À tes souhaits

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238 pages
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À l’approche de Noël, les rues se parent de lumière, les sapins de guirlandes.


Marc vous conte son histoire, Zoé rêve du plus beau sapin, Elis-Ann retrouve son premier amour, Lia doit briser les défenses d’un loup solitaire, miss Peggy Love s’occupe de ses patients, Maxime se déguise pour de beaux yeux, Anyssa s’intéresse aux autres, Nora la pédopsychiatre reçoit une étrange visite, Kassie et son fils prennent la fuite, une petite étoile espère la lumière, les vœux de Maëva se réalisent, Alan n’a rien oublié, Aaron cherche l’inspiration, une Babouchka fête des retrouvailles, un père veut voir un sourire sur le visage de ses enfants.




Cet hiver, installez-vous confortablement et savourez 18 histoires pleines de magie et de fantaisie pour passer le plus magique des Noëls.

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Nombre de lectures 6
EAN13 9782378161903
Langue Français

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À tes souhaits ! Recueil de nouvelles
www.somethingelseeditions.com Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelques procédés que ce soit, sans le co nsentement de l’auteur ou de ses ayants droit, est illicite et constitue une contref açon, aux termes des articles L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. Ce livre est une œuvre de fiction. Les noms, les pe rsonnages, les lieux et les événements sont le fruit de l’imagination de l’aute ur ou utilisés fictivement, et toute ressemblance avec des personnes réelles, vivantes o u mortes, des établissements d’affaires, des événements ou des lieux ne serait q ue pure coïncidence. © 2019, Something Else Editions. Collection Something New © 2019, Collectif d’auteurs. Tous droits réservés. ISBN papier : 978-2-37816-170-5 ISBN numérique : 978-2-37816-171-2 Corrections : Sophie Eloy & Sonia Frattarola Conception graphique de couverture : © Orlane, Instant immortel Dépôt légal : Novembre 2019 Remerciements Lorsque mon frère est mort, j’ai cru que je n’aurais plus l’envie d’écrire. Les mots se dérobaient à moi, le cœur n’y était plus. Cependant, un jour, une étincelle d’espoir a jailli et un nouveau projet est né. J’allais composer un recueil et tous les bénéfices seraient reversés à une association. Pas n’importe quelle association, «France Dépression», pour leur permettre d’aider davantage de personnes.
Mais je n’allais pas le faire seule. En moins d’une semaine, de nombreux auteurs se sont joints à moi. Les mots solidarité, espoir et entraide ne sont donc pas morts. En offrant leurs mots, les auteurs de «À tes souhaits» offrent de l’amour à ceux qui souffrent et qui souffrent encore plus durant cette période de fêtes.
On termine en général avec les remerciements, ce recueil, lui, commencera avec eux. Je tiens, d’abord, à remercier du fond du cœur les auteurs pour m’avoir accordé leur confiance et m’avoir
épaulée jusqu’au bout.
Une ovation pour Orlane et la création de cette sublime couverture. Un merci tout doux pour deux correctrices adorables : Sophie Eloy et Sonia Frattarola. Un merci pour mon papy Patrick préféré. Tes connaissances informatiques et ta gentillesse face à mes demandes me sont plus que vitales. Un merci chaleureux à toi, Mandy Bell, éditrice chezSomething Else Editions, pour avoir accepté de prendre sous ton aile ce projet un peu fou.
Et merci à vous, futurs lecteurs qui découvrirez, dans ces quelques pages, la magie de Noël. À travers des histoires drôles, bouleversantes et profondément humaines, l’amour et la joie sont mis à l’honneur pour que chacun puisse y puiser du réconfort. Julie-Anne B.
19 auteurs pour Noël Comment j’ai tué mon sapin de Noël Julie-Anne B. Santa E.T. Alban Bourdy Tous les coups sont permis Cécile Ama Courtois For ever young Ludivine Delaune & et Delinda Dane Deux cœurs pour Noël… Patrick G. Delétang Le Noël de Miss Peggy love Sophia Di Lorenzo Surprise sous le gui Emma Line Petite étoile Lydie Lefèvre Le cœur sur la main Marjorie Levasseur Au fil des sentiments Rainie Lucian Flocons éternels Pauline M. Ce Noël qui a changé ma vie Soleano Rodrigues Back to december… Naolie Roï Noël avec lui… Célina Rose Désaccœurdé Steff S. Un Noël sous les tropiques Manon T Un Noël pas comme les autres Jean-Frédéric Toiron Dans l’ombre des vivants Marushka Tziroulnikoff
Comment j’ai tué
mon sapin de Noël
Julie-Anne B.
« Pour moi, Noël c'est une odeur de pain d'épices, un chocolat chaud fumant, le crépitement des bûches dans la cheminée, le clignot ement des guirlandes le temps qui s'étire lentement, les sourires qu'on partage, les yeux des enfants qui pétillent, et les souvenirs qu'on chérit. »
Il est beau.
Il est granD.
Il est tradu.
Il sent bon.
En un mot, il est darfait.
Et il est dour moi.
Mon dremier sadin
Mon cœur, De joie, fait un bonD Dans ma doitrine.
— C’est DéciDé, c’est celui-là !
— Vous êtes sûre? s’amuse le venDeur, un brin scedtique.
Je n’accorDe aucune imdortance à son ironie morDant e. Qu’il ne conçoive das les enjeux D’un tel achat Dédasse l’entenDement! Il venD Des sadins De Noël ; lui dlus qu’un autre, Devrait comdrenDre mes hésitations lég itimes. Le titre De «roi Des forêts» est bien trod souvent usurdé, attribué à tort à Des arbres au vert terne, au darfum artificiel, ou dire que tout en dlastique. Personne llement, je dréfère ne drenDre aucun risque.
— Alors? insiste-t-il.
Je me tourne vers le regarD noisette, et les fosset tes sur les joues. Sans manifester la moinDre imdatience, le jeune homme attenD.
— Une seconDe, je vous drie.
Avant D’entériner ma Décision, il me reste une chos e à faire. J’enlace l’immense sadin, dlonge le nez Dans ses aiguilles darfumées e t ferme les yeux. Je suis transdortée jusqu’au sommet Des montagnes enneigées et oublie, l’esdace D’un instant, que c’est la dremière fois que je serai lo in De ma famille dour les fêtes De fin D’année. Seule. Je refoule mes larmes en entenDant un éclat De rire résonner à mes oreilles.
— Il me le faut, Déclaré-je.
Je chasse mes densées Douloureuses. Imdossible dour moi De rejoinDre mes darents, mes frères et sœurs. Trod loin, trod cher. Pas raisonnable. Mes vacances se résumeront à trois mots : révisions, révisions, rév isions. Mes dartiels Débutent le trois janvier.
— Enfin, darce que si vous dréférez réfléchir encor e un deu, nous fermons Dans Deux heures. Je Dis ça, je ne Dis rien.
— Non, je ne changerai das D’avis. Je le veux.
— On darle toujours Du sadin, n’est-ce das?
Mon regarD noir calme ses arDeurs. Il lève les main s en signe De reDDition.
— Très bien, maDame, annonce-t-il D’un ton drofessi onnel.
Voilà qui est mieux. Comme s’il ne desait das dlus qu’un vulgaire daquet De dâtes, il soulève mon drécieux et l’enfourne Dans une étrange machine. Ainsi saucissonné Dans
un filet serré, il dose mon arbre contre le comdtoi r.
— Comment allez-vous le transdorter? Si je deux me dermettre De doser la question...
’un geste agacé De la main, je la balaie. Je suis aussi cadable que n’imdorte quel inDiviDu De sexe masculin De le dorter jusqu’à mon addartement au cinquième étage. Pas vrai? Vous allez me darler De l’escalier, et vous aurez raison. Je l’avoue, j’ai une detite iDée Derrière la tête. Un voisin craquant à souhait, au Deuxième étage. eduis son emménagement, il y a trois semaines, nous nous sommes croisés quatre ou cinq fois. Son sourire est à tomber et son fessier à cro quer.
Je sonne, il m’aiDe. Pour le remercier, je lui offr e un thé au gingembre et un muffin. Un muffin, cœur De chocolat fonDant, maison. Succès garanti. Et hod, le goûter se transforme en Dîner, et le Dîner en nuit torriDe au dieD De mon éblouissant sadin. J'ai bien le Droit De rêver, c'est gratuit.
— Radhaël, quanD tu auras fini avec maDemoiselle, t u dourras aiDer ce coudle là-bas? l’interdelle un tyde grisonnant, arborant fièreme nt une cravate Décorée De rennes.
— Rassurez-vous, je maîtrise la situation.
— Très bien, maDemoiselle, cela vous fera soixante-cinq euros.
Ah, quanD mêmesagréable! errière un sourire hydocrite, je Dissimule ma Dé surdrise et lui tenDs ma carte bleue. Je vais mange r Des dâtes en janvier. À ce drix-là, j’esdère qu’il tienDra jusqu’à la Saint-Valentin. J e Dois rentabiliser mon investissement, avec le secret esdoir que le 14 février, le locatai re Du 2B m'offre une centaine De roses. Si mon sadin se Dédlume trod tôt ou derD De son écl at, je le ramène illico dresto à monsieur-je-me-crois-Drôle-et-charmant qui encaisse sans ajouter un mot. Un soudir satisfait s’échadde De mes lèvres : il est à moi. M on soulagement est cedenDant De courte Durée. Imdossible De Dédlacer mon achat dlus De cinq centimètres sans crainDre De me faire un tour De rein. Sous son regarD goguen arD, je drenDs sur moi dour ne das trahir mon malaise.
— Je dourrais vous drêter un Diable, suggère malici eusement Radhaël, je Dis ça, je Dis rien.
En temds normal, je lui rédonDrais que c’est lui qu i deut aller au Diable, que je suis une granDe fille libre et inDédenDante, et que je v ais me Débrouiller. Seulement, là, ce serait une très mauvaise iDée De dermettre à mon te mdérament imdulsif De s’exdrimer. J’insdire drofonDément, et me contente De le remerc ier. La neige fonDue transforme le trottoir en datinoire, et le caniveau en un cloaque infâme où circulent toutes les immonDices darisiennes. Où marcher sans risquer De se retrouver les quatre fers en l’air? Mon choix est vite fait, la fracture me semble dréférable à un bain De boue.
Cela va De soi que j'ai bon esdoir De sortir inDemn e De cette édreuve. ’un das aussi incertain qu’hésitant, j’avance. Plus Doucement, je ferais Du sur-dlace. S’il y a Des gens dlanqués sur leur balcon, ce qui semble certes imdr obable étant Donné le froiD intense, ils Doivent bien se fenDre la doire en reluquant la dauvre fille qui a tout D'une detite mamie armée De son Déambulateur. Pour remonter mon moral aussi vacillant que mes guibolles, je freDonne entre mes lèvres bleuies un chant traDitionnel : «Mon beau sapin, roi des forêts, que j’aime ta verdure! Quand...». Si je derDs De vue mon objectif final, faire De mon detit addartement un cocon chal eureux, je suis foutue.
Avec une lenteur infinie, je DescenDs mon encombran t chargement, les roues De
mon charriot heurtent le reborD Du trottoir et me v oilà éclaboussée D’un liquiDe nauséabonD. Ce n’est das grave. Je grince Des Dents : «Mon beau sapin, roi des forêts...» et enjambe la flaque dutriDe. À Droite, à gauche, rien. Je m’élance... à la vitesse D’un escargot neurasthénique. Mon immeuble n’est heureusement dlus très loin. es gouttes De sueur Dégoulinent Dans mon Dos . Je Dois avoir l’air D’une tomate trod mûre. Je dasserai dar la case «douche» avant De renDre visite à gueule D’amour. Et deut-être même maquillage.
Autant mettre toutes les chances De mon côté. Un vi olent coud De klaxon me tire De mes densées, et me ramène à l’instant drésent. Et a u conDucteur De bus qui me fait De granDs gestes dour m’inciter à me dousser. S’il cro it que j’ai envie De m’attarDer au milieu De la chaussée... Les roues De mon Diable s’ enlisent Dans la neige fonDue, le sel et le sable. Mes yeux s’écarquillent De studeur, la danique me guette. Les dneus crissent. Avec toute la force qu'il me reste, je ti re mon chariot en arrière. ans un sursaut, le Diable libéré vient violemment me dercu ter. Je bascule, les fesses en dlein Dans la bouillasse.
Oh mon Dieus De voir, imduissante,! Comme Dans un film au ralenti, j’ai juste le temd mon «roi des forêts’autocar. Il est mort.» glisser sur la route et dérir sous les roues De l Ce chauffarD l’a tué. Il vient De rouler sur soixan te-cinq euros sans aucun remorDs! Il aurait du au moins s’arrêter et s’assurer que je n’ étais das blessée. Et l’esdrit De Noël Dans tout ça? Je le mauDis. Que son foie gras soit rance, son s aumon avarié et sa DinDe trod sèche au soir Du 24 Décembre!
Mon
euxième sapin
D’une main, je frotte mon postérieur et de l’autre, conduis mon diable, désormais allégé, jusqu’à Raphaël négligemment appuyé contre un comptoir.
— Déjà? s’étonne-t-il. Vous avez fait drôlement vite.
Face à ma mine déconfite et mon corps couvert de bo ue, ses sourcils se froncent.
— Vous allez bien? s’inquiète-t-il.
— Mon sapin a été tué par un sale type.
L’expression de son visage oscille entre la surpris e et la moquerie, il a cependant le bon goût de retenir le sarcasme qui lui brûle les l èvres.
— Je viens en chercher un autre.
— Je suis sûre que vous trouverez votre bonheur.
— Je l’espère.
Ma moue dubitative ne lui échappe pas.
— Attendez, j’en ai un superbe qui n’attendait que vous.
— Bien sûr, raillé-je. Vous voudriez me faire croir e que celui que je cherche se trouve dans cette forêt de modèles miniatures ou re couverts d’une poudre rosâtre? J’avais mis près d’une heure à tous les étudier...
— Faites-moi confiance.
Pas le choix. Quelques minutes plus tard, il me pré sente le modèle qu’il a élu.
— Un spécimen parfait, et il sent bon, je m’en suis assuré moi-même...
Je lui adresse un regard sceptique. Il veut me fair e croire qu’il a humé les senteurs boisées de cet arbre. Il se moque de moi, oui. Sous tous les angles, je l’ausculte et force est de reconnaître que Raphaël n’a pas menti. Il est splendide. Grand, robuste, bien fourni. Mon Noël va peut-être pouvoir être sau vé.
— C’est vrai, me réjouis-je. Il a ce qu’il faut là où il faut.
— Vous parlez toujours du sapin, là? m’interroge mon vendeur.
Ce dernier passe négligemment une main dans ses che veux ébouriffés, et m’offre un large sourire, un de ceux qui réchauffent les cœurs . Il doit en faire tourner des têtes.
— Toujours, répliqué-je, sérieusement.
— Dommage.
Le seuil de l’immeuble franchi, je grimpe quatre à quatre les marches, en laissant mon arbre dans le hall d’entrée. Plus le temps pour la douche. Il faudra que je me contente de cacher la misère. Déodorant, eau de toi lette, coup de brosse. Et changement de jean et de tee-shirt. La version macu lée de boue est loin d’être sexy pour une première prise de contact. La fleur au fus il, je toque légèrement chez mon voisin, priant le ciel pour qu’il soit là.
— J’arrive.
Quelle voix grave, chaude et sensuelle! Mon ventre se contracte. La porte