Dark Face

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162 pages
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Description

Ce sont les meilleurs amis du monde, ils se connaissent depuis qu'ils ont cinq ans. Les années passent mais leur amitié persiste. Quinze ans plus tard, ils sont toujours aussi proches, voire plus que jamais.


Malheureusement, le passé de Dylan va resurgir sous la forme d'Anton, son ancien meilleur ami. Anya va se retrouver au centre de leur histoire, ne s'imaginant pas un instant dans quoi elle va s'embarquer.


Quatre ans plus tôt, il lui a tout pris, il compte bien lui montrer qu'il n'a pas oublié...




Roman réservé à un public averti. Certaines scènes sont susceptibles de heurter la sensibilité des lecteurs.

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EAN13 9782378160593
Langue Français

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DARK FACE [Coralie Chamand]
© 2018, Coralie Chamand. © 2018, Something Else Editions. Tous droits réservés. Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelques procédés que ce soit, sans le co nsentement de l’auteur ou de ses ayants droit, est illicite et constitue une contref açon, aux termes des articles L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. Crédit photo : © 123rf.com ISBN papier : 978-2-37816-058-6 ISBN numérique : 978-2-37816-059-3 Something Else Éditions, 8 square Surcouf, 91350 Grigny E-mail : something.else.editions@gmail.com Site Internet : www.something-else-editions.com Cet ouvrage est une fiction. Toute ressemblance ave c des personnes ou des institutions existantes ou ayant existé serait tota lement fortuite.
Je dédie ce livre à : mon papa, Sans toi, je ne serais pas celle que je suis aujourd’hui.
1 Anya West Palm Beach Une nouvelle fois, je me bats avec mon réveil pour parvenir à l’éteindre. Mes yeux ne veulent pas s’ouvrir et ce connard continu à chante r une de ces horribles musiques préenregistrées dans les smartphones. Je tâtonne à sa recherche, mais il demeure introuvable. — Ferme ta gueule, putain ! hurlé-je comme si ça al lait changer quoi que ce soit. Certes, ce n’est pas une solution, mais sur le coup , ça me fait un bien fou. Et comme s’il m’avait entendu, il n’y a plus un bruit. Une forte odeur de café vient le remplacer. — Bonjour meilleure, me souffle une voix devenue ra uque avec les années. Je grogne mais tends la main pour qu’il me donne le mug rempli de café. — Ouvre les yeux, et je te donne ta dose. — Dylan, je n’ai pas envie de jouer à ça. — Fais un effort. Je râle une nouvelle fois, mais mes yeux verts trou vent finalement le bleu des siens. Nous avons grandi ensemble et je dois dire qu’il n’ a pas vraiment changé depuis la maternelle. Ses traits se sont durcis avec les anné es, surtout à cause de son père et de tout le mal qu’il engendre. Il n’est plus aussi blo nd qu’avant, plutôt blond foncé mais son regard doux lui, est resté le même. Il mesure p resque un mètre quatre-vingt-dix, contre mon un mètre soixante-huit, il me bat à plat e couture. Mais je retiens surtout une chose, c’est mon meilleur ami depuis quinze ans mai ntenant. Des hauts et des bas, mais une vraie complicité nous unit. — Est-ce que la princesse est levée ? crie la voix de Rachel depuis la cuisine. Nous ne répondons pas pendant un moment, on se rega rde fixement. Pas un mot n’est prononcé, mais tellement de choses sont dites d’un seul regard, nous nous comprenons. — Deux secondes ! finis-je par crier. Notre trio fonctionne ainsi depuis toujours. Rachel est l’excentrique, la diva du groupe. Cette rouquine d’un mètre quatre-vingts veu t percer dans le monde du mannequinat et tout dans son attitude me dit qu’ell e y parviendra. Nous sommes complètement opposées et pourtant nous sommes aussi proches que deux sœurs. Nous nous disputons comme de vraies gosses, ce qui arrive fréquemment puisque nous sommes différentes sur des tas de choses. Par exemple, la nourriture que nous avalons. Elle ne mange rien, compte chaque calorie qui franchit ses lèvres et me critique quand je me prends une assiette de frites à vingt-trois heures. — Je te laisse te préparer, reprend Dylan. Je ne su is pas prêt à gérer une dispute aussi tôt. Je dois aller retrouver les gars. — Tu joues ce soir ? Il est membre de l’équipe de football américain dep uis un an et aujourd’hui c’est son premier match. C’est plus un entrainement de pré-re ntrée mais ça lui tient à cœur. — Évidemment, sourit-il. — OK. — Quoi encore ? — Je n’ai rien dis. — C’est bien le problème. Je secoue la tête. — Allez bouges, dis-je en le poussant doucement. Il est décidé à m’embêter. Il tire la couette au mo ment de se relever, dévoilant mes
jambes nues surmontées d’un simple string et d’un l ong maillot lui ayant appartenu. Il se baisse à nouveau vers moi, le mug dans une ma in, l’autre glissant de ma cheville à ma taille. Il la laisse quelques seconde s et je profite de cette tendresse qu’il m’accorde. J’observe son bras tendu. Les dessins qui le marque nt me fascinent toujours autant. Il en est recouvert, de l’épaule au poignet. La jeu ne femme en pleurs semblant vouloir en sortir. Ses longs cheveux descendant en vagues t out le long finissent par se mélanger à des roses épineuses. Il n’a jamais voulu m’en expliquer la signification, c’est une partie de sa vie qu’il tient à garder sec rète. Je comprends simplement qu’une fille particulière a tenu une place importante dans son cœur à un moment donné, mais je n’en saurai pas plus. C’est quand il est revenu avec ce gigantesque tatouage que son ex-meilleur ami s’est tiré. — Tu as intérêt à être là, ce soir. Ses lèvres viennent s’attarder sur ma joue avant qu ’il ne me tende ma tasse. Un clin d’œil plus tard, il est sorti. Je bois une première gorgée de mon café et sors une cigarette de mon paquet. Je rejoins Rachel dans la pièce principale, bien décid ée à la provoquer un peu. — Salut chérie. Elle se tourne vers moi en balayant l’air de la mai n. — A, je te l’ai dit combien de fois ? Ce truc va te ruiner la santé. J’expire la fumée avant de lui répondre. — Et à force de ne rien manger, tu vas finir par te briser. On va tous crever un jour ou l’autre. — De mauvais poil, je suppose ? — Non, juste envie de t’emmerder. — Tu es une vraie chieuse. — Ouais, comme toi il parait. — Bouge-toi. On a des choses importantes à faire au jourd’hui ! m’annonce-t-elle toute excitée. — Comme quoi ? demandé-je moyennement intéressée. — Journée bronzette à se faire reluquer par les plu s beaux mecs de Palm Beach. — Attends, c’est ça qui t’extasie autant ? Une journée à la plage ? — Il ne reste que quelques jours avant de retourner sur le campus, alors oui ! Je compte bien en profiter jusqu’au bout ! — Et ton mec ? demandé-je en me rappelant de ce mec qui semblait dépendre d’elle depuis plusieurs semaines. — Qui ? Jordan ? C’était juste comme ça. L’été est fini, on passe à autre chose. — Tu es sans cœur. — Arrêtes, les mecs sont tous comme ça. On a autant droit d’en profiter qu’eux. Sur place, on s’installe idéalement entre l’eau et le muret délimitant la plage. Armées de notre huile, lunettes et magazines, on est prête s pour plusieurs heures de bronzage. — Y a ton téléphone qui sonne, je crois, me dit Rac hel. Il est à peine onze heures, qui me fait chier aussi tôt. — Salut, dis-je en m’allumant une cigarette. — Comment va mon bébé ? Je me met à ricaner, le suppliant de m'appeler « A » comme le font mes amis. Réduire mon prénom à une seule et unique voyelle es t un choix. Anastasia ou Anya, c’était mignon quand j’étais gamine. J’en étais mêm e très fière en y repensant mais l'époque où je me prenais pour une princesse est dé finitivement révolue. J'ai créé un lien spécial avec Liam au fil des anné es. J’ai aussi des contacts avec mon père biologique, bien qu’ils soient rares et ne parlons pas des visites qui
demeurent quasi inexistantes. Mais je pense que nou s sommes heureux à notre manière. Si je dois être sincère, c’est Liam que je considère comme mon père, c’est quand même lui qui m’a élevée. Il aurait pu nous ab andonner, mais il est resté et aujourd’hui, je sais que je lui dois tout. Maman n’ a pas toujours été tendre avec lui, j’ai assisté à leurs disputes plus souvent que je ne l’a urais voulu, mais elle est comme ça et ils sont fous l’uns de l’autre. S’en est presque gênant par moment. — Tu viens toujours ce week-end ? — Comme chaque dimanche, soupiré-je pour le provoqu er. — Hé, si je t'emmerde dis-le tout de suite, me taqu ine-t-il. J'entends ma mère crier derrière lui et sa réponse me donne envie de vomir. — Putain ! Mais arrêtez de faire ça à chaque fois q ue je suis au bout du fil ! — Ton langage jeune fille ! — C'est toi qui dis ça ? — Je suis un mauvais garçon. Ta mère adore ça... — Stop ! Je vais raccrocher, vous m'écœurez. Dis à maman que je l'aime. — Salut, mon ange. En raccrochant, j’enfonce presque le téléphone dans le sable. — C’était ton ex ou quoi ? s’étonne Rachel en m’emp êchant de noyer mon portable. — Mon père. Elle se rallonge et son visage s’illumine d’un sour ire qui monte jusqu’à ses lunettes. Je comprends vite ce qui la mets dans cet état-là. — Tu es écœurante ! — Quoi ? me dit-elle en s’installant de profil pour me parler. Liam est si… sexy ! Pour un mec de son âge, il est encore super bien gaulé, tu ne peux pas me dire le contraire ! — Non, mais tu t’entends ? Tu es cinglée ! Je ne ve ux même pas répondre à cette question ! — A, tu es tellement pieuse des fois. Tout ce que je dis… — J’ai pigé. Tu le trouves sexy, dis-le à ma mère e t quand elle t’aura défigurée, on en reparle. — Attends, tu es sérieuse ? Katlyn ferait ça ? — C’est une vraie lionne quand il s’agit de son mari, chérie. T’as aucune chance. — Respect, dit-elle en se rallongeant. Un peu plus tard, une ombre vient obscurcir mon vis age. Je me redresse, déjà prête à embrouiller la personne. — Je savais que c’était toi ! — Emy ? — Salut, frangine. — Qu’est-ce que tu fais là ? Elle se met à rire. — Moi aussi, je suis ravie de te voir ! Je me lève, me tourne vers Rachel qui a disparu de la circulation et la prend dans mes bras. — Excuse-moi. J’ai eu papa au téléphone ce matin, i ls savent que tu es là ? — J’ai quinze ans, A. Je ne suis plus une enfant, t u sais ? Mais oui, ils sont au courant. — Etonnant. Moi, à cinq ans, il a voulu me mettre u ne ceinture de chasteté, lui rappelais-je en rigolant. — Je suis sûr qu’il a envoyé un espion me surveille r. Je me demande si elle est sérieuse. Il en serait bi en capable, c’est ça le pire. — Tu es venue toute seule ? — Non, Katia et Lizzie se sont posées plus loin. Elle semble loucher sur quelque chose dans mon sac. Je me tourne pour suivre son
regard. — C’est non ! — Allez ! Ça restera entre toi et moi. — Si maman l’apprend, elle me tuera. Elle croise les bras. — Ce n’est pas comme si c’était la première fois. — Justement ! Elle me regarde tendresse pour me faire craquer. — Tu fais chier ! C’est la dernière que je te file. Après t’aura qu’à aller fouiller dans le paquet à papa. — T’es drôle, me dit-elle pendant que je lui allume sa cigarette. Elle finit par s’installer à côté de moi et pour ne pas faire de jalouses, j’en prend une à mon tour. — Les sœurs Collins. Nous relevons la tête et tombons nez à nez avec le relou de service. — Brent ! Qu’est-ce qui t’amène ? soupirais-je. Emy lève les yeux au ciel et je manque d’en faire a utant. — A, tu devrais apprendre à être plus agréable quan d un mec t’aborde. — Encore faudrait-il que tu en soi un, réplique ma sœur. — Ta grande sœur déteint sur toi. Fais gaffe, mon c œur. — Bouge de là, abruti, lui dis-je. — J’organise une petite soirée, ce soir. Vous venez ? Emy me regarde, cherchant mon approbation. — Certainement pas. Elle a quinze ans. Tu crois que je ne sais pas comment se termine tes petites soirées ? Il tique et son regard s’assombrit. — Penses-y, ça pourrait te plaire. Je l’ignore en tirant une taffe, attendant qu’il re parte. — On aurait dit papa, sérieux ! se plaint Emy à côté de moi. — Ce mec est vrai naze ! — Evidemment, mais c’est à sa soirée que je voulais aller. — Crois-moi, tu ne veux pas savoir ce qu’il s’y pas se. On finit nos cigarettes quand je vois Rachel faire son grand retour, un sourire aux lèvres. — J’y vais, m’annonce ma sœur. — Salut, ma puce. — Em’, la salut ma meilleure amie. — Rach’. Elles s’en tiennent à ça la plupart du temps. Je le s adore toutes les deux, mais étrangement, elles ne parviennent pas à s’apprécier . Je n’ai jamais réussi à comprendre d’où pouvait venir le problème. — Elle me déteste. — Vous ne faites aucun effort. Mais t’étais où ? Elle me désigne un groupe de mecs plus loin dont un lui fait un signe. — Il aimerait qu'on vienne à la soirée de... — Brent ? — Ouais. Tu es au courant ? — Il s'est déplacé lui-même pour nous le proposer. Attends même à Emy ! Elle n'a que quinze ans sérieusement ! — Parce que toi à quinze ans, tu étais une enfant d e cœur. — Ce n'est pas ça, râlais-je. Mais je veux dire que Liam est sonvraipère. S'il devait lui arriver quoique ce soit, il serait capable de tuer quelqu’un. — Parce que tu crois qu'il fait une différence entr e vous deux ? Il est avec ta mère
depuis que tu as cinq ans, ils vous aiment exacteme nt de la même manière. Et pour Emy, elle a déjà ses deux parents sur le dos, alors lâche du lest. — On voit que tu es fille unique Rach'. — Vous êtes un peu comme mon frère et ma sœur, Dyla n et toi. — Mais il est toujours hors de question que je vien ne, ce soir, repris-je. — Arrête de faire l’enfant ! Sa maison est gigantes que et elle donne sur la plage. Ses soirées sont démentielles ! — Et tu sais aussi comment finissent la plupart des filles. — On n’est pas aussi impressionnables que ces nanas , chérie. Donc, tu remballes ton excuse et tu viens avec moi ! — Pas cette fois, insistais-je. En plus, il y a le match de Dylan. Tout à coup, elle porte les mains à sa bouche, comm e si elle venait de se souvenir de quelque chose d’important. — Quoi ? — Il parait qu’Anton sera au match, ce soir. — Tu es sérieuse ? Bon, ma question est rhétorique bien sûr, autrement , elle ne m’en aurait pas parlé. J’ai entendu parler du retour de l’ancien meilleur ami de Dylan, mais j’ai pensé que c’était des rumeurs. Quatre ans plus tôt, c’était un garçon que j’affect ionnais tout particulièrement. Nos rapports avec Dylan n’ont pas toujours idylliques, ils ne le sont toujours pas mais Anton a toujours été là pour me consoler. C’était un adol escent en colère mais tellement gentil. Pourtant, mon meilleur ami a toujours été c ontre cette amitié, même quand ils s’entendaient comme des frères. « Il a un côté somb re que tu ne soupçonne même pas. » me disait-il. C’est comme ça que mon meilleu r ami et moi nous sommes éloignés quelques temps et que j’ai commencé à voir Anton dans le dos de Dylan. Comme avec lui, c’était l’interdiction qui rendait ces moments aussi exaltants. Et du jour au lendemain, il est parti sans rien dire à personn e. A partir de là, nous n’avons plus prononcé son nom. Enfin, jusqu’à aujourd’hui. — Dylan le sait ? m’inquiété-je. Elle hausse les épaules. Contrairement à moi, elle ne l’a jamais apprécié. Il n’était ni suffisamment intéressant ni assez classe pour entre r dans sa sphère. Si son retour ne l’inquiète pas, moi si. Pourquoi est-il revenu ? *** Quelques heures plus tard Simplement vêtues d’un legging et d’un long tee-shi rt nous nous installons sur les gradins, prêtes à encourager notre meilleur ami. — Tu comptes me faire la gueule encore longtemps ? demandais-je à Rachel en la poussant du bras. — Non, je réfléchis à la façon dont je vais pouvoir me venger. — T’es grave. Sur le terrain, Dylan nous aperçoit et nous fait un petit signe de la main auquel nous répondons d’un sourire. Les garçons se mettent en place et nous les observo ns échanger le ballon pendant presque trois heures. Pendant la première partie, t out se passe pour le mieux jusqu’à ce que mon amie pète un plomb pour une connerie. — Hé Taylor ! Sale pute, baisse-toi, on ne voit plu s rien ! s’écria-t-elle.