Courtisane malgré elle

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243 pages
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Voulant à tout prix éviter qu’une épouse en formation soit arrêtée, Lady Noëlle Seymour s’introduit par effraction dans la chambre d’un inconnu afin de rendre un collier volé — mais elle croise le regard de Gavin Blackwell, le cousin du comte de Seabrook. Puisque la véritable raison de sa visite nocturne pourrait faire mettre les deux femmes en prison, Noëlle offre une explication désespérée à sa présence: elle est sa nouvelle courtisane. Afin de sauver son innocence, elle doit rapidement remettre le collier à sa place et s’enfuir après avoir déjà éveillé beaucoup plus que des soupçons.
Gavin a beaucoup de choses à apprendre sur la société londonienne, mais une cambrioleuse qui lui offre ses charmes sur un plateau, voilà qui est inattendu. Lorsque celle-ci disparaît, Gavin la retrouve et exige qu’elle honore sa proposition. Toutefois, la vertu de Noëlle n’est pas le seul enjeu; cette malencontreuse nuit dans la chambre de Gavin a fait d’elle un pion involontaire sur le dangereux échiquier d’une femme méprisée et, désormais, seul Gavin peut la protéger — comme bon lui semble…

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Date de parution 09 décembre 2016
Nombre de visites sur la page 152
EAN13 9782897671907
Langue Français

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Copyright © 2011 Cheryl Ann Smith Titre original anglais : School for Brides : The Accidental Courtesan Copyright © 2016 Éditions AdA Inc. pour la traduction française Cette publication est publiée en accord avec Penguin Group, New York, NY. Tous droits réservés. Aucune partie de ce livre ne peut être reproduite sous quelque forme que ce soit sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans le cas d’une critique littéraire. Éditeur : François Doucet Traduction : Karine Mailhot-Sarrasin (CPRL) Révision linguistique : Féminin pluriel Correction d’épreuves : Nancy Coulombe Montage de la couverture : Matthieu Fortin Illustration de la couverture : Jim Griffin Mise en pages : Catherine Bélisle ISBN livre : 978-2-89767-188-4 ISBN PDF : 978-2-89767-189-1 ISBN ePub : 978-2-89767-190-7 Première impression : 2016 Dépôt légal : 2016 Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque et Archives Canada Éditions AdA Inc. 1385, boul. Lionel-Boulet, Varennes (Québec) J3X 1P7, Canada Téléphone : 450 929-0296 Télécopieur : 450 929-0220 www.ada-inc.com info@ada-inc.com Diffusion Canada : Éditions AdA Inc. France : D.G. Diffusion Z.I. des Bogues 31750 Escalquens — France Téléphone : 05.61.00.09.99 Suisse : Transat — 23.42.77.40 Belgique : D.G. Diffusion — 05.61.00.09.99 Imprimé au Canada
Participation de la SODEC. Nous reconnaissons l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada (FLC) pour nos activités d’édition. Gouvernement du Québec — Programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres — Gestion SODEC. Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada Smith, Cheryl Ann [Accidental courtesan. Français] Courtisane malgré elle (L'école des courtisanes ; 2) Traduction de : The accidental courtesan. ISBN 978-2-89767-188-4 I. Beaume, Sophie, 1968- . II. Titre. III. Titre : Accidental courtesan. Français. PS3619.M583A6114 2016 813'.6 C2016-940055-7
Conversion au format ePub par:
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À Duane, Pai6e, Re6an et Ethan, je vous aime. Et aussi à Joan Smith et Joan Cole : merci dour votre enthousiasme conta6ieux !
CHAPITRE1
L ady Noëlle Seymour vacilla légèrement sur le treillis et se mordit la lèvre inférieure pour retenir un cri. Haute de deux étages, la maison de ville en briques rouges paraissait beaucoup plus grande maintenant que lorsqu’elle avait décidé de mettre à exécution ce plan mal préparé et de traverser la pelouse pour se faufiler aussi furtivement qu’une voleuse dans l’ombre de l’édifice. Il n’en restait pas moins que l’excitation liée au fait de vivre une grande aventure l’avait guérie de toute hésitation de dernière minute tandis qu’elle enfilait un pantalon noir retroussé emprunté ainsi qu’une chemise assortie avant de partir pour la maison de ville du comte de Seabrook dans Mayfair. Elle glissa les doigts entre les plantes grimpantes piquantes et s’agrippa fermement au treillis. Si madame la duchesse, sa sœur, apprenait ce qui se passait ce soir, elle demanderait à ce qu’on lui rapporte sa tête sur un plateau. Elle s’obligea toutefois à continuer. Elle était parcourue de frissons d’excitation. Elle n’était plus une dame respectable de bonne famille, mais plutôt une aventurière libre des contraintes imposées par les règles et les restrictions de la société. Du moins pour cette nuit, et elle ne laisserait ni la crainte ni le bon sens lui gâcher son aventure scandaleuse. Ni vue ni connue, le lendemain, elle entrerait à nouveau dans ses corsets et ses bas. La mondaine, sinon tout à fait respectable, Lady Noëlle. À titre d’expérience, Noëlle, qui entendait son cœur battre à tout rompre dans ses oreilles, tendit l’orteil vers la fenêtre. Une fois que son pied eut trouvé un endroit stable, elle lâcha une main pour s’agripper au rebord de la fenêtre comme si sa vie en dépendait. Si elle tombait, elle risquait plus que des fractures ou même la mort ; si on la trouvait vêtue en garçon en train de s’introduire par effraction dans la demeure du couple Seabrook au beau milieu de la nuit, le scandale causerait à jamais sa ruine aux yeux de la noblesse. Sa mère l’enterrerait tellement loin à la campagne qu’elle se flétrirait, se dessécherait et craquerait comme une marguerite négligée privée d’eau et de soleil. Noëlle grimaça et, de sa main gantée, écarta une branche feuillue de son menton. La mort serait préférable à la honte d’être envoyée en exil. Si elle chutait, elle prierait pour tomber la tête la première et mourir sur le coup. — J’y suis presque, murmura-t-elle pour s’encourager avant de glisser le pied sur l’étroit rebord. Très lentement, elle se déplaça doucement vers la droite, frôlant la brique avec son ventre, reconnaissante du fait que la maison de ville soit fort heureusement silencieuse. Selon les rumeurs, le comte était à Bath avec son épouse. Cela donnait à Noëlle suffisamment de temps pour rendre le collier volé et éviter à Bliss la prison ou, pire encore, la pendaison. La belle Bliss. Cette fille avait autant de bon sens qu’un âne. Noëlle sourit d’un air désabusé. À cet instant, les deux étaient manifestement plus intelligents qu’elle. Ni la courtisane ni l’âne n’étaient sur le point de commettre un crime qui pourrait très bien la conduire dans la cellule voisine de celle de Bliss à l’horrible prison de Newgate. L’espace d’un instant, Noëlle se demanda ce qui serait le pire : être exilée par sa mère ou se faire prendre par les officiers de la rue Bow et passer des années en prison. Comme elle connaissait sa mère, elle n’était pas certaine de préférer la première option.
Mais il était trop tard pour les regrets. Elle y était presque ; la fenêtre sombre se dressait devant ses yeux. D’ici quelques minutes, l’objet aurait été rendu sans encombre et elle serait en route vers chez elle. Avec précaution, elle s’appuya sur son pied droit afin de tester la solidité du rebord et tendit la main vers la fenêtre. Elle chuchota une brève prière, posa les mains à plat sur le cadre en bois peint et poussa la fenêtre vers le haut. Une vague de soulagement l’envahit lorsque la vitre s’ouvrit facilement, produisant seulement un léger grincement. Elle n’aurait pas à chercher une deuxième ou une troisième fenêtre pour en trouver une déverrouillée. Manifestement, monsieur le comte ne s’attendait pas à ce que quelqu’un entreprenne une escalade si périlleuse pour lui dérober ses objets de valeur. Avec une extrême précaution, Noëlle passa la tête dans la pièce pour s’assurer qu’elle était déserte, puis elle s’introduisit prudemment à l’intérieur. Dans l’obscurité, elle n’entendit rien d’inquiétant. Pas de ronflements ni de mouvement dans un lit. L’endroit était fort heureusement silencieux et elle prit une profonde inspiration apaisante pour soulager l’oppression dans sa poitrine. Selon Bliss, cette pièce ou celle d’à côté était la chambre du comte. La fille n’était pas certaine de laquelle il s’agissait, parce qu’elle avait été distraite par les assauts lubriques du comte lors de sa brève visite. Bien qu’il possédât une autre maison de ville plus petite pour ses courtisanes, il avait fait entrer furtivement Bliss chez lui quelques mois plus tôt, alors que son épouse était partie profiter des eaux apaisantes de Bath. Les bras tendus devant elle, Noëlle fit prudemment le tour de la pièce à la recherche du lit et de son couvre-lit bleu qui lui confirmerait qu’elle était dans la bonne chambre. Si elle voulait rendre le collier et faire croire au comte qu’il avait seulement été égaré et non volé par son ex-courtisane, elle devait le laisser à un endroit où il pourrait le « trouver » facilement dès son retour. Une tâche qui se révéla plus facile à dire qu’à accomplir. La maudite pièce était trop sombre ! Même la lune refusait de collaborer ; elle restait bien cachée derrière une couverture de nuages orageux. Des éclairs aideraient certainement, mais ils avaient eux aussi négligé de faire une apparition pourtant attendue. Heureusement, Noëlle trouva vite le lit massif. Le couvre-lit était bleu foncé, noir ou même vert foncé. Elle souleva le tissu jusque sous son nez pour le scruter de près ; maintenant, elle était pratiquement certaine qu’il était vert. Fichtre ! Sans perdre de temps, Noëlle lâcha le couvre-lit et traversa la chambre à l’aveuglette. Les mains tendues devant elle, elle chercha à tâtons une porte, puis l’ouvrit doucement. Une fois dans le couloir sombre, elle suivit le mur jusqu’à la pièce suivante. La porte grinça doucement lorsqu’elle l’ouvrit. Elle s’immobilisa. Comme aucune alarme ne retentit, elle se précipita à l’intérieur et ferma la porte derrière elle avec un cliquetis. La pièce était encore plus sombre que la précédente. Peut-être aurait-elle dû attendre une nuit dégagée de pleine lune avant de s’aventurer dehors. — Tu peux y arriver, Noëlle, chuchota-t-elle. Trouve le lit, assure-toi que c’est la bonne chambre et sors d’ici. Elle tituba à l’intérieur de la pièce en faisant de grands moulinets avec les bras. Elle finit par heurter une petite table et trouva le lit à côté. Seule la pure chance l’empêcha de renverser une lampe. Elle se pencha pour scruter le couvre-lit. Était-il bleu ? La frustration l’envahit. Elle allait devoir le traîner jusqu’à la fenêtre et prier pour un rayon de lune afin d’en être certaine. Refaire le lit par la suite serait aussi difficile dans
l’obscurité. Si les femmes de chambre trouvaient le lit défait, cela éveillerait leurs soupçons et elles rapporteraient l’incident au comte. Si les officiers de la rue Bow étaient impliqués dans l’affaire, elle pourrait avoir de sérieux ennuis. Une telle situation nécessitait des mesures désespérées ; elle se préoccuperait du lit une fois le collier rendu. Noëlle fit le tour du lit pour s’approcher le plus possible d’une fenêtre. Elle agrippait le coin du couvre-lit à deux mains lorsqu’un bras jaillit subitement de l’obscurité pour l’attirer brusquement sur le lit ! — Oh ! cria-t-elle vivement à l’instant où elle rebondit contre un corps ferme avant de se ressaisir. Lâchez-moi ! dit-elle de sa voix la plus grave. Une main se cramponna à ses fesses et elle fut tirée contre un torse chaud et nu ; un torse nu très viril, à en juger par le duvet qui recouvrait la surface ferme et musclée. La tentative de prendre une voix masculine fut récompensée par un rire grave. — Aucun homme n’a une odeur aussi douce ni des courbes aussi exquises, mon cœur, marmonna l’inconnu en guise de réponse. Maintenant, embrassez-moi. L’embrasser ? Elle ne voyait rien, bien qu’elle sentît le souffle de son ravisseur au bord de son visage. Il fallait que ce soit le comte. C’était sa demeure. Mais que faisait-il ici ? Il était censé être à Bath ! Pense ! Pense ! — Monsieur le comte, ceci est tout à fait indécent,réussit-elle à répliquer malgré sa terreur. Si elle paniquait, elle pourrait tout perdre : sa réputation, sa liberté et peut-être même la vie ! — Je vais vous montrer, moi, ce qui est indécent, murmura l’homme avec un soupçon d’amusement dans la voix. Il enleva sa main des fesses de Noëlle pour la glisser vers le haut de son corps dans une brève caresse exploratoire. Ensuite, il passa les doigts dans ses cheveux tressés serrés, attira sa tête vers lui et plaqua maladroitement sa bouche sur la sienne ! Noëlle s’immobilisa, les bras collés le long de son corps. Ses lèvres fermes remuèrent dans l’obscurité à la recherche de la bonne position jusqu’à ce qu’il la trouve, réclamant pleinement la bouche de Noëlle d’un baiser torride. Il la taquina avec son odeur exotique et son ardeur. Noëlle sentit ses membres se transformer en purée. Troublée de sentir monter en elle une vague de frissons, elle ouvrit la bouche pour exiger la fin du baiser. Plutôt que de la relâcher, l’impudent inconnu poussa sa langue entre ses dents et le goût d’un alcool quelconque lui envahit la bouche. Sous elle, le comte lui donna l’impression d’être puissant et fougueux, contrairement à tous les autres nobles tièdes qu’elle connaissait. Sous ses paumes, la peau nue du comte était chaude et souple tandis que sa cuisse ferme et musclée reposait entre les jambes de Noëlle. Une vague de désir s’empara du corps de Noëlle et elle se détendit. Jamais auparavant on ne l’avait embrassée ainsi ! Il ne s’agissait pas d’un simple bisou accidentel sur la bouche, mais plutôt du genre de baiser que l’on échangeait avec son amant. Le vide se fit dans son esprit virginal tandis qu’il la faisait rouler sur le dos pour la recouvrir partiellement du haut de son corps et passer une jambe par-dessus ses genoux. Pourquoi ne se débattait-elle pas ? Elle devrait effectivement le faire. Cependant, son corps semblait réticent à le repousser. Soudain, une Noëlle horrifiée se rendit compte qu’elle étaitpendue à son cou et qu’elle l’embrassait avidement en retour ! — Si douce, marmonna-t-il en mettant fin au baiser avant de déplacer sa bouche vers le bas pour se frotter le nez à la base de son cou.