55 heures à Paris
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Description

Camille, provincial marié à la vie bien rangée, se décide, à l’occasion de quelques jours de solitude, à enfin rencontrer Margot la Maîtresse parisienne qui hante virtuellement ses nuits depuis très longtemps. Pendant ces quelques 55 heures à travers Paris, sa vie va basculer au fil des manipulations, des surprises et des rencontres que sa Maîtresse lui a réservées.
Mais dans ce tourbillon ce n’est pas juste sa vie qui va prendre un nouveau tournant, mais celles de trois autres personnes avec qui il va former un quatuor sensuel et sans tabous.


***



Extrait :


La poignée bascule, la porte s’ouvre. C’est Mathilde dans sa belle robe marine. Elle verrouille la porte derrière elle. Je la regarde. Elle sourit.
— Bien, nous y voilà .
Elle s’avance vers moi.
— Je suis là pour te donner les règles du jeu... et aussi te préparer.
— Oui OK..
— Écoute bien car je ne le répéterai pas. Première chose : Tu dois obéissance à nous quatre ce soir. Ce n’est pas seulement Margot ta Maîtresse cette nuit. C’est aussi moi, Charlotte et Pierre.
— Oui, compris.
— Bien. Ensuite tu connais le principe du safe word ?
— Oui, je crois. Un mot pour tout arrêter si cela va trop loin pour
— Oui c’est cela. Ce safe word cette nuit sera « Botticelli », O.K ? Nous le connaissons tous les 4.
— Oui, très bien c’est compris.
— Bien. Maintenant défais ton pantalon et montre-moi ta bite.
Je la regarde, surpris de ses manières si assurées, si fermes. Elle que je sais si pleinement soumise à toi. Je lui obéis. Défais ma ceinture et fais tomber mon pantalon sur mes chaussures. Je suis assez excité et ça se voit.
— Oh merde tu bandes comme un âne... Ça va pas me simplifier les choses... Asperge toi d’eau froide, fais quelque chose mais fais-moi débander tout ça !

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 11
EAN13 9791034806713
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0045€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

55 heures à Paris
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Camille Chardon
 
 
 
55 heures à Paris
 
 
 
Couverture : Maïka
 
 
 
Publié dans la Collection Indécente ,
Dirigée par Eva Adams
 
 
 

 
 
 
© Evidence Editions 2018
 
 
 
 
 
Pour M, amie et tellement plus.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Avertissement
 
 
 
 
Texte réservé à un public majeur et averti
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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Carine a pris deux jours pour aller voir sa mère et sa sœur. Je dois la rejoindre en avion dimanche matin avant que nous ne partions en vacances depuis Satolas. Tout d’abord je me suis juste dit que j’allais avoir deux jours de célibat en ce beau mois d’août. Puis je pense à toi. Beaucoup trop. Le lundi soir, nous avons un long dialogue délicieusement épicé. Je te parle de jeudi, vendredi et samedi soir. De ma future solitude. Tu ne me pousses même pas. Et puis le lendemain, après une nuit presque sans sommeil, je pose, sans rien dire à Carine, ma journée du vendredi… la boule au ventre.
Le soir, je te l’annonce. Mon TGV arrivera tard jeudi soir. C’est qu’il y a tout de même 5 heures de train. À presque 23 h… presque « notre » heure. Je repars dimanche très tôt. L’avion de Paris arrive presque à la même heure que celui par lequel je devais arriver à Lyon. Je pourrai faire « comme si » … Cela va faire quelque chose comme 55 heures parisiennes pour moi. Tu ne peux pas te permettre de poser ton vendredi. Pas de souci. Je ferai du shopping.
Bizarrement, on ne parle presque pas le mercredi, même le soir, tu as un dîner prévu depuis longtemps. Et quand arrive le jeudi, que je dis « à dimanche » à Carine en partant bosser, je suis plein de doutes. À me demander si je ne vais pas tout annuler ou si tu seras vraiment là au rendez-vous à Montparnasse. Je prends quand même mes billets et mon sac. Le cœur battant, mais sans joie ni espoir.
La journée file à toute allure. Et mes doutes ne font que grandir. À peine si nous échangeons deux mots. Tant de choses à finir avant les vacances. Et toi qui as du monde. En ligne, tu es presque froide. Comme si je t’ennuyais. J’ai peur. Je regarde mes billets 20 fois. Je pars déprimé vers la gare, faisant déjà des projets si je ne trouve personne sur le quai. Ton silence dure tout l’après-midi. À peine si tu écris « OK » quand je t’envoie un message pour te dire que mon train démarre. La boule dans mon ventre semble grossir à chaque kilomètre. Au bout d’un moment, je n’ose plus regarder mon téléphone. Je fais comme si j’allais juste à Paris. Faire du tourisme. Mais ça ne calme pas mon ventre…
Le train est plutôt vide. Quelques Parisiens qui rentrent de vacances. Mais un jeudi soir ce n’est pas l’affluence. La nuit est tombée. Mon moral aussi. Je pense à toi comme on pense à une ex, à un songe, à un souvenir. Je regrette d’être là. Me sens con. J’appelle Carine. J’ai si honte de lui mentir. Je cherche un hôtel sur le web. Et les lumières reviennent, celles des banlieues qu’on traverse. Le train ralentit. Puis s’arrête. Comme un robot, je me lève. Il fait chaud, comme il fait chaud en ville. Lourd et humide. Quand je mets le pied sur le quai, j’étouffe.
 
 
 
 
H1
 
 
 
Jeudi 22 h 58
 
Je ne cherche même pas ton visage. Suis descendu avec mon petit sac de voyage et me dirige directement vers les lumières de la gare, la sortie. Comme si je fuyais. Je remonte un wagon, deux wagons, saoul, fatigué, perdu, en colère contre moi, presque en courant. Et c’est là que je sens cette main me prendre par l’épaule m’arrêter, me retenir. « Mais où tu vas, Camille ?!! » Je n’ai jamais entendu le son de ta voix. Elle est claire, forte, avec un drôle de petit accent. Je me retourne. M’évanouis dans tes yeux et ton sourire. Je tremble. Tu me serres le bras si fort. Je veux parler mais je n’arrive pas à sortir un son de ma gorge. Tu es encore plus grande que je l’imaginais. Et évidemment bien plus belle. Tes bras me tirent vers toi et tu me serres fort. Ton corps, le mien, la chaleur de ce soir d’août, sur ce quai, tout à coup, il fait mille degrés. Je suis en enfer. Et si heureux de brûler vif.
Puis tu me lâches, me laisses tomber serait plus exact. Ton regard a changé. Tu fronces les sourcils : « C’est comme ça que tu t’habilles pour notre rencontre ? Je pensais que tu savais pourquoi tu venais… » Je bafouille. La réalité de mon statut, doucement construit pendant ces centaines, ces milliers d’heures en ligne, me tombe dessus. Je suis bien devant Ma Maîtresse. Elle est là et je suis venu ici pour passer un nouveau cap dans mon dressage, dans mon lent naufrage dans ce que j’ai découvert en moi : un univers de vice et de perversité dont je suis un jouet. « Oh… Excuse-moi… je pensais tellement que tu ne serais pas là. » Je suis en mode panique. Si je pouvais, je partirais en courant. Mais ton regard, ton regard…
« Allez, tu l’as dit toi-même, nous n’avons que 55 heures, on va arranger ça. » Tu me tires par le bras et m’entraînes sur le quai vers la gare. Tes talons raisonnent sur le béton, je ne vois pas les regards curieux des passants qui te voient quasi me traîner, m’enlever, j’essaie juste de ne pas tomber et de m’accrocher. Tu m’emportes comme un orage emporte un fétu de paille.
Les gens doivent bien se demander ce que fait ce couple sans enfant et pressé à s’engouffrer dans la cabine « change bébé » de la gare. Je manque de m’écraser contre le lavabo tant tu me pousses avec ardeur. « Montre-moi ce qu’il y a là-dedans. » Tu m’arraches mon sac des mains, l’ouvres, fouilles. « Enfile ça, et puis ça, pas de caleçon, bien sûr, et tu mets ça évidemment. » Tu me tends mon costume noir, ma chemise blanche, ma cravate Vuitton et mon collier, notre collier, ton collier. Pendant que je me déshabille à la hâte, sans réfléchir, tu continues à fouiller. Je te vois récupérer mon rosebud, le glisser dans ton sac. Puis tu prends mes caleçons, les bourres en tas dans la petite poubelle pleine de couches sales de la cabine. « Tu n’as pas besoin de ça d’ici à ton départ. » Tu fais de même avec celui que je portais il y a quelques instants. Puis, sans un mot, tu me tends mes chaussures anglaises, reliques de l’époque où je fréquentais le monde du luxe parisien. Essoufflé, je termine ce changement de look express. Je suis en nage. Je tremble pour accrocher le collier et tu finis par m’aider à le fermer. J’enfile ma chemise et ma cravate qui le cachent. Tu fais un petit temps d’arrêt. Un sourire. Je baisse les yeux. « Regarde-moi. » Je relève un peu la tête. « Allez, en route, Paris nous attend. » Tu me tires par le bras. Je n’ai que le temps de m’apercevoir une fraction de seconde dans le miroir avant que nous sortions en trombe. En cinq minutes, suis passé du vacancier au businessman.
Toujours emporté par cette vague qui m’a pris par surprise sur le quai, je me retrouve à côté de toi dans un taxi quelques secondes plus tard. Avons-nous vraiment traversé le hall de la gare ou m’as-tu téléporté là avec tes pouvoirs de sorcière ? Je ne saurais dire. Je n’ai même pas entendu l’adresse que tu as soufflée au chauffeur. La clim à fond de la voiture est comme une bouffée d’air frais. Je peux enfin mieux te regarder. Tu es superbe en robe rouge. Tes cheveux en chignon, tes jambes blanches, nues, des talons magnifiques, aussi rouges que ta robe. Le décolleté indécent interdit tout soutien-gorge. Tu dégages un charisme encore plus fort que celui que j’avais imaginé. Si je ne l’avais pas déjà perdu, tu me couperais le souffle. On entend d’ailleurs que ça dans le taxi, ma respiration désordonnée, paniquée. Tu n’es que contrôle, je ne suis que confusion.
Tu as pris quelques instants pour tapoter sur ton téléphone. Puis tu me regardes. Je baisse les yeux. « Tu es prêt j’espère ! Car tout est prêt et j’espère bien ne pas avoir travaillé pour rien. L’annonce de ta venue à la dernière minute m’a donné beaucoup de taf… Mais tu ne seras pas déçu. » Je n’ose rien répondre. Je regarde les lumières de la ville. Les mains crispées sur mon sac. Pour la première fois depuis que je suis descendu du train, je sens poindre l’excitation que je suis venu chercher.
Tu poses ta main sur ma cuisse. J’ai l’impression qu’elle me brûle. Tu me souris, presque amicale. Puis te penches vers moi et souffles à mon oreille : « Je commencerais bien là tout de suite, mais le taxi n’arrête pas de nous reluquer… En tout cas, tu es juste comme je t’imaginais. C’est parfait. » Je n’ose, ne serait-ce que te regarder. Je tremble de tout mon corps et, déjà, la chaleur envahit mon bas-ventre, mon sexe gonfle. Je ne bouge plus. Regard un peu vide. Je suis rouge, je le sens. Et je sens aussi que tu es heureuse de la gêne que tu viens de provoquer.
Nous roulons vers le centre. Dans les beaux quartiers de la rive gauche. Le taxi s’arrête devant un bel immeuble haussmannien. « Bienvenue chez moi », dis-tu avant d’ouvrir la porte. Tu paies la note et me prends le bras. Le bruit des talons dans le calme de la nuit. Nous voilà presque seuls. Tu pousses la porte de l’immeuble. Je l’entends se refermer derrière nous. Bruit de métal, de serrure. Je frissonne. Là, je ne peux plus reculer.
Le hall est désert. Je te suis. Alors que l’on arrive devant la première marche de l’escalier, tu te retournes. Avances vers moi. Je n’ose bouger puis tu me pousses vers le mur. Coincé, dos contre la paroi, je te regarde. Paniqué. Tu poses ta main sur mon épaule. Fermement. Puis tu m’embrasses à pleine bouche. Après un moment de surprise, je te rends le baiser. Ta main libre glisse entre mes jambes. Tu passes ta main sur mon pantalon, flattes mon sexe à travers le tissu. Je bande si fort. Tu retires ta main, lâches mon épaule. Souriante. « Je voulais juste vérifier que tout ça t’excite autant que moi… Montons. »
Tu appelles l’ascenseur. Je reste tête baissée, nerveux. J’ai l’impression qu’il prend des heures à arriver. Je n’ose pas te regarder. J’admire tes jambes. La porte s’ouvre. Comme happé par la machine. Je me demande un instant si tu vas vouloir profiter de moi dans l’intimité de ce petit espace. Tu restes immobile. L’ascenseur s’arrête et s’ouvre sur ton palier. Tu me tires par la main. Tu ouvres la porte et elle se referme sur nous avant que j’aie eu le temps de réaliser que j’étais désormais chez toi. Dans ton antre, ton refuge.
 
 
 
 
H2
 
 
 
Vendredi 0 h
 
Tu as posé tes clés en vrac sur le meuble du hall d’entrée. « Ne t’en fais pas, on ressort bientôt. Faut que tu profites de Paris tout de même. » Sans même me demander, tu prends mon sac de mes mains et le poses dans un coin du hall. « On verra ça plus tard. » J’ai l’air d’un idiot, piqué, planté dans ton couloir. « Eh bien, rentre ! » me lances-tu en ouvrant la porte de droite. Je passe la porte et me retrouve dans le salon. Tu es restée derrière moi. Je jette un coup d’œil d’ensemble. Un grand canapé, des meubles modernes, stylés, une belle chaîne hi-fi, une grande bibliothèque, des disques, une petite télé. Tout parfaitement en ordre, un peu froid peut être. Un rien impersonnel.
Au bout de deux ou trois secondes, une silhouette surgit de derrière le canapé. Une belle femme, jeune, était assise là en silence et me regarde souriante, debout maintenant. Sa finesse, sa taille, ses beaux cheveux bruns, je devine que c’est Mathilde immédiatement. « Nous voilà », lances-tu à la volée en brisant le silence. « Mathilde, voici Camille ! Camille, Mathilde. » Elle porte une robe très chic, bleu marine, cintrée, sans manches et ras le cou. Je n’ai pas encore vu qu’elle montre aussi largement le dos nu de Mathilde. Des talons aiguilles vertigineux. Je la pensais belle, mais je n’avais pas imaginé une telle classe un peu arrogante. Elle a tout de la parfaite petite bourge parisienne, sortie des pages mode de Marie Claire . Je m’approche d’elle. Lui tends la main, elle la serre doucement. Sans te voir, je sens que tu jubiles de cette rencontre.
Je me retourne vers toi. Je sens la grande complicité entre vous. Et vos regards sur moi. Tu brises le silence. « Bon, j’ai un dernier call à faire avec New York, donc, comme je ne voulais pas te laisser seul le temps que je termine, j’ai demandé à Mathilde de passer… Je n’en ai pas pour longtemps, vingt minutes maximum et ensuite, on te sort, OK ? » Je n’ai pas vraiment le choix et te souris un peu gêné. Tu es déjà sortie de la pièce vers, j’imagine, ta chambre ou un bureau. La porte se ferme. Me voilà seul avec Mathilde.
« Assieds-toi, tu vas pas rester debout ! » Je m’installe dans le gros fauteuil club en cuir noir à côté du canapé où Mathilde vient de se rasseoir. « J’espère que tu ne nous attendais pas depuis trop longtemps.
— Oh non, ça va, on s’est retrouvées ici vers 9 heures, Margot voulait me baiser avant d’aller te chercher. Pour faire baisser la tension comme elle a dit. »
Elle dit ça parfaitement naturelle, sans aucune pudeur. Je bafouille : « Oh, OK… je vois… » Elle continue sur le même ton désinvolte et un peu provocateur. « Et puis bon là je vous attendais patiemment depuis qu’elle est partie. De toute façon, Margot s’était assurée que je ne ferais rien sans vous… » Elle se tortille sur le canapé pour remonter sa robe sur ses hanches et me montrer une ceinture de chasteté métallique. C’est la première fois que j’en vois une « en vrai ». J’imagine qu’elle a dû voir mes yeux s’écarquiller de surprise.
Elle sourit. « Margot m’a donné quelques instructions, alors si tu permets… » Elle se lève et s’approche de moi avec une feuille de papier. « Ça, c’est sa check-list… Voyons… 1/Pas de caleçon. » Sans faire attention à moi, elle ouvre ma braguette. « OK. » « 2/Collier. » Elle tire sur mon col, ouvre ma cravate… « Oui, ça, c’est OK… 3/Dans le sac, boules, rosebud, strap, gag, foulard et gode. » Elle fait quelques pas vers le meuble de la télé, ouvre un tiroir, sort un petit sac à main de cuir noir allongé, l’ouvre, fouille dedans quelques secondes. « OK. » Elle le pose sur la table basse. « 4/Nettoyer son cul. » Elle me fixe. « Tu as entendu ? Allez, vite, on n’a pas le temps ! » Ne sachant que faire, je la regarde l’air un peu paniqué. « Allez, Camille, tourne-toi, montre-moi ton cul ! » Je me lève, hésitant, puis me tourne, à genoux sur le fauteuil face au dossier. Je baisse mon pantalon. Me cambre un peu, fesses offertes. « Voilà, c’est bien. » Je n’ose regarder. Je sens ses mains se poser sur mes hanches, puis sa langue qui glisse sur ma raie avant d’appuyer sur mon anus. Elle lèche, consciencieuse. Ça ne dure même pas une minute. « OK. Bon, on est OK. Tu es prêt. » Je décèle enfin un sourire sur son visage d’ange déchu. Je me rassois normalement. Le ventre noué. Bien plus excité que je ne voudrais l’être.
Elle retourne la feuille. « Bon, une dernière petite chose que Margot m’a demandé de faire. Tu la connais, elle n’est pas avocate pour rien. Elle a rédigé un petit texte qu’elle veut que tu signes. »  Elle me tend un lourd stylo à plume de luxe. Je le prends puis me penche sur la feuille. Je lis. « Je soussigné, Camille Chardon, m’engage à ne pas engager de poursuites tant pénales que civiles envers Mlle Margot Y ou n’importe quelle personne qu’elle m’aura fait rencontrer durant la période allant du vendredi 12 août 2016, 0 h 15, heure de Paris au dimanche 14 août 2016, 6 h, heure de Paris. C’est libre et consentant que j’accepte d’assumer l’entière responsabilité de ce qu’il se passera durant ce laps de temps. Je m’engage personnellement à ne pas discuter les ordres et instructions que Mlle Y et les personnes qu’elle m’indiquera comme devant être obéies me donneront pendant cette période. Le 12 août 2016. Signature : » Je regarde Mathilde. Elle ne dit rien. Juste un petit sourire au coin des lèvres.
« Un souci, Camille ?
— Non. »
Je signe, enfin j’essaie tant ma main tremble. Mathilde reprend la feuille. La plie. La glisse dans une enveloppe et la met dans le sac noir. « Voilà. Il n’y a plus qu’à attendre Maitresse. »
Comme si tu nous avais observés de loin, il ne se passe pas dix secondes entre ce « Maîtresse » et le bruit de la porte qui s’ouvre derrière nous. Tu apparais rayonnante et les yeux brillants. Tu lances joyeuse : « Vous êtes prêts ? » Mathilde se lève, prend le sac noir. Je fais de même. Je n’ose exprimer le moindre sentiment. Presque au « garde-à-vous ». « C’est parti alors !! » Tu ouvres la porte en grand pour nous laisser sortir en premier. À mon passage devant toi, tu palpes mes fesses avant de leur donner une petite tape. Mathilde a ouvert la porte d’entrée et appelé l’ascenseur. Silence sur le palier. Juste le bruit de la cabine qui monte vers nous. Sensation que vous m’observez toutes les deux. Je reste tête baissée. C’est juste quand la cabine s’immobilise et que je relève la tête que je m’aperçois que tu as glissé ta main sous la robe de Mathilde. Tu lui pétris la fesse droite après avoir remonté le tissu de son fourreau bleu marine sur sa taille tout en jouant avec le rebord de la ceinture de chasteté. Tu la tiens par l’épaule, calée derrière elle. Tu lui souffles à l’oreille et le bruit de l’ascenseur qui s’ouvre m’empêche d’entendre ce que tu lui dis. Mathilde a perdu son sourire béat en tout cas. Tu la pousses dans la cabine et je vous suis. La porte se referme. Nous descendons. Tu as lâché ta jolie prise qui essaie de se rhabiller visiblement émue, perturbée. La porte qui s’ouvre enfin me donne assez d’air pour ne pas défaillir tant la tension a monté de plusieurs crans subitement. Tu ne souris plus. Tu ne joues plus. Nous traversons le hall d’entrée de ton immeuble. Dehors, l’air est encore plus chaud et humide que lors de mon arrivée tout à l’heure. Le bruit de nos pas sur le trottoir. Comme hésitant, je prends quelques mètres de retard. Subitement, l’idée de m’enfuir me traverse l’esprit. Je m’arrête. Regarde autour de moi la ville endormie. Vois passer une voiture. La rue déserte derrière moi semble m’appeler. « Camille ! Que fais-tu ? Allez, dépêche-toi !! » Ton ordre claque. Me remets d’aplomb. Un dernier regard vers l’autre côté et je me mets presque à courir pour vous rejoindre. Je sais que c’était ma dernière chance de ne pas assumer ce pour quoi je suis venu. À la station de taxis, tout va très vite. À peine quelques secondes d’attente et nous voilà en route vers la rive droite. Je suis assis entre vous. Je serre les jambes, baisse la tête. Comme si je priais.
Le silence est assez pesant. Je sens que le chauffeur a du mal à se concentrer, il faut dire qu’avec toi et Mathilde… Je sens ses yeux plus souvent dans le miroir que fixés vers la chaussée. Tu ne dis rien. Sûrement pour ne pas faire redescendre la tension. Mathilde semble plongée dans ses pensées. À cette heure, au mois d’août, les rues sont vides. Le voyage est rapide. Nous avons traversé la Seine et nous remontons à travers le 8 e vers le quartier des Champs. Je n’ai pas entendu l’adresse que tu as donnée en partant, mais il ne faut pas plus de dix minutes à notre voiture pour s’arrêter dans une petite rue proche du Rond-Point des Champs. L’entrée du bar où tu nous emmènes semble s’enfoncer en sous-sol. Pas de grand néon ou de terrasse. Une adresse très discrète, semble-t-il. Mais vu les voitures de luxe qui manœuvrent autour de notre taxi et les tenues des gens que je vois se diriger vers cette porte, la clientèle s’annonce très chic. J’ai à peine mis pied à terre que le taxi redémarre. Tu me prends par le bras. Sans sourire, mais sans l’air sévère que tu avais tout à l’heure. Mathilde nous suit. Le cerbère de l’entrée nous laisse passer souriant. Son collègue nous ouvre la porte. « En scène », me souffles-tu à l’oreille en passant le seuil.
 
 
 
 
H3
 
 
 
Vendredi 1 h
 
Le White Cellar a tout l’air d’un bar classique à première vue. Compte tenu du quartier, évidemment, la clientèle est chic, trendy, voire classe. J’espère ne pas paraître trop vieux ni trop mal fagoté avec mon costume un rien démodé. Je jette un coup d’œil panoramique. Ouf, j’ai échappé au piège du donjon BDSM que je craignais tant ! Tout a l’air parfaitement normal ici. Nous nous fondons plutôt dans la masse parmi d’autres groupes de jeunes gens en tenue de soirée. La musique électro n’est pas trop forte, le bar n’est pas bondé, mais l’ambiance est plutôt détendue. La jeunesse bourgeoise du quartier a adopté ce sous-sol à la décoration tendance. Ici, on est visiblement plus mojito que pression et il y a plus de seaux à champagne que de ballons de rouge sur les petites tables basses de bois clair entourées de petits poufs et mini banquettes. Tu nous guides vers une petite table au fond du bar. Vous m’entourez. Je n’ose rien dire. Tu commandes du champagne, du rosé. Et nous trinquons. À nous, à toi, à moi. Tu es une hôtesse charmante. Je suis un peu déconcerté de cette soudaine sérénité chic après l’ouragan de mes deux premières heures parisiennes.
Le répit est de courte durée, car tu poses ta main sur ma cuisse sous la table. Fermement. Nos regards se croisent, tu sens mon trouble remonter instantanément, comme la bosse entre mes cuisses. Quelques secondes plus tard, c’est une main de Mathilde qui palpe mon autre cuisse. Piégé ainsi, j’essaie de garder mon calme. Les deux mains sont fermes, mais caressantes, je sens juste qu’elles sont là pour me remettre la pression, pour m’exciter à nouveau et elles atteignent parfaitement leur objectif. Ma bite se tend à nouveau très fort et la chaleur envahit tout mon corps. N’arrivant plus guère à m’exprimer, je vous laisse bavarder. Vous vous amusez, faisant comme si de rien n’était, parlant de tout et de rien, de rien surtout, juste une manière complice de maîtriser mon désir. Je n’ai qu’une peur, que l’on me voie, que l’on se rende compte que je bande. Je me dis que je ne tiendrai pas longtemps à ce rythme même si vos mains restent juste posées sur mes cuisses. J’étouffe un soupir, je n’arrive plus...

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