Actes et conséquences

Actes et conséquences

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154 pages
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Je crains la douleur, l’abandon, la peine, la jouissance. Je sens sur moi une odeur de mort et ma peau me fait mal. Il ne s’est pas écoulé un jour depuis sans que j’y pense.


On dit que le temps est guérisseur. Néanmoins, il y a des traumatismes qui le mettent à rude épreuve si bien que la relativité l’emporte toujours, car il y a des blessures qu'il ne peut guère soigner.


Et quand je pense enfin pouvoir mettre cette partie douloureuse de ma vie derrière moi, la trahison de celui que j’aime s’annonce comme la fin de mon histoire, comme le mot final d’une romance dramatique, d’une triste note résonnant de mélancolie et de nostalgie...

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Ajouté le 14 octobre 2014
Nombre de lectures 14
EAN13 9782365407687
Licence : Tous droits réservés
Langue Français
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Tome 5 : Actes & Conséquences LOGANE Du même auteur aux Editions Sharon Kena De feu et de glace Tome 1 De feu et de glace Tome 2 De feu et de glace Tome 3 De feu et de glace Tome 4 Les raisons du cœur partie 1 Les raisons du cœur partie 2 Le fruit d’un amour impossible partie 1 Le fruit d’un amour impossible partie 2 Logane Tome 1 Logane Tome 2 Logane Tome 3 Logane Tome 4 Jayden Cross l’intégrale Angie L.DERYCKERE Tome 5 : Actes & Conséquences LOGANE
« Le Code de la propriété intellectuelle et artisti que n’autorisant, aux termes des alinéas 2 et 3 de l’article L.122-5, d’une part, qu e les « copies ou reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective » et, d’autre part, que les analyses et les courtes citations dans un but d’exemple et d’illustration, « toute représentation ou reproduction intégrale, ou partielle, faite sans le consentement de l’auteur ou de ses ay ants droit ou ayants cause, est illicite » (alinéa 1er de l’article L. 122-4). « Cette repré sentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait donc une contref açon sanctionnée par les articles 425 et suivants du Code pénal. » ©2014 Les Editions Sharon Kena www.leseditionssharonkena.com À Julie Vasseur, la première personne à m’avoir encouragée dans l’é criture de cette série. Table des matières 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 Prochainement dans Renaissance…
1 Michael J’entre dans la chambre de Logane comme tous les matins à huit heures depuis une semaine. Son état reste préoccupant d’après les médecins qui insistent pour qu’elle se nourrisse convenablement avant de pouvoir envisager une prochaine sortie. Les machines ont disparu, les bips stridents également. Seule une perfusion est toujours présente. Les infirmières disent que c’est des compléments alimentaires pour ne pas la fragiliser davantage. Elle est présente, à demi-assise contre les oreillers blancs. Un sourire se dessine sur ses lèvres en me voyant approcher, mais le teint pâle qui semble persister sur son visage est encore plus inquiétant que d’habitude. Salut, toi, murmuré-je en arrivant à son côté. Elle hoche la tête en guise de réponse. Aussitôt, l’angoisse me submerge tel un tsunami en remarquant une infirmière qui déboule rapidement dans la pièce. Qu’est-ce qui se passe ? demandé-je en redressant la tête. L’infirmière n’a pas le temps de me répondre qu’elle tend un récipient sous la bouche de Logane qui se met à vomir. Mes mains tremblent. J’aimerais l’aider, mais j’ignore comment y parvenir. Elle refuse de parler de ce qui s’est passé avec Curtis Brame et touche à peine aux repas qui lui sont apportés. Pourtant, j’ai tout essayé. J’ai presque menacé, avec l’aide de Paul, le médecin pour le faire parler, mais celui-ci refuse de nous dire de quoi Logane souffre exactement. Même Mel n’est pas parvenue à en savoir plus. Logane s’est terrée dans un silence douloureux et nous répond à peine lorsque nous lui posons des questions. J’attends qu’elle finisse de vomir et l’aide en la maintenant du mieux possible, mais elle s’agite. C’est fini, ma chérie… allonge-toi, je suis là. Je la recouche et lui passe un linge humide, que l’infirmière m’a donné, sur le front, les joues. Je remercie la femme qui finit par quitter la pièce avec un sourire d’excuse. Ça va aller, ma puce. Je suis fatiguée, me dit-elle, les larmes aux yeux. La douleur me terrasse. Je sais, elle parait si épuisée. Je hoche la tête et l’embrasse sur le coin des lèvres. Dors, mon ange. Je reste près de toi. Nos mains se frôlent et nos doigts s’entrelacent amoureusement. Quelques minutes plus tard, elle dort paisiblement. Je m’installe dans le fauteuil et pose la tête sur le bord du lit. *** Lorsque j’ouvre les paupières, je vois une infirmière pousser un chariot en direction du lit. Je jette un coup d’œil à ma montre et constate que je me suis endormi pendant une heure. Logane dort toujours profondément. Monsieur Roller ?
Je tourne la tête vers le médecin de Logane qui vient d’entrer. Il a un dossier sous le bras et me fixe droit dans les yeux. Vous devriez vous reposer un peu…  Je ne suis pas votre patient et je viens de dormir. Qu’est-ce que c’est, cette machine ? demandé-je en posant les yeux sur le chariot de l’infirmière. C’est un monitoring, vous pourrez entendre les battements de cœur de votre enfant. Nous allons lui faire passer une échographie… Mais je croyais que le bébé ne risquait rien ?  Il ne court aucun danger, rassurez-vous. Nous pratiquons cet examen pour vérifier son rythme cardiaque et pour nous assurer que ce petit bout bouge bien. Je reste silencieux et hoche la tête avant de me lever et de m’écarter afin de laisser la place à l’infirmière. Je regarde, scrute chaque geste qu’elle fait pour installer le matériel. Je souris en voyant le petit ventre arrondi de Logane. L’infirmière y place d’étranges électrodes et les raccorde à des capteurs par du fil orangé. Je fais le tour du lit et me positionne à côté de Logane, toujours endormie. Dites-moi, docteur. Oui ? C’est normal qu’elle dorme toujours ? Le médecin ne me répond pas immédiatement, il s’avance vers elle et l’ausculte. Oui, on peut dire que votre amie a le sommeil lourd. Je souris, rassuré par ses paroles. Tendrement, je caresse la joue de Logane tandis qu’elle effectue un léger battement de cils. Aussitôt, je me penche vers elle et l’embrasse doucement sur les lèvres. Ma chérie, murmuré-je en lui caressant les cheveux afin d’essayer de la réveiller. Mike… Tout va bien, mon amour… J’ai mal… mon bébé… Calme-toi, Logane. Notre bébé va bien, ne t’inquiète pas. C’est toujours comme ça… à chaque réveil, elle devient presque hystérique, semblant penser que notre bébé n’est plus dans son ventre. Je le sens plus… il l’a tué… Chut, calme-toi, mon ange, tout va bien. J’essaie de la rassurer comme je le peux, espérant qu’elle se réveille tout à fait et qu’elle comprenne qu’elle est en sécurité, mais cette fois, elle continue de s’agiter. Le médecin tente à son tour de la calmer. Logane, regardez-moi, s’il vous plaît. Vous êtes à l’hôpital, vous ne craignez plus rien, votre bébé non plus. Regardez-moi… Elle ouvre légèrement les paupières et fixe le médecin avec une haine dans le fond des yeux, comme je n’en ai jamais vue chez elle. Puis, son regard s’adoucit au fur et à mesure qu’elle prend conscience qu’elle est bien à la clinique.  L’infirmière va contrôler les battements du cœur de votre enfant. Il faut que vous vous détendiez, Logane. Elle hoche la tête et essaie d’inspirer longuement quand sa main cherche la mienne. Je la serre aussitôt et lui souris. Tu es là… Oui, je suis là, ma puce, murmuré-je en embrassant légèrement ses lèvres. Elle sourit à son tour. Elle semble aller mieux, le repos lui fait du bien. Quelques minutes passent. Le matériel est installé et le médecin nous demande de fixer
l’écran. Une joie intense au fond de moi éclate à la vue du bébé. Il est si petit, mais nous pouvons tous distinguer qu’il bouge parfaitement. Je cherche alors le regard de Logane. Ses joues sont baignées de larmes. Il a l’air de bien se porter ! s’enthousiasme le médecin. Nous allons écouter les battements de son cœur. Un silence règne dans la chambre. Logane est concentrée, tout comme je le suis, prêtant une oreille attentive quand, tout à coup, nous l’entendons… À partir de cet instant, quelque chose se passe chez Logane. Un sanglot long et étouffé s’échappe de sa gorge. Elle se met à pleurer tout en arborant un large sourire sur ses lèvres encore tuméfiées. Votre enfant est hors de danger, mademoiselle Rodriguez ! lance le médecin, souriant. Merci, docteur, dis-je, ému. Mais à présent… continue-t-il. Il faudra prendre des forces. Ses mesures ne sont pas très bonnes, mais je ne suis pas inquiet. Il faut vous nourrir pour qu’il grandisse, Logane. Je l’observe, appréhendant sa réaction, mais contre toute attente, elle hoche la tête en signe d’acquiescement et entrouvre les lèvres : Je vous le promets… Heureux, je l’embrasse dans un élan de bonheur le plus total, oubliant pendant un instant la monstruosité qu’elle a vécue une semaine plus tôt… Logane Quand nous nous retrouvons enfin seuls, j’ai toujours les joues baignées de larmes. Je n’arrête pas de pleurer de joie, de soulagement… j’avais si peur que mon bébé ne puisse vivre par ma faute, par sa faute… Curtis... Je renifle, tentant vainement d’effacer les images qui hantent mon esprit à chaque minute. J’ai l’impression que mon cerveau va exploser… que mon corps ne fait que se liquéfier au passage en boucle des atrocités qu’il m’a fait vivre. Mais je dois rester courageuse. Michael est à mon côté, et je sais qu’il culpabilise de me voir ainsi, fuyant toute discussion, et les regards qu’il me lance dans l’espoir que je me confie à lui. Chose qui m’est vraiment impossible. Comment lui dire que je n’ai pu empêcher ses mains de me toucher ? Comment lui avouer qu’il a pris mon corps à de nombreuses reprises sans que je puisse l’arrêter ? Je ne peux pas… Savoir qu’il est mort est la plus belle vengeance que je pouvais espérer, mais les traces sur mon corps me rappelleront sans cesse la cruauté qu’il a eue envers moi… il m’a brisée plus que jamais et je ne sais pas si j’arriverai à oublier l’épouvante absolue de ces quatre jours de captivité. Non, je ne pourrai jamais oublier ce qu’il m’a fait… Jamais. Logane ? La voix douce et émue de Michael me sort néanmoins de mes sombres pensées. Son visage est fermé. Je comprends qu’il s’inquiète, comme toujours. Alors, je lève une main tremblante vers sa joue, je frôle sa barbe de trois jours du bout des doigts et murmure : Je t’aime si fort, Michael. Je t’aime aussi, mon cœur, me répond-il en souriant. Les larmes sont présentes dans ses yeux, mais il refuse de les laisser couler devant moi. J’en suis amusée, mais je n’ai pas le temps de le taquiner. Histoire de me faire penser à autre
chose, il vient nicher son visage dans mon cou. Un gémissement de plénitude s’échappe de mes lèvres. Je ferme les yeux, profitant de sentir le souffle chaud de mon homme contre ma peau. Mais, à cet instant, mes démons se réveillent au fond de moi et je vois le visage de Curtis au-dessus du mien. Mon corps réagit et tremble sous Michael qui vient de m’enlacer amoureusement. Michael… Je viens de murmurer son prénom, mais il ne bouge pas. L’angoisse grandit, la peur me paralyse de toute part. Je tente d’ôter l’image de mon bourreau, mais ma respiration se fait de plus en plus difficile. J’ai le souffle court, ce qui préoccupe sans doute mon compagnon, car il se redresse, me dégageant enfin de son emprise que mon corps ne supporte plus… Logane ? Je secoue la tête, espérant qu’il comprenne qu’il me faut une minute pour retrouver mes esprits. Respire profondément, Logane, me conseille-t-il. J’acquiesce d’un mouvement de tête, retenant l’envie de lui lancer que c’est ce que j’essaie de faire. Tu veux que j’appelle un médecin ? Non ! hurlé-je avant de m’en vouloir aussitôt d’avoir élevé la voix. Excuse-moi… Non, ce n’est rien. Je suis désolée, Michael, mais… j’ai besoin d’être seule. S’il te plaît. J’appréhende sa réaction, mais il se contente de me sourire légèrement pour ne pas me blesser, alors que moi, je viens de le faire. J’en suis pleinement consciente. D’accord… je vais rentrer et téléphoner à ton frère. Je repasserai tout à l’heure si c’est ce que tu veux. Oui, bien sûr. À tout à l’heure alors, me dit-il d’une voix brisée avant de se pencher vers mon visage. Je tends les lèvres, réponds à son doux baiser et le remercie avant de fermer les yeux. Repose-toi, ma chérie. Je reste silencieuse et attends qu’il quitte la chambre. Une fois que je perçois le bruit de la porte qui se referme, une larme roule le long de ma joue. J’ouvre les paupières et éclate en sanglots avant d’appuyer sur la sonnette d’urgence. Moins de deux minutes plus tard, le temps d’essuyer mes pleurs, la porte s’ouvre sur une infirmière qui me contemple avec un regard de compassion. Conduisez-moi voir le Docteur Garcian, s’il vous plaît… Très bien, me répond-elle avec un sourire de soulagement.
2 Michael Je n’en sais rien, Paul, soufflé-je, irrité de cette éternelle question. Je suis conscient qu’il est tout aussi inquiet que je le suis pour Logane, mais je n’ai malheureusement aucune réponse satisfaisante à lui donner pour qu’il soit rassuré. Elle n’a toujours pas accepté de rencontrer le psychologue ? Non, Paul. Je doute qu’elle le fasse. Elle est si renfermée. Tu as essayé de parler avec elle de ce qui s’est passé ?  Oui, bien sûr. Mais elle refuse de me dire ce qu’elle éprouve vraiment, Paul. J’ai l’impression qu’elle se sent coupable et qu’elle attend juste d’être blâmée. Elle est folle,tandis que je serre les dents à la bouffée de fureur qui vient souffle-t-il m’envahir. Je n’arrive pas à m’ôter les images de la tête. Je continue de voir précisément la femme que j’aime avec l’arme en main, tirant sur son bourreau. J’imagine également les moments atroces qu’elle a dû vivre entre ses griffes. Je voudrais tant savoir ce qu’il lui a fait, mais Logane a pris les devants auprès des médecins et a demandé de garder le secret sur ce que Curtis Brame lui avait infligé. J’imagine les pires horreurs. La panique m’envahit, grondant en moi comme si un monstre ne désirait que se libérer. Mon souffle se fait plus court et je prends conscience que je suis en train de perdre mon sang-froid. À bout de nerfs, je frappe du poing le bureau devant moi et essaie de contenir ma rage quand la voix de Paul se fait entendre. Calme-toi, Mike. Je sais que ça ne doit pas être évident pour toi, comme pour nous tous, mais le pire est passé et plus jamais il ne pourra lui faire du mal… Il l’a brisée, Paul ! hurlé-je en envoyant valser, d’un geste rageur, tout ce qui se trouvait sur le meuble. J’entends le souffle de mon beau-frère dans le récepteur du téléphone, mais je ne dis rien. Je reste silencieux après cet accès de colère, gardant cette souffrance au fond de moi. Michael, s’il te plaît. Tu ne dois rien lâcher maintenant, pas après tout ça. Je n’ai pas l’intention de lâcher quoi que ce soit, Paul, réponds-je en serrant les dents. O.K. écoute, je sais que ce n’est pas le moment, mais je dois te le dire, il faut que tu reprennes le boulot, Mike. Nous avons encore des scènes à tourner, et… j’ai attendu qu’elle aille mieux, mais je ne peux plus reculer. Le site est… Quand est-ce que tu as besoin de moi ? demandé-je en le coupant de suite. Demain… si tu te sens d’attaque bien sûr. Pas de problème. De toute façon, Logane devrait rester encore quelque temps à l’hôpital. Très bien. On se tient au courant ? Je passerai la voir cet après-midi. D’accord, réponds-je avant de mettre fin à la conversation téléphonique. Quelques minutes plus tard, je descends à la cuisine et me prépare un sandwich que j’avale sans réellement avoir faim. Je ne le termine pas et monte à l’étage. Je lance un rapide coup d’œil vers ma montre et soupire de lassitude contre le temps qui passe trop lentement à mon goût. Je dois simplement retourner dans une heure à l’hôpital pour retrouver Logane, et cela me
paraît être dans une éternité. Elle me manque tellement… et je prie chaque jour pour que tout redevienne comme avant. Si seulement je pouvais effacer ce que cette ordure lui a fait subir. Je secoue la tête, essayant vainement de repousser ces pensées horribles qui me reviennent sans cesse. Je prends une douche rapide, décidant de me rendre auprès de Logane sans attendre une minute de plus. Moins de dix minutes plus tard, enfin prêt, je monte dans ma voiture quand mon portable se met à biper. Je l’extirpe de ma poche sans attendre et vérifie si le message reçu est de Logane. Non, ce n’est pas elle, mais de ma mère. Je constate également que l’inspecteur McDonell m’a laissé un message vocal. Certainement lorsque j’étais sous la douche. Alors, je tourne la clé du contact et profite que le moteur chauffe pour répondre à ma mère qui s’inquiète toujours — tout comme moi — de l’état de santé de ma moitié. Une fois le message que je désirais rassurant envoyé, je compose le numéro de l’inspecteur. Celui-ci me répond au bout de la troisième sonnerie. Michael ? Comment va-t-elle ? Toujours la même réponse… À la même question, répond-il avant de soupirer de lassitude.Écoutez, il faut que vous soyez fort, Michael. La situation que Logane a vécue laissera ses traces.  Je sais bien, mais elle refuse toujours d’en parler. J’ai pourtant essayé de persuader les médecins de me dire ce que ce salopard lui avait fait, mais… elle les a sans doute menacés. Je n’ai donc rien pu apprendre. Elle est très futée, Michael. Ne cherchez pas à savoir, si elle a besoin de se confier, je suis sûr que ce sera à vous qu’elle le fera. Soyez patient, Michael. J’essaie de l’être, réponds-je en serrant les dents, tentant vainement de ralentir les larmes qui viennent d’envahir mes paupières. La situation s’arrangera, n’en doutez pas. Restez à ses côtés, elle aura besoin de vous. J’ai l’impression que vous êtes persuadé qu’elle finira par tout me raconter… J’ai vu beaucoup de cas, Michael. Brame était un monstre et connaître tous les détails ne vous aidera pas à vous sentir mieux. Logane doit guérir seule si, toutefois, elle le désire vraiment. Je reste silencieux. Ce n’est pas la première fois que McDonell tente de me rassurer de cette manière, mais l’impression d’être dans un gouffre, sans échappatoire, me laisse un goût amer. Galien ? Oui, Michael ? Qu’est-ce que ça donne avec Clara Johns ? Elle refuse de parler. Cécilia va tenter de l’interroger à nouveau dans l’après-midi avant qu’elle ne soit transférée en prison. Très bien… Tenez-moi au courant, s’il vous plaît. Michael… J’ai besoin de savoir, Galien. D’accord. Restez patient O.K. ? Je lui promets de l’être et, au bout de quelques minutes, je coupe la communication avant de démarrer sur les chapeaux de roues, ne laissant pas le temps aux habituels paparazzis de prendre un cliché correct. *** Dix minutes plus tard, je suis sur le parking de la clinique. Je cherche une place pour me garer, pestant contre les conducteurs peu scrupuleux qui prennent deux places pour leur seule
voiture. Énervé, je trouve enfin un endroit pour stationner. Je sors de la voiture et claque la portière quand une main attrape mon bras. Je me retourne vivement et fixe une jeune femme qui se tient devant moi, les yeux exorbités. Elle semble sans voix, décontenancée. Bonjour, vous allez bien ? lui demandé-je par politesse. Elle hoche la tête en signe d’acquiescement, mais elle parait totalement sous le choc. Mademoiselle ? Je… je… vous êtes Michael Roller… Oui, c’est exact, soufflé-je avant de rouler les yeux. Agacé, je fais un pas sur le côté afin de m’éclipser. Il ne manquait plus que ça, tomber sur une fan ! Excusez-moi, mais je suis très pressé…  Oh, bien sûr, c’est juste que… je suis très contente de vous voir… désolée, vous devez penser que je suis une de ces fans hystériques qui essaient de vous mettre le grappin dessus, mais ce n’est pas du tout ça… je… désolée. Elle vient de dire tout ceci dans une tirade affolée et s’éloigne. Je me sens alors soudain coupable de lui avoir fait peur, de l’avoir mise mal à l’aise. Je soupire, l’observe tandis qu’elle s’avance vers une voiture mal garée. Je ne sais pas ce qui m’arrive et, surtout, ce qui me prend, mais je suis ses pas. Elle est déjà assise derrière le volant et a mis le contact. Elle ne regarde pas dans ma direction ; ce qui m’amuse légèrement, c’est de constater qu’elle est toujours tremblante par ma faute. Arrivé à côté de son véhicule, je frappe à la vitre. C’est malin ! Je viens de la faire bondir de son siège. Elle me regarde, terrifiée. Je lève les mains, lui témoignant ainsi que je n’ai pas l’intention de lui faire peur. La paume portée sur sa poitrine, elle ouvre la vitre. Je m’excuse aussitôt. Je ne voulais pas vous éconduire ainsi tout à l’heure, désolé. Oh, ce n’est rien, dit-elle en esquissant un léger sourire. C’est ma faute, je me suis rendue ridicule et m’en excuse, monsieur Roller. Oh, appelez-moi Michael. Elle acquiesce, visiblement émue. Je lui rends son sourire et inspire profondément, me demandant pendant une minute ce que je devrais faire. Mais très vite, je vois les yeux noirs de cette femme briller de larmes.  Écoutez, je n’ai en effet pas beaucoup de temps, mais si vous voulez une photo ou un autographe, je… Je m’interromps soudainement au sanglot étouffé qui s’échappe de ses lèvres. Cette fois, je me sens honteux et mal à l’aise d’assister à la souffrance de cette inconnue. Excusez-moi, je…  Non, ce n’est pas vous… et merci mais je n’ai pas besoin de photo ou d’autographe, Michael. Je me sens perdu, décontenancé tout comme elle-même a dû se sentir quand je l’ai envoyée balader. Écoutez, je…  Je suis désolée, je me suis promis de ne pas pleurer, me coupa-t-elle en essuyant ses larmes du revers de sa main. Intrigué, je la fixe et constate maintenant que la fatigue ne rend pas hommage à ce visage parfaitement dessiné. Elle semble éreintée. Tout cela éveille ma curiosité. Alors, je lui demande : Quel est votre nom ? Elle semble surprise et me regarde avec de grands yeux. Néanmoins, elle daigne me