy, marqué d’un grain de beauté en forme de papillon à trois ailes sur la fesse gauche, naquit à Istanbul au milieu de tapis de Turquie défraîchis et de parents pas si contents finalement. Un mystère demeure néanmoins : comment expliquer que le Sultan ait toujours veillé sur moi, mais qu’il ait été profondément absent lors mon pénible transit dans l’au- delà? Ma Jo Charogne et lui seraient- ils la même fucking personne? N c’est trop absurde pour quelqu’un d’aussi terre à terre que moi. Ah oui, j’allais presque oublier de me présenter… Je me nomme Il–était- une- fois!
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Édition : Chantale Boileau Illustration de la page couverture : Marion ArbonaGraphisme de la page couverture : Olivier Lasser Création de fichiers et eBookdesign : Gwen CataláRévision : Natacha Auclair
Éric Côté 1971-
ISBN : 978-2-924094-30-3  978-2-924094-31-0 978-2-924094-32-7
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