Chestnut Hill tome 13

Chestnut Hill tome 13

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C'est la rentrée à Chestnut Hill ! Tout le monde semble ravi d'accueillir Nora, la nouvelle. Tout le monde... sauf Margaux. Pas question que Nora prenne la place de Pauline, restée en Angleterre. En plus, cette fille est vraiment... bizarre. Elle leur cache quelque chose, mais quoi ?





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Ajouté le 31 janvier 2013
Nombre de lectures 10
EAN13 9782823807042
Licence : Tous droits réservés
Langue Français
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:
Lauren Brooke



Chestnut Hill
Une élève pas comme les autres
Traduit de l’anglais par Christine Bouchareine


Avec des remerciements tout particuliers à Elisabeth Faith
1
« Regarde, Pauline, nous sommes de retour ! » Le front appuyé contre la vitre du minibus qui franchissait l’entrée de Chestnut Hill, Margaux mourait d’envie de prononcer ces mots à voix haute. Malheureusement, son amie n’était plus là pour les entendre…
Laurie lui prit la main.
— Ça fait bizarre, hein ?
Margaux hocha la tête. Quand elles avaient quitté l’Angleterre, elle avait secrètement espéré jusqu’au dernier moment que Pauline monterait dans l’avion avec elles. Elle s’imagina pour la centième fois Pauline leur criant : « Surprise ! J’ai changé d’avis. Je repars avec vous ! »
Dans tes rêves !
Elle se pencha en avant et passa ses bras autour des épaules de Mélanie, assise devant elle. Mélanie était doublement touchée : elle perdait à la fois une grande amie et son petit copain, puisqu’elle sortait avec Sam, le frère de Pauline, resté à Oxford, lui aussi.
— C’est vraiment dur ! répondit Mélanie avant de presser à son tour le bras de Margaux.
Le mobile de Margaux se mit à sonner. Elle le sortit de sa poche : c’était un message de Will, le cousin de Pauline et de Sam, dont elle avait fait la connaissance en Angleterre.
Salut, Cendrillon ! T’as oublié tes Adidas, tu veux qu’on te les expédie, ou tu reviens les chercher ?
Un petit sourire teinté de nostalgie apparut sur le visage de Margaux.
Garde-les en souvenir de moi, tapa-t-elle.
La réponse de Will lui parvint quelques secondes plus tard.
Ça alors ! Les autres filles offrent une boucle de cheveux ; toi, tu me laisses tes chaussures de footing !
Elle montra le message en riant à Laurie.
Quelles autres filles ? ne put-elle s’empêcher de rétorquer. Mais au moment où elle appuyait sur « envoyer », elle le regretta. Elle ne voulait pas que Will se fasse des idées. Elle éteignit son téléphone et le remit dans sa poche. Laurie lui donna un coup de coude.
— Rabat-joie !
— Il n’est pas question que je me laisse de nouveau entraîner dans une relation à distance ! déclara Margaux.
Elle faisait allusion à son histoire avec Henri, un Français rencontré au ski. Elle avait cru qu’il avait un faible pour elle, et il avait fallu qu’elle organise un rendez-vous amoureux pour découvrir, à leur grande gêne à tous les deux, qu’il la considérait seulement comme une amie.
Mélanie se retourna vers elle.
— Voyons, Margaux, ce n’était pas une relation à distance, c’était une suite de malentendus !
Margaux écarquilla les yeux d’un air faussement scandalisé.
— D’accord, il ne s’est jamais rien passé entre nous, mais on avait du potentiel ! se défendit-elle.
— Sans doute, gloussa Mélanie. Les plus belles histoires d’amour ne sont-elles pas celles qu’on imagine ?
La vue d’un magnifique pur-sang qui galopait dans un paddock arracha brusquement Margaux à ces pensées.
— C’est Lucky ! s’écria-t-elle au moment où il disparaissait derrière les arbres.
Laurie se pencha devant elle en lui collant ses cheveux dans la figure.
— Tu ne vois pas Tybalt ?
— Là, je ne vois rien du tout…
— Oh, pardon ! fit Laurie. J’ai l’impression que ça fait des siècles qu’on est parties, ajouta-t-elle en se rasseyant.
— Vous ne trouvez pas que Lucky ressemble beaucoup à Woody ? dit Mélanie.
Margaux revit le cheval de course alezan que son amie avait monté aux écuries Dysart pendant leurs vacances en Angleterre.
— Non, Woody était quand même plus grand ! Il devait bien mesurer un mètre soixante-deux ou trois.
— Vous croyez que Pauline fera beaucoup de cheval une fois qu’elle aura emménagé près d’Oxford ? poursuivit Mélanie.
— Si tu veux mon avis, seulement pendant les week-ends et les vacances, répondit Margaux.
— Ça va lui faire un sacré choc, de se retrouver dans une école où il n’y a pas d’équitation, remarqua Mélanie.
— Tu parles !
Le minibus s’arrêta devant le dortoir Adams, dont la façade disparaissait sous une splendide glycine mauve.
Laurie se leva, mit son sac sur l’épaule et étouffa un bâillement.
— Mon horloge interne est complètement décalée. Il est à peine 16 heures et pourtant je tombe de sommeil.
— Moi aussi, avoua Mélanie.
— Hé, les filles, ce n’est pas le moment de s’effondrer ! protesta Margaux en s’extirpant de son siège. On entre dans le trimestre le plus intéressant ! Songez à toutes les rencontres d’athlétisme, de basket, de base-ball, à toutes les soirées, et surtout à toutes les heures d’équitation qui nous attendent !
Mélanie éclata de rire.
— Arrête, tu vas m’achever.
Chargées de leurs valises, elles montèrent les marches du perron et poussèrent la porte du bâtiment. Un grand silence les accueillit dans le hall, où flottait une bonne odeur de cire. Fiona, une des femmes d’entretien, abandonna son plumeau pour se précipiter vers elles avec un grand sourire.
— Vous êtes les premières ! Personne d’autre ne doit arriver avant demain. Profitez-en, la maison est à vous !
Alors que Margaux faisait rouler sa valise jusqu’au pied de l’escalier, il lui vint subitement une idée. Le temps de monter à la chambre qu’elle partageait avec Audrey Harrison, elle avait pris sa décision.
— Je vous retrouve dans une minute, lança-t-elle à Mélanie et à Laurie qui entraient dans leurs chambres respectives.
Elle s’arrêta sur le seuil de la sienne, estomaquée : alors que le côté d’Audrey était parfaitement bien rangé, dans son coin à elle régnait un désordre indescriptible. Le sol et le lit étaient jonchés de vêtements, de chaussures, de magazines et de bijoux. D’accord, son départ s’était décidé à la dernière minute, mais elle n’avait quand même pas sorti tout ça de ses placards ! Il lui fallut quelques secondes pour constater que les affaires éparpillées par terre n’étaient pas celles qu’elle aurait pu envisager d’emporter pour des vacances de printemps. Audrey avait vidé son armoire pour se venger de la pagaille qu’elle avait laissée en partant. Elle ramassa tout ce qui traînait en résistant à l’envie de balancer les robes d’Audrey par la fenêtre, puis elle alla retrouver Mélanie.
— J’ai un plan fantastique ! lui annonça-t-elle à peine entrée.
Mélanie contemplait une photo de Pauline assise sur la barrière du paddock, un bras passé autour de l’encolure de Minnie.
— Je t’écoute.
— Je vais venir m’installer dans ta chambre. Réfléchis : tu as une place de libre, et je ne peux plus supporter Audrey. Tout le monde y trouve son compte !
Mélanie passa la main dans ses cheveux courts.
— Bonne idée, sauf que tu devrais en parler avant à Mme Herson.
— Je suis sûre qu’elle sera d’accord. Elle est tellement sympa ! Je vais chercher Laurie pour qu’elle nous aide à déménager.
Mais Laurie eut la même réaction que Mélanie :
— Je te conseille de demander d’abord l’avis de Mme Herson.
— Vous vous inquiétez pour rien. Tiens, je vais commencer par mes posters. Tu peux t’occuper de Zak Ephron et de Robert Pattinson ?
— Voilà une phrase qu’on n’entend pas tous les jours !
Pendant que Laurie décrochait avec grand soin les affiches du mur, Margaux retira les punaises qui tenaient son calendrier et les photos. La plus récente montrait les quatre amies ensemble, bras dessus, bras dessous. Les yeux clairs de Pauline illuminaient son visage en cœur.
— Hein, tu veux que j’aille dans la chambre de Mélanie ? chuchota Margaux avant de poser la photo sur le haut de la pile.
Une fois son calendrier suspendu au-dessus de l’ancien bureau de Pauline, Margaux laissa Mélanie et Laurie accrocher ses photos pour aller chercher sa valise.
À son retour, elle sursauta en voyant leur surveillante campée au milieu de la chambre.
— Bonjour, madame, lança-t-elle joyeusement. On ne vous a pas trop manqué ?
Mme Herson la regarda poser sa valise sur l’ancien lit de Pauline et plissa les yeux en se balançant d’un pied sur l’autre.
— Margaux, je peux savoir à quoi rime ce remue-ménage ?
— Eh bien, j’ai pensé que ça serait une bonne idée si je partageais la chambre de Mélanie, ce trimestre, répondit la jeune fille. Ça ne changera pas grand-chose, n’est-ce pas ? Et Audrey sera trop contente d’être débarrassée de moi ! conclut-elle sans préciser qu’elle serait encore plus heureuse de ne plus avoir Audrey sur le dos.
— Margaux, je te rappelle qu’il faut déposer une demande officielle si on souhaite changer de chambre. Il ne te reste plus qu’à enlever tout ça.
— Et si je restais ici en attendant la réponse ? suggéra Margaux, qui ne voyait aucune raison qu’on refuse sa demande.
— Non, ce n’est pas possible. Je te prie de bien vouloir transférer immédiatement tes affaires dans ta chambre.
Margaux ouvrit sa valise et prit sur le dessus un sac en papier kraft rempli de boîtes de savons à la lavande qu’elle avait achetées à Oxford.
— Je vous ai rapporté un petit souvenir d’Angleterre, dit-elle en tendant une boîte à la jeune femme, les yeux remplis d’espoir.
Mme Herson haussa les sourcils.
— Vous ne seriez pas en train d’essayer de me soudoyer, Margaux Walsh ?
— Oh, une élève a bien le droit d’offrir un petit cadeau à sa surveillante préférée, non ?
— Bien sûr, et je t’en remercie. N’empêche que, géographiquement, tu n’es toujours pas au bon endroit. Je te laisse dix minutes pour te repérer. Compris ?
— Oui, madame, soupira Margaux, bien décidée à remplir une demande officielle le lundi, dès l’ouverture des bureaux.
« Ce n’est que partie remise, songea-t-elle alors que Mme Herson quittait la pièce. Et, dans quelques jours, je partagerai enfin la chambre de Mélanie. »
2
Une fois leurs valises défaites, les filles filèrent à l’écurie. Le moral de Margaux remonta dès qu’elles foulèrent le chemin qui menait à la carrière. Le soleil brillait ; les camélias embaumaient l’air. Les arbres en fleurs bourdonnaient d’abeilles. À l’approche du manège, Margaux entendit un bruit de sabots. Elle poussa un cri de joie en voyant sa tante, directrice de la section d’équitation de Chestnut Hill, galoper autour de la piste sur Quince, sa magnifique jument pommelée. À l’autre bout de la carrière, Mary O’Connor, l’infirmière de l’école, faisait travailler Daffy, son pur-sang brun foncé.
Annie Carmichael dirigea sa monture vers les trois amies.
— Ça y est, les vacances sont terminées ? Ça s’est bien passé ?
Margaux, qui s’apprêtait à répondre, referma la bouche en constatant que sa tante s’adressait à Laurie.
— C’était fabuleux ! s’écria celle-ci. Personne n’avait envie de rentrer.
— En tout cas, ton père t’attendait avec impatience. Tu l’as appelé ?
« Eh, doucement, tante Annie ! » songea Margaux. Annie ne sortait avec le père de Laurie que depuis peu de temps ; elle n’allait quand même pas se prendre déjà pour la mère de Laurie !
Heureusement, Laurie ne parut pas s’en formaliser.
— Je lui ai envoyé un texto quand on s’est posées, et je pensais l’appeler ce soir. Quince a l’air en pleine forme.
Annie tapota l’encolure de sa jument.
— J’espère bien ! Dans deux semaines, nous nous présentons à la compétition de saut d’obstacles en paire au concours hippique de Cheney Falls. Mary fera équipe avec moi, précisa-t-elle avec un geste vers l’infirmière, qui faisait courir Daffy le long de la barrière. Pour le moment, nous habituons Quince et Daffy à évoluer l’un près de l’autre ; ensuite, nous les amènerons progressivement sur les obstacles côte à côte.
Les yeux de Mélanie étincelèrent.
— Mais c’est génial ! Vous voulez bien de nous comme fan-club ?
— J’y compte bien ! Allez, j’ai du travail ! Je vous verrai plus tard.
Sur ce, Annie raccourcit ses rênes, fit faire un quart de tour à Quince et partit au trot rejoindre Mary.
Margaux s’accouda à la barrière pour regarder les deux chevaux travailler ensemble. Daffy coucha ses oreilles en arrière quand sa cavalière l’amena au niveau de Quince. Ils firent un tour du manège au galop, puis Mary conduisit Daffy vers l’autre bout de la piste. Annie exécuta un demi-arrêt avant le premier obstacle, un vertical. La jument dressa les oreilles et donna un coup de queue ; puis, d’une détente puissante, s’élança. Elle se réceptionna avec une petite ruade et repartit au galop vers le vertical suivant.
— Bravo, tante Annie ! applaudit Margaux.
De l’autre côté, Daffy sauta un large, mais trébucha à la réception. Mary laissa filer les rênes entre ses doigts tandis qu’il piquait du nez vers le sol. Dès que le hongre retrouva son équilibre, elle rassembla ses rênes et le poussa en avant vers un parallèle. Daffy accéléra en allongeant sa foulée, et sa silhouette s’aplatit.
— Daffy me rappelle Tybalt, dit Laurie. Toujours à n’en faire qu’à sa tête !
— Il a une sacrée détente, en tout cas, répondit Mélanie alors que le hongre s’envolait au-dessus des barres.
Quince et Daffy traversèrent le centre de la piste au même moment, en passant très près l’un de l’autre. Puis Mary tourna Daffy vers un autre vertical, et Annie fit décrire un cercle à Quince pour le lancer derrière le cheval brun. Mais à l’approche de l’obstacle, Quince ralentit brusquement pour laisser passer Daffy.
— Ça ne doit pas être évident, de leur apprendre à évoluer ensemble, commenta Margaux.
Laurie hocha la tête.
— J’aurais du mal à persuader Tybalt de sauter si près d’un autre cheval. Il déteste qu’on le colle. Tiens, en parlant de Tybalt, je me sens tout à coup en manque.
— Moi aussi, acquiesça Mélanie.
Alors qu’elles reprenaient le chemin qui conduisait à l’écurie, elles virent arriver en face d’elles Julie et Sarah, les palefrenières, qui menaient chacune deux poneys.
— Salut, les filles ! leur lança gaiement Julie. Vous voulez bien nous aider à rentrer les chevaux ? Le seau avec les licols et les longes se trouve près de la porte.
— On s’en occupe, répondit Margaux.
Quand elles arrivèrent en vue du paddock, Margaux repéra Minnie et Morello qui paissaient près de la barrière. Elle attrapa deux licols et, pressée de les retrouver, sauta la porte. Elle jeta les bras autour de l’encolure de Morello, qui hennit de surprise et roula des yeux.
Elle éclata de rire.
— Arrête de faire le ballot, c’est moi !
Pendant qu’elle le serrait contre elle et inspirait sa bonne odeur, Morello lui frotta l’épaule de ses naseaux et mordilla sa veste comme pour s’excuser. Margaux lui caressa le nez et se tourna vers Minnie. Son cœur se serra à l’idée que maintenant que Pauline était partie, la jument aurait d’autres cavaliers. Elle-même n’aurait pas le temps de monter les deux, et la jolie petite jument grise allait sans doute servir de poney d’école .
— Tu viens, ou tu campes ici ? lui lança Mélanie.
— Hé, moi, j’en ai deux à qui je dois dire bonjour ! protesta Margaux en passant les licols aux poneys avant de les conduire vers la porte.
Mélanie avait glissé le bras dans la crinière dorée de Colorado. Elle chassa de la main Falcon, qui voulait les suivre.
— Je reviens te chercher tout de suite, c’est promis.
Les trois amies repartirent vers l’écurie. Le bruit sourd des sabots sur l’herbe céda la place à un cliquètement quand ils pénétrèrent dans la cour. Dès qu’il franchit la porte, Morello arracha sa longe des mains de Margaux et trotta vers son box.
— Morello, espèce de goinfre ! s’esclaffa la jeune fille.
Morello retira le loquet avec ses dents, poussa la porte avec son nez et se rua à l’intérieur. Il réapparut quelques secondes plus tard, l’air déçu de n’avoir trouvé aucune nourriture.
— Tu vas devoir prendre ton mal en patience, gloussa Margaux, qui détacha sa longe et referma sa porte.
Minnie, elle, attendait patiemment, la tête baissée, la queue basse. Margaux l’installa dans son box en craignant que la jument ne fasse une dépression. La ponette avait-elle senti que Pauline ne reviendrait pas ? D’habitude, la jeune Anglaise était la première à se précipiter à l’écurie au retour des vacances. Margaux glissa la main dans la crinière soyeuse de Minnie.
— Je te promets que tu auras encore tout plein d’amour, lui chuchota-t-elle en l’entendant soupirer.
Laurie passa la tête par-dessus le portillon.
— Ça va ?
Margaux tapota tendrement le cou de Minnie et quitta le box.
— Pauline lui manque.
— La pauvre ! Il va falloir bien s’occuper d’elle.
— Du moment qu’on ne la confie pas à Patty…, ironisa Margaux avec une grimace.
Minnie avait appartenu à Patty Duval, qui l’avait totalement délaissée.
— Ça ne risque pas ! répondit Mélanie, qui revenait avec un seau de nourriture. Il y a un poster sur le tableau d’affichage pour un concours de mannequins. Je crois deviner ce qui va passionner Patty ce trimestre…
Margaux leva les yeux au ciel.
— Je meurs d’impatience de ne pas voir ça !
Mélanie posa le seau de Colorado et se mit à tourner sur elle-même. Puis elle descendit l’allée en se dandinant, une main sur la hanche.
— Oh, ma chérie, tu es merveilleuse ! s’écria Margaux en imitant le ton snob d’Audrey. Tu vas révolutionner le monde de la mode. J’adooore ton look champêtre urbain ! Ça va devenir le must de la saison !
Colorado passa la tête hors de son box et secoua son épaisse crinière noire, sa lèvre supérieure retroussée comme s’il riait de sa plaisanterie. Installé en face de lui, Morello donna un coup de sabot dans sa porte et hennit.
— Il veut te faire comprendre que le seul must du moment, c’est son souper ! s’esclaffa Laurie.
Margaux agita un doigt vers Morello, l’air sévère.
— On ne t’a jamais dit que la patience est mère de toutes les vertus ?
3
Le lendemain matin, Margaux commençait à peine à apprécier le luxe d’avoir une chambre à elle toute seule qu’on frappa à sa porte.
— Bonjour, paresseuse ! lança gaiement Mélanie.
Elle s’effaça pour laisser passer Laurie chargée d’un grand plateau. Une bonne odeur de chocolat chaud et de viennoiseries flotta jusqu’aux narines de Margaux.
— Super, le petit déjeuner au lit !
Laurie posa le plateau sur ses genoux.
— Mme Herson tient à t’avertir que ce traitement de faveur est exceptionnel, annonça-t-elle en s’asseyant au bout de son lit. C’est uniquement parce que la cafétéria n’est pas encore ouverte.
Margaux détacha un morceau de brioche au raisin et se mit à manger avec appétit.