De l’ombre à la lumière

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Description

La vie est une succession d’instants décisifs donnant une direction à nos existences.
Chloé Stanton le sait mieux que personne depuis cet obscur jour de fête nationale. Cette nuit du 4 juillet la hante.
Des voix terrifiantes, des rires abjects, des bruits de pas peuplent ses nuits cauchemardesques.
Il faudra alors une nouvelle journée, une pluie d’été, une panne de voiture et une rencontre inespérée pour jeter un regard sur le passé afin d’avancer vers l’avenir.


***

Extrait :


C’est alors que j’entends derrière moi le bruit d’un moteur. Arrivé à ma hauteur, le véhicule ralentit. Mon cœur s’emballe, je me sens extrêmement vulnérable ici. Je suis dans un endroit très isolé et personne ne peut me venir en aide si quoi que ce soit m’arrivait. L’inconnu baisse la vitre :
— Salut, tu ne veux pas que je te dépose quelque part ? me demande l’homme d’une voix calme et douce.
Je regarde droit devant, je suis bien trop craintive pour me tourner vers l’individu qui s’adresse à moi.
— Non, merci.
— Je ne sais pas si tu as remarqué, mais il pleut vraiment très fort.
— Ça va, merci ! rétorqué-je sèchement.
— C’est ta voiture que j’ai vue plus haut ?
— Oui, mais ça va aller. Merci.
Il est pénible à insister, je veux qu’il continue sa route, rien de plus !
— Bon, je vois...
Il accélère avant de se garer sur le bas-côté, quelques mètres plus loin. Je ralentis et plonge la main dans ma poche afin de m’emparer de ma petite bombe lacrymogène qui m’accompagne toujours. Le conducteur bondit de sa voiture. Je découvre alors une silhouette très imposante. Il doit mesurer au minimum un mètre quatre-vingt-dix. Il ouvre la porte arrière de son véhicule. Je me stoppe, ne voulant pas m’approcher davantage, de peur de me jeter dans la gueule du loup. Il sort une parka noire sous lequel il s’abrite avant d’avancer dans ma direction en trottinant. Il porte un jean noir, un tee-shirt blanc et une chemise à manches courtes à carreaux noirs et blancs. Je tiens toujours fermement ma bombe.
— Tu ne me laisses pas vraiment le choix.
Il se plante devant moi avant de me dévisager curieusement.
— Chloé, c’est toi ?
Je perçois une pointe d’émerveillement dans sa voix.
— Euh... oui.
Il me scrute de haut en bas sans aucune retenue.
— Bordel, ce que tu as grandi !
— Ouais...
— Tu ne dois pas me reconnaître, je suis...
— Austin Harris, je sais qui tu es. Je me souviens de toi...

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EAN13 9791034804764
Langue Français

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INAVOUABLE
Jenny Louise INAVOUABLE
Tome 1 De l’ombre à la lumière Couverture:Néro Publié dans laCollection Vénus Dark, Dirigée parElsaC.
©Evidence Editions2018
Prologue «Je cours dans les bois à un rythme eréné. La lourdeur de ce début d’été pèse sur moi. La sueur commence à perler le long de ma peau. Ma respiration est sacca dée et bruyante. L’air entre douloureusement dans m es poumons. De lointains éclats de voix me parviennent puis ce sont leurs rires. J’entends qu’ils se rapprochent de moi. Ils me traquent tel un animal… J’aimerais courir plus vite, mais l’obscurité est telle, qu’il est compliqué de progresser entre les arbres. Pourtant, je suis si p roche de la maison, de mon père… Lui pourra me prot éger. Soudain, deux grands bras se renferment sur ma taille. La panique me submerge. Je me débats de toutes mes forces, luttant contre mon agresseur, mais il est bien plus grand et plus fort. Je ne peux pas résister. Il interpelle ses complices qui le rejoignent en quelques instants. Je comprends alors qu’ils sont trois. Je ne peux voir leurs visages, qu’ils ont masqués. C ’est là que je crie, j’appelle à l’aide, mais très vite, je suis projetée sur le sol et réduite au silence…» Je me réveille en sursaut dans mon lit… Je jette un coup d’œil inquiet autour de moi pour m ’assurer que je suis bien chez moi. C’est avec soulagement que je découvre la décoration familière de ma chambre. Je suis encore toute tremblante sous mes draps. À travers ma fenêtre, j’aperçois le soleil déjà haut dans le ciel. Il doit être tard. Je m’empare de mon téléphone pour véri'er l’heure. 10 h 15. Je me hisse doucement du lit, les battements de mon cœur n’ont pas retrouvé leur calme habituel. Je saisis mon verre d’eau sur ma table de chevet en bois brut et le vide d’une traite. L’été vient de pointer le bout de son nez et les températures ont grimpé en èche. Je 'le dans mon dressing qui se trouve en face de moi puis, après avoir choisi ma tenue, je me dirige vers l’unique salle de bains de l’étage. J’ai besoin de me rafraîchir! Sous le jet d’eau, je frotte méticuleusement chaque parcelle de ma peau. Je sens encore l’e/uve de la terre humide après une pluie d’été, mais l’odeur la plus tenace, celle qui me donne la nausée est la leur. Un immonde mélange de transpiration et de parfums entêtants. Cela fait trois cent soixante-dix jours que je pratique le même rituel. Celui-ci a pour e3et de me laver de cette souillure. Ainsi, je peux vivre mon existence ou plutôt celle de l’ancienne Chloé: jeune et innocente, joyeuse et drôle, sûre d’elle et heureuse… La seule chose que je désire aujourd’hui est de protéger ma famille de la vérité, qu’elle ne sachepas ce qui s’est produit si près de notre foyer, qu’elle ne comprennejamais l’horreur qu’est devenue ma vie… pour mes proches, le bonheur est encore possible. Malheureusement, pour moi, il n’y a plus rien à faire… Chloé Stanton est morte la nuit du 4 juillet 2014. J’emprunte l’escalier en bois blanc avant de longer le petit couloir. Sur ma droite se trouvent le salon et la salle à manger. Encore quelques pas et j’arrive dans la lumineuse cuisine. Ma mère est assise autour de la table placée dans le fond de la pièce, sous une véranda. Elle lit son journal. Bonjour, maman. En entendant ma voix, elle lève la tête dans ma direction. Ses long s cheveux châtains sont attachés en un chignon très disting ué. Ses grands yeux marron sont légèrement maquillés. Elle a également mis un ravissant rouge à lèvres de couleur claire sur sa bouche 'ne et joliment dessinée. Elle dégage une élégance folle avec ses
tenues toujours savamment étudiées. Je ne l’ai jamais vue faire une faute de goût. Bonjour, ma chérie. Ash n’est pas levée?demandé-je, en me dirigeant vers la cafetière. Je prends un mug dans le placard en bois blanc et me sers une tasse de café noir. Elle est dans le jardin. D’accord. Je rejoins ma mère autour de la table. Papa est parti tôt ce matin? Eh oui, comme d’habitude. Déjeune, Chloé, dit-elle, en poussant vers moi une assiette remplie de crêpes. Je n’ai pas très faim. Essaie de manger un peu, tu n’as que la peau sur les os. Les gens vont penser que nous ne te nourrissons pas convenablement, me gronde-t-elle gentiment. Je m’empare d’un pancake que j’avale dans l’unique but de la rassurer. Tu ne veux toujours pas venir au spa avec nous? Non, maman. Il y a un an, j’aurais été ravie de me joindre à elles, de passer un moment de détente entre 'lles. Seulement, depuis ce soir-là, je ne supporte plus d’être expos ée au regard des autres de façon aussi intime. Je s uis totalement incapable de me déshabiller devant qui que ce soit. J’ai tellement honte de mon propre corps. À cet instant, ma sœur entre dans la cuisine par la porte de jardin. Coucou, ma Chlo, chantonne-t-elle. Coucou. Ce petit haut te va à ravir. Je ne sais pas qui te l’a offert, mais elle a du goût. Je lui fais un sourire chaleureux. Ashley me prend pour une poupée grandeur nature. Comme faire du shopping pour elle n’est pas susant, elle se donne pour mission d’alimenter ma garde-robe. La plupart du temps, j’aime bien ce qu’elle me choisit, sauf quand les habits sont trop courts ou trop moulants. J’ai un penchant pour les choses discrètes, qui dévoilent peu mon corps. Tu n’as toujours pas changé d’avis? Exact. Que vas-tu faire?s’inquiète-t-elle. Je vais me rendre à Cheyenne pour m’acheter des fournitures à dessins. OK! Avec Todd, nous allons au cinéma pour voir le dernier 'lm d’épouvante qui vient de sortir, tu nous accompagnes? Je n’aime pas ce genre de film. C’est effrayant, Ash! Allez, viens, s’il te plaît. Je te tiendrai la main, dit-elle, en gloussant. Tu es folle… Dis oui, Chloé! Je vois bien qu’elle souhaite vraiment que je me joigne à eux. Elle ne me 'chera pas la paix, tant que je n’aurais pas cédé. D’accord. Super!
Nous bavardons encore un petit moment avant que ma mère et ma sœur partent pour le spa. N’ayant plus de feuille à dessins, je décide de me rendre en ville sans attendre. Je fais un détour par ma chambre pour récupérer mes a3aires, puis je m’installe au volant de ma vieille Ford noire, présent de mes grands-parents pour mes dix-huit ans. Il me faut une dizaine de minutes pour arriver à Cheyenne. Une fois à la papeterie, je choisis rapidement les articles dont j’ai besoin et règle mes achats sans tarder. Sur le chemin qui me ramène à South Greeley, je me retrouve contrainte de me ranger sur le bas-côté, car mon auto montre des signes de défaillances. Elle perd de la vitesse, je n’arrive plus à accélérer. Je me gare proprement avant de laisser libre cours à ma frustration en tapant sur le volant. Mince, mais ce n’est pas vrai… maudite voiture!Il fallait qu’elle me lâche à presque cinq kilomètres de la maison. Je sors mon portable de mon sac a'n de joindre ma mère ou ma sœur, mais ni l’une ni l’autre ne décroche. Bien évidemment!Mon père est au travail et, lui non plus, n’est pas disponible. La poisse! Voilà comment un saut au centre commercial se transforme en vrai cauchemar. Je voulais juste un bloc à dessins… Je me retrouve au milieu de nulle part avec une route déserte bordée de forêts à perte de vue. Il est évident que rien ne sert de rester ici à attendre bêtement que l’un des membres de ma famille ait mon message, autant rentrer à pied. Je saisis mon sac à main et me mets en marche. Je suis à mi-parcours quand une pluie torrentielle s’abat sur moi.C ’est une blague!J’ai l’air maligne avec mon petit haut blanc et mon short en jean. Il a fait excessivement chaud ces derniers jours et des orages ont éclaté cette nuit. Ce matin, le temps était lourd, mais je ne pensais pas qu’il allait pleuvoir. Je n’envisageais pas non plus de devoir parcourir cinq kilomètres à pied. C’est alors que j’entends derrière moi le bruit d’un moteur. Arrivé à ma hauteur, le véhicule ralentit. Mon cœur s’emballe, je me sens extrêmement vulnérable ici. Je suis dans un endroit très isolé et personne ne peut me venir en aide si quoi que ce soit m’arrivait. L’inconnu baisse la vitre: Salut, tu ne veux pas que je te dépose quelque part?me demande l’homme d’une voix calme et douce. Je regarde droit devant, je suis bien trop craintive pour me tourner vers l’individu qui s’adresse à moi. Non, merci. Je ne sais pas si tu as remarqué, mais il pleut vraiment très fort. Ça va, merci!rétorqué-je sèchement. C’est ta voiture que j’ai vue plus haut? Oui, mais ça va aller. Merci. Il est pénible à insister, je veux qu’il continue sa route, rien de plus! Bon, je vois… Il accélère avant de se garer sur le bas-côté, quelques mètres plus loin. Je ralentis et plonge la main dans ma poche a'n de m’emparer de ma petite bombe lacrymogène qui m’accompagne toujours. Le conducteur bondit de sa voiture. Je découvre alors une silhouette très imposante. Il doit mesurer au minimum un mètre quatre-ving t-dix. Il ouvre la porte arrière de son véhicule. Je me stoppe, ne voulant pas m’approcher davantage, de peur de me jeter dans la g ueule du loup. Il sort une parka noire sous lequel il s’abrite avant d’avancer dans ma direction en trottinant. Il porte un jean noir, un tee-shirt blanc et une chemise à manches courtes à carreaux noirs et blancs. Je tiens toujours fermement ma bombe. Tu ne me laisses pas vraiment le choix. Il se plante devant moi avant de me dévisager curieusement. Chloé, c’est toi? Je perçois une pointe d’émerveillement dans sa voix.
Euh… oui. Il me scrute de haut en bas sans aucune retenue. Bordel, ce que tu as grandi! Ouais… Tu ne dois pas me reconnaître, je suis… Austin Harris, je sais qui tu es. Je me souviens de toi… Cela fait longtemps que je ne l’ai pas croisé, cependant, je ne trouve pas qu’il a beaucoup changé. Voyez-vous ça! Mon père parle souvent de toi, avoué-je, en regardant mes pieds. Il se met à rire. Dans des tons élogieux, sans aucun doute. Il me dit de ne pas devenir de la mauvaise graine comme toi. Ce bon vieux shérif Stanton. Il ne m’a pas manqué, sans vouloir te vexer. Je hausse les épaules. Chloé, tu veux bien que l’on monte en voiture?Il pleut vraiment beaucoup. Je préfère rentrer à pied. ine ce que me ferait ton père s’ilJe ne t’abandonne pas sous cette pluie, tu vas tomber malade. Imag apprenait que je t’ai laissée seule ici. Allez, viens!m’ordonne-t-il gentiment. J’hésite un instant et Austin le remarque tout de suite. Je ne vais pas te manger, promis. Bien que tu sois devenue très appétissante, me dit-il avec un clin d’œil. Immédiatement, je baisse la tête. Ses paroles me gênent terriblement. Je n’aime pas que l’on me regarde et, vu l’état de ma tenue, je me sens très exposée. Je croise mes bras sur ma poitrine dans un geste désespéré de me protéger. Chloé? Je… On peut y aller?demandé-je d’une voix tremblante. OK! Nous montons en voiture et Austin démarre. Alors, que t’arrive-t-il avec ta Ford? Je n’en ai aucune idée. Elle a juste cessé d’avancer… Je vois son petit rictus en coin. Les femmes et la mécanique!Tu veux qu’on aille voir? Non, c’est bon!Mon père va s’en charger. D’accord. Il demeure silencieux un moment, puis: Rassure-moi, il ne pleut pas comme ça tous les jours. Seulement aujourd’hui. Il fait très chaud depuis deux semaines. Tant mieux! Tu restes là tout l’été? En vérité, je m’en moque, mais je dois lui faire un peu la conversation. Je ne voudrais pas paraître impolie. Non, je suis de passage. C’est quoi, le programme cet été, Chloé?
Rien de particulier, je vais me contenter d’attendre de retourner en cours. C’est déprimant, dit-il amusé. Je hausse les épaules. C’est South Greeley… Oui, ça n’aide pas. Tu es en quelle année maintenant? J’entre à l’université en septembre. Quoi ! s’exclame-t-il. Déjà!C’est incroyable comme le temps passe vite. Tu vas où? L’université du Wyoming. Sérieux!J’étudie là-bas. Oh… On va pouvoir se voir sur le campus. Son ton est enjoué et enthousiaste.Je me demande bien ce qu’il y a de génial là-dedans. Euh… oui… dis-je sans conviction. Il se gare devant chez moi. Voilà, mademoiselle Stanton. Merci. De rien. Passe de bonnes vacances. Oui, toi aussi. Je sors de sa voiture et je rentre chez moi d’un pas pressant. Je n’ai qu’une envie: me terrer dans mon coin. Je monte dans ma chambre pour me changer, car je suis complètement trempée. Mon reet dans le miroir est a/igeant. Mes long s cheveux blonds sont mouillés et emmêlés. Le peu de mascara, que j’ai pour habitude de mettre, dégouline sous mes grands yeux gris. Le haut o3ert par ma sœur me colle à la peau, ce qui laisse entrevoir mon soutien-gorge en dentelle blanche. Je roug is, rien qu’en imag inant qu’Austin m’a vue dans cette tenue. Une fois au sec, je m’assieds sur mon lit et sors mon nouveau bloc de papier. Ma plus vieille amie, Noisette, dort sur mon oreiller. C’est une jolie chatte blanche avec, ici et là, des tâches marron. Coucou, ma petite Noisette. Elle s’étire doucement avant de se rendormir. Je co mmence alors à gri3onner. Rapidement, je vois apparaître les traits du beau visage d’Austin sur ma feuille. J’esquisse avec soin son intense regard bleu azur, ses cheveux mi-long s et mouillés qu’il a légèrement ébouri3és et ses lèvres charnues d’un rose très clair qui invitent aux péchés. D’ordinaire, je préfère dessiner les paysages, mais son portrait est vraiment parfait, c’est un plaisir de le reproduire avec un crayon. Je peaufine mon œuvre quand on toque à ma porte: Salut. Ma sœur vient d’apparaître sur le pas de ma chambre. Nous sommes très di3érentes toutes les deux. Ash ressemble davantage à notre mère. Elles ont toutes les deux cette grâce dite typique des 'lles du Sud dont maman est orig inaire. Elle a une morpholog ie long iligne et un goût certain pour la mode, ce qui fait d’elle une très belle jeune femme. Elle me rejoint sur mon lit. C’était bien ton spa? Super!Que se passe-t-il avec ta voiture? Je ne sais pas. Je dirai à papa de regarder. Ce n’est pas lui qui est venu te chercher?s’étonne-t-elle.
Non, je n’ai pas réussi à le joindre. Merde, Chloé!Tu es rentrée à pied? Pas vraiment. On m’a déposée. Qui? Austin Harris. Pardon?Austin! Oui, il est revenu pour quelques jours. Oh!Alors, il est comment? Je hausse les épaules. Je n’en sais rien, c’est Austin quoi: le beau mec qui a conscience qu’il plaît aux filles. Tu étais au courant que papa l’avait viré de la maison à coups de pied au cul? Non, mais pourquoi?demandé-je curieuse. Il me tournait autour. Je l’ignorais. Nous étions des gamins!Bon, je dois aller me préparer pour ce soir. Tu ne veux toujours pas te joindre à nous, ma Chlo? Je préfère rester là. Comme tu voudras, mais tu viens quand même au cinéma? Oui, oui. Elle se lève et se dirige vers la sortie. Je t’aime, à plus. Moi aussi. Je reste au calme dans ma chambre à griffonner jusqu’au retour de mon père. Ma petite chérie, je suis désolé, me dit celui-ci quand j’entre dans la cuisine. Il se tient près de ma mère qui prépare le dîner, v êtue de son petit tablier blanc. Éric Stanton est un homme grand et fort. Son métier de shérif exige de lui qu’il soit en forme, c’est pour cette raison qu’il s’entretient en faisant un jogg ing journalier et en se rendant à la salle de sport une à deux fois par semaine. Son allure est très solennelle. Il porte ses cheveux, de plus en plus grisonnants, très court, le genre de coupe militaire. Je lui ressemble à bien des niveaux. Nous avons les mêmes yeux gris et le teint blanc. Ce n’est pas grave, papa. Tu avais du travail. J’ai appelé le garage, ils vont la récupérer. Tu l’auras dans deux jours au plus tard. Merci. Comment es-tu rentrée? Euh… bredouillé-je hésitante. Mon père est très strict, il fait attention à tous de nos faits et gestes. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il ne porte pas Austin dans son cœur. Il ne fait aucun doute que d’apprendre que c’est lui qui m’a reconduite à la maison ne va pas lui plaire. Chloé?s’impatiente-t-il. En fait, j’ai croisé Austin Harris sur le chemin et il m’a ramenée. Nos regards se croisent, je vois qu’il est surpris par ce que je viens de lui révéler.