Cœur de glace

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129 pages
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Description

Erika est paraplégique. C’est ainsi qu’elle se définit aujourd’hui. Sa vie s’est arrêtée le jour où elle a perdu l’usage de ses jambes, sur la patinoire olympique de Sotchi. Selon les médecins, il existe un espoir pour qu’elle remarche, mais depuis quatre ans, Erika ne fait aucun progrès. Alors que ses illusions s’étiolent et que ses humeurs s’assombrissent, son oncle Nick décide de l’emmener loin de son univers de grâce et de voltige.


À Montréal, Kyle, un hockeyeur en pleine gloire chez les Royals, l’attend de pied ferme. Il connaît le dossier d’Erika, son tempérament, son mauvais caractère et ses tendances boudeuses. Il n’a pas peur, dans son équipe, il doit gérer de plus gros joueurs...


Leur rencontre sera explosive.
Le feu de la victoire brûle en lui. Le froid règne dans son cœur à elle.
Réussiront-ils à briser la glace et surmonter leurs épreuves ?

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EAN13 9782819104230
Langue Français

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Elodie Costet Cœur de glace LES ROYALS
« Le Code de la propriété intellectuelle et artistique n’autorisant, aux termes des alinéas 2 et 3 de l’article L.122-5, d’une part, que les « copies ou reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation colle ctive » et, d’autre part, que les analyses et les courtes citations dans un but d’exemple et d’illust ration, « toute représentation ou reproduction intégrale, ou partielle, faite sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause, est illicite » (alinéa 1er de l’article L. 122-4). « Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait donc une contrefaçon sanctionnée par les articles 425 et suivants du Code pénal. »
© 2019 Les Editions Sharon Kena www.leseditionssharonkena.com
Remerciements
À Cyrielle, qui, sans le savoir avec son concours de nouvelles, a déclenché cette idée d’allier mes deux passions. L’écriture et le hockey. Merci infiniment. À Hélène qui veille dans l’ombre pour que mon âme d’écrivain perdure. Mon indispensable alliée à travers ces mots, tu es mon héroïne aussi indispensable qu’incroyable. Merci pour tout, tout le temps, tous les jours… À ma famille, vos encouragements ne cesseront jamais de m’étonner, merci de m’accompagner dans cette belle aventure. À mon Julien, pour m’avoir emmené de force à mon premier match, et avoir eu la patience — le courage ! — de m’expliquer les règles du jeu. Et, de chaque jour m’aimer un peu plus. À mon Sacha, parce que tout ça, c’est grâce à toi, mon fils. Tu me pousses toujours à devenir meilleure qu’hier. Et enfin, un remerciement un peu spécial pour l’équ ipe de hockey de Grenoble. Grâce à vous, j’ai aimé ce sport, et vous m’avez en retour inspiré ces lignes. Ces héros vous ressemblent peut-être un peu — de loin —, j’espère avoir capturé dans ce texte l’essence de votre force, de votre courage et de vos liens avec vos supporters. Un merci tout particulier à Mathias qui a pris le temps de me lire et de m’encourager. Je vous souhaite autant de plaisir à jouer que j’en ai eu à écrire. À bientôt pour un nouvel opus, Elodie
Pour Julien et Sacha. « Keep calm and play hockey… »
Remerciements Prologue Chapitre 1 Chapitre 2 Chapitre 3 Chapitre 4 Chapitre 5 Chapitre 6 Chapitre 7 Chapitre 8 Chapitre 9 Chapitre 10 Chapitre 11 Chapitre 12 Chapitre 13 Chapitre 14 Chapitre 15 Chapitre 16 Chapitre 17 Chapitre 18 Chapitre 19 Chapitre 20 Chapitre 21 Chapitre 22 Chapitre 23 Épilogue
Table des matières
Prologue
J’avais longtemps rêvé cet instant et nous y étions enfin. Les Jeux olympiques de Sotchi nous tendaient les bras. J’avais attendu ce moment presque toute ma vie. Tous les concours, toutes les médailles reçues m’avaient conduite ici. Mon cœur battait la chamade, l’adrénaline coulait dans mes veines. Je la sentais me chauffer les joues et me geler les mains. C’était toujours comme ça. Dans moins de deux minutes, Brian et moi serons sur la D ame de glace et nous danserons devant le monde entier. J’avais hâte, j’avais peur, pourtant une chose était sûre : nous étions prêts. Je regardai mon partenaire, mon meilleur ami et merveilleux amant. J’avais confiance en lui plus qu’en n’importe qui d’autre. Je savais qu’il pensai t de la même manière que moi. Nous étions le couple parfait. Jeunes, forts, innovants. Nous étio ns les favoris. Tous patientaient pour notre programme. Nous allions leur en mettre plein la vue. La mélodie des Russes s’arrêta. — Toute fin est le commencement d’une nouvelle aventure ! s’écria Nick, notre coach. Il nous tapa l’épaule, Brian me serra la main, et on entra sur la glace. Les premières notes d’Abel Korzeniowski retentirent et je me sentis flotter. Mes pas s’entrelaçaient sans jamais s’emmêler, Brian et moi étions en symbiose totale. Il n’y avait aucune difficulté sur notre spectacle. Nous le connaissions sur le bout des pieds. Du simple axel aux portés. Tout était synchronisé à la perfection. Nous étions transcendés par la musique, nous étions beaux et euphoriques… Et nous avons baissé la garde. Brian trembla de son bras droit qui tenait le mien, dur comme un roc. La secousse s’est diffusée sur tout mon corps qui tournait comme une toupie au milieu d’une tornade. Je fus propulsé à deux mètres de lui. La tête percuta la glace en premier. Ma poitrine suivit avec un angle qui n’était pas normal par rapport à l’axe de ma colonne. Mes hanches cognèrent le marbre, puis mes cuisses, et enfin mes jambes jusqu’à la pointe de mes patins. Mes mains étaient toujours accrochées au métal de la lame. Avec la puissance et la force centrifuge, j’étais tétanisée. Incapable de bouger le moindre orteil. Soudain, je ne sentis plus rien. Le silence m’emmena dans les limbes de la douleur.
Chapitre 1
Erika Depuis peu, le paysage avait cessé de défiler sous nos yeux. Nick était descendu de la voiture depuis une demi-heure déjà, et je ne pouvais pas bo uger sans son intervention. La tête collée contre la vitre du van, je m’impatientais. Il m’avait promis que cette virée serait le début d’une fantastiqu e aventure. Bien sûr. Ma vie était finie depuis 2014. Pourtant, cette fois, il ne m’avait pas donné la possibilité de protester. Après quelques coups de fil, il nous avait embarqués, mon fauteuil et moi, dans notre Chevrolet tout terrain, et nous étions p artis sans même un au revoir à mes parents. Pendant le trajet, je l’avais questionné sur notre destination, mais il n’avait rien voulu lâcher. Pas même l’hôtel où je logerai. Et, en arrivant sur ce foutu parking, devant cette gigantesque bâtisse réfrigérée qui me narguait, j’avais eu des sueurs froides. Il savait à quel point je détestais revenir dans ce genre d’endroit. Je refusais de rentrer dans un des lieux qui avaient mis fin à ma carrière, à mon couple, à moi tout simplement. Nick pouvait s’estimer heureux d’être mon parrain au-delà de mon coach, sinon je l’aurais viré sur-le-champ. Lasse de voir cette Madame Cauchemar — j’avais surnommé toutes les patinoires comme ça —, je fermais les yeux, attendant que Nicolas fasse son retour. « Brian et Erika sont fantastiques, ils ont toutes leurs chances d’obtenir la médaille d’or avec leur programme innovant. Ils ont une telle alchimie qu’ils se permettent des portés fabuleux… Oh ! M on Dieu ! C’est épouvantable ce qu’il se pass e, mesdames et messieurs… Erika semble s’être mal réceptionnée et… » Un toc-toc sur la vitre me sortit de ces horribles souvenirs. Nick était de retour avec un immense sourire. Je ne sais pas ce qu’il préparait, en tout cas, ça avait l’air de l’enchanter. Ce qui, entre nous, ne me rassurait pas. Je relevai la tête et fronçai les sourcils. Une silhouette, assez mastoc, se tenait derrière lui, en retrait. Nick coulissa la porte et un vent glacé me fouetta le visage. Je frissonnai. J’avais froid tant à l’extérieur, à cause de la tem pérature négative, qu’à l’intérieur. Être si proche d’une patinoire ou tout autre lac gelé me révulsait. Nick tira le treuil pour que je puisse descendre avec mon chariot et m’aida à insérer les roues dans les rails. Quand j’arrivais sur la route, un homme me surplombait de toute sa hauteur. — Erika, je te présente Kyle. Kyle, voici Erika Hardy, ma championne. Je renâclai. Je détestais quand il m’appelait comme ça. J’avais des trophées. Malgré tout, je ne les avais jamais eues seules. Brian avait été mon uniqu e partenaire. À deux, nous avions remporté quantité de choses. À deux, nous étions invincibles. Sauf que maintenant, il n’y avait que moi et mon foutu fauteuil. — Tu peux renifler autant que tu veux, jeune fille, tu es et seras toujours ma championne. Quoi que tu en penses. Bon, Kyle, je te la confie. Il faut que je retrouve madame Doherty pour récupérer les clefs du chalet. Je repasse d’ici une heure. Ou deux. — Quoi ? Non ! Pas question que je reste là. Encore moins avec… ce… lui. Nick balaya mon commentaire d’une main et monta dans la camionnette. — Nick ! Nick ! Je t’en prie ! Ne me fais pas ça… P as ici. Je peux t’attendre dans un café si le B&B n’est pas accessible pour les handicapés. Nick ! Je commençai à paniquer. Depuis mon accident, je n’avais pas remis les pieds dans une patinoire. C’était devenu une phobie : à la fois explicable et incontrôlable. Je me tournai sur mon deux roues décapotable et regardai mon parrain hésiter. — Tout se passera bien, Nick. Je prendrai soin d’elle, lâcha soudainement Kyle. Nick souffla tout l’air de ses poumons, toutefois, pas une fois il ne se retourna pour me faire face. Il hocha la tête, sans doute en réponse à l’autre mufle derrière moi, et monta dans le fourgon. — Nick ! Merde ! hurlai-je en colère, même si j’étais consciente qu’il ne m’entendrait pas. Je frappai mon chariot de rage. Je ne supportais pa s qu’on m’impose des décisions en règle générale, là, c’était un coup bas. Même pour lui. E t Dieu sait que depuis quatre ans, il m’en avait fait voir de toutes les couleurs pour que je puisse remarcher un jour. Le résultat n’était pas flagrant, cela
dit. Pendant que je pestais en silence contre mon mentor, Kyle me dépassa, les mains dans les poches, nonchalant. — Hé ! Tu vas où ? criai-je. — Au chaud, répondit-il en me faisant un clin d’œil. — Peuh ! Si tu crois que je vais te suivre, tu peux te mettre le doigt dans l’œil ! — Je ne te le demande pas, rétorqua-t-il Il continua sa route sans même me regarder. — Tu as dit à Nick que tu prendrais soin de moi ! grondai-je, agacée par son je-m’en-foutisme. — C’est ce que je fais ! Tu n’es pas sur le point de mourir, cet espace est sécurisé donc tu ne risques rien, tu es adulte et tu ne veux pas renter ? Bien, je ne te priverai pas de la joie de te cailler et t’apporter un peu de bonheur dans ta vie de paraplégique. Tu vois, je prends soin de toi. J’étais coite. Personne ne m’avait parlé comme ça depuis mon accident. Tout le monde était si compatissant avec moi, ils avaient tant de pitié dans le regard que c’en était écœurant. À mes débuts dans le fauteuil, j’étais une vraie battante, et il était inenvisageable pour moi d’y rester à vie. Et puis, après multiples essais, chutes et avis négatifs de médecins, j’avais fini par baisser les bras et devenir aussi imbuvable qu’un dragon qui a des aigreurs d’estomac. Alors, même si la colère fumait par mon nez et mes oreilles, je m’apprêtai à le suivre avec un mince rictus que je perdis instantanément quand je fis du surplace à cause du gel au sol. — Tu comptes m’aider à rouler sur cette glace ? grognai-je. — Tu es paralysée des jambes. Pas des bras. — Wouah ! Dis donc, quel sens de l’observation, tu m’épates. Sous mes airs de râleuse, j’étais gênée. Nick ne m’avait pas installé les pneus d’hiver avant de partir et je paniquais comme une imbécile. Si je co ntinuais à pousser avec mes biceps jusqu’à l’entrée, j’aurais des ampoules plus grosses qu’une montgolfière et je me retrouverais dépendante pour conduire mon carrosse pendant des jours. Je restais plantée, espérant qu’une âme charitable me prenne en peine. Kyle était déjà loin devant et il était hors de question que je l’appelle au secours. J’avais ma fierté. J’attendis. Longtemps. Il ne vint jamais. Vaincue, je mis mes mains sur les roues et maudis la terre entière. Quand j’arrivais, Kyle était là, à me tenir la porte en véritable gentleman. Il m’avait observée depuis le début. Pire que ça, il m’avait j augée. Et je ne m’en étais pas aperçue. J’étais énervée, transpirante et j’avais les paumes en feu. Pourtant, j’y étais parvenue. J’étais à l’intérieu r de Dame Cauchemar. Mon corps était si douloureux d’avo ir roulé que je ne paniquais même pas. Si c’était une leçon, je ne voyais pas quoi en tirer. — Bonjour, je m’appelle Kyle Gervais. Je suis le préparateur physique des Royals de Montréal. Je levai la tête, surprise, et frottai mon front en sueur. Je ne comprenais pas son petit jeu. — Et, tu es ? — En nage. Je lui serrai la main, et la retirai tout de suite avec une grimace de douleur. Il me déroula délicatement les doigts et enleva mes mitaines. Son expression changea. Il releva ses yeux sur moi et me sourit avec gentillesse. — On va nettoyer ça, lâcha-t-il. Il se mit derrière moi et me poussa jusqu’à l’infirmerie. J’aurais adoré dire que j’avais détesté nos échanges. Que Kyle s’était montré aussi rustre et m alpoli que bourru, mais ce serait mentir. En vérité, il était même à l’opposé de tout ça. Nous a vons parlé de tout. De patinage, bien sûr, il n’ignorait pas qui j’étais. La conversation dévia sur le hockey, et il m’expliqua qu’il avait été joueur international avant de décider de devenir préparateur physique. Il m’apprit comment tourner sur une roue, chose qui était pour le moment impossible vu l’état sanguinolent de mes mains. Et il me promit, avec une honnêteté qui me transperça l’âme, que je glisserai à nouveau un jour et que nous danserons sur la glace. À dire vrai, cette idée me plut plus que je ne l’aurais imaginé. Car, soyons clair : Kyle était très beau. Il n’était pas parfait, plusieurs cicatrices lui zébraient le visage. Peut-être dû à des coups de crosses ou de palets, et son nez était légèrement tordu sur l’arête, malgré cela quelque chose de rassurant se dégageait de lui. Cette certitude immuable que tout irait bien, si on faisait l’effort d’espérer. Et pour la première foi s depuis bien longtemps, j’avais encore envie d’y croire. Moi aussi.