À tout hasard (Partie 2)

À tout hasard (Partie 2)

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Français
126 pages

Description

Nouvelle maison, nouvelle famille, nouveau petit ami : pour une fois, tout semble parfait dans la vie d’Erin, au point qu’elle n’est plus tout à fait sûre d’être à sa place. Seule constante : l’hostilité évidente de ses camarades de lycée qui lui reprochent la disparition d’Alder.
Le jour où Erin ose pénétrer dans la chambre de son ancienne rivale, elle découvre les journaux intimes que celle-ci écrivait depuis son enfance. Malgré les avertissements de Weston, Erin ne peut résister et se lance dans leur lecture, pénétrant ainsi les pensées les plus obscures d’Alder.
Parfois, certains secrets sont faits pour être tus à jamais…

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Informations

Publié par
Date de parution 17 mai 2017
Nombre de lectures 0
EAN13 9782290146958
Licence : Tous droits réservés
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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PARTIE 2

Traduit de l’anglais (États-Unis)
par Tiphaine Scheuer

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Présentation de l’éditeur :
Nouvelle maison, nouvelle famille, nouveau petit ami : pour une fois, tout semble parfait dans la vie d’Erin, au point qu’elle n’est plus tout à fait sûre d’être à sa place. Seule constante : l’hostilité évidente de ses camarades de lycée qui lui reprochent la disparition d’Alder.
Le jour où Erin ose pénétrer dans la chambre de son ancienne rivale, elle découvre les journaux intimes que celle-ci écrivait depuis son enfance. Malgré les avertissements de Weston, Erin ne peut résister et se lance dans leur lecture, pénétrant ainsi les pensées les plus obscures d’Alder.
Parfois, certains secrets sont faits pour être tus à jamais…
Biographie de l’auteur :
Diplômée en radiographie, Jamie McGuire vit dans l’Oklahoma avec son mari et ses trois enfants. D’abord autoédité, son premier roman Beautiful Disaster est rapidement devenu un best-seller mondial, lauréat du prix BookExpo America dans la catégorie « Meilleure romance ».


D’après © Sandrine Pic / Plainpicture et © Pinkomelet / Shutterstock


© Jamie McGuire, 2015
Tous droits réservés

Pour la traduction française
© Éditions J’ai lu, 2017

Du même auteur
aux Éditions J’ai lu

BEAUTIFUL DISASTER

 

WALKING DISASTER

 

BEAUTIFUL WEDDING

 

BEAUTIFUL OBLIVION

 

BEAUTIFUL REDEMPTION

 

BEAUTIFUL SACRIFICE

 

BEAUTIFUL BURN

 

MME MADDOX

(Numérique)

 

RED HILL

 

MONSTERS

(Numérique)

 

À TOUT HASARD

Partie 1

En poche

BEAUTIFUL DISASTER

N° 11552

 

WALKING DISASTER

N° 11572

 

BEAUTIFUL WEDDING

N° 11583

À Lori Bretch

1

La lumière était éteinte, mais j’étais irrémédiablement attirée vers la chambre d’Alder. Je vivais à présent avec mes véritables parents depuis trois semaines, et je n’avais jamais vu la porte d’Alder ouverte. Mais chaque fois que je passais devant le montant peint en blanc, orné du prénom ERIN écrit en lettres pastel, quelque chose au fond de moi m’intimait l’ordre de l’ouvrir.

Non, je ne le ferai pas, me promis-je.

Lors de ma deuxième soirée chez les Alderman, Julianne s’était assise avec moi sur mon lit pour feuilleter des catalogues de décorations murales, de parures de lit et de vêtements. Elle m’avait demandé de noter tout ce qui me plaisait, et j’en déduisis qu’elle avait dû passer commande car des cartons arrivaient presque tous les jours.

La sonnette de l’entrée retentit et je descendis les escaliers en bois sans faire trop de bruit, même si je savais que Sam et Julianne étaient levés et déjà dans la cuisine.

Je me frayai un passage entre les boîtes pour ouvrir la porte, et je souris en voyant Weston chasser ses cheveux de son visage d’un mouvement de la tête. Ils étaient encore humides, et ses yeux légèrement gonflés. Nous étions restés tard au téléphone la veille au soir.

— On dirait bien qu’ils essaient encore une fois de t’attirer dans la cuisine avec l’odeur, dit-il en se penchant pour déposer un baiser sur mes lèvres.

— Coucou, répondis-je quand il rompit le contact.

Il baissa les yeux et avisa les cartons de tailles différentes.

— Encore des affaires ?

— Encore des affaires, acquiesçai-je, impressionnée.

— Weston ! s’exclama Julianne. Il y a une assiette de bacon pour toi ici !

Il me prit la main et nous longeâmes un couloir peint aux couleurs claires, puis nous passâmes une porte voûtée sur la droite. Julianne affectionnait particulièrement les couleurs pâles et la lumière naturelle, ce qui était logique compte tenu qu’elle incarnait le soleil et la joie. La maison tout entière était décorée dans des tons blancs, ou des nuances de blanc, de bleus pâles et de voiles et rideaux beiges.

Sur la cuisinière était posée une casserole de sauce au poivre blanc et, comme promis, à l’autre bout de l’îlot en granit se trouvait un plat débordant de bacon croustillant.

— Tu as faim ? demanda Julianne d’un air enjoué.

Elle portait un tablier à carreaux jaunes et bleus par-dessus son jean et son pull angora rose. Ses cheveux brun-roux chatoyant rebondissaient avec légèreté sur ses épaules.

Weston me regarda de ses grands yeux émeraude, car ce n’était pas à lui qu’elle s’adressait.

— Je suis désolée, fis-je avec une grimace.

Je n’aimais pas la décevoir, mais je n’avais pas le souvenir d’avoir déjà pris de petit déjeuner, et il me paraissait bizarre de manger le matin. Gina avait cessé de faire la cuisine dès que j’avais été en âge de me préparer des sandwichs. Mon temps de sommeil et le trajet à pied jusqu’à l’école auraient toujours eu la priorité sur la préparation d’un petit déjeuner, même si Gina s’était donné la peine de remplir les placards ou le frigo, ce qui n’était pas le cas.

Julianne haussa les épaules en s’efforçant de ne pas y attacher d’importance.

— Prends au moins une tranche ou deux en partant, ma chérie.

— Avez-vous préparé des… biscuits and gravy1 ?

— Et des saucisses, ajouta Julianne, les yeux brillants.

Weston me jeta un regard avant de consulter sa montre.

— On a le temps.

Je posai mon sac à dos vert flambant neuf par terre et m’installai au comptoir de l’îlot.

— Oui, on a le temps.

 

Julianne sortit deux biscuits de la casserole, les coupa en deux, puis, avec une petite louche, les arrosa de sauce.

Weston déglutit, l’eau à la bouche.

— Ta mère ne prépare donc pas de petit déjeuner ? demandai-je.

— Si, parfois, répondit Weston. Mais elle ne cuisine pas aussi bien que Julianne. Je ne crois pas que ce soit possible, de toute façon.

— Oh, fit Julianne. La flatterie ne te mènera nulle part dans cette maison.

Je me tortillai sur mon siège. Il me vint à l’esprit que ce n’était pas la première fois que Weston s’asseyait dans la cuisine de Julianne pour y manger avec sa fille. Mais il ne s’agissait plus de la même fille.

— Il a raison, chérie, intervint Sam. Tu es une cuisinière épatante, et je suis un homme chanceux. (Il saisit une pleine poignée de bacon et embrassa Julianne sur la joue.) Si tout va bien, je serai de retour à 20 heures.

Julianne hocha la tête et se pencha pour lui présenter sa joue.

Puis Sam s’approcha de moi et déposa un baiser sur mon crâne.

— Passe une bonne journée, petite. Tu travailles, ce soir ?

Je confirmai.

— Je travaille tous les soirs, de 16 heures à 20 heures.

— Ça fait beaucoup, dit Julianne, contrariée.

Sam adressa un signe à Weston.

— Tu passeras la prendre ?

Weston hocha la tête.

— Est-ce que je pourrais venir te récupérer au boulot demain ? demanda Sam en repoussant ses lunettes sur son nez, une lueur d’espoir dans ses yeux naturellement gonflés.

J’acquiesçai après avoir consulté Weston du regard.

— J’aimerais t’emmener manger une glace, ajouta Sam avec un haussement d’épaule.

Tout le monde le dévisagea.

— Je plaisante, dit-il en gloussant. Non, je pensais qu’on pourrait dîner ensemble ?

Il chercha l’approbation dans le regard de sa femme.

— Bien sûr, répondis-je, légèrement prise au dépourvu.

Il me serra l’épaule, récupéra sa veste et s’éloigna vers la porte de derrière qui menait au garage.

— Sam ? lança Julianne. Ton sac à main !

Elle me lança un clin d’œil.

Sam reparut en trottinant et ramassa une serviette en cuir marron.

— Ce n’est pas un sac à main ! fit-il, exaspéré.

Puis il disparut de nouveau et, quelques secondes plus tard, la porte claqua derrière lui.

Un vrombissement se fit entendre, indiquant l’ouverture du garage.

Julianne écarta ses cheveux de ses yeux.

— Il faut que j’aille chez le coiffeur. Cette mèche me rend folle. (Elle me regarda avec de l’excitation dans les yeux.) Tu veux m’accompagner ?

Je jetai un coup d’œil à mes cheveux, dont la couleur était presque identique à celle de Julianne, sans les mèches. Je les avais tressés car ils étaient encore un peu humides de la douche que j’avais prise la veille au soir. La plupart du temps, je les relevais en chignon ou en queue de cheval pour dégager mon visage. Gina me les avait coupés à deux ou trois reprises quand j’étais à la grade school2. La seule fois où je les avais coupés moi-même, c’était au début du lycée, et ce fut un fiasco retentissant. Depuis lors, je les avais laissés pousser. À présent, les pointes m’arrivaient au milieu du dos.

Weston me regarda.

— Heu, pourquoi pas, dis-je.

— Tu vas les couper très court ? demanda Weston avec une moue.

— Aussi court qu’elle le souhaite, intervint Julianne, ne plaisantant qu’à moitié.

— Simple question, se défendit Weston en levant les mains.

— Je vais appeler pour prendre rendez-vous. Quand est-ce que ça t’arrange ?

Je haussai une épaule.

— Samedi matin ?

— Je m’en occupe, dit-elle en rinçant un poêlon.

Weston avala son dernier morceau de biscuit.

— Merci, Julianne. On ferait mieux d’y aller maintenant.

— D’accord. Je déballerai tes affaires, Erin. Tu pourras les ranger ce soir.

— Merci. (J’enfilai mon sac à dos.) À plus tard !

— Je… passe une bonne journée, chérie.

— Toi aussi.

Je suivis West jusqu’à l’entrée.

Son énorme pick-up rouge était garé sur le trottoir devant la maison. La carrosserie semblait fraîchement lustrée, et les pneus brillaient.

— Tu t’es occupé de ta voiture, on dirait.

— Je m’ennuie, depuis que tu as emménagé ici. C’est plus dur que je le croyais, de te partager.

— Comment faisais-tu avant moi ? demandai-je.

Je le taquinais, mais Weston fit une drôle de tête. Auparavant, il passait son temps avec Alder et leurs amis. Il n’avait pas à rester à l’écart pour respecter le besoin de Sam et Julianne d’apprendre à connaître leur fille. Maintenant qu’Alder avait disparu et qu’il ne fréquentait plus les mêmes amis, il devait probablement se sentir un peu perdu quand j’étais avec Sam et Julianne.

Weston m’ouvrit la portière côté passager.

— À peu près la même chose. Je me languissais de passer du temps avec toi.

Je ne savais pas vraiment s’il était sérieux. Il ne souriait pas.

Je grimpai sur mon siège et Weston fit le tour de sa Chevy, puis prit place derrière le volant. Il me prit la main et me tira les doigts.

— Quoi ? demandai-je.

— Viens là, dit-il en me faisant signe de m’asseoir plus près de lui.

Je me décalai au milieu et bouclai la ceinture ventrale. Il boucla la sienne et démarra. Il nous conduisit au lycée d’une seule main, son bras posé sur le siège derrière moi. Il devait probablement conduire souvent d’une seule main quand il était avec Alder.

En mon for intérieur, j’eus comme un mouvement de recul. Ce genre de pensées devait cesser ou j’allais finir par me miner le moral.

Lorsque nous nous garâmes sur le parking des étudiants et que nous rejoignîmes ensemble le côté sud du bâtiment, les regards des autres étaient moins appuyés que la semaine précédente. Je n’étais toujours pas à l’aise pour lui tenir la main dans l’enceinte du lycée, mais parfois, Weston s’emballait.

La première heure de cours se passa sans le moindre harcèlement de la part de qui que ce soit, ce qui était devenu la nouvelle norme. Brady continuait de me jeter des coups d’œil perçants, mais il s’agissait plus de curiosité que de colère.