Clarendon's Hill

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105 pages
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Raphaelle, Parisienne et agent de voyage va devoir troquer talons, hauts, tailleurs, bérets et métro contre jeans, stetson et chevaux sauvages.


Il aura suffit d'une petite notification sur son smartphone pour qu'elle atterisse au Texas...

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EAN13 9782374471860
Langue Français

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CLARENDON’S HILL Romance
Siobhan GABRIELLY
CLARENDON’S HILL Romance
– The Wedding Planner
– From Boston, With Love
Du même auteur :
Erato-Editions 2016
Erato-Editions 2016
ISBN format papier 978-2-37447-187-7
ISBN numérique : 978-2-37447-186-0
Mars 2017 - Imprimé en France
© Erato–Editions -Tous droits réservés
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Just a perfect day You made me forget myself I thought I was Someone else, someone good Oh, it’s such a perfect day I’m glad I spent it with you Oh, such a perfect day You just keep me hanging on You just keep me hanging on Lou REED - Perfect Day Raphaëlle
Chapitre 1
Un dernier regard dans le miroir pour m’assurer que mon maquillage et ma coiffure sont toujours aussi impeccables. Je suis assez satisfaite, car, malgré la fatigue et le stress, je suis toujours aussi radieuse. Du plat de mes mains, je défroisse ma jupe en satin , puis j’ajuste mon bustier et en profite pour remonter mes seins dans mon push-up, a fin que mon décolleté soit renversant. Ma robe est vraiment sublime ! J’ai vraiment fait u n effet bœuf en apparaissant au bras de mon père dans la salle des mariages de la M airie. Je remets un peu de gloss et froisse mes anglaises pour leur donner plus de ressort. Je prends une profonde inspiration et, tout en expi rant longuement, je me pince l’avant-bras, ce qui me fait sursauter, mais, surto ut, cela a pour effet d’étouffer toute envie de pleurer. Ah, la très célèbre émotion des mariées ! Vous save z, celle qui nous donne le sentiment d’être bipolaire, alternant rires et larm es ? Je tente de me donner du courage en pensant à la be lle surprise que je réserve à mes invités et le simple fait d’imaginer leurs réac tions me fait sourire ; ça me met du baume au cœur et, bizarrement, me donne une pêche d ’enfer. Pour être sincère, c’est un sourire un peu pincé, v oire sarcastique. Je pourrais même le qualifier de démoniaque… Mais j’ai vraiment hâte à présent. Toc-toc-toc-toc… Tiens, ce son me rappelle les quat re coups que l’on frappe sur le plancher de la scène juste avant la représentation d’une pièce, afin de capter l’attention du public. C’est l’heure du lever de rideau, car mon grand mom ent est enfin arrivé. Deux mois que j’attends cela ! — Raphaëlle, tout va bien ? Il est temps de rejoind re vos invités pour votre discours de remerciement. 1 Jérémy Forestier , notrewedding planners’est exprimé d’un ton un peu autoritaire ; il actionne la poignée. J’ouvre la porte de la petite salle de bain, non sa ns lancer un dernier regard dans le miroir et prendre l’air le plus heureux qui soit. A près tout, ne suis-je pas censée vivre le plus beau jour de ma vie ?
— Voilà, voilà j’arrive… Je chantonne en disant cela. Je sors de la pièce. Jérémy contrôle consciencieuse ment ma tenue afin d’être sûr que je suis impeccable ; il me fait tourner sur moi -même. — Vous faites vraiment une belle mariée, Raphaëlle, mais détendez-vous, le plus pénible est passé. Tout ce qui vous reste à faire, c’est aller à votre table, réciter le petit discours que nous avons préparé ensemble et déguste r le dessert. Je lui souris. Il a été parfait tout le long de la préparation de notre mariage. Il est vraiment exceptionnel, organisé, possède un sens in né du bon goût et est réellement à l’écoute. Il nous a « offert » un mariage d’excepti on, encore mieux que celui dont j’ai pu rêver lorsque j’étais petite fille. Et pour compléter le tableau, il est vraiment très beau. Oui, je sais que je viens tout juste de me marier. Mais… euh… le plaisir des yeux, quoi !!! Je ne vous raconte pas l’effet « mouillage de petit es culottes » provoqué chez la majorité des invitées, même ma mère y est allée de son petit commentaire coquin. J’ai vraiment passé une merveilleuse journée, rempl ie d’amour et, sur le papier, j’épouse un homme fantastique. Olivier Dumont, trente-sept ans, à la tête d’une st art-up cotée en Bourse, propriétaire d’un sublime duplex dans un quartier chic de Paris, grand, beau, sportif, élégant, romantique… Et je vous jure que je ne veux pas pavoiser ! Mais je vous promets que cette liste de ses qualités est non exhaustive. Je peux même ajouter qu’il ne laisse pas traîner se s affaires, que le dimanche, il va m’acheter des croissants et des pains aux raisins t out chauds qu’il m’apporte au lit avec un jus de pamplemousse rose fraîchement pressé . Il m’offre des fleurs sans raisons ni occasions par ticulières, me laisse des messages enflammés sur ma messagerie et il n’oublie jamais u n anniversaire. Le mari idéal en somme. Et c’estmonmari, celui que je viens tout juste d’épouser. Cependant, il a deux gros défauts et dans quelques minutes je vais devoir m’y confronter. Jérémy me tend son bras et me conduit jusqu’à ma ta ble. Olivier, mon mari, me sourit avec tendresse et m’embrasse langoureusement. — Vous m’avez manqué, Madame Dumont. Je vous aime. — Moi aussi, je vous aime, Monsieur Dumont. Notrewedding planner s’adresse au maître d’hôtel, puis nous annonce que je peux faire mon discours et, qu’ensuite, le DJ lancera la musique et les desserts seront apportés en salle. Olivier et moi n’avons pas voulu de pièce montée ni le gâteau de mariage bien cliqué, dégoulinant de crème au beurre, tellement kitsch ; nous avons préféré un café gourmand raffiné. J’attrape le micro que me tend un des serveurs et b alaye la salle du regard. Ne sont présents que des gens que j’aime ; Olivier et moi a vons voulu que ce mariage soit vraiment parfait. Et je peux dire que, jusqu’à cet instant précis, il l’est. Je souris en regardant mes parents, Louis et Jeanne , mon frère Anthony et ma sœur Élise. J’ai vraiment de la chance d’avoir une famille auss i unie, aimante, une famille normale en somme. J’ai conscience que ce bonheur n’ est malheureusement n’est pas offert à tous. J’ai l’impression d’être une star à qui l’on vient de décerner un prix prestigieux. Je lis beaucoup d’amour et d’admiration dans les regards d e nos convives. — Bonsoir à tous. Je suis… Euh, nous sommes, Olivie r et moi, heureux de votre
présence. Merci du fond du cœur pour tout. Je veux m’adresser à mon merveilleux et parfait mari. Avant de te rencontrer, je ne savais pas que je pouvais aimer à nouveau et, surtout, à ce point. J’espère que je saurai te rendre heureux autant que tu le fais avec moi et… — Ma chérie, tu es fabuleuse, je t’aime et je suis l’homme le plus comblé du monde, car je t’ai épousée. Mon mari m’embrasse passionnément et m’enlace sous les sifflets et les applaudissements de l’assemblée. — Je t’aime, Raphaëlle, sincèrement, énormément, fo llement et je te promets de passer le reste de ma vie à te le prouver. Je l’embrasse tendrement sur le front et lui chucho te : — Laisse-moi finir mon discours, je t’ai préparé un e surprise. — D’accord, mais encore un baiser, Madame Dumont, s ’il vous plaît. Nous nous embrassons, déclenchant une bronca parmi l’assemblée, entre les hourras, les applaudissements et les coups frappés sur la table. Je pose le micro et siffle. Je sais que ma mère dét este ça, d’ailleurs elle me jette un regard désapprobateur. Elle dit toujours qu’il n’y a que les cow-boys qui sifflent. Si elle savait… — Bon, ai-je toute votre attention ou bien dois-je à nouveau siffler pour que vous m’écoutiez ? En regardant les invités, je comprends que je peux parler sans crainte d’être interrompue. — Bien, comme je disais, j’ai un mari parfait, une famille exceptionnelle, des amis merveilleux… L’émotion me gagne et je peine à retenir mes larmes , Olivier me tend un mouchoir, ce qui déclenche une salve de « oh » attendris. Bon, allez Raphaëlle, va jusqu’au bout. Plus vite t u termineras ce discours, plus vite tu seras en paix. — Donc, je voulais vous remercier de faire partie d e ma vie et pour tout ce que vous faites pour moi. Je voudrais remercier plus particu lièrement mon fabuleux mari, Olivier, qui m’a offert un mariage de princesse, ainsi que m a fidèle amie, Océane, qui l’a bien aidé pour faire de ce jour un rêve. Ma meilleure amie m’envoie un baiser et forme un cœ ur avec ses mains. À cet instant, mille images défilent devant mes yeu x et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elles ne sont pas très plaisantes. Mon pou ls s’accélère, mes mains deviennent de plus en plus moites et je sens une goutte de tra nspiration perler sur mon front. — Mon chéri, ces derniers mois, tu m’as vraiment ap pris ce qu’est l’amour et pour te remercier j’ai une petite surprise pour toi. Je t’i nvite à la découvrir en même temps que tout le monde. Olivier me jette un regard étonné, mais plein d’amo ur et articule le mot « bébé ». Je l’ignore et poursuis mon discours. — Vous vous souvenez que je vous ai demandé de télé charger l’application « Great News » conçue par mon amoureux, que dis-je, mon trè s cher mari ? Les invités hochent la tête et prennent leurs smart phones en main. Ils ont l’air excités et se demandent quelle nouvelle je vais leur annonc er. La majorité doit se dire que je suis enceinte. Je soupire un grand coup. Il est temps de jouer car tes sur table, à moi d’abattre mon atout majeur. — Alors ? Je vous envoie ma petite surprise ou pas ? — Ouiiii ! — Je n’entends rien, dis-je d’un air amusé. — Ouuiiii ! Ouiii ! hurlent mes invités tout en tap ant les cuillères à dessert sur la table, faisant un brouhaha d’enfer.
Ravie de constater que mon auditoire est suspendu à mon index qui survole avec malice l’écran tactile de mon téléphone, je reprend s la parole. — OK ! Cinq... Quatre... Trois... Deux... Un... Juste avant d’appuyer sur le bouton « envoyer », je m’assure qu’Olivier a bien son téléphone en main. Bientôt, une joyeuse cacophonie de sonneries et aut res onomatopées aussi diverses qu’étranges emplit la salle, suivie par quelques pe tits rires amusés. Puis les invités ouvrent le message et font défiler les photos : « Océane assise à califourchon sur Olivier dans un parc », « Olivier portant des croissants à Océane », « Océane embrassant fougueus ement Olivier à la sortie de son travail », ainsi que des captures d’écrans montrant qu’ils se trouvaient ensemble au même endroit. Elle est vraiment chouette l’applicat ion «where are youune fois », configurée, chaque utilisateur peut savoir où se trouvent ses amis, sa femme, sa mère, son poisson rouge ! Parmi mes notifications : « Vos amis Olivier et Océane sont à l’hôtel Mercure porte de Versailles », « Vos amis Oliver et Océane sont à Sushi Kyo », « Champs de Ma rs », « Chez Ladurée ». Ils étaient surtout en train de bien me baiser la g ueule. Un silence de plomb remplace les ricanements qui pr écédaient les sonneries de notifications. Les visages se ferment puis les chuc hotements envahissent la salle. Je fais signe à Jérémy de s’approcher et lui demand e de lancer la musique choisie pour le dessert. Les invités encore abasourdis par ce qui vient de s e passer n’osent pas bouger et se laissent servir le dessert sans protester. J’aime quand tout s’enchaîne parfaitement. Olivier me regarde, les larmes aux yeux, avec l’air d’un gamin qui vient de se faire prendre la main dans le sac de bonbons juste avant le dîner. — Raphaëlle, chérie, laisse-moi t’expliquer. — M’expliquer quoi ? Les photos parlent d’elles-mêm es, non ? Océane s’approche de moi avec son regard puant la b assesse et l’hypocrisie. — Raphie, ce n’est pas ce que tu crois… Je la repousse brutalement contre Olivier, m’approc he d’elle et lui dis à voix basse : — Alors, toi, pauvre connasse, casse-toi vite avant que je t’en colle une. Ce n’est pas ce que je crois ? Non, mais tu me prends pour une d emeurée ? Tu es sérieuse là ? Tu couches avec mon fiancé et ce n’est pas ce que je c rois ? Tu te fous de moi ? Comment as-tu pu ? Tu étais ma meilleure amie, puta in ! Moi, j’avais confiance en toi. Je regarde mes parents qui ont l’air complètement h allucinés, abattus par les photos ; ils n’ont aucune réaction. Anthony me jette un coup d’œil. Je sens à son regar d qu’il est prêt à se lever et venir écraser son poing sur le visage d’Olivier. Je lui fais signe de rester assis. Élise est en pleurs. Son regard croise le mien. Je lui tends la paume sur laquelle, juste avant de sortir de la salle de bains, j’avais dessiné un smiley ; c’est un code entre nous. Elle me sourit et comprend que tout va bien, que je contrôle la situation ; elle me connaît parfaitement et sait qu’elle doit attendre que je sois décidée à en parler. Olivier — Raphie mon amour, je te jure que je n’ai aucun sentiment pour Océane et… Océane — Pardon ? Tu peux répéter, là ? Tu pourrais au moins assumer… Tu veux qu’on en parle, Olivier ? Olivier — Le moment est… Je n’en peux plus. Je viens de passer deux mois dan s des souffrances atroces, à me torturer le cœur et l’esprit. Deux mois à ruminer… La semaine précédant le mariage a été la plus diffi cile. Je ne ressentais plus aucune émotion, n’avais plus d’appétit, tout le monde mett ant cet état de nerfs à vif et limite