Coeur de Biker

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297 pages
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Description


Amis d’enfance, Harley et Manus ont grandi dans la petite ville de Maumee dans l’Ohio, unis par la passion de la moto et des sensations fortes.


Elle rêve de sauver des vies en devenant médecin et lui ne cherche qu’à perpétuer la tradition familiale en intégrant les Blacks Mummies, le club de motards de son père. Sortis de l’enfance, la vie les sépare, du moins jusqu’à ce qu’un drame touche personnellement Harley et bouleverse son existence.


Manus saura-t-il l’épauler dans cette épreuve, la protéger et surtout, lui ouvrir les yeux sur l’amour qu’il lui voue depuis toujours ?


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EAN13 9782369762737
Langue Français

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Table des matières
Mentions légales 1re partie : Quand la vie est un long fleuve tranquille 2ème partie : Œil pour œil, dent pour dent. 3ème partie : Fais ce que tu dois, advienne que pourra. 4ème partie : Toutes les vérités ne sont pas bonnes à entendre… 5ème partie : Le bonheur des uns fait le malheur des autres ! 6ème partie : Quand sonne le glas… Épilogue : Ainsi va la vie…
Florence Gérard
Coeur de Biker
Coll : Lune d’Amarante
Romance contemporaine
Dirigé et corrigé par Chloé Boffy
Mentions légales
©2017 Florence Gérard.Illustration:©2017 Nathy. Édi té par Lune-Écarlate 66 rue Gustave Flaubert 03100 Montluçon, France. Tous droi ts réservés dans tous pays. ISBN 978-2-36976-273-7 . Le code de la propriété intellectuelle interdit l es copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou représentation intégrale ou partielle faite par quelques procédés que ce soit, sans le co nsentement de l'auteur ou de ses ayants droit, est illicite et constitue une contref açon au terme des articles L,122,-5 et L,335-2 et suivant du code la propriété intellectue lle. Si vous rencontrez un souci avec votre ebook à caus e d'un DRM (que nous ne mettons pas) ou pour tout autre soucis veuillez nou s contacter à contact@lune-ecarlate.com
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Manus
1re partie :
Quand la vie est un long fleuve tranquille
Me, douze jours, huit heures etenfin de retour au bercail après treize mois  voilà quarante-deux minutes d’absence forcée. Le panneau de Maumee à peine dépassé et je suis à nouveau entier. Les lumières de la ville sont encore lointaines, mais cela compte peu, je me sens chez moi. Tout en roulant, j e repense à mon père, qui m’attendait à la sortie de mon centre d’incarcérati on avec le seul présent d’importance à mes yeux : ma moto. Je n’ai pu m’empêcher de scru ter ma Harley Sportster sous tous les angles, dans le but de m’assurer qu’il a s u prendre soin de ma beauté pendant mon «congé». Mon père a ri à gorge déployée, avant de m’enserrer dans ses bras fermement. — Tu m’as manqué mon fils, tu n’imagines pas à quel point ! — Je viens de passer plus d’un an coincé dans une c ellule de neuf mètres carrés, avec un mafieux italien à la dent longue et aux app étits sexuels pour le moins… hétéroclites, alors oui, je sais de quoi tu parles ! J’ai préféré ne pas épiloguer sur la façon dont je suis parvenu à ce qu’on me laisse tra nquille dans cet avant-goût de l’enfer. Une chose est certaine, mes poings s’en so uviennent encore. — Marco a-t-il su combler nos attentes? La question de mon père était raisonnable et sensée , vu que je m’étais fait mettre au placard dans le seul but de pouvoir passer un ac cord avec le second du roi de la mafia de Détroit. Pourtant j’ai été blessé qu’il pa rle déjà business alors que nous n’avions même pas encore quitté le parking de la prison du comté. — Oui, lui ai-je confirmé sans développer ma répons e outre mesure. Je préfère en discuter devant tous les autres frères pendant la réunion de ce soir. — Comme tu veux, fils. Au fait, ton blouson t’atten d sur ton siège, accompagné d’une fête en ton honneur ! Je l’ai remercié et, sans un mot, il s’est retourné vers son vieux pick-up gris. Il est simplement parti, me laissant savourer mes retrouva illes avec la conduite à deux roues. Une surprise ! Formidable ! Tout ce dont j’avais be soin ! Dire que je n’ai pas réussi à rester seul un instant cette dernière année, pas même pour pisser ou me doucher. Ce n’est de toute évidence pas encore maintenant qu e je vais pouvoir apprécier ma liberté nouvellement retrouvée. Néanmoins… la simpl e pensée d’une bonne partie de jambes en l’air me file la gaule ! Plus d’un an de branlettes mettrait en manque n’importe quel homme sain de corps et d’esprit ! La vue des néons clignotants d’une enseigne met fin à ce souvenir. J’inspire avec plaisir le vent qui fouette mon visage pendant que je ralentis ma beauté mécanique afin de me garer sur le parking du bar de mon paternel, déjà bien rempli pour l’occasion. Je ne suis pas certain de pouvoir déterminer ce qui m’ a davantage manqué : le sexe ou bien la moto ! Je pose mon casque et enlève mes lunettes. Je passe la main dans ma chevelure devenue trop longue au cours de mon séjour aux frai s de la princesse. Et tandis que je marche en direction de l’entrée, je suis soulagé de constater que rien n’a changé ; les
mêmes voitures et les mêmes motos traînent devant l e vieil établissement de Sam Collins. Et puis, je tombe sur ce que je cherchais du regard sans même m’en rendre compte : une Ducati Monster rouge de 1993. Je la re connaîtrais toujours parmi toutes celles garées dans le coin. Et pour cause ! J’ai ai dé Harley à la retaper pendant plus de deux ans. Je ne peux m’empêcher de caresser douceme nt la selle en cuir, tout en songeant à sa propriétaire. Qu’une fille de biker, au prénom pourtant symbolique de l’amour pour la splendeur et la puissance américain e puisse préférer une marque européenne, ça me dépasse totalement. Devant l’engin, je ne peux m’empêcher de me questio nner à son sujet. A-t-elle beaucoup changé? Pourquoi ne m’a-t-elle pas écrit, appelé ou même rendu visite pendant mon incarcération? M’en veut-elle pour mon dérapage envers la loi? J’ai bien tenté de cuisiner mon père, toutefois il ne s’est g uère montré loquace à son sujet, et cela m’intrigue davantage. À peine suis-je au coura nt de ses prochaines études à plus de mille kilomètres d’ici. Je suis perdu dans l’admiration de l’engin lorsque je vois la porte d’entrée s’ouvrir et laisser place à un jeune couple. Les deux amoureux sont trop occupés à se rouler une pelle pour réaliser que je suis juste à côté d’eux. Je connais le type, c’est Troy, une montagne de muscles d’un mètre quatre-vingt et de p rès de quatre-vingt-dix kilos, un fan de football américain qui ne brille guère par s on intelligence. Néanmoins, il nous est loyal et c’est le neveu d’un des membres du clu b. Par contre, la rouquine aux formes plus que généreuses qui l’accompagne et lui enfourne la langue au plus profond de sa bouche… elle est inconnue au bataillo n ! Je les observe s’éloigner avant qu’ils ne disparais sent dans l’obscurité du parking, certainement pour aller s’envoyer en l’air dans la Honda Civic bleue ultra customisée de ce cher Troy. Une vieille ballade de U2 arrive à mes oreilles et je souris sans hésiter. Tout cela m’a tellement manqué ! Je m’appr ête à pénétrer dans ma maison. C’est là où j’ai vécu avec mon père depuis que ma m ère s’est barrée avec le cuistot quand j’avais cinq ans. Au-dessus du bar se situe u n grand loft, qui nous permet de partager l’espace sans nous marcher dessus. Quant à la salle du club, elle se situe au sous-sol. Rien de grandiose, c’est une pièce immens e plutôt sombre, meublée d’une table rectangulaire et de vieilles chaises empaillé es. Une autre accolée à la première sert uniquement à s’entraîner et fait la part belle à la boxe, avec son ring flambant neuf. On y organise régulièrement des rencontres clandest ines où les paris rapportent un maximum d’argent. J’ai d’ailleurs moi-même eu l’occ asion de me défouler publiquement entre ses cordages rouges plus d’une fois. Que dire concernant ma tendance à frapper avant de poser des questions... J’ai toujours été impulsif et je me suis entraîné en con séquence, pour ne jamais avoir à baisser les yeux devant qui que ce soit. Un vieux e n taule, un brin paternaliste m’a pris sous son aile et a tenté de m’enseigner à réfléchir avant d’agir. J’aime à penser que, d’une certaine manière, il a réussi. Le fait que ce type ait tué un poivrot juste parce que ce dernier avait sifflé sa copine et qu’il s’est pr is quinze ans pour cela lui a laissé le temps pour la réflexion et la remise en question,je suppose. J’abandonne ces tristes pensées lorsque je pousse l a double porte battante en bois et entre. Les gonds crissent toujours autant, et po ur une fois j’apprécie la nuisance familière à sa juste valeur. Un rapide coup d’œil c irculaire me confirme que l’intérieur n’a pas changé. La fumée omniprésente et l’ambiance obscure sont identiques, avec seulement quelques spots stratégiquement placés ici et là. Le comptoir se situe d’un côté, les tables de l’autre, et la piste a sa place entre les deux. Au fond, j’observe toujours la même scène qui surplombe légèrement le tout, cependant personne ne joue
en ce moment, car comme le précise le panneau à l’e ntrée, c’est unesoirée privée. Je dois admettre que tout le monde s’est donné rendez- vous ici pour fêter mon retour au bercail. Je vois que mon cousin Lennox et ma tante Lizzie fo nt le service au bar pour l’occasion. Je constate également que l’équipe des serveuses est au grand complet. À savoir Lynn, Marcy et Magdalena. Et dire que je me suis tapé les trois ! Cette pensée me fait doucement sourire, et inconsciemment, je su is déjà en train de faire mon choix pour cette nuit. Soit la pétillante Lynn avec sa mi nijupe et son chemisier largement décolleté. Ou bien Marcy, une noire au tempérament aussi chaud que ses cuissardes le laissent supposer. Et enfin, nous avons la jolie Portoricaine au visage de madone, et dont la simple tenue, jean et débardeur, cache à qu el point elle peut être fougueuse au pieu. Le choix va être difficile. Et avec un peu de chance et de l’organisation, je pourrais même m’en faire deux sur trois… Je ressens un plaisir certain à poser de nouveau mo n regard en ce lieu si cher à mon cœur. Les membres du club des Black Mummies, ou BM en abrégé, traînent comme à leur habitude dans le coin VIP qui leur est réservé, une grande alcôve qui possède entre autres une table de billard neuve, ri en que pour eux. Et dire qu’à partir de ce soir, je pourrai pénétrer cet espace comme je veux… J’ai tellement hâte d’y être que j’en trépigne d’impatience. Toute la troupe est présente. Même dans l’obscurité ils sont facilement reconnaissables avec leurs vestes e n cuir sombre. Dans leur dos, on peut observer une momie dont le bandage se noircit au fur et à mesure qu’il se défait. À l’époque, mon père, l’un des cofondateurs du club avait trouvé l’appellation et appréciait le jeu de mots avec le nom de notre vill e : Maumee. En ce qui me concerne, je suis moyennement fan, mais comme à l’époque je n ’étais même pas né, ce n’est pas comme si je pouvais ramener ma fraise trente an s après… Mon père, le plus âgé de tous, seul rescapé des mem bres à l’origine de ce groupe de fervents motards, préside avec justesse et vigil ance notre club. Les autres créateurs des BM sont morts ou emprisonnés. Quelle belle pers pective pour mon avenir ! Je ne suis pas dupe, et pourtant toute ma vie j’ai rêvé d e cette soirée d’intronisation. Celle où je deviendrai officiellement et définitivement un m embre des Black Mummies. Mon président, et avant toute autre chose mon père, Sam Collins n’a pas vraiment changé au cours de mon incarcération. Or, je note u ne certaine lassitude dans sa posture et ses épaules sont bien trop basses. Qu’es t-ce qui peut bien lui bouffer la rate? Il observe placidement la partie de billard engag ée entre les autres frères. En effet Teddy, Sal et Casey jouent contre Carter, Mar lon et Red. Quant aux deux derniers, Stan et Paul, ils sont simplement assis a vec une groupie sur chaque genou. Certaines choses ne changeront décidément jamais ! J’émets un son qui me rappelle vaguement un rire discret, en réalisant que mes frè res m’ont vraiment manqué. Lorsque je reprends mon inspection en passant mon r egard sur cette maudite momie en plastique qui orne le bar depuis des années, mes yeux se posent enfin sur ce que je désire le plus dans ce satané lieu : Harley…
Harley
La soirée s’annonce bien. Je suis en train de discu ter de la rentrée universitaire avec Sonia et Percy lorsque ma soif se fait ressent ir à nouveau. Je constate que je me suis déjà enfilé un gin-tonic. L’avantage d’avoir u n père qui fait partie d’un club et que le bar appartient à l’un de ses membres, c’est que l’alcool interdit au moins de vingt et un ans n’est pas un souci ! Le revers de la médaill e, c’est que beaucoup ne tiennent
pas compte des limites de leur propre corps et qu’à cause de cela, cette saleté de mur des souvenirs arbore bien trop de photos d’amis partis trop tôt… Je balaie du regard la grande salle tandis que je m e dirige vers le comptoir, lorsque j’aperçois mon père, Teddy Estow jouant au billard. Il est sacré à mes yeux, même si je suis tout à fait consciente d’ignorer beaucoup de c hoses à son sujet. Des détails sombres connus seulement des autres membres de son club de bikers : les Black Mummies. Ma mère non plus n’est pas au courant de t oute la face cachée de la vie de mon géniteur. Toutefois, nous ne sommes pas naïves. Ce qui est clair dans nos esprits, c’est que c’est illégal; ses quelques séjours à la prison du comté tendent à confirmer nos hypothèses. Le détail de ses activité s illicites en revanche, je n’en suis pas certaine : trafics en tous genres, vols de voit ures, recels, transports de drogues, paris, combats, jeux d’argent illégaux… Je me rappe lle d’ailleurs qu’on a souvent spéculé à ce sujet avec Manus dans notre prime jeun esse. J’atteins sans trop de peine le bar. Lennox est lib re et j’en profite pour hurler par-dessus la musique pour lui passer ma commande. Ce p etit blond à l’air faussement angélique m’adresse un sourire entendu et s’en reto urne pour préparer mon verre. Je repense à la journée qui vient de s’écouler. J’a i terminé mon travail à 19 h et j’ai rejoint les copains à l’endroit habituel, à savoir «chez Sam», le seul bar de motards de la ville. Il appartient au père de Manus et c’est l e point de ralliement de tous les membres, leurs familles et leurs amis, et ce depuis la création des BM. À ce titre, je connais cet endroit depuis aussi longtemps que remo ntent mes souvenirs. Son vieux jukebox ne passant que du rock des années 80, ses t ables de billard aux tapis usés, ses cibles de fléchettes sur lesquelles j’excelle d epuis des années, ses canapés en skaï rouge. Et bien évidemment sa scène située au f ond, où jouent régulièrement les groupes du coin et qui me projette l’espace d’un in stant à l’heureuse époque de mon enfance. J’ai d’ailleurs eu ma période de chanteuse de métal… Ici, je connais chaque personne et tout le monde sait qui je suis, c’est l a règle dans une petite ville de quinze mille habitants comme Maumee. Certains vous diront que c’est une malédiction. En ce qui me concerne, je n’ai expérimenté que ça, alors je crois que cet environnement me rassure dans une certaine mesure. Pas de surprise e t donc… pas de problème ! C’est l’été et bientôt je quitterai ce bled paumé d e l’Ohio pour emprunter la voie tant attendue de l’université. Je m’acharne à travailler pendant les grandes vacances au garage de mon père, dans le but de pouvoir subvenir à tous mes besoins lors de ma future année scolaire. Mes parents ont fait beaucou p de sacrifices pour que je puisse poursuivre mes études, mais ce n’est pas suffisant. Pas quand on envisage un cursus en médecine, en chirurgie plus précisément. C’est soit ça, soit reprendre la succession de mon père au garage après sa retraite. En effet, la mécanique est ma seconde passion. Je r econnais d’ailleurs une certaine analogie entre les deux. Rien ne me met plus en tra nse que de passer une nuit à démonter un moteur, pièce par pièce, jusqu’à tomber sur le problème qui empêche l’ensemble de ronronner comme il faut. La satisfact ion que j’en retire est quasi euphorisante ! Cependant mon père est catégorique q uand il me rabâche sans cesse : «Je n’ai pas trimé toute ma chienne de vie pour te voir finir dans ce trou à rat ! Tu vaux mieux que ça, mon bébé… mieux que Maumee !» Al ors j’ai emprunté l’autre voix, celle de la sagesse, celle qui doit m’éloigner défi nitivement de cette vie faite de longues balades à moto, de beuveries monumentales, d’avenirs incertains et d’amis prêts à tout pour s’entraider dans ce monde si chao tique. Je souris intérieurement en me remémorant sa rengai ne, lorsque j’entends le bruit typique des portes du bar. Je tourne instinctivemen t la tête vers l’entrée. Il est là…
Manus, ou tout simplement Man, comme on le surnomme dans le coin ! Que dire au sujet de ce fils d’Irlandais pur et dur? On a grandi côte à côte, appris à tirer à la carabine en même temps, à conduire un deux roues en semble… bien avant l’âge requis d’ailleurs. Il est ce qui ressemble le plus à un frère pour moi, vu que je suis fille unique. Il me protège, me rassure et sait m’écouter comme personne d’autre. Et pourtant à part l’amour des moteurs, on n’a pas gra nd-chose en commun. Il est aussi beau parleur que je suis discrète. Je préfère user des mots pour faire mal, tandis que lui passe des heures chaque jour à perfectionner se s techniques de boxe, dont il excelle à faire des démonstrations gratuites pour u n oui ou pour un non. Il est grand et mat de peau alors que je suis menue et blonde. Ses yeux sont d’un vert magnifique contrairement aux miens que je peux au mieux qualif ier de noisettes. Je suis aussi banale et transparente qu’il est charismatique et a ttire la foule à lui sans même s’en rendre compte. Les hommes l’admirent, l’envient ou le détestent tandis que les femmes de 7 à 77 ans lui courent après comme s’il é tait une espèce d’idole. Je ne suis pas aveugle et je conviens volontiers qu ’il est sexy à se damner, néanmoins je le connais trop bien et depuis assez l ongtemps pour voir en lui autre chose qu’un ami… mon meilleur ami. Celui-là même av ec lequel j’ai pratiqué mille et un coups fourrés dans mon enfance. Et il a toujours pris la punition pour nous deux… Toutefois, là où moi j’ai su ne pas franchir la fin e frontière entre le bien et le mal, lui a apprécié la traverser avec allégresse. Il a été con damné pour vol, il y a un an de cela, et ce soir nous fêtons son retour à la maison, ains i que son intégration officielle en tant que membre du club des BM. Je ne parviens pas à me décider si je dois le féliciter ou le traiter de fou ! Il n’a jamais caché son intenti on de suivre les traces de son père. Dieu sait que j’ai essayé de l’influencer pour qu’i l refuse cet héritage empoisonné… en vain ! Quel dommage ! Il est pourtant si intelligen t ! Il ne tient pas à en faire la démonstration, évidemment, mais moi je suis conscie nte de la vérité. J’ai pu constater de visu les résultats stupéfiants de ses tests d’év aluation de QI. Il est à la limite du génie ! Quel gâchis de le retrouver coincé parmi ce s malfrats du dimanche ! Son avenir sera fait de petits larcins au mieux, de prison ass urément, et d’une mort prématurée si l’on en croit les statistiques concernant les motards. Ça finira par le tuer ! Mon regard s’attarde sur l’homme que je n’ai pas re vu depuis plus d’un an. Le choc est pour le moins… intense. Il a changé. Son attitu de désinvolte et joueuse semble avoir disparu pour laisser place à la puissance pur e et à de l’arrogance en quantité astronomique. Physiquement, il s’est musclé et ses beaux cheveux noirs atteignent désormais ses épaules, le tout dans un effet coiffé /décoiffé des plus attrayants, faisant de lui une gravure de mode. Je songe une seconde à vérifier si mes lèvres sont correctement fermées et si de la bave ne traîne pas aux coins de ma bouche. Mais que m’arrive-t-il? C’est l’été et la chaleur étouffante fait qu’il ne porte rien d’autre qu’un vieux jean délavé et troué au genou gauche, ainsi qu’un simple débardeur noir moulant. Je sais ce que cache celui-ci. Plusieurs tatouages qui mett ent en valeur ce corps athlétique. Il y a d’abord une Harley Davidson type JDH de 1927 ; son plus grand rêve serait d’en remonter une. Ce dernier est stratégiquement placé sur son pectoral gauche. Il paraît que son arrière-grand-père, sacrifié sur les plages de Normandie, en possédait une. C’est un hommage pour ce héros de guerre avec leque l il partage indéniablement l’amour des deux roues. Il a également une tête de mort sur le biceps. Elle est plutôt simple, sauf si l’on fait attention aux détails, à savoir qu’il est noté dans l’une des deux orbites le prénom de sa mère, Maria. Autour de l’in dex de sa main droite est tatouée une chevalière sur laquelle est dessinée une tête d e momie. Toutefois, le plus étonnant