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Ce soleil ou J'ai toujours soif

De
45 pages
Publié par :
Ajouté le : 01 janvier 1995
Lecture(s) : 236
EAN13 : 9782296293311
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Florent COUAO-ZOTTI

CE SOLEIL OÙ J' AI TOUJOURS SOIF
(ou La Nnit des Anges)

Éditions L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris

A

tous ceux qlli 0111de la teig11e à !'ânle.

SITUATION PREMIERE SÉQUENCE I
Unerue...
Deux pelles, une brouette. Dans un coin, un monticule de

sable. Au milieu de la scène, un homme, Sèna, portant un tablier (ou une blouse) bleu-marine, le pantalon retroussé, un balai à long manche dans les mains. SÈNA : (très enthousiaste)... Alors, j'ai vu la réalité se teindre des couleurs du rêve. J'ai vu cette réalité-là m'offrir la vision d'un monde plein, heureux, achevé. Ah ! Comme tout, même l'absence peut s'enfler de vie, peut s'irriguer de bonheur quand l'âme adorée vous entretient des charmes de son coeur ! bouche flatteuse qui vous affole de désir - avait susurré le mot rare, celui qui ne s'entend qu'une seule fois dans la vie d'un amoureux; elle avait dit «je t'aime, mon ami». Deux syllabes, rien que deux: «t'ai-me» qui vous parent l'âme des vertiges de l'amour, vous ouvrent la voie royale de la félicité. Ô Arlette, tu... tu m'habites. Tu me possèdes sans merci! Mes entrailles, mon sang, mon corps, tout, mon Dieu! tout bruit ton nom. (Il regarde le ciel, plein d'admiration) Quand parfois, je pense à elle, je m'investis dans cette pensée avec tant de force, de bonheur et d'espérance qu'il ne me reste le moindre souffle, l'énergie nécessaire pour me consacrer à mon travail. Et je reste 5
Elle... elle s'était approchée de moi; sa bouche

- cette

là, à la détailler sous tous les éclairages.

Son corps d'abord: quand il se déploie dans sa robe fleurie, il devient un hymne dédié à la beauté. Une chanson qu'on aimerait célébrer jusque dans l'infini du monde. Mon Dieu! Qu'on s'avoue qu'une créature si gracieusement enveloppée ait été extirpée des entrailles de mortelle soit chose incroyable. Irréelles ses rondeurs où ... où s'abrite le suc onctueux de mes rêves. Incroyable ce teint caramel qui l'habille des couleurs de la vie... Et cette taille, mes aieux ! Cette taille, l'ovale gracieux où l'on aimerait insérer sa main. Où j'accrocherai (il mime) ma main, ce soir au bal de la Conférence Nationale.
C'est curieux... Quand je pense qu'il y a trois mois, elle avait manifesté grande résistance à accepter mon rêve. Mon rêve de danser avec elle...! C'est qu'elle est devenue captive de mon coeur, des soupirs qu'il langage depuis un an. (Silence, puis soudain, avec le même enthousiasme). Ce matin, quand je lui ai présenté ma paye du mois, elle m'a offert l'exclusive généreuse de son regard. Ah ! Elle m'a regardé deux précieuses minutes durant et elle a lâché tout d'un coup: «DOUS irODSà ton fameux bal, mon ami...» Elle a alors prélevé les trois-quarts de mODsalaire et m'a gratifié du reste...

Il fallait voir quelle grâce enveloppait chacun de ses gestes, chaque mouvement de son corps.
(Il s'agenouille brusquement, jette son balai)

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