Cœur endommagé

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108 pages
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Description

Du haut de ses dix-huit ans.


Franckie est dans une grande souffrance.


À bout, sa mère l'envoie vivre au U.S.A chez son père.


Franckie espère tirer un trait sur son passé délicat.


Mais Franckie souffre encore énormément au fond d'elle.


Elle ne se sent pas libre.


Elle se sent comme émotionnellement morte.


Il suffit cependant d'une seule personne pour tout faire basculer et elle se prénomme Archy.

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EAN13 9782490637133
Langue Français

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Laura Fleury
Cœur endommagé Roman
© Les éditions Ethen, 2019 ISBN numérique : 9782490637133 Courriel : contact.editionsethen@gmail.com Internet :www.leseditions-ethen.com
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Chapitre 1 : Elle — Je peux savoir pourquoi tu es déjà à la maison à cette heure-ci ? Ma mère me regarde, complètement dépitée. Il faut d ire que depuis un an et demi, je lui fais vivre un véritable enfer. Je n’ai même pas le temps de lui répondre, qu’elle est déjà en train de me gueuler dessus. — En fait, tu ne dis absolument rien, parce que ton directeur m’a déjà appelé. Alors maintenant en plus de fumer, de sécher les cours, tu te bats également? Ma mère est vraiment insupportable des fois. OK, je ne suis pas celle qu’elle aurait voulu avoir. Je ne suis pas assez bien pour elle, j e ne rentre pas dans ses critères de petites filles de bourgeoises. Je déteste ce mode d e vie, elle ne me changera pas. — Maman si seulement tu me laissais parler... — Te laisser parler ? Mais pour me dire quoi? Que ce n’est encore pas de ta faute ? C’est ça ? C’est ça que tu vas me dire, que tu es e ncore une innocente? Laisse-moi rire, Franckie. — Je te promets que cette fois c’est vrai. — Non c’est fini, je n’en peux plus. Elle me tourne le dos une fois de plus, et pour ran ger ses courses, tout en faisant un bruit phénoménal. Je sais qu’elle est en colère con tre moi, mais ces boîtes de conserve ne lui ont absolument rien fait. Les pauvres… mais si ça peut éviter que je me fasse engueuler de nouveau… — De quoi c’est fini? Maman tu ne me laisses même pas parler. Je n’ai m ême pas le temps de t’expliquer que ça y est tu es déjà d’acco rd avec le directeur. Allons-y franco, qu’elles sont les sanctions? — Les sanctions ma très chère fille, c’est que tu f ais tes valises, ton billet d’avion est déjà réservé, tu t’en vas chez ton père ! Est-elle vraiment sérieuse de ce qu’elle vient me d ire ? — Non, mais maman, c’est mort, je n’irai pas chez l ui. Tu te souviens depuis quand je l’ai vu ? J’avais quatorze ans ! Pour moi ce n’est pas mon père, c’est juste mon géniteur. — Oui, mais de toute façon tu n’as pas le choix. — Ah ! Je vois, en fait la décision ne vient pas de toi. Elle vient de l’autre ! — Je t’interdis de parler de lui comme ça, c’est of ficiellement ton beau-père et il est temps que tu le respectes enfin! — Que je le respecte? Parce que lui il te respecte? Je t’ai toujours dit qui il était, tu ne m’as jamais cru maman. Ce type c’est juste un gros porc, pervers et dégueulasse. Ma mère arrive en furie et me donne une gifle. Elle ne m’a jamais cru sur ce que je lui avais dit et pourtant ce jour-là je n’ai rien inven té. — Alors c’est ça? C’est lui qui était avec une pouffe et c’est moi qui prends? Il t’a trompé maman, il t’a fait cocu et il a fait des cho ses bien pires encore que tu ne sauras jamais! — Et je ne veux même pas savoir ce qu’il aurait fai t de bien pire que ça, rigole-t-elle. Et ce sont des histoires de grandes personnes, tu n ’as pas à t’en mêler. De toute façon Franckie, tu ne fais que de me mentir alors comment te croire? — Je ne sais pas, peut-être parce que je suis ta fille par exemple.
Elle rigole et le son de sa voix résonne dans la cu isine. — Je me demande vraiment si des fois on ne t’a pas échangé à ta naissance. — C’est horrible ce que tu me dis là maman! Ont fait que se balancer des horreurs à longueur de journée, mais celle-ci et dure à avaler. — Tout comme toi de ce que tu me fais subir depuis un long bon moment. La discussion est close, tu fais tes valises et tu pars chez ton père dès ce soir. — Je ne partirai pas tant que je n’aurais pas vu pé pé. — Bah! Tu peux aller le voir si ça te chante, la décisio n ne changera pas et ce n’est pas lui qui va dicter comment je dois éduquer ma fi lle. — Je te déteste! Criais-je. — Nous sommes deux, dépêche-toi parce que je t’emmè ne à l’aéroport dans une heure et demie, dit-elle d’un ton sec. — Et bah tu n’as qu’à faire mes valises, comme ça i ra plus vite! — Ne me tente pas jeune fille! Je vais dans peu de temps fêter mes dix-huit ans et je m’aperçois qu’en réalité, je le ferai loin de ma mère. Je me dépêche pour aller voi r pépé, la maison de retraite ne se trouve pas très loin, alors je cours pour aller là-bas. Comme à chaque fois, je le retrouve pépé dans le ca napé, en train de regarder la télé avec un groupe d’amis. — Comment va mon petit poussin jaune? — Pépé ton poussin jaune est bientôt majeur, lui ra ppelais-je. — Même quand tu auras trente ans et si je ne suis p lus de ce monde, tu seras touj, ma chérieours mon petit poussin jaune. Que se passe-t-il ? — C’est maman, comme d’habitude elle n’a pas voulu me croire. Mais je te jure papy que ce n’est pas ma faute, j’ai juste voulu la défe ndre. — Je me demande ce que ta mère a fait. Tu as voulu défendre qui? — Une de mes amies s’est fait traiter d’un mot pas très joli à entendre pour tes vieilles oreilles chastes. Alors je l’ai défendu et ça s’est mal fini. Le garçon s’est approché trop près de moi et là je ne sais pas, ma main est parti e brusquement sur son visage et la situation à légèrement dérapé. — Poussin, si tu as défendu une de tes amies, tu n’ as pas à t’en vouloir. Je suis certain que ce que tu as fait était légitime. Bon e t maintenant, dis-moi ce que ta mère a fait? Mon grand-père a toujours eu un cœur en or. Il a to ujours appris à me conseiller et à me guider dans mes doutes et mes peurs. — Elle m’envoie vivre chez mon père! — Pardon, elle quoi? Là, je vois son visage qui change littéralement et je sais que ce que je viens de lui dire ne lui fait pas plus plaisir qu’à moi. — Mais pépé, elle n’a pas le droit de me forcer? — Légalement, si, elle a le droit. — Mais tu te rends compte partir loin, là-bas. En p lus, je vais être loin de toi, je ne pourrai plus venir te voir quand je le souhaiterais .
— C’est bien pour ça que maintenant les téléphones portables existent. Et je suis certain que ta mère va se calmer. — Je n’en suis pas sûre, elle avait l’air démoniaqu e.
Chapitre2 : Elle Ma mère ne s’est absolument pas calmée. Elle m’a ha rcelée tout le temps que j’étais avec Pépé. Je ne voulais pas rentrer, mais pépé a s u me raisonner. Les adieux ont été difficiles et il faut dire que je le considère plus comme mon père et non mon grand-père. Je suis en route pour aller à la maison et je n’ai vraiment pas envie de rentrer. Mais d’un côté, je me dis : plus vite, je suis arrivé et plus vite je pars de cette baraque de fou. Je rentre et je monte directement dans ma chambre, tout en claquant la porte. — Maman? Je n’ai pas de valise, alors je les mets dans quo i mes affaires? — Tu as qu’à prendre le sac de sport qui est rangé dans le placard de notre chambre. Génial. Je vais donc dans la chambre de ma mère, ca r elle n’est absolument pas celle de mon beau-père. Je vais dans le placard et je tro uve le fameux petit sac de sport. — Quelle générosité maman, je suis sûre que dedans je vais pouvoir faire rentrer les États-Unis. Non, mais vraiment, il est trop petit c e sac! — Tu te débrouilles, tu n’auras plus rien de ma part. — Pour ça, il aurait fallu que j’aie un petit quelq ue chose de ta partpour commencer ! Elle ne répond pas et je remplis vite mon sac. En m ême temps, aller faire rentrer une si grosse garde-robe comme j’ai dans un si minuscul e sac, je vous laisse deviner... — Prête ou pas, je te préviens je t’emmènerai de fo rce s’il le faut, alors tu descends immédiatement! J’ai juste le temps de mettre un message sur les ré seaux sociaux, que déjà je suis harcelé d’appel. Ma mère m’attend de pied ferme en bas des escaliers et la clé de la voiture dans sa main, qu’elle tient fermement. Pendant le trajet, je fais évidemment comme si elle n’était pas à côté de moi, comme si elle n’existait déjà plus. — Est-ce que tu pourrais arrêter avec ce fichu télé phone? — Au moins, je sais que tu pourras ne rien faire av ec, vu que c’est pépé qui me l’a offert! — Ton grand-père a fait de toi ce que tu es, une pe tite fille égoïste. — Pardon, moi je suis égoïste? Je crois que nous n’avons pas la même définition, maman. Parce que si j’étais tellement égoïste que ç a, crois-moi que ce que j’ai fait... — Tais-toi! Je ne veux plus aucune de tes explications! — Alors je retourne à mon téléphone et cesse de me déranger! — Peste! — Tu sais ce que l’on dit maman, telle mère, telle fille! — Tu me feras chier jusqu’au bout? — Et à qui la faute? J’espère que tu ne t’attends pas à ce que je te d onne des nouvelles quand je serai là-bas, lui crachais-je. Je veux qu’elle comprenne toute la haine que j’ai p our elle en ce moment. — Non, pas la peine, tu peux te les garder, de tout e façon j’en aurai par ton père. On verra comment il va te gérer lui. — Tu imagines, si mon père ne m’avait pas accepté, tu aurais fait quoi de moi? — Je t’aurais vendu ou étranglé! — Tu es incorrigible.
— Nous arrivons dans deux minutes, alors tiens-toi prête, parce que je retourne chez moi aussi vite que nous sommes arrivés ici. Je descends aussi vite que je peux et ma mère part sans un regard et sans regret. Merci, maman, de m’ouvrir les yeux sur tout. Merci et adieu. J’ai vraiment du mal le fait qu’elle me jette comme ça. J’ai l’impression qu’elle m’abandonne. Je sais que nos rapports sont loin d’ê tre extra, mais de là à me jeter comme de la merde… Le pire, c’est qu’en plus de tout ça, j’ai horreur de l’avion, heureusement que je sais me débrouiller toute seule pour trouver mon embarqu ement. J’avoue que l’aéroport est immense et on pourrait s’y perdre facilement. J’aurais bien une idée en tête juste pour encore la faire chier, mais non, pour aujourd’hui je baisse les armes. Je prends donc mon avion comme convenu. Ou du moins , ce qu’ils ont convenu pour moi. Je n’ai même pas le numéro de mon géniteur, je ne peux même pas le prévenir. Je m’empresse d’écrire un message à ma génitrice en espérant qu’elle me répond. Je ne voudrais pas te déranger dans ta vie si parfa ite, mais aurais-tu le numéro de mon géniteur?> Tiens, le voilà et débrouille-toi avec lui maintena nt bonne vie à toi aux USA!> Bonne vie à toi là où tout est organisé à la perfec tion près sauf ta fille.> Je n’attends même pas qu’elle me réponde que je vai s dans mon répertoire, je cherche son prénom et que je bloque le contact. Com me ça, c’est sûr, je ne serai plus emmerdé par elle. Adieu, Bordeaux, et bonjour les États-Unis! Arrivé à l’aéroport, je prends mon bagage et je des cends de l’avion. Ils ont considéré que mon sac, c’était mon sac à main... De quoi remu er le couteau dans la plaie. Je cherche mon géniteur du regard, mais je peine à le trouver avec toute cette foule ou surtout, il a dû changer. C’est lui qui me voit en premier et il m’appelle. — Bonjour Franckie. — Salut! — Écoute, je suis désolé, mais vu que j’ai étais pr évenu tardivement, je n’ai pas pu m’organiser avec le boulot. — Tu essaies de me faire comprendre quoi par-là? — Que je t’ai inscrite à l’université! — Oui d’accord ça, je le savais d’avance. — Tu vas également rester dormir dans les chambres. — Ah oui, d’accord je vois, entre une mère qui m’éj ecte et un père qui ne prend même pas le risque. Je vois surtout que je suis bien entourée d’incapables. — Ne le prend pas comme ça Franckie. — Non, mais si tu veux, je peux carrément reprendre l’avion dans le sens contraire. — Franckie, écoute. Ta mère m’a mis sur le fait acc ompli. Comment veux-tu que je puisse m’organiser du jour au lendemain, et encore. J’ai un travail prenant. Je ne suis presque jamais là, alors j’ai pensé que c’était le mieux pour toi. — Oui, mais faites donc comme vous voulez de toute façon je n’ai pas mon mot à dire dans cette famille. J’ai vraiment hâte d’avoir mes dix-huit ans, pour enfin être libre. — Franckie, j’ai étais assez souple pour ton inscri ption. — Comment ça? Tu es libre de sortir quand tu veux, tu n’es pas obligé de manger au self et si tu le souhaites, tu peux même te trouver un studio à loue r, mais pour ça il faudra que tu travailles.
Chapitre3 : Elle Au final, je me suis sûrement emporté trop vite ave c lui. Nous arrivons devant l’Université et il m’accompagne au bureau des admis sions, mais aussi pour que je reçois mon numéro de ma chambre. La chambre 306. — C’est assez cool je dois dire, je n’attendais pas à ça. — Oui, tu es surprise, comme les autres. Normalemen t, tu ne seras pas embêté, car l’élève qui a cette chambre n’est pratiquement jama is là. — OK, c’est top ça. — Alors Franckie, hâte de commencer dans ta nouvell e Université? — Si on veut, oui. — Je dois parler avec ton père. — Lui? Ce n’est pas mon père, c’est juste mon géniteur. — Et bien, je dois tout de même lui parler. Je visite la pièce, elle doit faire à peine vingt m ètres carrés. Elle est composée de deux lits, deux armoires, tout est en double et pou rtant je me sens déjà si seule. Je pose mon sac sur le lit qui n’est pas personnali sé et je le vide. Sa frappe à la porte et mon géniteur réapparaît. — Bon, tout est OK. Ça va comme tu veux pour toi? — Oui, ça va, je ne vais pas en mourir. — Et pourquoi tu arrives avec un si petit sac? Les filles de ton âge ont plus de fringues que ça, non? — Simplement parce que je n’avais pas de valise pou r prendre toutes mes affaires. Il sort son portefeuille pour me donner des billets , ce que je refuse dans un premier temps. — Franckie, prends-les. Je ne peux pas faire grand-chose, alors accepte au moins ça. Pas loin d’ici, tu as des petites boutiques. Texte-moi et je t’expliquerai. Nous sommes interrompus par son beeper. — Je suis désolé Franckie, je dois y aller. Une fois seule, j’arrive enfin à me projeter légère ment. Loin de ma mère et loin de mon beau-père. À première vue, mon père a changé, mais ce n’est qu’une première vue, j’attends de voir la suite. Les cours commencent se ulement que demain pour moi, vu que j’arrive en milieu de trimestre. Alors je ferme le volet de la fenêtre et je m’allonge dans le lit. — Putain de bordel de merde, mais tu es qui toi? Me demande un garçon qui vient d’ouvrir la porte en la faisant bien claquer contre le mur. Visiblement, il n’est pas seul. La fille qui l ’accompagne me fusille du regard. — Alors c’est ça? Tu avais tout manigancé, tu comptais vraiment que j’allais faire un plan à trois? — Hola, une petite minute je crois que... Mais cette blonde pimbêche à talon de dix centimètr es ne me laisse pas parler et me coupe la parole.