Back to you, tomes 1 & 2 : L'intégrale

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252 pages
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Résumé du tome 1 :


Amitié : nom féminin.
Définit ce qui lie deux personnes.
Sentiment fort et puissant pouvant s’approcher de l’amour.
Possible entre deux personnes de même sexe ou de sexe opposé.
La limite n’est parfois pas évidente à déterminer et est fine.
Passer de l’autre côté peut être facile.
Est censée résister à tout, épreuves comme le temps.



Pour Benjamin et Camille, l’amitié est un lien extrême. Sauf que leur amitié ne saura pas résister à l’éloignement.
Mais finalement, Ben est de retour, avec la ferme intention de retrouver sa meilleure amie. Va-t-il réussir à la ramener à lui ?




***




Résumé du tome 2 :



Après avoir retrouvé son repère, Camille est confrontée de nouveau à la perte. Une souffrance qui lui a fait prendre conscience que sa famille n’était plus.


Partir ? Rester ? L’amitié de Ben ? L’amour de Thibaut ?


Expatriée à Montréal, Camille se reconstruit doucement, malgré quelques écueils. Mais alors que tout semble bien aller, rien ne se passe comme prévu... Retour en arrière ou fuite en avant ?


La vie ne lui laissera pas le choix. Elle va devoir se battre. Encore et encore. Pourtant, le Destin va continuer ses cruautés. Mais pour séparer Ben et Cam pour de bon, ou les réunir ?


Découvrez le dénouement de cette merveilleuse histoire d’amitié, toujours aussi puissante, malgré les épreuves.


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EAN13 9782378161699
Langue Français

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Back to you, tomes 1 & 2 : L’intégrale [Alessia Jourdain]
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Première partie
Prologue Camille Je savais que ça arriverait. Je le savais et au fon d de moi, je l’espérais. Mais maintenant que c’est le moment, qu’on est tous là… Eh bien, ce n’est pas aussi évident… En fait, c’est tellement dur… Je vous pose le cadre. Vingt-sept décembre deux mil le neuf. Aéroport. Valises. Pas les miennes… Après les super moments qu’on a passés durant les f êtes de Noël, il est temps de nous dire au revoir. Je dois vraiment prendre sur m oi, sinon il va encore me chambrer, mon Ben. Ben, c’est Benjamin, mon meilleur ami depuis que no us avons treize ans. On s’est rencontrés, ou plutôt il est venu me voir, dans les semaines qui ont suivi le décès de mes parents. C’était en mille neuf cent quatre-vingt-dix-neuf. M amie Lulu m’avait accueillie chez elle, dans sa grande maison de banlieue. Je la voya is souvent, et même si je l’ai toujours adorée, j’étais triste, malheureuse, perdu e… Mes parents venaient d’être victimes d’un accident de la route. J’étais encore petite, je n’avais pas l’âge pour perdre mes parents. Enfin, a-t-on vraiment un âge pour ça ? Ils ne seraient plus là. C’était tout. Je voulais juste les retrouver, mais je ne les reve rrais plus. Plus jamais… C’était encore un jour durant lequel je pensais à eux, où j’étais mélancolique, et où je m’isolais dans le froid, espérant qu’il anesthésie ma douleur. C’étai t ma façon d’essayer de ne plus avoir aussi mal… Je ne pleurais pas… Plus en tout cas. No n, j’avais dû épuiser mon stock de larmes. Quelques jours après mon arrivée, un gar çon, brun, au regard chocolat tendre, et déjà grand pour son âge, est venu me par ler. Enfin, il a fait la conversation tout seul… À ce moment-là, je ne pouvais pas faire mieux… Bref, ça, c’était notre rencontre. Et depuis, nous sommes inséparables. Genre, les deu x doigts de la main, Belzebuth et Lucifer, Laurel et Hardy, Tintin et Milou… Je co ntinue ? Non, je pense que vous avez saisi ! Tout ça pour dire qu’on est toujours ensemb le. Il a gardé une frimousse rieuse, presque enfantine. Avec lui, tout était et reste si mple. Il était toujours là. Quand un mec m’emmerdait avec sa drague lourdingue, un bras se p osait sur mon épaule et un regard noir le fusillait et le faisait fuir. Quand j’avais des coups durs, le soir, se pointait à ma fenêtre mon adorable voisin, avec des friandises ce nsées remonter le moral (et filer quelques kilos en trop…) : réglisses, bonbons angla is, chips, saucisson… Tout ce que je préfère ! Quand il avait un coup de mou, c’était moi qui passais, par la porte cette fois, munie d’un film comique et de son péché migno n : ma tarte aux pommes. Et tout ça, sans jamais qu’on se consulte. On a dû être jum eaux dans une autre vie. On se connaît par cœur, on anticipe les réactions de l’au tre, on sait simplement ce dont on a besoin. Ne vous moquez pas ! Ça ne vous est jamais arrivé de rencontrer quelqu’un avec qui vous avez un lien invisible, mais qui fait que vous vous comprenez sans un mot ? Non ? Eh bien tant pis, nous, on fonctionne a insi ! Et en plus, il ne s’est jamais rien passé entre nous. Eh oui ! Un miracle ? Une co nnerie ? Non, juste de la logique. Ça ne nous est jamais venu à l’idée ! Pourtant, c’est vrai qu’il est beau… Grand, brun, b ien foutu, un sourire à tomber, un regard doux et tellement compréhensif… Ah, je ne vo us dis pas qu’une fois ou deux, quand les hormones ont commencé à faire leur appari tion, je n’ai pas eu quelques doutes. Vous savez, quand c’est tellement bien que quelqu’un s’intéresse vraiment à vous, et que vous imaginez être amoureux/se… Une fo is. Mais j’en ai vite compris que ce n’était qu’un mélange de mon imagination, mes ho rmones, et le côté quelque peu exceptionnel qu’offrait notre lien. J’ai cru. Uniqu ement ! Et puis, Ben… C’est un peu mon frère aussi alors… Beurk !!!
Bref, aujourd’hui, on en est là. Nous avons presque vingt-quatre ans. Mais ce géant de plus de deux mètres compte énormément pour moi. L’amitié que nous avons est toujours aussi forte et ne s’est pas effilochée ave c les années. C’est presque le seul ami que j’ai, alors il fait office de meilleur ami, de confident, de copine aussi parfois (Quand je vous dis qu’il est génial, mon Ben !), de grand frère, de doudou… Il est parfait ! Ce dimanche après-midi, nous sommes tous à Orly, po ur lui dire un dernier au revoir, au moins pour quelques mois. Vous l’aurez peut-être deviné mais avec sa taille, non seulement il ne passe pas inaperçu, mais surtout il fait du basket depuis son plus jeune âge. Il a été repéré par une équipe de la ligue min eure américaine. Que je vous explique un peu. Ben a fait STAPS en France, il est en Master 2. Il va faire son second semestre dans une université américaine, et ils lui donnent l’opportunité d’intégrer leur 1 équipe, qui évolue en NCAA 2 (Vous voyez la NBA ? Eh bien en dessous, on a la NCAA 1, puis la NCAA 2). Ça va lui permettre de gag ner en partie sa vie grâce à sa passion. Une chance de folie pour lui, qu’il n’a pa s hésité à saisir ! D’autant plus qu’à son âge… Non pas que vingt-quatre ans soit vieux, m ais dans un sport semi-professionnel… l’âge ne compte pas de la même façon … C’est maintenant ou jamais ! Et si je l’ai toujours encouragé à partir et vivre son rêve, eh bien, maintenant qu’on y est, ce n’est pas si évident que ça… Mon double par t à des milliers de kilomètres, et malgré les mails et les conversations en ligne… Ça va être super difficile… Je connais déjà le repas que je vais me faire ce soir : crème glacée Haagen Dazs spéculoos et un petit vin moelleux du Sud-Ouest. Un verre, ou plus. Certainement bien plus. Eh, on ne juge pas l’association ! C’est la meilleure que je connaisse pour soigner les coups de mou… Ses parents sont là, ainsi que Clara, sa petite sœu r. Pierre transpire de fierté pour son fils, qu’il a toujours poussé à poursuivre ses rêves, à se donner à 100 % dans ce sport où il est si doué. Autant il semble serein, a utant Corinne… Elle ne peut cacher ses larmes… Elle est très fière, elle aussi. Mais son f ils part sur un autre continent. Et j’imagine que pour une maman, ça ne doit pas être é vident à vivre. Quant à Clara… Elle semble presque contente d’être débarrassée d’un gra nd frère trop protecteur ! « Le Vol 349 à destination de New-York, embarquemen t ouvert porte 24. » Mince… Ça y est… C’est le moment… Non, Cam, ne rega rde pas… Il serre sa maman dans ses bras, et Corinne se laisse aller con tre le torse de son géant de fils, réprimant à peine un sanglot… — Oh mon Grand… Mon bébé part si loin… Heureusement que ton frère et ta sœur ne nous abandonnent pas, eux, ajoute-t-elle dans un petit sourire larmoyant. — Eh Maman, lui dit-il en se penchant vers elle. Je ne suis plus un bébé ! Je ne pars pas à la guerre mais en université américaine. Je v ais avoir un appartement, et je ne serai pas loin du campus et ses fêtes ! Ce n’est pa s si mal comme programme ! Corinne lève le visage pour regarder son géant de fils qui lui fait un sourire taquin. — Et puis, je ne serai pas seul ! Tu sais bien qu’u ne équipe, c’est sur et en dehors du terrain. Je vais vite me faire des amis. Et des copines aussi ! ajoute-t-il pour la faire râler. Malgré ce que lui dit Ben, c’est son fils qui part à de l’autre côté de l’Atlantique… Et elle a du mal à accepter ce départ. Elle le libère à contrecœur, afin que Ben puisse dire au revoir aux autres. Pierre lui donne une accolade virile mais empreinte d’une émotion pudique. — Profites-en bien, mon grand. Amuse-toi, mais pens e à bosser un peu quand même ! — Promis Papa ! Enfin, Clara y passe aussi. Elle fait un câlin à so n grand frère en lui faisant promettre de s’éclater et d’exploser les compteurs ! Une véri table groupie ! Pour elle, c’est le plus doué, le plus grand, le plus talentueux. Bref, le m eilleur !
— Et n’oublie pas de me ramener un boyfriend dans t es valises, surtout ! Parce que le célibat… J’en peux plus, Ben. Tu aurais bien un coéquipier célibataire qui craquerait pour une petite française toute choupinette ! — Ahaha, Clara ! T’es drôle ! Tu sais quoi ? Tu vie ndras me rendre visite et tu feras ton shopping sur place, petite sœur ! Ce sera bien plus simple ! Il l’embrasse sur le sommet du crâne, et l’étreint une dernière fois. Aïe… Et voilà… C’est mon tour… Sois forte, Camille ! *** Benjamin J’ai eu une superbe opportunité. Une magnifique opp ortunité. Mais j’ai beau être super content de partir saisir ma chance dans le pa ys le plus branché niveau basket-ball, j’ai quand même un petit pincement au cœur… M a Cam… Elle va vraiment énormément me manquer. C’est ma poulette, c’est mon bébé, c’est ma meilleure amie. Celle qui partage ma vie depuis dix ans déjà. Quand on s’est rencontrés, j’ai été touché par cette petite fille, enveloppée dans une solitud e qu’à son âge, elle n’aurait jamais dû connaître. Et j’ai mis un certain point d’honneur à ce qu’elle ne soit plus jamais seule. Elle était enfermée dans une mélancolie et un mutis me qu’elle subissait. Elle venait de perdre ses parents. J’imagine qu’elle vous en a par lé. Alors, j’ai décidé de combler ce vide. Bien que je n’étais ni ne suis capable de le combler. J’allais la voir tous les soirs. Je lui parlais de ma vie, de ma journée à l’école, des entraînements, de mes copains. Je lui montrais aussi mes devoirs… Elle révisait av ec moi quand j’avais des interros. Et ça lui a permis de finir l’année scolaire chez sa g rand-mère, à la maison, et de ne pas redoubler ! Eh ouais, elle est intelligente ! Et au ssi pas mal du tout… En fait, jamais je l’ai regardée autrement que comme une amie, que j’a ime énormément, bien sûr, mais une amie uniquement. Mais… Bien qu’on enchaîne les conquêtes chacun de notre côté, sans rendre de compte à l’autre, à chaque foi s qu’elle me présente un nouveau copain, j’ai la poitrine qui se serre. — Allez ma bichette, viens là ! lui dis-je en ouvra nt mes grands bras. Elle n’hésite pas une seconde. Et malgré ses talons de dix centimètres dont elle ne se sépare jamais, elle reste encore tellement petit e et fragile entre mes bras… Je la serre fort contre moi, je me penche sur sa tête. Je respire longuement ses cheveux et m’imprègne une dernière fois de l’odeur de son sham pooing, mélange de lavande et de thym. Elle n’en a jamais changé depuis que je la co nnais. Je comprends que je la touche pour la dernière fois avant des mois… Depuis quelque temps, je sens que quelque chose cha nge dans mes réactions envers elle. Chaque fois qu’elle rencontre quelqu’u n, que ce soit une relation sérieuse, ou juste un coup d’un soir, je ressens un pincement au cœur. Comme si cette personne, de passage ou pas, me l’enlevait. Pourtan t elle ne m’appartient pas. Enfin… Presque ! C’est ma meilleure amie ! Ma moitié ! Je suis presque jaloux de ses mecs ! Ce n’est pas bon pour nous et notre relation, et ce n’est pas normal non plus. Pourtant, je n’ai pas qu’elle dans mon entourage « amical », entre les coéquipiers et les potes. Mais je pourrais me passer des autres. Elle, elle s uffirait amplement à mon équilibre amical et à ma vie ! Sauf que ce n’est absolument p as possible. Je dois voir autre chose. Elle me manquera, c’est une certitude… Et je sais d’avance que les premières semaines seront difficiles pour moi, comme pour ell e. On a vécu et traversé tellement de choses… Des bons et des mauvais moments ! La fois où elle était en colère et qu’elle a débarqué dans les vestiaires après l’entraînement, se fichant bien de savoir si on éta it sous la douche ou non… Tout ça parce que je lui avais ruiné un coup sans le vouloi r ! Bah quoi ? Il était lourdingue, ce
gars ! Et en plus, il avait sale réputation ! Eh bi en, elle a déboulé dans les vestiaires, je venais juste de sortir de la douche, une serviette autour des hanches. Certains étaient carrément à poil ! Mais cela ne l’a pas dérangée le moins du monde ! Elle m’a engueulé… Vraiment ! *** qu’un con ! Je te déteste, Ben Delors ! lâche  T’es -t-elle en me poussant de son index sur mon torse. Moi aussi, je t’aime, Cam ! Elle m’a foudroyé de ses yeux noirs… Elle s’est mis e sur la pointe des pieds, pensant m’impressionner, a inspiré longuement tout en contractant les mâchoires. Tu fais chier ! Tu peux t’asseoir sur ta tarte de ce soir ! Puis, elle a tourné les talons en grognant, avant d e faire claquer la porte derrière elle. On avait ce rituel. Quand on gagnait, j’avais une t arte aux pommes, qu’elle seule parvenait à faire à la perfection ! S’en est suivi un long silence dans le vestiaire. Tout le monde s’était arrêté pour assister à la scène. Et q uand elle est repartie, mon coach et mes potes étaient bouche bée par son aplomb ! Parce que quand elle est en colère, ma Cam, ses yeux… Ce sont des mitraillettes, et tout l e monde la ferme et écoute ! Même moi ! Enfin, c’est ce qu’elle croit, parce que je l aisse passer l’orage. Mais ça me passe au-dessus ! Putain, ta nana, Ben, elle te tient par les couilles ! a lâché Olivier, notre meneur. Je lui ai foutu mon poing dans l’épaule. C’est pas ma nana ! ai-je rétorqué. Et voyant qu’il voulait ajouter autre chose, je l’a i coupé. ragues pas, et tu l’emballesn’y pense même pas ! Tu la touches pas, tu la d  Et pas ! Elle les avait bien scotchés, ce jour-là ! *** Merde… Mon t-shirt me ramène à la réalité… Il devie nt humide… Elle ne se souvient pas de sa promesse, certes quelque peu alcoolisée, de la veille. Mais une promesse c’est une promesse ! On a passé des bons moments to us les deux, et elle m’avait promis, certes après quelques verres, que de toute manière, elle ne pleurerait pas. — Non, non, non, mon petit Ben ! Pas une larme ! Promis ! m’a-t-elle dit. Mouais, on en parle ? Pas ça, pitié… Je déteste voi r une femme pleurer, mais alors Cam… C’est une des rares personnes capables de m’at teindre ainsi. Elle s’écarte doucement et relève ses yeux brillants vers moi. El le essuie rapidement ses larmes et je tente de faire comme si je n’avais rien vu. — Mince Ben, je suis désolée, j’avais promis ! Je s ais, je sais ! Pardon ! Je pleure plus, regarde ! Oh non non non ! Je pose un baiser sur son front, et lui souris. — Allez Cam… On va se skyper, et puis c’est que que lques mois ! Donc ne pleurniche pas, et surtout… Promets-moi de ne pas t rop noyer mon absence dans la glace… Tu vas prendre trente kilos ! Ah, ça y est, elle étouffe un petit rire et me frap pe le bras ! — T’es nul pour dire au revoir, Ben ! C’est exactement la réaction que j’attendais. Sinon , je ne sais pas si j’aurais eu la même facilité à la laisser ici. — Tu vas aussi pouvoir te trouver un mec sans que j e le fasse fuir. Ou regarder tes films de fifilles sans que je râle toute la soirée… Bref, tu vas t’éclater sans moi, tu verras Cam !
Je fais bonne figure, moi aussi. Ils vont me manque r ses films. Ses crétins aussi ! La voix dans le haut-parleur me rappelle à l’ordre. Je dois y aller, monter dans cet avion qui m’emmène droit vers l’un de mes rêves. Je lui f ais un dernier câlin, lui soufflant à l’oreille qu’elle va me manquer et je commence à m’ éloigner après un ultime bisou à ma famille. J’ai le cœur qui se serre de voir ma ma man pleurer, et se faire consoler par mon père. Effectivement, je pars, et vous imaginez certainement que j’ai hâte et que je me fiche de ceux que je laisse ici. Mais non. Vraim ent. Ils vont me manquer. Je vous assure ! Je garde le sourire en m’éloignant, mais d ès que je rejoins mon siège, une vague de tristesse apparaît. Je regarde les dernier s messages que Camille m’a envoyés hier au soir. Une photo de nous deux, moi, avec un gros pull de Noël tout moche, elle, avec des cornes de cerf dans les cheve ux et un nez rouge qui clignote, comme celui de Ruldoph le renne du Père Noël. Je pa sse mon pouce sur l’écran de mon téléphone et je soupire. Camille, elle va me ma nquer… Plus que les autres… Mais maintenant, direction les States et mon avenir…See ya Guys!
Chapitre 1 - Le retour Camille Encore ces courses ! J’ai l’impression de ne faire que ça : passer mon temps dans les grandes surfaces. Et le pire chez moi, je ne sa is même pas comment je me débrouille, tout le monde me rit au nez quand j’en parle, mais même avec une liste… Je rentre à la maison, et je m’aperçois qu’il manque e ncore des tonnes de choses ! C’est dingue ! Et à chaque fois ! Pourtant le chariot est plein. Mais non, j’en oublie encore… Je m’épate moi-même ! Je vais au supermarché, parce que cette année encor e, je m’occupe du repas de Noël qui est organisé à la résidence de Mamie Lucet te. Elle y est placée depuis presque deux ans. Elle ne peut plus vraiment rentre r à la maison, alors, régulièrement, je vais la voir. Au moins deux fois par semaine, vo ire plus. Mon boulot me le permet donc je le fais. Ah Mamie Lucette… Il y a dix jours , en voulant en faire encore plus que de d’habitude, elle est tombée. Rien de grave, un b el hématome à la hanche. Mais étant donné son âge et sa condition, le médecin lui a ordonné le repos le plus strict ! Autant vous dire qu’elle fait tourner tout le monde en bourrique ! Cette fois, on va faire Noël un peu en avance, parc e que mon oncle Jean est là. Il travaille à Moscou dans l’import-export. Il essaie de rentrer le plus possible, mais son boulot est très prenant… Il a quand même pu se libé rer une dizaine de jours pour voir sa mère et passer du temps avec elle. Elle n’est pl us toute jeune et les années passent vite. Et puis, il lui manque, elle m’en parle souve nt. Mais il prend le temps de lui écrire des lettres régulièrement. Elle me les montre. Enfi n, surtout les enveloppes timbrées ! Elle adore faire des collections… Mais les timbres russes… Ça dure depuis que Jean a commencé une correspondance avec elle. Elle adore s ’en vanter. Son fils travaille en Russie ! De plus, ses amis de la maison de retraite rentrent dans leurs familles pour les fêtes, pour la plupart. Donc on en profite et on fait un r epas de Noël avant l’heure, ce dimanche, le six décembre. On sera une bonne douzai ne, plus ceux qui ne peuvent pas se déplacer et les proches qui font les visites du dimanche et qui se joignent à nous pour le café. Puis, les gourmandises à faire pour l es soignants et autre personnel. Ils sont vraiment top avec ces anciens. Ils prennent so in d’eux alors que nous, proches, on ne peut pas ou plus, physiquement, par manque de co mpétences ou par manque de temps aussi… Placer Mamie a été un crève-cœur, mais ici, on s’occupe bien d’elle. Certainement mieux que moi je l’aurais fait. Les so ignants et intervenants sont comme une autre famille pour eux. Certains résidents n’on t pas d’enfants, des frères et sœurs décédés… Ils sont vraiment seuls. Et c’est importan t à cet âge qu’ils soient entourés, considérés, et non pas isolés comme certains le son t… Et comme je vous l’ai dit, mon métier me permet une grande souplesse. Je suis correctrice. Je relis des manuscrits et selon les d emandes des auteurs, je relève les fautes d’orthographe et de conjugaison, ou je repre nds le texte plus en profondeur. Et dans ce cas, je reprends des passages et suggère d’ amplifier ou non telle ou telle émotion, telle ou telle action. C’est super intéres sant. On doit coller au style de l’auteur, et on en croise des bien différents, croyez-moi ! M ais c’est enrichissant, on s’adapte, on échange, on partage. J’adore cette relation d’auteu r à correcteur. Et donc, je bosse depuis la maison. Et ce jeudi, c’est donc la « corvée » de courses qu i m’attend, avant d’attaquer un marathon de préparations culinaires. Ça, c’est la m eilleure partie de cette journée ! Après le repas, bien sûr ! Je ne vais pas faire tro p compliqué. Le plat préféré de Mamie, c’est le gigot d’agneau aux pommes grenailles. Pas très Noël, me direz-vous, mais c’est ce qu’elle préfère. Et je veux vraiment lui faire plaisir. En entrée, j’ai prévu des macarons au foie gras, de s noix de Saint Jacques au