Back to you, tome 3 : Eux, c'est moi

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Des conneries, j'en ai fait dans ma vie. Casser un carreau avec un ballon de rugby, embrasser deux filles dans la même journée, boire plus que de raison, coucher sans capote.


Les quitter... ça, c'est la pire de toutes... J'ai pété les plombs et laissé derrière moi ma femme et mon petit garçon de quatre mois. Ça fait de moi un connard, n'est-ce pas ?


Pourtant, je ne souhaite rien de plus au monde. Je veux la récupérer. Quoi qu'il m'en coûte...

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EAN13 9782378161293
Langue Français

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Back to you, tome 3 : Eux, c’est moi [Alessia Jourdain]
© 2019, Alessia Jourdain © 2019, Something Else Editions Tous droits réservés. Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisatio n collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelques procédés que ce soit, sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit, est illicite et constitue une contrefaçon, aux termes des articles L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. Illustration : © Tinkerbell Design ISBN papier : 978-2-37816-128-6 ISBN numérique : 978-2-37816-129-3 Something Else Éditions, 8 square Surcouf, 91350 Grigny E-mail : something.else.editions@gmail.com Site Internet : www.something-else-editions.com Cet ouvrage est une fiction. Toute ressemblance avec des personnes ou des institutions existantes ou ayant existé serait totalement fortuite.
Prologue Antoine La vie… La vie, c’est long, c’est une succession d’évènements, de bonnes ou mauvaises nouvelles, d’embûches, d’aides… De rencontres, de séparations, de pertes… De nouveautés, de remises en question aussi. Parfois, on imagine sa vie, on pense qu’elle sera de telle ou telle façon. Pas d’une autre. Parfois, on fait des choses, on vit des choses, on les interprète d’une certaine manière. Pas forcément de la bonne. Mais parfois, tout ne se passe pas comme dans un fi lm, ni même comme dans un bouquin romantique. La seule chose qu’on puisse faire c’est se donner à fond, faire le nécessaire pour que tout fonctionne parfaitement bien. Et parfois, il faut aussi faire confiance au destin et au coup de pouce qu’il peut nous donner. Encore faut-il savoir reconnaître les signes qu’il nous envoie… Moi, ma vie, elle a basculé trois fois. À mes douze ans, à mes vingt ans et à mes trente-sept ans. Et systématiquement, j’ai perdu une partie de moi que j’ai essayé de retrouver avec le temps. Certaines blessures se sont cicatrisées, d’autres, non. Mais c’est fini. C’est terminé. J’ai fait des conneries, j’ai foutu ma vie en l’air, et je compte bien la récupérer ! Encore un obstacle à franchir !
Chapitre 1 Léna — Matt ? Matt, mon lapin ? Il faut se réveiller… To nton Charlie vient à la maison, et maman doit aller ouvrir la boutique… Mon petit loup ouvre ses yeux et étire ses bras au- dessus de sa tête blonde. Blonde… Enfin, presque. Il a hérité des cheveux de son papa, une belle tignasse châtain clair avec de jolis reflets cuivrés. Pas roux. Avec quelques boucles par-ci par-là. Il est magnifique, mon fils. C’est le plus beau. Je sais, vous allez me dire que toutes les mamans disent ça… Mais promis. C’est vraiment le plus beau. Matt a enfin émergé. Il a repoussé sa couette et on entame notre petit rituel. Je le réveille cinq minutes avant l’heure prévue et on s’assoit dans le fauteuil que j’avais mis dans sa chambre lorsque je l’allaitais. Il y est resté. Je l’utilise encore pas mal. Quand mon fils est malade, quand il a besoin d’un câlin, quand on lit ensemble, quand il se réveille… Il vient se blottir contre moi, à cheval sur mes genoux. Il a enfoui son petit nez dans mon cou, et sentir chaque matin sa respiration contre ma peau, ça me rappelle combien ce petit bout est impo rtant pour moi, et à quel point il a fait de ma vie un bonheur permanent, malgré les épreuves qu’on a pu vivre. Parfois, c’est difficile, mais mon fils est mon rayon de soleil, ma force, mon ancre, la raison de me lever chaque matin et de me coucher chaque soir avec le sourire. Je lui frotte délicatement le dos, le temps qu’il se réveille tranquillement, puis je le repose par terre. — Tu mets tes pantoufles, mon chat ? Je vais à la cuisine, tu me rejoins ? — Oui, maman. Sa petite voix est la plus douce des mélodies. Je pars lui préparer son petit déjeuner. Ce matin, je varie. Un peu de brioche que j’ai faite hier soir, et de la confiture que Camille nous a apportée cette semaine. De la confiture de fraises. Elle est délicieuse. Elle en a déposé une quinzaine de pots, pour la boutique et pour nous. Je vous sens un peu perdus. Pas de panique, je vais vous raconter ce qu’il s’est passé depuis trois ans maintenant. Mais d’abord, le petit déjeuner de mon fils et… Ding Dong — Entre ! — Salut sœurette ! — Salut mon grand frère préféré ! — Ahahah facile ! T’en as qu’un seul ! se marre Charlie. Il me prend rapidement dans ses bras avant de déposer un baiser sur mon front. — Mais qui je vois là ? Mon neveu adoré ! Charlie s’accroupit alors que Matt arrive. — Tonton ! Matt se jette littéralement dans les bras de mon frère. Il adore Charlie. Il est un peu comme un papa pour lui, vu que son père… Bref… Je finis de faire couler le café et j’installe deux tasses sur la table, une assiette avec des morceau x de brioche à la confiture de fraises pour Matt, pour Charlie aussi du coup, ainsi qu’un biberon de lait. — Merci de venir garder Matt, Charlie. — C’est normal ! On habite dans le même village et je ne bosse pas cette semaine. Tu peux toujours compter sur moi. — J’en ai bien besoin… Il faut que je finisse la paperasse et j’ai une sacrée tournée de livraisons à faire cette semaine. — C’est bon signe. Ça veut dire que la boutique tourne, me rassure mon frère. — Oui ! Maman elle a beaucoup de monde ! rajoute mon fils, la bouche pleine. — Matty ! Qu’est-ce qu’on t’a déjà dit ? Ce n’est pas bien de parler la bouche pleine, le reprend Charlie — Pardon tonton…
— Ce n’est pas grave, mon grand, mais fais-y attention, le rassure son oncle. Mon fils est extra. Il est hyper éveillé pour son âge, il parle presque comme nous depuis ses dix-huit mois. Sa curiosité nous étonne tous, mais nous adorons ses questions. Quant à lui, il déteste faire quelque chose de travers. Il n’aime pas quand on le reprend, parce qu’il sait qu’il n’a pas fait ce qu’il fallait. Alors que pour son petit âge, il est épatant. Il se ferme comme une huître si l’on ne le rassure pas immédiatement après. — Hmmm… mais ça sent superbement bon ici ! — Tatie Cam !!! — Salut mon bouchon ! Ça va ? — Oui ! — Salut Charlie ! Mon frère se lève et salue Camille, et son gros bidon ! — Comment vas-tu ? Pas trop fatiguée ? — Si, un peu. Heureusement que Corine et Pierre prennent le relais avec les jumeaux ! Il lui reste un peu moins de 7 semaines avant d’accoucher, mais hormis la fatigue, elle se porte comme un charme. — Bien. Et le mariage ? demande Charlie. — Ce sera bien vite là. Il reste quelques bricoles à faire, heureusement que tout le monde nous aide ! Voilà la deuxième grande nouvelle. Ben et Camille vont enfin se marier. Ses préparatifs sont bien avancés, il ne reste vraiment plus rien. Et Corine a tout sous contrôle. Je lui propose une infusion. — Si on a le temps avant d’y aller ! — Mais oui, les filles, prenez 5 minutes ! La Terre ne s’arrêtera pas de tourner pour une tasse de café ! se moque Charlie. Nous sommes rigoureuses, parfois un peu trop, et no us oublions de souffler. Il est bientôt neuf heures du matin, et il nous faut aller ouvrir la bo utique. Je vous vois trépigner d’impatience. On décolle et je vous explique, promis ! Cam vient m’aider une à deux fois par semaine à la boutique, les mardis et les vendredis. Ce sont les jours de forte affluence. Ça la sort encore un peu de la maison, de ses manuscrits aussi. L’accouchement approche, et sa grossesse, jusque-là, se passe à merveille et lui va superbement bien. Depuis un an et demi, je me suis installée dans un petit village de trois mille habitants, proche de Nogent. À une dizaine de kilomètres, très précisément. Alors on n’est pas très loin, et on se voit encore assez souvent. Mes parents habitent à deux pas de chez moi, et mon frère vit à huit cents mètres de la maison. C’est assez pratique en cas d’urgence ou si j’ai besoin de faire garder Matt. — Ben s’occupe des jumeaux, aujourd’hui ? — Ce matin oui, vu que c’est les vacances, pas d’école et pour lui, pas de training. Enfin… Tu le connais quoi. Cet après-midi, il va faire quelques shoots avec les copains pour se défouler, donc il les laissera chez Pierre et Corine. — Ah oui, et d’ailleurs, j’y pense… Ce n’était pas hier votre rendez-vous pour ses reins ? Je la vois se tendre légèrement. À chaque fois qu’o n mentionne ou qu’on évoque la maladie de Ben, Camille retourne dans ses souvenirs, et revit les moments douloureux qu’ils ont vécus au cours des dernières années. — Si. Et pour le moment, tout va bien. Vous voyez ? « Pour le moment »… Je me demande si u n jour elle va intégrer que Ben soit peut-être définitivement guéri… Bien sûr, ce n’est pas à prendre à la légère, mais tant que rien ne se déclare… Il faut qu’elle profite de ces moments. Je serre sa main légèrement. — Cam… Tant que les examens sont bons, il ne faut p as que tu paniques. Tout va bien, ton homme est en pleine santé, il est beau comme un dieu en plus ! Ah, j’ai réussi à lui tirer un sourire ! — Sérieusement, maintenant que le rendez-vous est derrière vous, il faut que tu te détendes complètement et que tu profites de la fin de ta grossesse. — Tu as raison. Allons jouer à la marchande ! Voilà, mon boulot se résume à ça. Jouer à la marchande. C’est presque ça. Mais elle a beau dire,
elle est bien contente d’être avec moi. Ces cinq dernières années ne l’ont pas épargnée. Entre le retour de Ben, le décès de sa grand-mère adorée, son dépar t pour Québec avec son ex, la rechute de Benjamin… Elle a souffert, même si elle n’en parle pas. Mais le regard qu’elle me jette lorsque j’ai abordé le rendez-vous avec le néphrologue en dit lo ng. Cependant, depuis deux ou trois ans, les choses semblent s’apaiser. Ben et elle baignent dans le bonheur avec leurs jumeaux de trois ans et quelques mois maintenant, Valentina « Tina » et Alexander « Alex ». Ils sont super mignons. Ben est toujours coach dans le même club, de la même équipe. Il a été élu, la saison dernière, meilleur jeune coach et entraîneur de Nationale 2. Les gars se battent comme des lions sur le terrain, mais cela n’a pas suffi cette année. Ils ont loupé la montée en N ationale 1 de peu… Mais ce n’est que partie remise. Je sais qu’ils visent la montée dès l’an prochain. Et ils vont y arriver. Ils sont remontés à bloc lui et ses gars ! Après quelques minutes de route, je gare ma voiture sur la place du village. — J’aime ce que tu as fait de cet endroit, Léna, m’avoue Camille. Ça ressemble tellement à ma grand-mère… Je contourne la voiture et viens me placer à côté d e mon amie. Sa mamie lui manque. Je me contente de passer mon bras sous le sien et me serrer contre elle. Elle m’a tellement parlé de mamie Lucette qu’elle fait partie des murs. — Viens, on ne va pas faire attendre plus longtemps, sinon tu connais Simon, il va encore râler. Simon, c’est le premier client du matin. Il aime venir prendre son cake au citron dès l’ouverture. Quelques minutes plus tard,amieLes délices de M  est ouverte. Ça y’est ! Fini de vous faire languir, je vais vous raconter ce qu’il s’est passé. Quand j’ai emménagé ici, j’ai eu besoin de faire quelque chose pour me changer les idées. Jusque-là, je faisais quelques petits boulots par-ci par-là, mais rien de bien stable. Puis, il y a un an, j’ai eu un déclic. J’ai ressenti le besoin de donner, de faire attention aux autres. C’est ainsi que j’ai eu cette idée. Les gens ont de plus en plus envie de manger des plats maison, du terroir, sains. Les plus jeune s comme les plus anciens. Alors j’ai eu l’idée d’ouvrir une boutique, qui vendrait des produits bio, des petits plats, des confitures… Le tout, fait maison. Enfin, vous voyez le truc, quoi. Et avec Ca mille, on prend un sacré plaisir à faire tout ça. Nous cuisinons nos plats et gâteaux nous-mêmes. Parfois, on en a de partout dans nos cuisines, mais ça les rend plus vivantes, non ? Et en plus de ça, le vendredi après-midi, je propose un service de livraison. Je vais livrer chez les personnes qui ont passé commande, que ce soit pour recevoir le week-end, parce qu’ils ne peuvent pas se déplacer, par manque de temps ou de moyen, ou pour livrer les personnes plus âgées. On espère, dès la rentrée , pouvoir livrer une maison de retraite, petite structure avec une vingtaine de résidents. Ça serait top pour nous. Et tout naturellement, on a appelé la boutique « Les délices de Mamie », en hommage à mamie Lucette, grand-mère adorée de Camille, que je n’ai malheureusement pas connue… Hormis à travers ses recettes. Elle donnait énormément autour d’elle, elle a toujours fait pour les autres. C’était logique de lui rendre hommage à travers cette boutique. Nous n’avons pas un grand local, mais dans un village de 3 400 âmes, pas besoin d’avoir quelque chose d’immense. Quelques étagères habillent les mu rs, ainsi que de vieilles caisses que j’ai pu récupérer à droite à gauche. Dedans, on y a mis les pots de confitures que Camille fait. Je pense que vous baveriez si vous nous rendiez visite ! Poire-vanille, figue-quatre épices, fraises-basilic, fraise-menthe… Et tant d’autres saveurs à découvrir. Je vais décharger le coffre de la voiture de Camille, alors qu’elle commence à faire couler le café pour les habitués qui ne vont plus tarder. Elle s’est lâchée ! Il y a des kilos de poulet basquaise, de ratatouille, de sauces également, et tant d’autres choses. Le tout est à congeler pour une meilleure conservation. Cette semaine, c’est tomate de partou t ! Ses envies de femme enceinte régissent un peu notre planning de plats culinaires depuis le début de sa grossesse. Mais jusque-là, nous n’avons rien eu de trop farfelu. Sauf la fois où elle voulait associer pâte à tartiner à la noisette et saucisson. Nous avons réussi à lui faire comprendre, Ben et moi, que cela n’aurait pas vraiment un grand succès. Avec les connaissances que nous avons désormais, no us sommes fournis à moindre coût par les primeurs qui vont jeter les légumes ou les fruits pas beaux, parce que oui, beaucoup de personnes n’achètent que quand ils sont magnifiques, bien calibrés. Alors que pour cuisiner, nous, tant qu’ils sont propres et pas abîmés… Même s’ils sont moches, les fruits et légumes ne sont pas immangeables ! Quant à la viande et aux poissons, les commerçants du coin nous les cèdent moins
cher que leurs prix parce qu’ils se périment dans les jours qui viennent et que cela ne se vendra pas chez eux. Donc pas de gaspillage, et tout le monde est gagnant. Eux, nous, les clients, et les produits en eux-mêmes. — Camille, tu peux regarder le carnet de commandes s’il te plaît ? — Oui. — Comme ça, je vais pouvoir mettre de côté ce qu’il faut et étiqueter les barquettes ! — Alors, la famille Dupuy, il leur faut… Et la journée se poursuit ainsi. Il y a toujours du monde qui passe nous voir. C’est un petit village, alors tout le monde se connaît, et tout le monde no us a adoptés, Matt et moi. Il y a une véritable solidarité. Et même s’ils ne viennent pas acheter systématiquement, on vient s’asseoir avec nous pour boire un café ou un thé qu’on prépare, on fait une dégustation de viennoiseries ou de pâtisseries que nous faisons. Bref, vous l’avez compris, mon boulot, il me plaît et il est vraiment génial. Vers dix-sept heures cinquante, je retourne à la maison. Camille était fatiguée, alors on a fermé un peu plus tôt ce soir. Dix minutes avant. Ici, les gens ne se posent pas la question des horaires fixes ou non. Si vraiment j’ai une urgence, je peux aussi laisser les clés à Gilles, qui tient le bar à côté de la boutique. Mais on n’attendait plus personne, et les stocks de la journée étaient écoulés. — Coucou mon chaton ! m’écrié-je en rentrant à la maison. Regarde ce qu’Elise t’a acheté pour ton petit déjeuner de demain ! J’entends des pas qui frappent le sol et je vois mon fils débouler dans l’entrée. — Ouaaaiiisss !!! Matty me saute dessus et récupère le croissant qu’o n m’a donné pour lui. C’est ce genre d’attention que j’aime dans ce village. Parfois, on passe juste nous voir pour déposer une viennoiserie pour nos enfants. Il va le mettre dans le placard, dans son bol pour demain. — Il est où, tonton Charlie ? — Dans le canapé ! me répond Matt en repartant jouer dans sa chambre. Je vais rejoindre mon frangin, affalé devant la télé. — Ça y est, t’as fini ta journée ? me demande Charlie. — Oui, Camille était fatiguée, elle est rentrée, les stocks étaient épuisés, alors j’ai fermé un peu avant. Je t’ai rapporté le reste de brioche aux pralines qu’il me restait. — T’es géniale ! C’est la recette de mamie Lucette ? Tout le monde la connaît, même mon frère. — Oui. Elle en avait fait un peu trop, tu sais comm ent elle est ! Elle voit toujours les choses en grand. Charlie reste encore quelques minutes, puis il se l ève. Il m’embrasse et rentre chez lui. Depuis qu’il s’est séparé de Louise, il est un peu seul, mais ne veut pas trop qu’on lui tienne compagnie… Ce n’est pas ce soir que Charlie restera manger avec nous. La journée a été assez longue malgré tout. Et elle n’est pas finie ! Je dois encore m’occuper de mon bébé, et faire quelques fournées de sablés bretons. Je vais commencer par m’occuper de mon Matty d’amour, je vais enfin pouvoir décompresser de ma journée !
Chapitre2 Antoine Je ne sais pas si je dois me planquer dans un trou de souris ou pas… Ne me regardez pas comme ça, je sais que j’ai fait une connerie. Une conneri e monumentale… Et croyez-moi bien, je m’en bouffe les couilles chaque jour qui passe. J’imagine que vous avez eu des nouvelles de Léna… Moi pas. Ce que je comprends. Et j’imagine aussi qu’elle n’a pas parlé de moi… Je m’y attends, pas la peine de me le cacher… Ça fait presque deux ans que je suis parti maintenant. Cette date, je ne l’oublierai jamais. Mon fils, Matt, est né le 11 mars 2019. Il a eu deux ans déjà. Je suis parti à l’aube de ses cinq mois. Pourtant, je vous assure que j’ai été heureux, l’espace de quelques semaines en tout cas. Je vous le promets… *** 10 mars 2019 Antoine ? Oui ? t.J’ai des contractions, je crois que c’est le momen Tu penses ? lamour, mais je fuite aussi un peu.Oui. Elles sont proches… Et désolée pour le côté g Je ne veux pas en savoir plus, je charge les sacs d ans la voiture puis j’aide Léna à s’installer. Rapidement, nous arrivons à la maternité et une infirmière s’occupe de Léna. Vous êtes dilatée à 10, il va falloir y aller, mad ame. À la prochaine contraction. Allez, vous êtes prête ? Elle me jette un coup d’œil, un petit sourire vient éclairer son visage malgré la fatigue, l’appréhension de ce qui nous attend, et la douleur aussi. Je lui fais un petit clin d’œil, histoire d e l’encourager. Je vois ma femme, ma petite guerrière (parce que ou i, avouons-le, un accouchement… c’est de la torture !), se concentrer, pousser de toutes ses forces et me broyer la main au passage. M ais ça, ce n’est qu’un détail ! Et à 2h45 du matin, le 11 m ars 2019, je tiens entre mes mains le plus magnifique des petits mecs au monde. M att. Cinquant e-trois centimètres et 3.250kg. Un bout de perfection. Mon fils. Un morceau de moi, de notre a mour à Léna et à moi. Ce moment, jamais je ne l’oublierai, il restera gravé en moi. Je crois que c’est le plus beau jour de ma vie. Il devance légèrement celui où sa mère a accepté de m’épouser ! *** 25 août 2018 Ce soir, j’ai fait les choses bien. Pas de grande célébration, mais quelque chose qui plaira à Léna. Elle rentre du boulot dans dix minutes, le temps pour moi de peaufiner quelques détails, de préparer les cocktails, sortir le plat de Saint Jacques que Camille a préparé pour moi. Une vraie sœur pour moi, celle-là ! Elle est la seule à être dans la confidence. M ême Ben n’est pas au courant. Il fait encore assez chaud ce soir, alors j’ai laissé les stores de notre appartement fermés. Un 60m² qui nous sert de cocon. Nous avons déménagé il y a quelques semaines, non pas que nous ne nous plaisions pas à la coloc. M ais Ben et Cam o nt eu leurs jumeaux en avril et ils font leur vie de famille désormais. Bref, tout est prêt, et je stresse. Cette petite boîte dans la poche de mon jean semble peser une tonne ! Chéri ? Ça y’est, elle est rentrée… Cuisine.