Yi-Ping
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Yi-Ping

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Description

Novembre 1995. La ravissante Yi-Ping Liang, chef de projet informatique, réalise une mission au Qatar pour une entreprise parisienne. Sur le chemin du retour elle disparaît mystérieusement.
Son patron, et amant, Paul de Kerjean, va se lancer à sa recherche, explorant toutes les pistes qui s'ouvrent devant lui afin de retrouver la trace de la jeune fille, aussi idéaliste qu' aventureuse, qui a participé activement aux tragiques événements qui ont secoué la Chine lors des émeutes de 1989.
Des services secrets chinois à son professeur de kendo, en passant par les petits voyous Picards qui l'ont agressée l'année précédente, ainsi que par son supposé soupirant Qatari, il ne négligera aucune piste afin de retrouver l'amour de sa vie.
Au travers d'un voyage qui promène le lecteur de Canton à Paris, en passant par l'ouest de la France, c'est l'occasion de découvrir enfin, grâce au format économique ebook, la vie passionnante d'une ravissante et courageuse jeune femme, particulièrement impliquée dans les grandes affaires de son temps, tellle la cause tibétaine. Ce sera aussi l'occasion d'effectuer une plongée des plus instructives dans l'histoire des débuts de l'Internet Français.

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Date de parution 09 avril 2018
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EAN13 9791022758970
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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Jean-PaulDominici Yi-Ping éditions Les trois clefs Dublié via Bookelis
Couverture :Fotos 593/ fotolia.com
L'amour n'est certainement pas un sentiment étale, il peut subir bien des variations. Tonie Marshall, réalisatrice .
Chapitre 1. Paris, rue de Paradis, le 12 Novembre 1995 Paul De Kerjean vient de présider une importante ré union de projet chez un client stratégique. Il retourne rapidement à son bureau, é puisé après avoir débattu et argumenté de longues heures avec l'équipe de son cl ient afin de résoudre une multitude de petits et de gros problèmes, ceux qui étaient pr évisibles, bien sûr, ainsi que les plus inattendus, et aussi les plus insolites, comme d'ha bitude, car ainsi va la vie pour un chef d'entreprise ! Il a, pour l'heure, l'intention d'ex aminer les CV des candidats qui lui sont parvenus suite aux dernières annonces qu’il a fait paraitre dans la presse spécialisée. Car recruter de bons ingénieurs, ainsi que des tech niciens motivés, qui bénéficient de surcroît de bonnes qualités relationnelles et d'une excellente présentation est toujours le nerf de la guerre, dans les sociétés de services in formatiques ! La moisson s'avère plutôt satisfaisante, au final ! Tous les profils sont rep résentés : des techniciens, des ingénieurs, des chefs de projet, quelques spécialis tes des nouvelles technologies, de l'Internet, et de la monétique. Il est en train de les étudier avec attention quand il reçoit cet appel téléphonique qui a pour effet immédiat de le détourner de cette occupation, et surtout de l’inquiéter au plus haut point ! C’est u n homme, jeune, qui se présente de cette façon : «Monsieur De Kerjean ? » « Oui, c’est moi-m ême ! » « Bonjour, je suis Yves Caro, l’ami de Yi-Ping, son compagnon. » S’il sursauta, c’est parce qu’elle lui avait souven t, un peu trop, peut-être, parlé de lui ! Bonjour Yves, comment allez-vous ? Bien, merci. Je voulais juste savoir si vous avie z de ses nouvelles. » Paul manifeste aussitôt son incapacité à lui donner satisfaction en lui répondant : « Pas de récentes, non, mais vous savez qu'elle est toujo urs à Doha, n’est-ce pas ? » ne pense pas qu'elle y soit toujours, non, et c'est pour cette raison que je vous Je appelle ! Expliquez- moi quel est le problème, voulez-vous. Eh bien voilà, cela fait quelques jours qu’elle n e m’a pas appelé, alors j’ai essayé de la joindre à son hôtel. Oui, et ...? bien, à ma grande surprise, on m’a dit qu’elle  Eh avait réglé sa note et qu’elle était partie ! Paul enregistre l'information et lui fait aussitôt part de sa stupéfaction ! « Partie, comment ça, partie ? Je savais que le projet arrivait à son terme et qu’elle n’allait certainement pas tarder à revenir, mais rien de plus ! Je la croyais toujours là-bas. Elle ne m'a pas informé de son intention de rentrer ces jours-ci. voyez-vous ! D’autant plus que lanon plus, et c'est bien cela qui m’inquiète,  Moi dernière fois qu’elle m’a appelé elle m’a tenu des propos, disons, un peu bizarres, du genre de ceux que je n'hésiterais pas à qualifier d 'abracadabrantesques, si toutefois j'osais m'exprimer de la sorte, à la façon d'Arthur Rimbaud ! Que vous a-t-elle donc dit de si surprenant, Yves ? aisantait, remarquez, parce que c'est uneEh bien, elle m'a dit...je ne sais pas si elle pl fille qui adore plaisanter, vous devez certainement le savoir, depuis le temps qu’elle travaille chez vous ! Elle m’a dit comme ça, et ell e me l’a dit le plus naturellement du monde, qu’elle avait peut-être trouvé son bonheur l à-bas, que le neveu de l’émir l’avait quasiment demandée en mariage ! Paul sentit une traînée de sueur glacée lui dégring oler le long du cou en entendant ces propos pour le moins iconoclastes ! le ? Et vous n'avez aucune idée deQu’est-ce que c’est encore que cette mauvaise fab l'endroit où elle pourrait se trouver. Peut-être ch ez des parents, ou chez des amis ?
e a des amis, mais je ne les connais Elle n'a pas de parents en France. Je sais qu'ell pas très bien. Je me souviens qu’elle est allée une fois, avec une copine qui s'appelle Chan, il me semble, dans un monastère bouddhiste, d u côté de Lisieux, pour une cérémonie. C'est sa religion, vous savez, ça, le bo uddhisme ! Mais je ne connais pas le nom de cette personne, et j'ignore encore plus où e lle habite exactement. Quelque part en Bretagne, si je me souviens bien ! us suis bien, qu'elle aurait disparu,êtes en train de me dire, si toutefois je vo  Vous Yves, c'est bien ça, qu'elle se serait envolée, vol atilisée, comme ça, pfuiiit ! On pourrait dire cela, en effet, oui ! Incrédule, Paul salua le garçon et appela à son tou r l'hôtel Marriott, à Doha. Ce ne fut que pour s'entendre confirmer les propos du jeune Yves Caro. Son amie et collaboratrice avait bien quitté l'établissement, en emportant tou tes ses affaires, et ce depuis quelques jours, déjà ! Le jeune chef d'entreprise se mit sur le champ en o rdre de bataille. Car pour lui il n'était tout simplement pas question de perdre du temps en vaines cogitations ! Cette jeune femme qu’il appréciait tant, celle qu'i l avait appris à aimer jour après jour, celle qui était devenue sa tendre complice, sa maît resse adorée, son amoureuse, le soleil de ses nuits, depuis maintenant quelques moi s, venait de disparaître d'une façon pour le moins inexplicable ! Il allait se lancer da ns l'heure à sa recherche et il allait rapidement la retrouver, il en était intimement per suadé ! Son instinct affûté d'homme amoureux allait le guider vers elle d'une façon inf aillible. Il la connaissait bien, il croyait tout savoir de ses qualités et de ses défauts, de s es motivations comme de ses aspirations ! Elle ne s'était toujours pas décidée à accepter de s'équiper de l'un de ces tout nouveaux téléphones portables qui venaient d'apparaître sur le marché, grâce aux opérateurs Itinéris et SFR, dont il lui avait pourtant proposé de faire prendre en charge les coûts, il est vrai prohibitifs, par la société. Peut-être craignait-elle que ce nouveau miracle de la technologie n'entame quelque peu son sacro-saint espace de liberté. Car cette fille semblait aimer ça par-dessus tout le reste, la liberté ! Il dit à Fatima, son assistante, qu'il avait une co urse urgente à faire et il fonça chez son client, celui pour lequel Yi-Ping réalisait cette i mportante mission, soit la Banque Nationale du Commerce. Alexandre Germi le reçut avec courtoisie dans son fantasque bureau au surprenant décor animalier. Depuis la dernière fois qu'il y était en tré, le directeur de la communication avait ajouté un superbe ours blanc, errant avec nonchalan ce sur sa banquise, à son impressionnante collection de posters. Avait-il pri s cette photo lui-même, comme c'était le cas pour les autres? Le banquier avait d'abord adop té en l'écoutant un air méditatif, empreint de perplexité, qui devint vite franchement soucieux. Je ne comprends vraiment pas, lui dit-il ! Il lui parut être particulièrement embarrassé ! « Elle devrait être arrivée depuis longtemps. Elle est partie de Doha le 3 Novembre, à 10 heures. C’est une chose dont je suis certain, parce que c'est ma secrétaire qui a réservé son billet. Le projet était terminé, elle nous a d' ailleurs envoyé tous les documents de bonne réception, très bien rédigés, et signés de la main même de l'émir ! » L’agence de Qatar Airways était installée sur les C hamps-Élysées, au rez de chaussée d'un bel immeuble haussmannien en pierre de taille. Paul, fébrile, s’y rendit dans les minutes qui suivirent. Il y avait beaucoup de monde dans ces locaux agréab lement meublés et décorés, mais devant son insistance et la profonde inquiétude qu' il manifesta, il ne cessait en effet d'arpenter le vaste hall vitré de long en large, co mme un jaguar en cage, on finit par le recevoir. Une belle jeune femme brune portant l’élégant unifo rme couleur aubergine de la compagnie le fit asseoir dans son bureau.
« Voyons ça de plus près, le 3 Novembre, vous dites ». Elle plongea son visage dans ses listings, puis elle releva sa jolie tête aux cheveu x bouclés pour lui sourire et le regarder au fond des yeux. « Oui, je vous confirme que madem oiselle Liang était bien à bord de cet appareil. Elle est donc arrivée normalement à R oissy, à 18h15. Il n'y a pas eu de problèmes de ce côté là. Je vais néanmoins me rense igner, voir qui était la chef de cabine de ce vol et je lui demanderai si elle a rem arqué quelque chose d'anormal. Je vous rappelle sitôt que j’aurai des informations. » Paul lui tendit sa carte et la remercia. Il rentra à son bureau où l’attendaient les affaire s quotidiennes de son entreprise, qu'il ne pouvait pas se permettre de négliger, car trop de m onde dépendait de ce business pour vivre, et il entreprit de se plonger dans une profo nde réflexion, plutôt dans une profonde méditation, dirais-je ! Où pouvait-elle être, et surtout pour quelle raison ne donnait-elle pas de ses nouvelles ? A cette troublante question il ne vit, après l'avoi r tournée et retournée dans tous les sens sous son crâne, qu’une seule explication plausible : Si elle ne se manifestait pas, ni auprès de lui, ni de Yves, c’est qu’elle n'était pa s en mesure de le faire, tout simplement ! Quelque chose, ou quelqu’un, l’en empêchait ! Une s ourde inquiétude commença à le gagner. Des sordides images d'enlèvement, de brutal e agression sexuelle, affluèrent et parasitèrent bientôt son esprit fragile d'homme amo ureux. Paul se dit toutefois qu’il ne fallait en aucun cas se laisser aller et céder à un affolement irrationnel, parce que le pire n'est jamais certain , et que la panique est toujours mauvaise conseillère. En toutes choses il souhaitait garder la tête froide, et procéder avec ordre et méthode. C'était sa façon de travailler depuis touj ours et il allait traiter ce nouveau problème, aussi grave qu’imprévu, comme s'il s'agis sait d'un nouvel avatar, d'une difficulté survenue de façon inattendue au cours d'un projet. Il allait commencer par réunir toutes les informations disponibles, prendre des no tes, les ordonner et réfléchir longuement, avant d'engager les actions qui lui sem bleraient les plus pertinentes et les plus radicales ! Le lendemain matin, après une mauvaise nuit, pendan t laquelle il souffrit d'un déplaisant sommeil, qui fut agité et peuplé de cauchemars, il décida de se rendre au commissariat de la rue Louis Blanc, parce qu'il avait jugé qu'il était préférable de commencer par le commencement, qui consistait à prévenir les autorit és compétentes ! Il ne devait certainement pas, dans un cas comme celui-ci, reste r seul dans son coin, car il n'arriverait à rien de bon de cette façon. Et surto ut il lui fallait faire vite, parce qu'elle se trouvait peut-être en danger ! Ainsi, plus ils sera ient nombreux à la chercher, plus vite ils seraient sur une piste, cela lui sembla être une ce rtitude absolue ! Il se rendit donc dans ce commissariat du quartier, situé dans un local peu reluisant, pour ne pas dire miteux, un peu comme s'il venait de sur gir d'un autre siècle, qui sentait le renfermé, et duquel émanait une curieuse odeur fait e d'un mélange de produits d'entretien et de tabac. Il y fut reçu par un jeune inspecteur qui ne lui accorda qu’une attention toute relative, polie, courtoise, certes, mais sans plus. « C’est une de vos employées, vous me dites », pron onça-t-il sur un ton las. Il semblait lui aussi avoir passé une mauvaise nuit. Puis il pa rut soudain sortir de sa léthargie pour ajouter, inexplicablement réveillé et semblant comm e illuminé, et même porté par une joie malsaine. Il sembla en fait être étrangement s oulagé. « Vous n’êtes pas de sa famille, alors, si je compr ends bien », jeta-t-il négligemment au visage de Paul.  Vous comprenez très bien, mais excusez moi, je ne vois vraiment pas où est le problème !  Ah, parce que c''est embêtant, dans ce cas, vous n'ignorez pas pour faire une RIF, il faut obligatoirement avoir un lien de parenté avec la personne recherchée ! Paul eut le plus grand mal à en croire ses oreilles , alors il se dressa, comme un coq qui serait monté sur ses ergots pour remettre de l'ordr e dans sa basse-cour en folie. Cette réponse des plus incongrues eut le don de l'énerver au plus haut point. Alors il haussa
élibérément le ton ! RIF ou pas RIF, ce que je veux, c’est la retrouve r, et vite, sa vie est peut-être en jeu, et jives salades, monsieur ! parce quee n'ai pas de temps à perdre avec vos incompréhens cette jeune femme n’est pas seulement une employée, c’est aussi une amie, et même une amie très proche, ajouta-t-il avec fermeté, ne laissant ainsi subsister aucune ambiguïté sur la nature réelle de leur relation ! Un homme au costume impeccable et à la moustache so ignée, qui détonnait un peu au cœur ce décor misérabiliste s’approcha d’eux d'un p as décidé, sans doute avait-il été attiré par le ton qui montait entre les deux hommes . Il se pencha vers son collègue. Que se passe-t-il, Norbert, demanda-t-il ? monsieur le commissaire, monsieur De Kerje an vient nous signaler... Il lui Voilà, expliqua toute l’affaire. Le commissaire eut assurément à cœur de se montrer plus impliqué que son subordonné. Nous ne pouvons pas lancer une recherche dans l’i ntérêt des familles, je suis d'accord avec vous, Norbert. Mais par contre, d'après ce que nous dit monsieur, on se rapprocherait beaucoup, dans ce cas, d’une disparit ion inquiétante ; et là, je vous rappelle qu'il existe une procédure, toute nouvelle , je vous l’accorde, puisqu' elle n'a été mise en place que cette année ! Mais elle existe be l et bien, et nous allons immédiatement la mettre en œuvre ! Il se tourna vers Paul. Ses yeux gris exprimaient l a compréhension et la commisération.  Suivez-moi, installer au premier étage, dans lemonsieur de Kerjean, vous allez vous bureau de l’inspecteur Lebret ! Je vais le prévenir , et vous lui donnerez toutes les informations dont vous disposez sur cette personne. Son domicile d'abord, puis son métier, son histoire personnelle, les gens qu’elle a l'habitude de fréquenter, ses collègues de travail, ses amis, ses loisirs. Ah oui, si vous aviez une photo, aussi, ce serait parfait ! A partir de là, je vous certifie que nous ferons to utes les vérifications qui s’imposent, et qui sont de notre ressort. Je sais qu'on a trop tendance à penser que la polic e se tourne les pouces, monsieur de Kerjean. Mais je vous assure que ce n’est vraiment pas le cas ! La preuve en est que chaque année, 90% des personnes disparues sont retr ouvées. Et même retrouvées vivantes ! Nous allons donc faire notre travail, celui pour le quel on nous paie ! Nous allons commencer par les vérifications de routine auprès d es hôpitaux, des pompiers…mais que cela ne vous empêche pas de faire vos propres r echerches, de votre côté ! Puiqu’elle est Chinoise, est-ce qu’elle ne serait p as retournée dans son pays ? Vous avez vérifié ? Non, pas encore ! Sous le regard accusateur de son interlocuteur, Pau l se sentit blâmable, coupable de quelque impardonnable négligence ! Le commissaire remarqua son trouble et il lui parla dès lors sur un ton plus sec. Eh bien, faites-le donc, mais qu'attendez-vous ? Puis il sembla s’abîmer dans une profonde réflexion , il baissa la tête et la releva à plusieurs reprises, le visage soudain éclairé comme s'il venait de recevoir une révélation d'ordre divin ! xactitude dans quelles conditionsmonsieur De Kerjean, savez-vous avec e  Dites-moi, cette jeune femme est entrée sur notre territoire ? Oui, répondit Paul, comme étudiante, boursière du gouvernement français. Êtes-vous certain de cela ? Quasiment, oui. Le commissaire afficha de nouveau un air exaspéré p our lui rétorquer avec un
imperceptible mouvement de colère. Quasiment, ce n'est pas ce que j'appelle une cert itude, monsieur De Kerjean, vous en conviendrez, je pense ! de de ses dires, je n'avais d'ailleurscomprends, mais je n'ai pas vérifié l'exactitu  Je aucune raison de le faire. Je lui ai fait confiance , c'est une amie, je vous dis ! Mais pourquoi me posez-vous cette question ?  Confiance, confiance ! Savez-vous où cela mène, m onsieur De Kerjean, de faire aveuglément confiance ? Je vous pose cette question , parce que... Il y a eu de très nombreux problèmes, ces derniers temps, avec des je unes femmes Chinoises qui sont arrivées clandestinement sur notre sol ! Et qui ava ient ensuite été retenues de force, séquestrées, dans des établissements, disons, des s alons de massages un peu spéciaux, des bordels, en fait, le temps de gagner l'argent nécessaire au remboursement de leur énorme dette envers leur passeur ! Non, je ne pense pas que ce soit judicieux d'expl orer cette piste. En fait je ne suis sûr que d'une chose, c'est qu'elle est bien arrivée à R oissy, le 3 Novembre en fin d'après-midi. Qu'a-t-elle fait ensuite ? C'est la seule question que je me pose. Soit elle a pris le RER pour rentrer chez elle, soi t elle a pris un taxi, il n'y a quand même pas trente-six possibilités ! Un taxi ? ! Paul paru songeur, préoccupé, tout à coup. - Il y a déjà eu des problèmes sérieux avec des cha uffeurs de taxi, n'est-ce pas, interpella-t-il le commissaire ? bien sûr, mais ils ne sont pas aussi fréquen  Oui, ts que ce que nous pourrions le craindre de prime abord !. La seule histoire significative qui me revienne à l 'esprit est assez récente. Il tira son visiteur par le bras pour l'entraîner un peu à l'éc art, vers un angle de la pièce, afin de lui raconter une histoire édifiante. Nous avons eu le cas d'une jeune femme de 24 ans, c élibataire sans enfant, qui a déposé une plainte il y a quelques mois pour agress ion sexuelle contre l'homme qui la ramenait, un soir de plein hiver, de Roissy à son d omicile. Celui-ci a commencé à lui tenir des propos obscènes, se répandant sur sa vie sentim entale, qu'il lui présenta comme étant " libérée ", allant même jusqu'à détailler le s rapports sexuels qu'il avait eu avec plusieurs clientes, dont les photos érotiques qu'il en avait prises seraient stockées chez lui. La cliente, choquée par l'audace débridée du c hauffeur, qui bénéficiait d'un physique imposant, c'était un homme particulièrement costaud , au crâne rasé, porteur d'une boucle d'oreille et de nombreux tatouages qui le fa isaient ressembler à un guerrier Maori, vêtu d'un simple sweat-shirt de supporteur de footb all, a d'abord joué l'indifférence et la politesse. Cependant la peur a commencé à s'emparer d'elle au moment où elle a souhaité s'arrêter devant un distributeur de billets, non loin de chez elle, et que le chauffeur a refusé d'obtempérer, souhaitant même la conduire plus loin , à un autre distributeur. Après lui avoir finalement remis l'argent de la course, la cl iente lui a demandé de la déposer à l'angle de sa rue, sans préciser d'adresse, de crai nte qu'il ne repère le lieu. Au dernier feu rouge avant l'arrivée, l'homme s'est retourné, a posé avec insistance sa main sur sa cuisse et s'est approché d'elle avec l' intention manifeste de l'embrasser. Là, il nous faut reconnaître que, par bonheur, elle a e u un réflexe salutaire, car au moment où le chauffeur lui a demandé son numéro de télépho ne, elle lui a fait croire qu'elle vivait avec un petit ami et qu'il n'était pas prudent de l e lui donner tout de suite, mais elle lui a assuré qu'elle l'appellerait s'il lui donnait le si en, ce qu'il a fait, ce ballot, croyant flairer la bonne affaire... Mes collègues ont ainsi pu l'identifier, l'interpeller et découvrir, en fouillant chez lui, 700 clichés, soigneusement archivés et ca chés, dont certains montraient effectivement des femmes en sous-vêtements, allongé es, dans des positions suggestives, sur la banquette arrière d'une voiture .

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